‹ Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]Chapitre 71 sur 248 · Vie de M. l'abbé Moÿe, p · texte numérisé non relu

Vie de M. l'abbé Moÿe, p

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Dans les grandes villes, à Su-tcheou-fou, à Tchongkin, à Tehen-tou, les écoles étaient stables et r'estaient constamment ouvertes ; ailleurs, le petit nombre des chrétiens et l'hostilité des païens rendaient cette stabilité impossible ; Moÿe acceptait sans hésitation les conséquences de cet ordre de choses, et trouvait bon que les maitresses eussent la liberté de passer d'une station dans une autre, après être restées assez longtemps dans chacune d'elles pour enseigner et expliquer la doctrine.

ne se contenta pas de former ces vierges au rôle d'institutrices, il en voulut faire des apôtres, leur en- Joignit d'enseigner les catéchumènes, et ne craignit pas de les laisser discuter avec des lettrés sur les vérités religieuses. Monique Sèn, entre autres, argumentait à merveille. « Un théologien, disait le missionnaire, n'aurait pas mieux raisonné que cette simple fille,

et j'avoue que je n'aurais pas trouvé sur-le-champ des raisons aussi propres etaussi péremptoires, » Le succès couronna quelquefois cette extraordinaire hardiesse, mais ce système d'évangélisation ne pouvait être érigé en règle de conduite ; la femme n'est point appelée à enseigner dans l'Église et moins encore dans les pays païens, où elle court de plus grands dangers et où les coutumes s'y opposent. Lesage Mgr Pottier, et c'est la ‘aractéristique et peut-être le grand bienfait et le grand enseignement de son épiscopat, ne s'opposait jamais aux initiatives de ses missionnaires, il se contentait de les modérer et de les régler quand besoin en était: sous ce rapport, il fut un admirable chef de mission : la méthode de M. Moÿe lui ayant paru dépasser la mesure, il ne voulut cependant pas trancher lui-même la question et consulta la Propagande qui, en 1784, répondit par une consultation décisive et précise sur toutes les questions de principes,

Elle approuvait l'institut des Vierges chrétiennes, mais elle lui enjoignait les prescriptions suivantes propres à en assurer le bon fonctionnement : Les Vie ges ne devaient pas annoncer la parole de Dieu dans les assemblées d'hommes: elles n'étaient autorisées à faire le vœu de chasteté qu’à l'âge de vingt-cinq ans accomplis et seulement pour trois ans; encore ce vœu était permis uniquement à celles que leur famille pouvait entretenir. Autant que possible, il fallait choisir pour maitresses d'école des Vierges âgées de trente ans, remarquables par la pureté de leur vie, leur savoir et leur prudence. Les écoles ne pouvaient être ouvertes que dans la maison paternelle et dans des maisons qui ne seraient pas habitées par deshommes, et enfin les réunions devaient être assez rares pour ne pas éveiller les soupçons des païens,.

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