‹ Histoire générale de la Société des missions-étrangères [microforme]Chapitre 98 sur 248 · TE · texte numérisé non relu

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Que les Anglais protestants ou les Hollandais calvinistes vinssent s'implanter en Cochinchine, et l'hérésie y pénétrait avec eux; que les Portugais y prissent pied, et toutes les difficultés d'autrefois, à peine aplanies, renaissaient plus inextricables et plus désastreuses.

Ces considérations, que nous résumons, fixérent la volonté de l'évêque, son cœur était d'accord avec sa raison; c'était à la France qu'il devait s'adresser.

En termes chaleureux, il le dit à Neuvèn-anh, il lui parla de la générosité française qu'il compara au mercantilisme anglais, à la dureté hollandaise ou à l'orgucil portugais, il mit dans ses paroles cette éloquence persuasive qui était une des qualités de sa riche nature.

Nguyên-anh fut convaincu, il confia à l'évêque d'Adran son jeune fils, le prince Canh, alors âgé de cinq ans et demi, avec le grand sceau du royaume de Cochinchine, pour l'accréditer auprès des ministres de Louis XVI, et le chargea de conclure en son nom un traité d'alliance avec le roi, et d'en obtenir des secours.

Le prélat partit aussitôt pour Malacca, où il arriva le 19 décembre 1784, et de là se rendit à Pondichéry; il y débarqua à la fin du mois de février 1785.

Le gouvernement de nos établissements dans les Indes était alors entre les mains d'un honorable et vieux milifaire usé par de longs services coloniaux, Coutenceau des Algrains, brigadier des armées du roi, esprit sans élévation, sans initiative, et de plus irrésolu par caractère et timoré jusqu'à la pusillanimité dans les affaires d'ordre civil. Ainsi, du moins, le dépeint M. Alexis Faure qui a récemment étudié à fond le rôle politique de Mgr Pigneau 1.

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