FLORENCE
En 1404-1405, ainsi qu’on l’a vu dans la première partie de ce travail, la communauté des marchands de Florence commanda dans les Flandres des tapisseries destinées au Baptistère. Un peu plus tard, en 1418-1419, « m" Jehan de Florence, ouvrier de tapisserie et de haulte-liche » travaillait à Valenciennes3. Cet artiste avait-il fait son apprentissage dans sa ville natale, ou bien s’était-il formé dans les États du duc de Bourgogne, c’est ce qu’il nous a été impossible jusqu’ici d’établir. D’après les documents publiés par un auteur auquel nous emprunterons beaucoup de renseignements, M. C. Conti*, c’est vers le milieu du quinzième siècle seulement que l’art de la tapisserie aurait pris naissance sur les bords de l’Arno. En 1457, dans une pièce signalée par Gaye et rapportée in extenso par M. Conti, la République florentine reconnut en termes flatteurs les services que lui avait rendus me Liévin de Bruges, fils de Giélis®. Il avait exécuté pour elle i,3oo coudées carrées de tapisserie. M° Liévin quitta Florence pour s’établir à Ferrare. Le tapissier Rubichetto que Pierre de Médicis envoya, en 1457, à Borso d’Este avait probablement aussi travaillé à Florence'.
Pendant le dernier tiers du quinzième et le premier tiers du seizième siècle l’art de la tapisserie ne semble pas avoir brillé à Florence d’un bien vif éclat. M. C. Conti ne cite pour cette période aucun tapissier fixé sur les bords de l’Arno. Malgré toutes nos recherches nous n’avons pu nous-même en découvrir que deux. L’un d’eux était originaire d’Allemagne, ou plus vraisemblablement de Flandre, et s’appelait Jean; il était fils d’un maître portant le même prénom. Nous le voyons travailler de 1476 à 1480 pour l’œuvre du dôme. Il éxécuta pour elle un certain nombre de dosserets7. L’autre, Pierre de Gand, ouvrit boutique à Florence, vers 1 533 8.
* « Era poi addobbnta tutta la muraglia, dalli palchi persino al tassello di bellissimi arazzi adornati con arme del Papa, dell’ Imperatore, del Re di Francia, e délia casa d’Este, con bellissimi festoni di verdure, di lauri, cedri, limoni, melaranci, rose,egarofani, quali facevano bellissima vista ».(Dcscription contemporaine, dans la Raccolta ferrarese, n° 2. Ferrare, 1869, p. 16.)
s « Si ritrovano perd sei pezzi in guisa d’arazzi appresso il serenissimo Duca di Modana, che formano un’ apparato di stanza assai grande, dove si vedono espresse sei favole délia Vita di Iasone con fregi varj, capricciosi, c belli ail’ intorno, e tuttecon inventioni, ed attitudini rare, e frà questi vi é una Battaglia, che al sicuro in riguardo non meno del dissegno, che délia più bella verità, non si pud desiderare inventione espressa con maggior spirito, e naturalezza ».(Scannelli, Il microcosmo délia Pitlura, Cesena, 1657, pp. 3a8-3zgq 3 Laborde, Les Ducs de Bourgogne, t. 1, page L1V. Voir aussi Pinchart, Histoire de la Tapisserie flamande, p. 38.
* Ricerclie storiche sulVarte degli arajji in Firenje, Florence, 1875.
s « Priores artium, etc. Viri il li qui arte aliqua et virtute prestnnt laudari et favoribus juvari debent ab iis presertim apud quos opéra artis eorum clarucrunt. Fuit igitur in civitate nostra aliquod tempus Livinus Gilii de Burgisvirutique probus et artifex excellentissimus in contexendis mirabilique artificio figurarumeomponendispannis thapetalibus. Nam unum inter cetcros pro nostra republica contexuit, figuris distinxit, discoloribus ac tanta proprietate naturalibus proxima, ut solum spiritus ac vox deficere videantur, et vera corpora dici possint. Hoc ut admirabili opéré utimur [post scapulas distortum coram populo sive in primo ingressu nostri magistratus sive in
ac cclebcrrimum sit spectaculum cunctorum; circiter mille trecentos cubitos quadratos palatii nostri quod cohopcrit, ridere facit. Quare artifici illi supra pretium quod ei pro optimo opéré persolvimus, commendationes insuper et laudes debemus. Qui cum sit nunc ad non null transiturus , ut famam evertit (sic) in similibus operibus extendat et clarum se faciat, rogamus amicos et colligatos nostre vero et obedientibus ponimus in mandatis ut supradictum Livinu: partes vestrns venire contigcrit, suscipiatis benigne et pertract concedentes transitum, moram et iter liberum cum rebus et boni
solut:
belle
is humi
ie II Julii MCCCCLVU. > (Conti, Ricerche, pp. 95-96.)
lir
fiearo üci Media adi xx de Agusto, honni dui d’oro de caméra, H qualli iona el prefato N. S. « (Campori, Arafjeria estense, p. 20.) Cet artiste est s doute identique au tapissier Rubichetto que nous rencontrerons à noue sous la date de i475.
1 1476. 20 décembre. « Johanni alterius Johannis magistri (sic) arnzzorum parte unius par spalleriarum, facit pro ccdesia sancte Marie del Fiore,
a spalleriarum sit ad
quolibet brachio.
n de spaller:
ad
1477, 3o décembre. 1 Johanni Johannis magist spalleriarum facit pro opéra, lire 11, sol : 12. »
1478. 9 avril. « Item declaraverunt quod preti rationem librarum sex florenorum pro quolibet brat raverunt quod camcrarius dicte opère solvat Johanni alterius Johannis magistro dictarum spalleriarum ad rationem librarum sex pro quolibet d->"
brachii andantis : et insuper locaverunt dicto magistr .
nam similem spalliere facte ad rationem librarum si ut supra, ad omnes expensas dicti magistri, excepta si
" 17 avril. ■ Item confirmaverunt locationera fa Johanni alterius Johannis de Alamania. »
» 28 juin. ■ Magistro Johanni Johannis de Alamania libres ccntum quin quaginta pro spallcriis. >
» 27 décembre. « Magistro Johanni Johannis magistro arazorum, libre! centum sex, etdcnar. (sic) septem pro residuo spalliere. »
'479. 7 mars (vieux style 1478). e Item deüberando locaverunt magistri Johanni alterius Johannis magistro arazorum duos panchales qui serves duabus spalleriis nuperfactis a dicto magistro Johanne circa majusaltaredicn CLclesic, longitudinis brachiorum undecim pro quolibet panchali et latitudinil rac 11 unius cum dimidio, et illius pluris quod esset necessarium, et pre pretio solidorum viginti quinque pro quolibet brachio quadro, ad omnei expensas dicti magistri Johannis. 1
1480, 26 janvier. « Magistro Johanni de arazis pro parte laborum factorum opère, lire 40, 17. >
(Archives de l'œuvre du dôme de Florence. Libre delle dcliberazioni 1 stanziamenti degli opérai dal 1476 al 1482, IT. 8 v», 3a, 35 v», 36, 3g, 47, 5 63 v» Communication de M. G. Milanesi. V. la Chronique di 1876).
8 1533 (vieux style), re février. « Petrus Antonius Barnabe de M ad pcnsionem Petro Ghantis flamingo maestro d’arazzi abitante i una bottega. » (Archivio notarile. Rogiti di ser Pietro Paolo Spiglial o oco o a i523 al i535, fol. 26g. Communication de M. G. Milanesi).
TAPISSERIES ITALIENNES
En , 546, enfin, prend naissance la manufacture que l’on peut considérer comme étant, dans toute la force du terme, une création des Médias. Limitative de la fondation revient au duc Cosme (i537-,574). Les contrats signés, le 26 octobre .546, avec deux artistes flamands, Jean Rosi ou Rostel de Bruxelles, fils de Laurent Rost, et Nicolas Carchera ou Karcher, montrent l’importance que le gouvernement du duc attachait au succès de l’entreprise. Il s’engageait à fournir aux deux maîtres un local convenable, à donner à chacun d eux une indemnité de six cents écus d’or par an, tout en leur permettant de travailler pour qui bon leur semblerait; enfin à leur payer a part tous les ouvrages qu’ils exécuteraient pour la maison du souverain. Rost et Carcher promettaient de leur côté d’installer vingt-quatre métiers, dont douze au moins devaient fonctionner régulièrement; ils se chargeaient, en outre d’enseigner leur art aux jeunes gens de Florence. Le contrat était valable pour trois ans; mais il fut renouvelé en ,549, également pour une période de trois ans.
Parmi les peintres charges de fournir des cartons à la nouvelle manufacture brille au premier rang Angelo Allori, surnommé le Bronzino (1502-1572). Cet artiste illustre composa, avec l’aide de Raffaello di Michclangelo dcl Borgo S. Sepolcro, une grande partie des cartons de V Histoire de Joseph, sur laquelle nous reviendrons tout à l’heure. Il exécuta en outre le carton d’un devant d’autel (pannetto dealtare); ceux du Parnasse et VHippacrène ( 1 556) ; de Marsyas (i566).
Les deux lettres suivantes, qui semblent encore inédites, se rapportent selon toute vraisemblance aux cartons de V Histoire de Joseph. On y trouve l’éternel refrain des artistes de la Renaissance, le besoin d’argent. Le collaborateur (garzone) auquel il est fait allusion est sans doute Raffaello del Borgo. Nous savons en effet par M. Conti' que celui-ci assista le Bronzino, à dater du i5 mai i548, dans la confection des cartons de l 'Histoire de Joseph.
« Ill"° et eccell"° Sor Duca. Il Bronzino humil. sro di V. E. havendo havuto da quella sc. 5o quando andô a Roma, et havendo in delta gita spesi detti danari, et appresso accattativi piü di 4o, supplica a V. E. che sia contenta non li fare scontare al présente detti sc. 5o , ma farli pagare quel tanto che era solito havere per conto delli Panni (arazzi) , promettendo che se fra quattro o sei mesi non harà sconto detti danari, con tanto lavoro, per detta opéra, starà contento che li siano sottenuti (rattenuti?) di sua detta provvisione, et cosi pregando nro s"'° Iddio che sempre quella felicità et conservi, resta à comandi di V. Ex1* 111"* humil s" Il Bronzino, pittore (Archivio Medicco, fogli risguardanti Cosimo I, filza xxxvii). »
« 111"° et eccell"0 Sor nostro. — Il Bronzino sr° di V. Ex11* desiderando servire quella con tutto suo potere et massimamente in questo suo desiderio delli Panni, havendo considerato a quanto per poter ciô fare li bisogni, chiede a quella che li piaccia ordinare gli siano pagati scudi venti il mese, perché oltre alli bisogni di sè proprio, gli bisogna poter tenere uno, et aile volte
piü garzoni che li aiutino, et massime che oltre ail impresa delle storie se li aggiugne quella di tutti i fregi : et alla fine dell’
opéra, o prima, o quando piacerà a V. E. di quello, che a quella parrà che meritino le sue fatiche, di tutto in quella si
rimetterà, promettendo stare a buon conto et sperando far di modo che V. E. non harà per male havcrlo per sn, il che sopra
ogni altra cosa desidera, et a quello humilmente bacia le mani, etc. Il Bronzino, pittore. (En marge: provveggasi corne parrà à Voi, mor domo). »
François Salviati (i5io-i563) est l’auteur de l’un des cartons de V Histoire de Joseph: le Songe de Pharaon. Il fournit en outre à l’atelier ducal les cartons de deux devants d’autel, l’un avec une Pietà (1 549) , l’autre avec un Ecce komo (id.). Il composa également pour des particuliers des suites destinées à être traduites en tapisserie. C’est ainsi que Pierre Louis Farnèse, seigneur de Ncpi, lui commanda une Histoire d'Alexandre le Grand, qui fut tissée dans les Flandres». Cristoforo Rinieri de son côté le chargea d’exécuter une Histoire de Lucrèce dont Jean Rost fit une tenture admirable». A ces compositions il faut ajouter les belles et nombreuses esquisses pour tapisseries conservées dans la Galerie des Offices et publiées par le regretté C. Pini (Voir ci-dessus, pages 35-36) *.
Francesco d’Ubertino, dit le Bachiacca (mort en 1577), fournit à Cosme les cartons de tapisseries dont Vasari déjà proclame la beauté' et qui sont aujourd’hui encore un des principaux ornements de la Galerie des Offices, les Dou^e Mois. Il est en outre question, dans un document de :549 cité par M. Conti, de quatre espalliers, exécutés d’après ses dessins. Frère d’un brodeur célèbre, Antonio, le Bachiacca semble avoir pris un plaisir tout particulier à composer des modèles destinés à l’art textile. C’est un vrai décorateur, dans toute la force du terme, avec plus de précision et moins de grâce que le maître par excellence, Jean d’Udine.
Jacopo da Pontormo travailla également pour la fabrique médiceénne de tapisseries. Il lui fournit deux cartons de l'Histoire de Joseph, l’un représentant Jacob apprenant la mort de son fils, l’autre Joseph, laissant son manteau entre les mains de la femme de Putiphar. Mais ces compositions n’obtinrent l’approbation ni de Cosme Ior, ni des tapissiers, sans doute parce qu’elles étaient trop peu décoratives, et la participation de l’artiste aux travaux de la fabrique se borna, Vasari l’affirme, à cet essai malheureux'.
A ces maîtres éminents vint s’ajouter dans la suite le flamand Jean Van der Straten, appelé en Italie le Stradano, ou Giovanni délia Strada. Né à Bruges, vers i523, il se fixa de bonne heure à Florence, oü il mourut en i6o57. Il travailla longtemps sous la direction de Vasari, qui nous a laissé des renseignements assez précis sur la plupart de ses productions *. Nous savons, grâce au témoignage du biographe florentin, que le Stradan était surtout chargé de composer les cartons des tapisseries destinées à former, avec les peintures, la décoration du palais ducal. C’est ainsi qu’il fournit le dessin d’environ
1 Rlcerche, p.
» « Volen ,are quel h , dandogli
il! à d
n Bclvedere, dove gli fece in telle grandi alcune J Alessandro Magno, che furono poi in Fiandra messe in opéra di panni d’arazzo. a (Vasari, t. XII, p. 55.)
» Fece parimente Francesco (detto de’ Salviati), a riquisizione del detto Cristofano Rinieri e di maestro Giovanni Rosto arazziere fiamingo, tutta la Storia di Tarquino e Lucreqia Romana in molli cartoni, che essendo poi messi in opéra di panni d’arazzo fatti d’oro, di seta e filaticci, riusci opéra maravigliosa : quai cosa intendendo il duca, che allora foceva fare panni similmcnte d’arazzo al detto maestro Giovanni in Fiorenza per le sale de' Dugento, tutti d’oro e di seta, ed aveva fatto for cartoni delle Storie di Joseffo Ebrco al Bronzino ed al Pontormo, corne s’ è detto, voile che anco Francesco ne focessc un cartone che fu quello dell’ interpretazione delle selle vacche
che in simile opéra si pud maggiore, e che hanno di bisogno le pitture che si tessono : invenzioni capricciosc, componiir *■ che spicchino l’una dall’altra, perd ne’ colori, ricche nelli abiti e vestiri. D
riusciti bene si risolvé Sua Eccellenza di mettere Parte in hiorenza, e la lece insignare a alcuni putti, i quali cresciuli fanno ora opéré eccellentissime per questo duca. 1 (Ed. Lemonnier, t. XII, p. 67.)
* Lastri, dans VOsservatore fiorentino (édit, de 1821, t. n, P- 38), parle de cartons de tapisseries que Salviati avait exécutés pour le roi de France et
abbiano rilivo e venghino allegre lo poi questo panno e gli altri
qui se trouvaient de son temps encore ( 176G) dans la villa du comte del Bcnino a Colonnata.
di tutti i Mesi dell’ anno, messe in opéra di bcllissimi panni d’arazzo di seta
meglio, da Marco di maestro Giovanni Rosto fiammingo. t (XI, 21g.) — Ailleurs encore le biographe célébré l’habileté du Bachiacca : « Oltre ciô, fece i cartoni per molli panni d’arazzo, che poi furono tessuti di seta da maestro Giovanni Rosto, fiammingo, per le stanze dcl palazzo di Sua Eccellenza. » (VI, 53.)
Rosso c maestro Niccolô Fiamminghi, maestri eccellenti di panni d’arazzo, perché quell’ arte si esercitasssc ed imparasse dai Fiorentini, ordind che si focesscro panni d’oro e di seta per la sala del consiglio de’ Dugento
fteessero nei cartoni le Storie di Joseffo. Ma avendonc fotte Jacopo duc, in uno de’ quali é quando a Jacob è annunziata la morte di Joselfo, e mostratogli i panni sanguinosi, e nell’altro il fuggire di Joseffo, lasciando la veste dalla
tessuti ed in opéra; e cosi Jacopo non seguito di fare più cartoni altrimenti.» (Ed. Lemonnier, t. XI, p. 62.)
’ On trouvera sa biographie dans les Artistes belges à l'etranger, de M. Fetis, 1. 1, pp. 121-143.
» Edition Lemonnier, t. XIII, p. 180.
trente portières pour les salles dites de Saturne, d’Opis, de Cérès, de Jupiter et d’Hercule. Il en fournit d autres pour l’appartement du duc et de la duchesse. Vasari cite en outre parmi ses compositions la Vie humaine (en dix pièces) et une longue série de Scènes Je chasse et de pêche destinées au palais de Poggio a Caiano.
Les documents analysés par M. Conti permettent de fixer avec précision la date de la plupart de ces ouvrages, en même temps qu’ils nous en font connaître un grand nombre d’autres. Voici, en suivant l’ordre chronologique, les séries mentionnées dans le travail de l’écrivain florentin : 1 55g , Saturne et les trois Parques'-, l 'Histoire de Salomon. — i56o La Vie humaine. — i56i. L ‘Histoire de David (on travaillait encore à cette suite en 1567). — 1 563. L 'Histoire des Romains, en six pièces; l'Histoire d'Assuérus. — 1564. L'Histoire d'Ulysse. — 1 565. L’Histoire de Salomon, en trois pièces, et l 'Histoire d' Hercule. — i566. L 'Histoire de Cyrus. — 1567. Première mention des Chasses. — 1569. La Guerre de Sienne. — 1570 L'Histoire de Laurent le Magnifique.
Bon nombre de ces tentures existent encore. D’autres sont connues par les gravures de Collaert, de Galle, de Mallery On remarquera 1a facilité avec laquelle le Stradan passe des sujets sacrés aux sujets profanes. Il travaille simultanément -i l 'Histoire de Salomon et à celle d'Ulysse. Notons surtout le titre d 'Histoire donné à toutes ces compositions; il nous prouve que les hommes de la Renaissance, avec un instinct fort juste, cultivaient surtout dans les tapisseries le style narratif, le mieux approprié à cet art.
A côté du Stradan nous trouvons son compatriote Frédéric Sustris (Federigho di Lamberto Guster). Le 12 mai t565 cet artiste reçut 462 écus, 10, pour 1 85 brasses carrées de cartons de l 'Histoire de Florence.
Mais revenons aux deux fondateurs de la manufacture florentine. Leurs noms ne sont point nouveaux pour nos lecteurs. Les contemporains parlent d’eux plus d’une fois. Vasari les appelle « Giovanni Rosso (ou Rosto) e Niccolô fiamminghi, maestri cccellenti di panni d’arazzo ». Lomazzo accorde une mention des plus élogieuses à l’un d’entre eux : .. Nclle tapezzerie sono lodati principalmente Girolamo di Oselar da Brusseles, Giovanni d’Arostos tapezzicro del gran Duca di Toscuna1». Mais nous les connaissons surtout pour les avoir rencontrés à Fcrrare où ils eurent une part considérable à la réorganisation de la manufacture ducale. Leur vie est d’ailleurs assez obscure. Nicolas Karcher, qui semble avoir habité Ferraredès l’année 1 5 17 (voir page 56), disparait en 1 553 des registres florentins, et nous n’entendons plus parler de lui. Quant à Jean Rost, les plus brillantes destinées lui étaient réservées. Comblé de faveurs par le duc Cosmc, il fut recherché, comme nous l’avons vu, par le pape Paul IV, qui fit l’impossible pour l’attacher à son service (i558); en même temps la maison d’Este et l’œuvre de la basilique de Saint-Marc de Venise lui commandaient des tentures du plus grand prix. On peut dire qu’il fut réellement le coryphée des tapissiers italiens du seizième siècle. Malgré tant de succès, Rost connut à peine l’aisance. Dans sa vieillesse il fut même forcé de demander une pension alimentaire à son fils.
N. Karcher ne semble pas avoir fait usage d’un monogramme particulier. Quant à Rost, ses tapisseries portent d’ordinaire pour marque un poulet à la broche (Rost, Rosto = Rôti), dont voici le dessin :
Dès avant la signature du contrat analysé tout à l’heure, Rost avait à peu près terminé une pièce de l 'Histoire de Joseph, d’après un carton du Bronzino; ce qui fait supposer à M. Conti que son arrivée à Florence remontait déjà à une année environ La lettre ci-dessous reproduite prouve que l’auteur florentin ne s’est pas trompé. Ce document nous fait en même temps connaître les illusions dont se berçait Cosme : le duc croyait qu’il mettrait fin, grâce à cette création, à l’importation flamande, non seulement dans ses États, mais encore dans ceux de ses voisins :
La ringrazio dello avviso che n
» A don Francesco di Toledo
del ig Sett" 1545
„ . . li di ddle belle etc » trovano costl. Ma io le ho a dire che ho condoito que molli
excellent, mal arie cor, as.a, lovorant, et con tatto l'ordine del la,o,are le tappezerie. Et di gii ho fatto rizzure di molle telai.
P“u a" Pmdp,° " . ™’ " SP“° d”! ia bre,e "“P0 v' “ habbi a lavorare di ta) sorte che non sari pib neceasario alli
suddetn di questo stato et alli ctrcumvicint ancora di venirsi a fornirsi in Fiandra di tappezeerie : *
Une autre lettre datée de Florence, 8 décembre , 545, e. adressée par Fier Francesco Riccio à P,s„i, non, fourni, de, détails sur vmi cZT’lT“ : ' 1 “î ‘ n S' ■“ ”“° d' V- S' ““ nella P"1' è ch»™ "" portière lncorato da questi tappezzieri, e
M L.ïWo 7t.fi *”W P“"l° a S’ E*o » Parlar seco sopra que.,, impresa, corne io scr^.i pochTdis.uô.
taotrO S Tà ed , V ,nf°rm‘“-.1V' « ,ro,erra *«» “'hor, il c.rtone del Bronzino adeio si passa riscontrare l’imita, loue.
■°r.r „ coté s ex, r, r,,"” r“ “ re“ mo“° mW or™. nd»« mi „»
taccsse, non so corne b. Ex. se la vorra intendera, perche questa impresa ha da ei ' ' '
cosa che dura poco e in breve si fa nero4 ».
En 1 549 on loua trois maison, dan, la ,1. San Galle ponr y installer l’a, aller de Jean Rost et , compagnons. L atelier de Nicolas Karcher au contraire f„, installé dans une maison de 1, Via dei Cimatori.
Pitti (On sait nue "c’est Ixuatl CcnT" ^ ,NlC°laS Karcher disparaissent des registres conservés dans les archives du palais
nous p„;t“ wrx- ■sfï m "•*> “■ - - *■> *-« *■
Duc. Le. documents publié, par M Campmi . „o„, foZ’l.J m” ikB“‘d “ ,rOU™h a“
29 juin 1 558, Cosme I” appelle expressément Jean Rost . mio arazzicrc Wl"en"donc "d CetId DB1S Une d "' g”
travailler pour les Médieis au»i longtemps ,n« se. force, le lui permirent. C““n“’
Le contrat conclu avec eux lui laissait, on l’a vu, une latitude fort n -m
bien que pour les simples particuliers. grande. Il pouvait travailler pour les souverains étrangers aussi
a esser singulare. In detta portiera mi par troppo oro, et è s doute aussi pour y loger ses
1 La tenture exécutée d’après ces cartons fut livrée dès le 3i mai i55g. Il ne serait donc pas impossible du carton remontât à l’année i558.
! fdea del Tempio delta Pittura (tôgo), a» éd., p.
au garde-meuble ducal
s Archivio Mcdiceo. Minutari.
4 Carteggio del duca Cosimo de M. G. Milanesi.
5 Araj^eria eslewse, pp. 114 et
I», filza 3 75,
vol. LV11I. Communication
TAPISSERIES ITALIENNES
1 55o- 1 55 1 , pour la basilique de Saint-Marc de Venise, l’admirable
Rost profita notamment de cette latitude pour lisser,
étudier “ q“‘ “ trou,e ->*"■ >'• comblé, de I„ b.mllque. No, lecteur, peuvent
S ri', T' de“ d“ pii“‘ de “ pbotoglyptie’d'après le, cliché,
, I “ ‘h b “ Pho’oe™ph= vénitien, M. Naya. Non, comme, également en meute, grâce à un auteur du siècle
dernier. Tentant,, , grâce surtout à M. Urbattl de GheltoP, de leur faire connut,, le, condition, dan, lesquelle, a p* ~,i.,.nc. 1 Histoire de saint Mare. Le ao octobre ,5So, Zu.u de Zuan di Rosto, Flamand, tapissier du dnc de Florence-, .'engage vis-â-vi, du procureur de lceuvre de Saint-Marc a lut livrer an moi, de décembre .55. quatre e.pallier, conforme, au des.in (.an, doute le carton) que lu, enverra Jacopo Sausovino-. La tenture devra être entièrement en soie, or « argent, ,a„, mélange aucun de laine, ni d autre matière, elle devra non-seulement égaler, mais encore surpasser le carton (essa opéra non solum sia fatta juxta quel dtsegno che se h ha a mandar, ma etiam meglio di e chacun, par brasse carrée, mesure de Venise.
D’après un auteur du seizième siècle, qui célèbre e
) disegno). Le prix est fixé à vingt ducats, de 6 livres, 4 s
. • * 1 termes pompeux la beauté de cette tenture, destinée à l’origine à orner
les bancs places dans le chœur de la basilique, les quatre espalliers de Jean Rost représentent : Saint Marc baptisant à Alexandrie saint Antanus et sa famille; saint Marc faisant sombrer par ses prières un vaisseau rempli de démons; saint Marc guérissant saint Anianus ; le temple construit par saint Marc après la conversion des Égyptiens; le martyre du saint; saint Marc guérissant un possédé, etc.» Le même auteur ajoute que l’une des pièces porte la marque F. F. (Fatto in Firenze) avec la date i55i.
C’est a ce voyage à Venise que se rattache la lettre suivante, encore inédite, dans laquelle l’artiste demande au Duc la faveur d’introduire à Florence deux pièces de drap noir destinées à l’habillement des siens. On remarquera dans cette lettre le ton dolent affectionné par les artistes de la Renaissance, toutes les fois qu’ils s’adressaient aux grands.
« Illmo et Exm° Sr Duca.
Supplica a Vra E'1* Giovanni di Rosto araziere che a quella piacia per singularissima gratia concedcrgli che possa cavare dua panni negri di lana foristieri, cioè Venetiani, per poter vestire la soa famiglia questo inverno; quali havendo barattati per alcuna arazeria in Vinetia solum per questo effetto, condutti che furno in doghana di Fiorenza gli dicano l’ufficiali che senza expressa gratia di Vra Illma Ex11* non lo puo cavare, ora atteso che ha di molti puti fiorentini soi fattori che hanno poveri parenti et sono nudi et iscalci prega Vra Hlm‘ Ex,ta ‘--he per singolarissima gratia gli concéda che di quelli panni possa vestire quelli solamente che- sono délia famiglia soa », etc.6.
En 1 553, Rost exécuta pour le duc de Ferrare quelques tentures dont il nous entretient lui-même dans des lettres publiées par M. Campori 7.
En 1 558 enfin, Cosme l’envoya dans la Ville éternelle pour y installer, à la prière du pape, un atelier de haute lisse, mais son séjour sur les bords du Tibre ne dura que peu de semaines, comme nous l’avons montré (p. 47).
L’accueil si flatteur fait au vieux tapissier par le .souverain pontife devait être une des dernières joies de son existence. La faillite d’un habitant de Ferrare, auquel il avait confié quelques-unes de ses tapisseries, lui porta un coup dont il semble ne s’être pas relevé6. En effet, dès i56o il était tellement décrépit qu’il se trouvait hors d’état de travailler et qu’il se vit réduit à demander à son fils une pension alimentaire. Les arbitres auxquels il confia le soin de fixer cette pension décidèrent, le 2 avril i56o, que Giovanni Rost fils serait forcé de donner à son père quatorze (?) livres par semaine. C’est là le dernier document que nous possédions sur le vaillant fondateur de la manufacture florentine, et c’est sur celte note attristée que finit la biographie de cet artiste vraiment supérieur.
Son collègue, Nicolas Karcher, était sans doute mort depuis longtemps déjà. Quant à son fils6, Giovanni di Giovanni Rost (le père, comme on l’a vu, s’appelait Giovanni di Lorenzo), il travaillait non-seulement en 1562 encore, comme le rapporte M. Conti, dans la manufacture ducale, mais même en 1 565 . Ce fait résulte d’un document encore inédit que nous avons découvert aux Archives d'État de Florence et que l’on trouvera au bas de cette page ,0.
Avec des métiers dirigés par ces tapissiers de génie qui avaient nom Jean Rost et Nicolas Karcher, avec des cartons fournis par des peintres de la force du Bronzino, de Salviati, du Bachiacca et autres, la manufacture florentine ne devait pas tarder à prendre
un brillant essor. Dans le court espace de quatre ou de cinq ans, elle mit au jour, coup sur coup, l'Histoire de Joseph, les Mois,
et plusieurs autres suites qui font aujourd’hui la gloire de la Galerie des Offices ou du Palais Vieux.
L'Histoire de Joseph se compose de vingt tentures dont les cartons ont été exécutés, comme on l’a vu, par le Bronzino, assisté de Raffaello dal Borgo, par Salviati et par le Pontormo. Le premier de ces maîtres fournit notamment les dessins des scènes suivantes : Joseph vendu par ses frères, Joseph en prison, les Dou^e frères de Joseph, l'Arrestation de Benjamin, Joseph et la femme de Putiphar, le Repas de Pharaon. Salviati est l’auteur du Songe de Pharaon. Parmi les compositions de Pontormo enfin, M. Conti cite la Coupe de Joseph et la Fuite de Joseph. (Voir toutefois ci-dessus le témoignage de Vasari.)
A partir du mois d’août 1547 les registres du palais Pitti enregistrent assez régulièrement la livraison des tentures composant l'Histoire de Joseph. Rost livra d’abord le Repas de Pharaon. Le i5 septembre de la même année, Jean Karcher remit de son côté l'Arrestation de Joseph (la Presura di Giuseppe), et le 16 mai 1548, le Songe de Pharaon ( les vaches grasses et les vaches maigres). La suite était presque entièrement terminée le i5 juillet 1549. Nous lisons en effet dans les documents examinés par M. Conti qu’à cette date le garde-meuble ducal avait reçu de Jean Rost cinq nouvelles pièces (la Vente de Joseph, la Coupe de
Joseph, Joseph en prison, les Frères de Joseph et la Fuite de Joseph), et quatre de Nicolas Karcher : (le Songe de Pharaon,
l 'Arrestation de Benjamin, Joseph et la femme de Putiphar, les Dou-xe Gerbes). Cosme stimulait évidemment l’ardeur de ses
1 Vita di Jacopo Sansovino, Venise, 1752, et Vite de ’ più celebri architetti e scultori venetiani, Venise, 1781, p. 247.
» Degli arajji in Venefia, p. 23.
3 Nous devons toutefois faire observer que d’après un document publié par M. Conti (p. 3:) le tapissier grand ducal s’appelait Giovanni di Lorenzo Rost, tandis que l’artiste chargé de l’exécution des tentures de Saint-Marc porte, dans l’acte reproduit par M. Urbani, les noms de Giovanni di Giovanni Rost. Or, c’est précisément ainsi que s’appelait Rost le ’
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5, Venetia città nobilissim [re ne porte point de da
; l’œuvre, non point de 1 arcnitecto l. del Moro.
singolare, éd. de 1604, pp. 35 v°, 36 mais le rapport qui l’accompagne
est daté du 22 décembre t552. (Archives d’Etat de Florence. Archivio delle Tratte. Informazioni di S. Gio. Conti, i55i-i552, filza 2, n° 5og).
» Voir Campori, toc. cit.
9 M. Campori (p. 5z), se fondant sur le passage de Vasari où il est dit que les Mois du Bachiacca furent tissés « dn Marco di Giovanni Rost », fait de ce Marc un fils de Jean Rost. Mais nous croyons que c’est là une erreur. Nulle part en eflet nous ne trouvons la moindre mention d’un artiste appelé Marco Rost. Bien plus, les documents publiés par M. Conti nous prouvent que les Mois sont l’œuvre de Jean Rost et de Nicolas Karcher. Ne pourrait-on pas lire < da mano di Giovanni Rost » au lieu de « da Marco di Giovanni Rost a ! Cette correction, si naturelle, ferait disparaître la difficulté.
10 « i565. Sabato addi 16 9br“. A maestro Giovanni Rosto arazziere fiammingho ducati novanta quatre di moneta, porto contanti a complimento di ducati 194 simili di suo credito, per conto di pigione di casa, corne ne fa relatione Filippo dell* Antella. » (Depositeria generale. Libri d’ Entrata e Uscita, n« 772.)
tapissiers. Peu lui importait la dépense, pourvu qu’on allât vite. Les sacrifices furent énormes. Vasari, on l’a vu, affirme que l'Histoire de Joseph coûta 60,000 écus d’or.
L 'Histoire de Joseph existe encore. Plusieurs des tentures qui la composent ornent la salle des délibérations du conseil municipal de Florence, au Palais-Vieux. J’ai relevé sur elles les marques suivantes : BRO( nzino) FIOR{enûno), BR° F. F.; une fleur de lis épanouie entre deux F (Factum Florcntiæ); enfin le poulet à la broche. Une de nos planches reproduit la pièce représentant le Repas de Pharaon, d'après le Bronzino.
Les Mois, du Bachiacca, sont divisés en quatre tentures, de longueur inégale, comprenant chacune un certain nombre de compartiments. Au centre se trouve chaque fois une scène destinée à symboliser le mois auquel elle se rapporte ; aux angles on remarque les personnifications des mois en camaïeu bleuâtre ; la partie supérieure contient les signes du zodiaque, la partie inférieure des représentations en grisaille tirées de la mythologie (Léda, Actéon, etc.), au-dessous desquelles règne une bande formée de tètes plus ou moins grimaçantes. Les bordures latérales enfin contiennent des statuettes, des festons, etc. Voici l’indication des sujets principaux : Janvier. Paysans faisant des fagots. — Février. Rouissage du chanvre. — Mars. La taille des arbres. — Avril. Paysannes occupées à traire des vaches et des chèvres. — Mai. Une fête. (Ce sont les trois compartiments reproduits sur notre planche.). — Juin. La tonte des brebis. — Juillet. La moisson. — Août. Le battage du blé. — Septembre. Les vendanges; la cueillette du raisin. — Octobre. Les vendanges; le pressoir. — Novembre. Un repas. — Décembre. Villageois tuant un porc.
Cette suite, d’une conservation, d’une fraîcheur merveilleuses, a été exécutée en i55a-i553. Elle est presque uniquement formée de fils de soie et d’or. De là sa finesse qui tient vraiment du prodige; de là aussi l’éclat des tons, parmi lesquels domine un rouge carmin fort vif.
Plusieurs des pièces portent la marque de la manufacture florentine, le lis placé entre deux F (janvier, octobre, décembre), ainsi que la marque de Rost, le poulet à la broche. Sur deux d’entre elles, celles qui représentent les mois de mai et de juillet, on voit en outre les lettres P. F. Ce sont évidemment les initiales de Pierre Fèvre, qui restaura cette suite au dix-septième siècle, et qui copia même en tapisserie, comme nous le verrons plus tard, le mois de mai. Les pièces restaurées par Fèvre paraissent moins finement travaillées, surtout dans les têtes de la bande inférieure.
La Galerie des Offices possède une autre suite de tentures exécutées par Rost à Florence, ainsi que le prouvent la présence dans la bordure du poulet à la broche et les inscriptions FATTO IN FIORENZA , ou J. FLO. Ce sont des Grotesques à fond jaune avec des enfants (d’un dessin assez lourd), des oiseaux, des poissons, des reptiles, des fleurs, des festons, des têtes de faune semblables à celles des Mois du Bachiacca. On dirait un atlas d’histoire naturelle. Les motifs sont curieux plutôt que décoratifs; l’exécution aussi laisse beaucoup à désirer; elle est infiniment moins soignée que dans les autres séries dues à Rost. On trouvera parmi les planches jointes à notre ouvrage la reproduction de l’une de ces Grotesques ' .
Citons enfin parmi les ouvrages de Rost deux figures allégoriques qui sont conservées dans la Galerie des Offices et qui se distinguent par une gamme claire, d’une finesse fort grande, surtout dans les chairs. L’une représente Flore (peut-être aussi le Printemps). On y voit la déesse toute nue, en compagnie d’un taureau, d’un bélier et d’un génie. La bordure, d’un dessin fouillé, dans le style flamand, se compose de fleurs et de fruits. A droite, dans le bas, se trouve le poulet à la broche; à gauche, dans le haut, l’inscription : FATTO IN FIOREZA. Laine, soie et or. La seconde pièce, appartenant à la même suite, nous montre la Justice délivrant l'Innocence. Au premier plan un lion, un dogue et un ours; au fond, Saturne.
Les renseignements que nous possédons sur les collègues (peut-être les concurrents) de Karcher et de Rost sont en petit nombre et fort précaires. Les registres consultés par M. Conti ne nous font connaître pour la première période de l’histoire de la fabrique que deux noms : Giovanni Stichile (1 549), originaire des Flandres, et Francesco di Pascino, de Florence. Ce dernier, qualifié de tisserand (tessitore di drappi) exécuta en i552 une portière ornée des armoiries des Médicis. En 1 555, il est question de deux ateliers, l’un situé Via del Cocomero, l’autre Via dei Servi. Tous deux étaient placés sous la direction de Tanay di Niccolô de Médicis. Les tapissiers attachés au premier d’entre eux étaient Giovanni di Bastiano Sconditi et Filippo di Jacopo (qui peignait en même temps les cartons). Le personnel du second atelier se composait de Giovanni di Marchionne de Fivizzano et de Benedetto di Michèle Squilli. Nous rencontrons, en outre, dans la même année, les tapissiers Romolo et Francesco (ce dernier peut-être identique à Francesco di Pascino). Quant à « Giovanni Tedesco tappezziere », enterré le 4 juin i555 à Saint-Laurent, nous ignorons s’il appartenait à l’atelier ou aux ateliers du Duc’. Mentionnons enfin» Piero d’Elia Candido arazziere » (1 55 g- 1 56o) a.
En i56o Squilli travaille seul dans l’atelier de la Via dei Servi, et Sconditi seul dans celui de la Via del Cocomero. A partir de i568, date probable de la mort de ce dernier, les deux ateliers sont réunis sous la direction de Squilli.
Parmi les tapissiers employés en même temps que ces deux maîtres par le gouvernement ducal nous citerons Baldassare di Enrico Brecorinck, de Bruxelles (i56o), Antonio di Giovanni délia Parte ou Particini (id.), Bartolommeo di Bartolommeo di Giovanni (id), Jacopo di Lorenzo Marzuppini (i56z), Benedetto di Giovanni délia Balcstra (1562).
Voici la liste des tapisseries exécutées par ces différents artistes :
1557 : Une pièce de l 'Histoire de Pomone (par Giovanni di Marchionne); — Une pièce de l'Histoire de Sylvain (par Giovanni Sconditi); — une pièce de l'Histoire de Çybèle (par le même).
1559. Une pièce de l'Histoire de Saturne (B. Squilli).
1560. La Vie humaine (B. Squilli).
1561. Trois pièces de l' Histoire de David (B. Squilli).
1566. Deux « spalliere » avec les armoiries de Cosme I»' et celles delà corporation des marchands (B. Squilli). Ces deux tentures étaient destinées à la corporation de l’arte dei Mercatanti.
1567. La »«. de saint Jean-Baptiste, le Baptême du Christ (Squilli), pour lu corporation de. marchand.. - La Chasse au Daim (Sconditi). — La Chasse au Chamois, en deux pièces, et la Chasse au Bouquetin (id.). — La Chasse au Sanglier et la Chasse au Lion, en deux pièces. — Continuation de l'Histoire de David.
'568. La Chasse au Cerf (Squilli). — La Chasse à l'Ours.
.Ï69. Couverture, avec le. armolrie. de. Médici,. - Saint Joseph tenant ten faut Jésus, commandé par Giovanni di Fr.nce.co Temp. ; - Le Supplice de sainte Agathe (pour le même). - L, Déroute de. Turcs à PiomHno (Squilli). - L. Prise de Port Ercole (id.). '
■ 57o. Une portière avec la Charité (pour Giovanni di Francesco Tempi).
1 57“- Histoire de Laurent le Magnifique , 1. Laurent faisant construire Poggio -Caiano. 2. Laurent couronné par la : Cosme secourant le comte François Sforza. — Histoire de Cosme l'ancien. 1 . Cosme
Prudence. — Histoire de Cosme P'.
la Galerie (n“ n 2-121) sous le titre : Figure, animali, frutti. D’après ce document une des pièces serait signées N K (Nicolas Karcher).
’ Dans la Chronique des Arts du 17 juin 1876 (p. 214) j’ai cru pouvoir identifler cet artiste ù Jean Rost, mais je reconnais aujourd’hui que cette
opinion n’est pas défendable. Rost, en effet, vivait encore en t56o.
3 Depositeria. Recapiti di cassa, filzag58, 1 juin 155g, g6i, 26 juillet i56o. * Nous publions dans l’Appendice les inventaires, jusqu’ici inconnus, à l’aide desquels nous avons pu compléter, pour les années 1571 et suivantes, la liste des tapisseries fabriquées dans les ateliers florentins.
TAPISSERIES ITALIENNES
faisant bâtir un hospice à Jérusalem. 2. Cosme fondant le couvent de Fiésole. 3. Cosme faisant construire une bibliothèque. 4. Cosme recevant les ambassadeurs napolitains. — Histoire de Jean de Médicis. 1. Jean aitaqué sur le pont Saint-Ange. 2. Combat près de Parme. 3. Traité conclu avec un capitaine suisse. 4. Jean de Médicis et François I". 5. Attaque de Milan.
1573. Histoire de Clément VII. 1. Clément VII résolvant de proclamer Alexandre de Médicis duc de Florence. 2. Clement VII conférant à Alexandre le titre de duc. — La Justice et la Libéralité. — Le Temps et Minerve. — La Fortune et la Prudence.
Histoire de saint François. Suite destinée à l’église consacrée à ce saint dans la ville de Ferrare1.
1574. Deux portières, destinées à Antonio Salviati. — Une bordure destinée à Girolamo Guidacci.
La Chasse au loup (4 pièces).
Cette production fébrile n’avait pas empêché Cosme de faire venir des tapisseries des Flandres. Le 22 avril 1557, nous le voyons payer à maître Giovanni Vandenvall d’Anvers i5oo écus d’or pour solde de 55oo écus formant le prix de sept tentures (d’or et d’argent) représentant la Création du monde3.
Vers la fin du règne de Cosme I", en 1567, un habitant de Ferrare, Bernardo Saliti, lui proposa d’établir à Pise une fabrique de tapis, façon du Levant. Mais ce projet semble n’avoir pas eu de suite. Le marquis G. Campori a publié dans son Ara^eria estense (pp. 122-124), d'après la copie que nous lui avons communiquée, la correspondance échangée à cette occasion. Nous nous bornerons à renvoyer le lecteur au travail du savant modenois. Une offre analogue fut faite à Cosme Ior par Giovanni degli Organi. Ce personnage se vantait notamment de posséder un secret pour donner aux tapisseries à figures une perfection plus grande3. Cette fois encore il ne semble pas que le Grand-Duc ait fait à l’inventeur un accueil favorable.
En 1574, François I°r remplaça sur le trône de Toscane son père Cosme. Sous ce prince, qui mourut en 1587, l’activité de la manufacture fut loin de se ralentir. Mais les peintres et les tapissiers qui avaient fait la gloire du règne précédent avaient disparu; la ruine de l’art était consommée ; rien ne pouvait empêcher la tapisserie florentine de suivre le sort de la peinture.
Il y a loin du Bronzino à son neveu Alessandro Allori, un des peintres favoris de François I"r. Et encore Alessandro était-il un artiste de génie comparé à la plupart de sés contemporains. Ce maître fournit à 1’ « arazzeria » des Médicis un grand nombre de cartons, à partir de 1576. Nous citerons parmi eux, d’après M. Conti, l 'Histoire de Latone (le payement pour solde eut lieu le 20 juin 1579); l'Histoire de Paris (4 pièces; payement pour solde le 2 avril 1 583) ; une Nativité { 1 583) ; une Adoration des Mages (id.); une Fuite en Égypte (id.) ; l'Histoire de Phaéton, exécutée en 1 585 et composée de six pièces (Phaéton demandant à Apollon de lui confier son char; — Apollon montrant le char à son fils; — Apollon remettant les rênes à son fils; — Jupiter foudroyant Phaéton; — Phaéton pleuré par ses sœurs; — Phaéton enseveli par ses sœurs). Puis viennent des cartons pour six portières, { 1 585), l'Histoire de Niobé ( 1 586), et l'Histoire de Bacchus. Cette dernière série comprend les sujets suivants : Bacchus monté sur un char traîné par quatre tigres et précédé parla Fortune sous les traits d’un homme; — Silène monté sur son âne et entouré de bacchantes et de nymphes; — Penthée mis en pièces par sa mère et ses sœurs; — Honneurs rendus à Bacchus par le peuple.
Nous retrouverons Alessandro Allori sous le successeur de François I", Ferdinand I".
Pendant la période dont nous nous occupons, la manufacture semble avoir conservé son organisation première. Nous trouvons à sa sa tête, avec le titre de « provveditore », Tanay de Médicis4. Ce personnage, qui paraît avoir été plutôt chargé de l’administration de la manufacture que de la direction artistique, étant mort en 1 585, fut remplacé par Giovanni Ser Jacopi, inspecteur des forteresses. Ser Jacopi, (nom bien florentin, et nullement flamand comme l’admet M. Wauters') resta en fonctions pendant de longues années, sauf une interruption de quelques mois (juillet à septembre 1 588), pendant laquelle il eut pour suppléant Dona dell’Antella. Comme Tanay, c’était un administrateur, non un artiste.
Le vrai chef des tapissiers était Benedetto Squilli. Ce maître habile, qui avait encore pu recevoir les leçons de Jean Rost, portait le titre de « agente et ministro principale sopra i lavoranti n; il disparut en 1587 et fut remplacé par Guasparri di Bartolommeo Papini.
Parmi ses collaborateurs, nous ne pouvons citer que les flamands Alberto d’Olbrech et son père (1577), Cornelio d’Anzolbrech (1583)", et un artiste dont le nom semble déceler une origine italienne : Fabrizio Corso (i58o).
Nous ne possédons, pour les règnes de Cosme I" et de François Ior qiie des fragments des comptes de la fabrique. D’après le premier en date de nos documents’, la dépense totale s’éleva, du 1" mars 1570 au 1 5 juillet 1579, 48733 écus environ. Pendant la même période Tanay de Médicis livra au garde-meuble grand ducal 42 tentures, 2 petits tableaux en tapisserie, des rideaux, etc., etc., soit en tout 23 17 aunes carrées et 1/8; le prix de l’aune carrée était de 26 livres en moyenne. Un second document nous apprend que François I" dépensa, du 4 mai 1 585 au 3i juillet i586, 1424 écus, 3 livres, 10 sous, 2 deniers pour les cartons destinés aux tapisseries, pour la main-d’œuvre, les matières premières et le salaire des ouvriers. Dans cette dernière somme sont compris, pour 180 écus, les honoraires d’Alessandro Allori.
La manufacture qui avait reçu, sous Cosme I" déjà, des commandes importantes du dehors, prit sous François Ier une extension commerciale fort considérable. En i58o elle fournit à un Vénitien nommé Tiepoli une tenture de V Histoire de David; c n 1 585 l’Espagnol Cesmes Destudiglio acquit d’elle six portières exécutées d’après les dessins d’Al. Allori. L’année suivante un citoyen de Bergame lui acheta une Visitation.
Parmi les autres tapisseries fabriquées sous François I°r, nous citerons encore, pour l’année 1575, la Chasse au lièvre, en trois pièces, la Chasse au lapin (1 pièce); — en 1576 un Portement de croix, une Madone ; en 1577, la Chasse au blaireau, à la loutre, au chat sauvage (4 pièces); en 1578 la Chasse à la licorne, la Chasse à l'oie sauvage, la Chasse au cygne, la Chasse au canard sauvage; en 1579 l'Histoire de Pluton et de Proserpine (4 pièces); l 'Histoire de Latone (4 pièces).
La faveur d’Alessandro Allori ne diminua pas sous Ferdinand Ior, successeur de François Ier, (1587-1609). Il fournit à la fabrique grand-ducale un nombre considérable de cartons dont voici les plus intéressants: Histoire de saint Jean-Baptiste (4 pièces exécutées entre 1 588 et i59o); les Centaures (6 pièces, i588-t5go); la Guerre du Portugal (6 pièces, i58g‘); des couvertures de mulet (i5gi); devant d’autel et ornements sacrés destinés au pape Clément VIII (i5g3 et années précédentes); devant d’autel avec la Vierge, des saints et le doge de Venise. Allori mourut en 1607. Il fut remplacé selon toute vraisemblance par Bernardino Poccetti, qui exécuta quatre cartons représentant le Printemps (1607).
1 Ces tapisseries furen P. Agostino Righini. Elles de: pittori e scultori ferrare
îcutées S Florence en i573 pour le compte du t aujourd’hui perdues. Voir Baruffaldi, Vite ^errnre. 1844, t. I, p. 269.
: Florence. Depositerin generale, filza 958. s ™ « Et anchor so fare (con tanto buon modo) ch’ogni tapezaria à figure sia di molta più bellezza, che non è, et senza il mio rimedio manca d’assai bontà etc. (Archivio Mediceo, Cartcggio di Cosimo 1. i85, p. 823).
* Une lettre de la veuve de Tanay nous fournit quelques détails intéressants sur la situation de son époux : « Qunnto alla provisionc è stata di 6 (scudi) il mese senz ’ altri émolument!, o guadagni d’altra sorte, et che sia
vero ha servito 46 anni, alla sua morte si trova le medesime facultà che gli
d. 1500 con ci’nque figliole da marito et due figliolini. » (Juin >585). - Archives d’Etat de Florence. Arch. Mediceo, filza 774, p. 62. s Les Tapisseries bruxelloises, p. 171.
û M. Schoy ( Journal des Beaux-Arts, de Siret, 1876, p. 4), identifie le mot Anzolbrech à celui d’Alsemberg, localité située près de Bruxelles.
’ Nous reproduisons cette pièce dans l’Appendice, s M. Conti (p. 19) est disposé à admettre que cette suite ne fut pas traduite en tapisserie.
là
L’année même de l’avènement de Ferdinand Ier, en 1 587, la direction des ateliers passa des mains de Squilli dans celles de Guasparri di Bartolommeo Papini. Ce maître, dont le nom est attaché au superbe parement d'autel de Clément VIII, resta en fonctions jusqu’en 1621. En 1596, seule année pour laquelle nous possédions une liste de ce genre, il avait à côté de lui une douzaine d'artistes, parmi lesquels figuraient plusieurs Flamands : Matteo di Lorenzo, de Florence; Antonio di Michèle, également de Florence; Francesco degli Innocenti, Valerio degli Innocenti, Giovanni degli Innocenti, Alessandro di Pietro Caciotti, Orazio Baccioni, Batista di Jacopo, Andrea di Raffaello, et enfin Jacopo di Gilio, Anzolbrech, Cornelio, fils d’Anzolbrech, Arrigo di Giovanni. Les quatre derniers étaient originaires des Flandres.
Cette fois encore nous sommes en mesure de donner, du moins pour une partie du règne de Ferdinand I", les comptes de la fabrique grand-ducale. Ils s’élevèrent du 2 août 1 586 (dernière année du règne de François I") au 26 septembre iSgt à 7482 écus et quelques fractions, du 5 octobre 1591 au 23 août 1596 à 9233 écus et quelques fractions. Les cartons fournis par A. Allori étaient compris dans ces deux sommes pour environ 1100 écus. La fabrique avait exécuté, du 1" mai 1 585 au 23 août i5g6, 52 tentures, 66 portières et couvertures de carrosse, 29 espalliers et bordures (fregi), soit au total 4181 aunes, 2 « bastoni » '. Le prix de revient s’élevait à 26 ou 28 livres l’aune carrée.
LISTE DES PRINCIPALES TAPISSERIES EXÉCUTÉES PENDANT LE RÈGNE DE FERDINAND I" (1587-1609)
1 590. Une tenture avec les figures de Florence et de Sienne, envoyée en Espagne.
i5g2. Deux espalliers avec saint Jean l’Evangéliste et saint Jean-Baptiste, destinés à la basilique de Saint-Jean-de-Latran de Rome. — L 'Histoire des Doara, en six pièces, commandée par Luigi da Doara : 1“ Eccelino blessé et fait prisonnier par Buoso da Doara. 20 Luigi da Doaru nuviguant avec dix galères. 3° Combat. 40 Buoso da Doara attaquant Eccelino. 5° Luigi da Doara faisant brûler Casai. 6° Les Siennois assiégés renvoient les bouches inutiles; Luigi da Doara les fait rentrer dans la place.
1593-1597. Devant d’autel et ornements sacrés offerts par Ferdinand Ior au pape Clément VIII Aldobrandini (1592-1605). Ce précieux ouvrage, exécuté comme on l’a vu, d’après les dessins d’ Allori, existe encore. Il fait partie du trésor pontifical et a figuré en 1870 à l’Exposition romaine. Voici la description qu’en a donnée à cette occasion M. l’abbé de Clèves : « Ornement de Clément VIII. Cet ornement, composé de quatre pièces, en tapisserie soie et or, a été tissé d’après les dessins de Raphaël ou de l’un de ses élèves.
La chape représente l’Ancien-Testament. Sur le chaperon, on voit Adam, Eve et le serpent. En dessous du chaperon, le sacrifice d’Isaac, figure du sacrifice de Jésus-Christ; et enfin, plus bas, une grande et belle figure du Père Eternel, au milieu d’u
Sur les orfrois se trouvent les rois du peuple de Dieu. Puis, çà et là, des anges exaltant la tiare et la tr église avec les armoiries de Clément VIII, ornées de deux branches d’olivier.
La chasuble est consacrée à l’iconographie de la Passion. Sur la partie antérieure on voit le lavement des pieds, l’Ecce homo et la Véronique essuyant la face du Sauveur; de l’autre côté, Jésus au jardin des Olives, Pierre pénitent et Jésus attaché à 1a colonne. L’étole pi 1 - monlpUie portent les emblèmes de la Passion.
La tunique représente l’Annonciation, l’Adoration des Mages, le Baptèm Evangélistes ornent a""' «•«»» "ü<-p
de Notre-Seigneur et son Ascension. Les quatre Pierre et de l’autre terrassant saint Paul. Quatre
La dalmatique nous montre Notre-Seigneur d’un côté donnant les clefs à personnages, saint Pierre, saint Paul et deux prophètes, la décorent également.
mographie de cet ornement embrasse donc toute l’histoire de la Religi les Apôtres, et tout vient se grouper autour de Jésus-Chris;
ZTcnT ne,,emenvT T f°"f blanctaPisséde rinceaux verts et fleuris et parsemé d’anges adorateurs. L’élégance des formes la grâce contours la variété et le mélangé harmonieux des couleurs, font de cet ornement un chef-d’œuvre d’art chrétien * »
1594. Trois pièces de 1 Histoire de Niobé envoyées à Giovanni d’Andrea Velio d’Alicante
•Vf"'"™ e“vo>'i“ » V'"“ Par l’intermédiaire de Tomm.so Michelozzi.
*• 3. La
donnée par le gr.„d-duc au cardinal de Flirence an moi. de iuhT.sôfi ’ Pnn”,‘,™, Paa emhédrale de Cdma, in,
dédommager 1. catlrédr.le, le Grand-Ducfit eaécoœ une uouveufsM, l ’ r P'°“" °ne lOT" “all,“e Par Ck'ri ’• P°"
Ces quatre tentures semblent encore exister. Voici eu effet ce qu’on [ff dams S “ ““ “ ,S»?-,598’ “ ’!ui coùt. 4te5 livres,
(page 95) : . „• Morte di Abele. Maestro Antonio M Bbmchi d , vë d' ' historique de Milan de ,S74
Como. « « N" 1 3 1 . Davidc chc riceve i mini Ht Ahim»i • , ate taPPezzlere del granduca. Firenze 1598, cattedrale di
Firenze 1598, idem. » D’après ce renseignement oui nous Te tn" UK° ad ,Amoni° M- Bianchi da Velate tappezziere del granduca. été l’auteur de cette suite. Mais nous croyons q’uMl y a là unT erreu/ En  Ant°ni° Muria Bianchi da Velate aurait donc
dans Antonio Bianchi tout simplement l’intermédiaire entre la cathédrale de CômT ^TT”3 PUbllCS f" M' C°nd m°US mon,rent Le payement est fait à G. Papini. N’est-ce Das dire nue rW 1 ■ • T C 1 la fabr“lue grand-ducale, et non un tapissier.
, 599-600. Dans les derniéresannéT dTsiède Z T‘°"YU ^
d enfants, de festons, de cartouches, tissées d’or de soie et lei r ’ “ ,nst’ dont six grandes pièces, aux bordures formées
la description des sujets: .» Le Christ lavant les pieds de ses ^ araZZÎ’ "" Musée deS 0ffices’ Void
, , -, l’Ancien et le Nouveau-Testament, les Prophètes et
" f °“P.e,r ï désus-Christ qui occupe seul 1. pièce principele, U ch.suble. Les broderie, ei les figures
n fond blanc tamsse de rinceaux verts pt flpnrÎQ j' . . . °
dans le haut de la tapisserie :
Inscription placée dans la partie inférieure :