‹ Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]Chapitre 8 sur 248 · Histoire du Séminaire de Québec, p. T · texte numérisé non relu

Histoire du Séminaire de Québec, p. T

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obligeait à se retirer d’un lieu, dès qu'ils auraient réussi à y former un clergé indigène capable de se suffire à lui-même. Tout au plus pouvait-on regretter que cette séparation se fit tout à coup, sans avoir été préparée de longue main, et dans un temps où la guerre et une longue vacance des classes et du siège épiscopal avaient réduit de près de moitié le clergé canadien , »

Ainsi se terminèrent les travaux de la Société des Missions-Étrangères en Amérique. Elle y avait été appelée à l'aurore des gloires de Louis XIV, elle en partait, chassée par l'Angleterre, sous les hontes du règne de Louis XV.

Dans cette période d'un siècle, elle avait donné ses prêtres et son or, elle avait multiplié ses démarches à Rome ou à Versailles pour servir le séminaire de Québec et le Canada, elle avait aidé à l'établissement duclergé indigène à l’organisation du diacèse, etévangélisé les sauvages de la Louisiane et de l’Acadie, secouru les colons français, elle avait tt donné et n'avait rien reçu ; comme la rosée fécondante, ses bienfaits étaient toujours descendus sans remonter jamais. De ses labeurs et de ses sacrifices, il lui reste la consolation et l'honneur d avoir, sur ce petit coin de terre, bien servi la France et i Église,

Pendant que les événements politiques éloignaient la Société de l'Amérique, la piété d'une âme généreuse tentait de lui ouvrir un autre champ d'action dans une ile de la mer des Indes, à Socotora

Vers la fin de l’année 1748, deux Dréttss des Missions- Étrangères, MM. Louis et Méyère, se rendaient au te Por le travers de Socotora, le capitaine du navire qu'ils montaient leur parla ao de l'ile

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et de ses habitants, il les engagea même à se consacrer à l’'évangélisation des insulaires, promettant de leur servir d'introducteur et d'interprète.

Les missionnaires ne pouvaient suivre ces conseils, puisque leurs supérieurs leur avaient donné une autre direction, mais ils consignèrent dans leur journal de voyage les désirs du capitaine et leurs remarques.

« Nous avons failli n'avoir d'autre ressource que d'aller hiverner à Moka!, où nous espérions trouver quelque vaisseau pour la côte de Coromandel, écrivait M. Louis. Si nous avions été forcés à prendre ce parti, notre capitaine était résolu de relâcher à Socotora, et d'y rester autant de temps qu'il serait nécessaire pour nous instruire de l'état du christianisme. IF nous entretenait souvent du bien qu'il y aurait à faire dans cet endroit et s’offrait, supposé que quelqu'un de nous voulut bien se consacrer au salut de ces pauvres insulaires, de venir avec lui après son voyage, et de lui servir d'introducteur et d'interprète. Je marquerai ici ce qu'il nous a appris de cette île, où il avait été, dans lespérance que cela touchera le cœur à ceux qui se sentent de la vocation pour les œuvres abandonnées.

« Socotora est à l’orient du cap de Guarda, et à quelque distance de la mer Rouge. Cette ile a environ quarante lieues de circuit. Saint François Xavier y aborda en allant aux Indes, et il trouva de si bonnes dispositions dans les insulaires qu'il était résolu de rester avec eux et de se dévouer à leur instruction. Ils étaient déjà chrétiens; mais ils n'avaient presque du christianisme que le désir de l'embrasser, et leur religion n’était qu'un mélange d'erreurs et de superstitions idolâtriques. L’abandon où ils vivaient depuis plusieurs siècles, le défaut de pasteurs pour les instruire, et le commerce

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