‹ Histoire générale de la tapisserie (volume 2)Chapitre 31 sur 59 · TAPISSERIES · texte numérisé non relu

TAPISSERIES

» Esposifione dell'

napoletana, Nnples, 1877, p us avons donnés dan ions de tapisseries exii : : En 1645, le vicc-ro

Pieroni et Orlando Filippini >. C’étaient entrant, i ce qn'il semble, des tapissiers de basse lisse ■ II. furent suivis an mois de février „38 ié Bernardine Cavaleri, d’Antonio V.lenti, et de Niecolb Mansi ’ Onit même vente de Florence un tetntnrter, Andrea Cmnici. Mais ce personnage fut renvoyé quelques années plus tard i la suite de démêles avec I administration

On trouver, dans l'Appendice le réelement de 1. nouvelle manufacture. 11 nous sufSra ,ct de d.re que Domemco del Ro.so fnt charité de 1. direction de. trav.un, ainsi que du soin de former de. apprends. Il reçut i ce titre un traitement mensuel de ao ducs, avec le logement. Non. le trouvons en foncdons en ,?6, encore. Le traitement de se. collaborateurs va,,., t entre ,5 e, ,7 ducats, quelquefois avec quelquefois sans le logement. En ,?36, la fabrique comptât en outre ... ^unes ouvrier, recevant de 3 i 8 dncats p„ mois, quatre apprends, un comptable, un surveillant, et enfin un administrateur. Ce dernier, G. F. Pien, recevait .5 ducats par moi.

outre le logement. . . , , „ f ..

Les Quatre Eléments , telle semble avoir été la première grande production de la nouvelle manufacture. Nous avons vu qu’une tenture analogue était sortie peu d’années auparavant, de la fabrique florentine; celle-ci à son tour n’avait fait que suivre l’exemple des Gobelins, oü prit naissance, sous Louis XIV, une suite célèbre portant le même titre. La composition des cartons fut confiée, du moins pour les bordures, aux peintres Domenico Torelli et Antonio del Pô. Quant aux tapisseries elles sont l’œuvre de Rosso et de plusieurs autres

maîtres dont on trouvera les noms en note'. .

En 1743 Carlo Mugnai exécuta une pièce représentant Sainte Anne consacrant la Vierge à Dieu. L annee précédente il avait offert

au roi un tableau également en tapisserie6.

La date 1746 figure sur une tenture signée Domenico del Rosso (Maison du Roi. Sujet non indiqué) 7.

Ici la série des documents que nous avons eus à notre disposition offre une lacune considérable. Il nous faut aller jusqu’en 1758 pour trouver de nouveau des notices sur P « arazzeria » napolitaine. A ce moment, la manufacture comprenait un atelier de haute lisse dirigé par le Romain Pietro Duranti (voir ci-dessus page 53), et un atelier de basse lisse dirigé par Michel-Angelo Cavanna, de Milan. Ce second atelier était installé à San Carlo aile Mortelle. Il est probable que Duranti et Cavanna n’étaient que des entrepreneurs, car nous rencontrons à la tête de l’établissement D. Giovanni Belmudez, avec le titre de « capo délia tapezzeria .. (février 1761), et Domenico del Rosso ou Rossi, avec celui de « direttorc. » Celui-ci continuait cependant à travailler pour son propre compte, car en 1761 (25 juin), le gouvernement lui fit demander s’il voulait se charger de l’exécution de l’un des Quatre Éléments. Parmi les ouvriers, nous ne pouvons citer que Lubis (pétition de sa veuve en date du i5 juillet 1758) ; deuxTurinois qui quittèrent Naples en 1758, à cause du manque d’ouvrage9, et Valentini (3 octobre 1761). L’exécution des cartons était confiée aux peintres Bonito et Guglielmo Anglois, du moins pour les compositions proprement dites, (on commandait les cartons des ornements ou des bordures à des artistes de second ordre) 9.

Parmi les suites exécutées à cette époque, il faut citer en première ligne V Histoire de Don Quichotte (avec bordure de trophées, d’enfants, d’animaux et de guirlandes) imitée ou même copiée de la tenture exécutée quelques années auparavant aux Gobelins. Cette suite qui existe aujourd’hui encore au palais royal de Naples, est l’œuvre de Duranti, qui se servit de cartons peints par Giuseppe Bonito. La première pièce fut livrée le 14 janvier 1759; elle mesurait un peu plus de 23 1 palmes carrés, et fut payée à raison de 6 ducats par palme. Le 3o juin 1761, Duranti livra la sixième pièce. La série fut continuée plus tard. Sept pièces de l'Histoire de Don Quichotte ont figuré à l’Exposition napolitaine de 1877. Les auteurs du catalogue ont relevé sur elles les inscriptions suivantes: Petrus Duranti Romanus F. Napoli MDCCLVIII, avec les lettres C. R. (Carolus rex) aux quatre angles; — P. Durante F. Neap. 1769; — P. D. F. 1770; — P. D. F. N. 1770, avec les lettres F. R. (Ferdinandus rex); — P. D. F. 1773, avec les lettres C. R'°.

Ces dates nous prouvent que la manufacture napolitaine, en pleine décadence en 1764", n’avait pas tardé à se relever.

La même Exposition renfermait plusieurs autres tentures exécutées par Duranti: l’Enlèvement de Proserpine l!, avec bordure composée de cartouches et de fleurs, signé P. Duranti R. F. Neapoli, 1763 ; — l’Amour et la Chasteté (Psyché?), signé P. D. F. N.', — la Naissance de la Vierge, signée P. D. F., 1 777; — la Munificence royale, signée P. D. 1777. Toutes ces pièces appartiennent à la maison du Roi, qui, d’après le rédacteur du catalogue de l’Exposition de Naples, possède en outre quatre des tentures de Duranti portant la date 1786.

1 < Essendo che il di g di novembre 1737, partisse da Firenze Domenico del Rosso e Giovanni Francesco Pieri, si corne il di 12 décembre partirono Antonio Luigi Minchioni, Marco Gosier, Carlo Mugnai, Bastiano Pieroni et Orlando Filippini, quali furono animati dal P' Rev. Ascanio, che egli dovessc correre dal di suddetto quel soldo che la pietà c clemenza di S. S1" R. M. si fusse servito di asscgnarli. Et essendo già determinato di darci una mesata anticepata a restituerla in sei mesi, c che il soldo deva cominciare a correre dal primo dello scorso gennaio 1738 a etc. (Archives d’Etat de Naples. Segrctaria délia casa rcale. Reali musei ; quadreria ; lavoratorio di pictre dure; scuola di disegno; pittura; arazzeria, filza 1, 1737-1739; n“ 927.)

s • Nell’ anno 1738 S. M. C. fece venire da Firenze molti professori arazzieri di basso liccio, ed altri et anzi professori di pietredure. » (Ibid.).

3 Filza 927, 2 février 1738. Le 3o septembre 173g, le tapissier Giuseppe de Filippi, qui avait exécuté en tapisserie le Portrait du roi, demanda à être également attaché à la manufacture.

* Filza 928, 2 février 1743.

3 < Relazione de professori arazzieri giovani e persone impiegate con soldo nclla reale Tappezzerîa d’arazzi colla specificazionc di loro salarj cd occupazioni che anno presentemente :

Domenico del Rosso capo maestro e direl e giovini, lavora nell’arazzo rappresentante VA

•e delli altri professori ad una figura di nudo

Carlo Mugnai, lavora nel sudetto arazzo ad una figura che dénota

la notte che spariscè (il quartiere) . ,7

Bastiano Pieroni di présente è ammalato (il quartiere) . i7

Marco Gosier, lavora nel sudetto arazzo al terreno e sassi sottoposti

a venti (il quartiere) . ,7

Bernardino Cavalieri, lavora nel sudetto arazzo all’aria e nuvole

(il quartiere) . ,7

Antonio Luigi Minchioni, lavora nel sudetto arazzo alla fregiatura

(il quartiere) . ,7

Antonio Valenti, lavora nell’arazzo che hà a reppresentare VAcqua

alla fregiatura (il quartiere) . ,5

Orlando Filippini, lavora nel 3“ arazzo alla fregiatura (il quartiere) i5 Giovini salariati.

Gaetano Leurie (il quartiere) . g, g

Michèle Lanzetta (sans le logement) . 5

Francesco Cipriani (sans le logement) . 5

Li sodetti tre giovini lavorano d’ogni cosa a riserva di figure in arazzo, alcune cose più dificili coll’ assistenza de’ professori travagliano ove le me dinotato, e seguitano a dissegnarc.

Beniamino Zampariello . 5

Francesco di Pirro . 3

Gio : Gonti . 3

Nota.

Il primo de tre sodetti giovini lavora con più franchezza de secondi di bande, cornici e scartocchi, seguitano a disegnare e travagliano ove le viene comandato da professori.

Gio. Francesco Pieri modellatore di cere; questi ha sotto chiave le sete, stami e capisciole che sono in matasse; le distribuisce secondo occorre.... Fa le spese minute, etc., etc.

Giovini senza salario.

Giuseppe 1 , .

Antonio > morettl d,is- M“> lavorano di bande, cornici, scartoccj, ove

le viene comandato, e seguitano a dissegnare.

Gennaro Zampariello ha abilità, e lavora corne li sopradetti.

Francesco d’Agostino impara a dissegnare. »

(Filza 928. Pièce sans date, jointe à une lettre du 3 février 1743. — Nous avons pour la première fois publié ce document, en extrait, dans la Revue critique du 6 novembre 1875.

. 0 Filza 928, 1741-1743, 26 mars 1743.— i5 juillet 1742.

7 Esposijione dell’arte antica napoletana. Catalogo, p. 243.

9 Filza 929, 29 mai 1758.

9 Filza 929, 7 juin 1758.

10 Esposijione dell’arte antica napoletana. Catalogo, p. 243.

11 Sulla mani/attura degli arajji, p. 38-3g.

13 Peut-être destiné à symboliser un des Quatre Éléments : le Feu. Nous voyons en effet dans un document du 17 février 1761 que Duranti fut chargé d’exécuter une tapisserie représentant l’Élément du Feu. Le 18 juin suivant, il est question d’un carton représentant le même sujet et que le peintre G. S. ranchis exécutait pour l’atelier de basse lisse de S. Carlo aile Mortelle.

TAPISSERIES ITALIENNES

L'Apothéose de Charles III (m.Uon du Roi, Nsples] semble être égelemen, „u proM. do 1, „.„„6,o.uro „,poli..ino. On ci. enfin une tapisserie (sujet non indiqué) signée: Desiderio de Angelis, Ijg6'.

Non. manquons do renseignement, sur les destinées ultérieure, de 1. fabrique. Il est probable qu'elle ne survécu, pas à 1 conquête du royaume de Naple, par le. Français, en i799'. D’apris M. Gen.ili, le roi Ferdinand II se serai, proposé de rétablir u établissement longtemps si florissant, mais la mort l’empêcha de réaliser son projet’.

C’est à peine si l’on sait qu’une fabrique de haute et de basse lisse a existé à Turin au siècle dernier. M. le baron de Boyer de Sainte-Suzanne, dans son histoire de la tapisserie italienne, déclare n’avoir pas pu réunir de détails sur cet établissement4. Et, en effet, les seuls renseignements imprimés que nous possédions se bornent à une notice d’une demi-page, insérée dans un ouvrage où l’on n’irait certes pas la chercher : la Description du palais royal de Turin , par M. Rovcre °.

Lors d’un récent voyage en Italie, j’ai tâché de combler cette lacune. Mais la brièveté de mon séjour à Turin m’a permis à peine de m’orienter au milieu des nombreuses archives que possède l’ancienne capitale du Piémont, et je n’ai pu recueillir que quelques matériaux fragmentaires dans l’Archivio Camerale, dirigé par le savant et obligeant chevalier E. Bollati.

Ici, comme à Rome, comme à Naples, c’est à quelque travailleur indigène qu’est réservée la mission de composer une monographie vraiment digne de ce nom.

Dès le quatorzième siècle, en plein moyen âge, nous voyons la maison de Savoie acheter ou commander à Paris des tentures de haute lisse (Voir ci-dessus, p. 12). Elle précède dans cette voie, selon toute vraisemblance, les autres familles souveraines de l’Italie. L’inventaire du quinzième siècle, dont nous avons publié des fragments plus haut, des inventaires manuscrits du seizième siècle, conservés à l’Archivio Camerale, nous prouvent qu’à l’époque de la Renaissance les ducs de Savoie ne négligèrent rien non plus pour enrichir leur garde-meuble.

Il y a lieu de croire qu’au seizième siècle on ne fabriqua pas de tentures de haute lisse à Turin. Les différentes branches de la broderie étaient, au contraire, très florissantes à cette époque dans la capitale de la Savoie. Quoique nous devions nous borner dans ce travail à l’histoire de la tapisserie proprement dite, nous n’avons pu résister au désir de placer sous les yeux de nos lecteurs un spécii des broderies que le duc Charles-Emmanuel le Grand (i58o-i63o) faisait exécuter dix-septième siècle. En examinant la gravure ci-contre, on avouera qu’il serait difficile d’imaginer décoratif. Destinée à être traduite en broderie, ou à être traduite en tapisserie, cette composition est également remarquable. On ne saurait assez féliciter M. le chev. V. Promis, bibliothécaire de S. M. le Roi, à Turin, de l’avoir tirée de l’oubli c.

s tapis (p. 62), que la fabrique Mais cette assertion repose sur l’ Osservatore fiorentino (éd. de

1 M. Gentili rapporte, dans subsista jusque vers le milieu de une interprétation erronée d’un 1821, t. u, p. 89. La première éc * Filza g33, 24 mars 1763.

» Une partie des notices qui Chronique des arts du 29 décembre 1877.

» Notes d’un curieux sur les tapisseries tissées de haute ou de basse lisse. a» partie. Les tapisseries italiennes et les

>t empruntée & m

i -i i m c&ïmiïiÊm

g4 histoire générale de la tapisserie

d— P”»™ d-S*. i.pax taxai „

aîinëe, pto «ri Migpo», o, pta. èxaCèrean. Charles D.oigaor, «s, «taché au g.rie-meubl. dnc.l avec «a «m é. »c .ta. ou 600* livres par an*. Eu ,648 le mémo ar.iae aat uomreéu hui.aslar de la chambre d« pnuceaaes, « en .668 hc.s.er de 1. Chambre dû due- Il mourut en ,676, et sou fil. Michel-Antoine le remplaça comme hu.»er de la Chambre (4 février ,676] e, comme taptaa.er 13 1 juillet 1 676) -, Il est en outre fait mention, en 168S, d’un tapissier nommé l’Esgutllion ....

Le fil. de Michel-Antoine. Victor Demignot, embrasse à son tour la profession P-tantaUe E„ WM» *■” j“ subvention assee considérable, «fin de lui permettre de faire son apprentissage dan. les Flandres . Ma,, apres son retour en Itahe, le jeune artiste ne se fixa pas immédiatement d’une manière définitive à la cour de Turin En effet, en i?i5 nous le trouvons Rome voir page S.) en ,7,6a Florence, où il resta jus,u’en ,737, et oü il attacha son nom à la superbe tenture de. Quatre Pûmes du Monde. Jusqu’ici on croyait que le Demignot. on Demiguo, de Florence était Flamand ou Français mais 1= rapprochement de son nom avec celui des tapissiers des ducs de Savoie ne laisse aucune place an doute.

En .737 par suite de la fermeture de ta manufacture gr.nd-dnc.le de Florence, une partie de. ouvriers se rend,, a Naples. Demignot p.rèîtn’.vok pas attendu jusque-là pour retourner dan. sa ville natale. Le décret qui supprime l’établissement fioreu.in est du 5 octobre’ dé, le 26 juillet de 1. même année non. trouvons un autre décret instituant à Turin une fabrique ev.demment c.lquee sur le modèle de celle de. Médicis, e. plaçant à s. téte Victor Demignot =, Antoine Dini. Cette pièce importante, que nous

reproduisons dans l’Appendice, mérite d’être analysée. . .

Le décret expose que le Roi a pris à son service Victor Demignot, comme tapissier de basse lisse, et Antoine Dim , comme tapissier de haute lisse8, et qu’il se propose de faire exécuter par eux des tentures destinées à l’appartement de la Reine, ainsi qu’au vestibule précédant la salle dite des Cristaux. Le but du nouvel établissement est donc l’exécution de tapisseries pour le palais royal. Mais le souverain permet en même temps à ses artistes de travailler pour le public. Le comte Bolgaro, membre du conseil du Commerce, l’intendant général de la maison du roi, Giuseppe de Gregori, enfin Beaumont, premier peintre de la cour, sont chargés de la haute surveillance de la manufacture.

Le même décret nous fait connaître les noms des artistes et le chiffre de leurs appointements. Victor Demignot reçoit 1,709 livres par an, plus 400 livres pour indemnité de logement; — Antoine Dini, i,5oo livres, plus 200 livres pour indemnité de logement; - Francesco Demignot (le fils de Victor), 3o livres par mois; - Francesco Limosino, 25; — Luigi Travaglini, 20; — Domenico Bresciani , 1 5 ; — Niccolô Vaccarino, 1 5 ; — Antonio Mollina, 1 5 ; — Felice Grossi , 1 5 ; — Michèle Birago, 1 5 ; — Battista Gislach (?) , Giacinto Grossi, Pietro Arfassi et Federico Ans, chacun 9 livres par mois. On comptait en outre quatre apprentis qui recevaient également 9 livres par mois. — Le 21 août 1737, Michèle Limosino fut adjoint aux précédents avec un traitement mensuel de i5 livres.

Le personnel de la manufacture se composait donc au début de dix-sept personnes, réparties en deux ateliers, l’un de haute et l’autre de basse lisse. Il faut remarquer qu’à Turin comme à Florence, comme à Naples, comme aux Gobelins, un atelier de mosaïques en pierres dures fut joint à la manufacture de tapisserie °.

Les ateliers avaient chacun une tâche spéciale; ils eurent donc aussi une existence indépendante. Celui de haute lisse subsista jusqu’en 1754. A ce moment il fut supprimé, par décret du ^décembre. Antonio Dini, qui l’avait dirigé pendant dix-sept ans, reçut une pension viagère de 800 livres10. Nous avons vu (page 81) que cet habile et infatigable artiste alla s’établir à Venise, et y fonda une fabrique qui devint rapidement célèbre. La haute lisse ne fut cependant pas absolument proscrite à Turin, on y revint dans la suite.

L’atelier de basse lisse vécut plus longtemps. Victor Demignot étant mort vers 1743, après cinq ou six ans de direction, son fils François lui succéda le i5 février 1743, et resta en fonctions plus de quarante ans. Le 26 janvier 1756 il reçut une augmentation de traitement de 3oo livres, qui porta son traitement total à 1700 livres; le Roi lui accorda en outre chaque année une gratification de 200 livres". François Demignot fut admis à la retraite en 1784"; il mourut peu de temps après13.

Jusqu’au moment de la suppression de la haute lisse, chacun des ateliers occupait une dizaine de tapissiers". D’abord payés au mois ces artistes furent plus tard payés à la pièce; puis on revint, en 1768, au système primitif, celui des appointements fixes **.

Pendant cette première période qui correspond au règne de Charles Emmannuel III (1773), le peintre attitré de la manufacture fut le chevalier de Beaumont. Les frères Valeriani étaient chargés des dessins d’ornements et d’architecture; le peintre Farriano du dessin

1 Archivio Camerale. Contrôle. 1629-1630, fol. 201.

» Ibid. R. i635-i636, fol. 47. — i636. iS février. « 11 Duca di Savoia. Al raag. Cons” et Tes'” nostro general di quà da monti... Per la présente v’ordiniamo et commandiamo che di qualsi voglia più liquido danaro délia vrù general rlcetta debbiate pagare ô assegnare et far pagare a Carlo Demignot tapiziero d’alta lizza ogn’anno et à quartieri la somma di scudi ducento da livre tre da s. 20 ch’egli stabiliamo persuo annuo trattenimento, comin-

la sua servitù et il beneplacito nostro, et questo per l’accomodamento et manutentione che deve fare di tutte le tapizzarie nostre et di Madama,

primo pagamento la copia autentica * etc., etc. Le 20 novembre 1642, le traitement de Demignot est porté à 1,000 livres. — R. 1642. 1643, fol. 3i.

3 « Carlo Emmanuel, etc. Continuando il ben diletto fedel nostro Carlo de Mignot la sua servitù à questa Reale Casa con quel zelo, e quella devotione che ci mosse sin dall’ 1648 di constituirlo usciere di caméra délie sig“” Principesse nostre sorelle amatissime, hora régnante l’una in Baviera, e Paîtra in Parma, corne consta per nostre pattenti delli 9 octobre detto anno, ci da causa e mottivo giusto e legitimo di rittenerlo presso di noi, in simil impiego per dimostrare con la grattitudine che conserviamo di delta sua servitù la sodis-

nostra certa scienza et autorité assoluta , c col parer del nostro consiglio faciamo, allegiamo, creamo, constituamo edeputiamo il sud” Carlo de Mignot per usciere délia nostra caméra, con gl’honori, privillcgii, essentioni, prérogative, immunité, dritti, regaglie, rationi, stipendio et altre cose a tal carico spettanti, et appartenenti, de quali godono, e sogliono godere gl’altri nostri uscieri di caméra effettivamente servienti, etc. » t663, 12 février.

* « La duchcssa di Savoia... Volendo noi rimostrare é Michel Antonio Demignot il gradimento ricevuto délia buona e longa servitù resa dal fù Carlo Demignot suo padre, gli abbiamo accordato il medemo impiego di tappezzaro (che) haveva detto fù suo padre, col trattenimento di L. 600

che deve fare di tutte le tapessarie di S. A. R. e nostre, si di bassa alla lissa

(sic), che di Fiandra, et altre, e con cio che dovré mantener à questo effetto un operaio quai Passisti, acio à tempo e Iuogo venghi fatto il servitio... (suivent les formules ordinaires). Dato in Torino, li 3t Luglio 1676.» (1676, fol. 227 v". Voir aussi 1680-1681, fol. 121).

5 Pat. i685, fol. 104 v”. Ce personnage reçut 400 livres le 16 avril i685.

• Conti, Ricerche storiche suit' arte degli arajji in Firenje, p. 83.

7 1701. i3 juin. < A Michèle Antonio Demignot nostro usciere di caméra

Brussellcs d’ordine nostro per habilitarsi nella professione di tapizziere d'alta lizza L. 258. a

« Al negotiante Carlo Durando per altre tante faite pagare con sua lettera di cambio ail’ agente nostro in Lione, Mathieu Jullicn, per rimborso délia pensione di mesi sei, et altre spese del figliuolo del sudetto Demignot in Brusselles L. 918.10. s (Conti, 1700-1701, t. I, fol. 172).

3 Un décret du 3o décembre 1740 confirma Dini dans cette charge. Voir l’Appendice.

» Voir é l’Appendice la pièce justificative. — En 1739 les tapissiers de Turin, au nombre de 22, furent autorisés é former une corporation (université) sous le vocable de S. François de Sales. Le réglement, dont des extraits nous ont été communiqués par M. le ch”' A. Bertolotti, porte que l’apprentissage durera cinq ans, etc. (Reg. 2”, Conccssionni per fabbriche e manifatture dal 1739 al 1763, ff. 31-34.)

» Idem.

13 Idem.

13 1785. t5 août. < 11 Re di Sardegna. Fedele ed amato nostro. Per un benigno riguardo alla lunga e lodevole servitù prestatn dal fu mastro fabbricatore délie tapezziere d'alto e basso liccio, Francesco Demignot, ci siamo disposti ad accordare alla di lui figlia Polissena l’annualité di lire

rcrsi nellc angustie in cui fu dal padre lasciata. » (Pat. LXVII, fol. 98.)

" Voir é l'Appendice.

TAPISSERIES ITALIENNES

t de Beaumont (1766), un artiste français, Laurent Pécheux (né à Lyon

it tendue ic d’elle n

-t à Turin en 1821), le

rs du palais avons lu l’inscription

asi que le prouve la date inscrite

des bordures*. Après la

rh.rles^mmtnneP^FV0^^6 ^ Turin renfermoient un 8rand "ombre de tapisseries sorties de la manufacture créée pa.

\ manufacture ava.t livré trente-quatre pièces parmi lesquelles on remarquait l'Histoire d’Alexandre.

Histoire d Annihal, l 'Histoire de Cyrus , une Tempête, des d’architecture , des Marines, des Paysages,

Denugnot avait etc remplacé, en 1784, par un artiste attaché depuis plusieurs années à la manufacture, Antonio Bruno. Sous ce nouveau directeur la manufacture, pour des causes d’ailleurs indépendantes de sa volonté, ne fit plus que décliner. En comptait plus que quatre ouvriers et un apprenti*. De cette époque datent plusieurs pièces qui soi royal de Turin, mais dont les sujets sont cachés par les tableaux placés devant les tapisseries. Sur l’ui suivante : A. Bruno. — Manufattura reale di Torino.

La Révolution ralentit encore l’activité de la fabrique, mais du moins elle ne la supprima pas, sur une des tentures du palais de Turin: F. DI. TORINO. 1802. BRUNO.

A l’époque de la Restauration, le gouvernement piémontaisse bornait à servir leurs appointements à ceux des artistes qui avaient survécu a tous ces orages. En 1823, enfin, un décret en date du 3o novembre réorganisa l’établissement et lui imprima une nouvelle activité.

Antonio Bruno fut chargé, comme par le passé, de la direction des travaux; il recevait en cette qualité 3, 000 livres par an. Au-dessous de lui nous trouvons les tapissiers Paolo Alazzonetti, Giuseppe Ponte , Giacomo Fossetti, Giuseppe Tappia, et Giuseppe Morgari, avec un traitement de 400 livres à 1,000 livres, enfin un teinturier nommé Felice Boll. Le budget annuel s’élevait à 1 5, 000 livres.

C’est à cette période qu’appartiennent, si les indications du catalogue de l’Exposition de Milan de 1874 sont exactes, les séries suivantes: Faits de f. Histoire grecque (Bruno, manufacture de Turin, vers i83o, maison royale de Turin) ; dessus de porte représentant deux enfants avec des guirlandes (id.); figures allégoriques (id.); dessus de porte avec un esclave (id.); sujet d’histoire antique (id.) (n0* 71-72 120, 122, 123, 124, 126 du catalogue de l’Exposition).

Mais cette sorte de renaissance ne fut pas de longue durée: dès i832 (22 octobre), un décret supprimait définitivement la manufacture, qui comprenait alors, outre son directeur Antonio Bruno, un adjoint, quatre tapissiers, deux apprentis, un teinturier et une couturière. Les objets d’art appartenant à l’établissement furent donnés à l’Académie Albertine5. La manufacture turinoise avait vécu près de cent ans (1 837- 1 832).

1 D’après les Conti délia Tesoria délia Casa del Re, 1750, chap. XV,

* Rovere, Descri^ione del reale palajjo di Torino, pp. 45, 76.

3 Un manuscrit de la Bibliothèque nationale, encore inédit, à ce qu’il semble, nous fait connaître, outre les pièces nouvelles, quelques suites plus anciennes exposées en 1754 dans les appartements du Roi, de la Reine et de Madame de Savoie :

t Nelle camere e gabinetti del Duca... vi sono anche degli arazzi bcllissimi fetti con disegnodi Raffaclo, lavorati con tanta maestria, e con colori cosi

< Nell’ appartamento di Madame di Savoia vi é una Galleria con i lateraii tutti dipinti dal cav Beaumont, le quali pitture hanno anche servito di modcllo per gli arazzi che S. M. fa fare per gli appartamenti da basso.

« Vi é anche in questo Palazzo una quantité di bellissimi arazzi stati fatti su cartoni di buonissimi Pittori Itagliani e Fiaminghi. Fra gli altri vi sono molti pezzi che rappresentano I Fatti di Ciro, cccellentemente eseguiti sopra cartoni di Giulio Romano. Vi sono i Sacramenti stati fetti con disegni di Rubens. Moltissimi pezzi che rappresentano gli esercizi délia Cavalerijja con disegni di Wouverman. Ve ne sono molti altri che sono fatti con disegno di altri boni Pittori Fiaminghi, sia in figure che in paesi,e tutti di bonissimi artefici eseguiti. S. M. ha anche una sua fabnea di arazzi, i quali si lanno con designi del Cav' Beaumont, c se ne vedono moltissimi pezzi assai ben lavorati, e tuttavia se ne fanno per addobbarne le anticamere i quai pezzi

avendoccrti belli basamenti e finimenti con mcdnglioni, con trofei,conschiavi, con belle quadrature intrecciatc con ghirlande di fiori, e simili altri belli ornamenti, collocati che sono fanno una bcllissima e mirabil comparsa. » /Descrittione dette pitture , scutture et altre cote più notabili del Real Pala^o e Castello di Torino. MDCCLIV. Bibliothèque nationale, fonds italien, 1646, tf. 11, i3 y»,)

* '791- 23 décembre. 1 II Re di Sardegna... Per dare agli infrascritti lavoranti ed apprendizzo nella fabbrica delle tapczzcric d’ altoe basso liccio un contrassegno del gradimento che ci risulta dai riscontri avuti sulla loro abilité ed esattezza, ci siamo anche al fine di animarli a perfezionarsi sempre più in taie manifattura, dispoti ad accordare ai medesimi un aumento alla

Ai lavoranti Molina, Paolo . .

Clex, Giuseppe .

Alazzonetti, Paoli

AU’ apprendizzi Rocca, Giulio . .

Patenti, 8fi, fol. 56 v< 6 Rovcrc, loc. cil

Nous devons à M. le ch" A. Bertolotti la copie des o, ainsi que celle des décrets relatifs à la réorgai8s3 et à sa suppression en i83z.

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