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leurs. [Is se contentent chacun d’une femme e toucher à celle des autres. »
L'appréciation de Mgr Pottier, Vicaire apostolique du Su-tchuen, est marquée au coin de plus de sévérité, sans doute parce qu'il regarde de plus près :
«Nos chrétiens sont loin d'être fervents. Leurs confessions sont très incomplètes, les pénitences qu’on impose Dans: produisent peu d'effet. fes
t n’osent
«Quand il y à beaucoup de communiens, ils désirent (ui tous approcher de la Sainte Table: quand il y en à peu, | ils n’y pensent pas.
«Nos ne pouvons pas dire que nos chrétiens soient es saints, écrivait M. Lamothe de la mission du Tonkin, mais ils sont très attachés à leur religion, et quand ils commettent des fautes. ils s'en confessent le plus tôt qu'ils peuvent. Je souhaiterais que beaucoup de paroisses d'Europe ressemblent à la plupart de HA celles que nous avons ici, mais d'après ce que j'ai pu | nes voir avant mon départ, elles en sont bien loin. »
Dans nos jugements sur les chrétiens d'Extrème-Orient, n'oublions pas non plus que le surnaturel est enté sur la nature, il peut l'élever, la grandir, mais il ne la change pas au point de lui enlever entièrement sa grossièreté native. Or, entre la nature des peuples d’Extrème- Orient et celle des homes d'Occident, que de différences dans la générosité du cœur, dans la vigueur du caractère cet la grandeur de l'esprit !
Cette dépression das les qualités naturelles se retrouve dans certaines vertus. Mais lorsque l’Extrême-Orient aura dix-neuf siècles de christianisme, que la foi lui aur: été transmise de génération en génération, imprégnant ses Mœurs, ses idées, sa langue, ne pourra-t-1l pas nous être comparé ? I] a la foi solide ct assez éclairée, la force des confesseurs, l'hérotsme des martyrs. Pour obtenir la £râce des sacrements, pour assister
à la messe et, deman-
der la bénédiction du prêtre, les chrétiens, femmes, enfants, vieillards où hommes dans la force de l’âge ne craignent pas de faire plusieurs journées de chemin. Depuis plus de deux siècles, pour conserver leurs cro= yances, les fidèles de Chine et d’Indo-Chine ont abandonné leurs biens, supporté l’exil, enduré les supplices, accepté courageusement la mort. Ce n’est point le fait de catholiques médiocres, et nous ne savons si en Europe beaucoup tiendraient une conduite plus vaillante. On cite les noms de ceux qui apostasient dans les tortures, et cette apostasie passagère n’est ordinairement qu'un acte de faiblesse arrachée par la douleur. Ceux qui abandonnent le catholicisme pour retourner au paganisme sont extrêmement rares, la plupart recourent immédiatement au prêtre, implorant la réconciliation, les autres ne pratiquent plus aucun culte, jusqu'au jour où la maladie les amiène à résipiscence, Autrefois on croyait volontiers à la véracité et à la fidélité des témoins qui se fuisaient égorger, qu'aujourd'hui encore on veuille donc bien y croire. Rarement témoins furent plus nombreux
et plus héroïques, et les Églises d'Extrême-Orient s’en glorifient avec une légitime fierté.
Les conversions sont le salut des particuliers, elles sont également utiles au bien général, elles vivifient et fortifient les paroisses. Jeter de nouveaux convertis au milieu d'anciens chrétiens, c’est rallumer le feu sacré. enlever la routine et l’engourdissement pour y substituer l'activité et la vie. Secoués de l’apathie qui s'insinuait en eux, inspirés par le missionnaire qui sait leur montrer la véritable grandeur du rôle qu'ils ont à jouer vis-à-vis de leurs nouveaux coreligionnaires, les fidèles relèvent leur courage, retrempent Jleur énergie, afin de guider dans la voie du salut ceux dont ils sont heureux d’être les pères. Semblables à ces terrains qui deviennent plus féconds à mesure qu'on y ajoute
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