‹ Histoire générale de la tapisserie (volume 2)Chapitre 49 sur 59 · LA RENAISSANCE · texte numérisé non relu

LA RENAISSANCE

Une recrudescence de luxe marque les premières années du xvi* siècle. En i5o3, lors du mariage de la fille de Henri VII avec Jacques d’Ecosse, Holy Rood House fut tendu des plus riches tapisseries. On admirait surtout parmi elles V Histoire de Troie et 1 Histoire d’Hercule*. Quelques années plus tard, à la mort de Henri VII (i5oç)), le garde-meuble de la reine renfermait les tentures suivantes : VHistoire de Nabuchodonosor (4 pièces), VHistoire d’Hercule (4 p.), l'Histoire de Paris et d’Hélène (3 p.), l'Histoire du roi Saïil (4 p.), l'Histoire de Samson et de Salomon (5 p.), et, en outre, trois tapisseries et un tapis a du roi Robert de Sicile1».

Henri VIII, Wolsey et la plupart des seigneurs anglais du xvi° siècle tiraient de l’étranger, nous pouvons l’affirmer hautement, ces tentures dont ils se montraient si fiers. Cependant, dès cette époque, l’Angleterre fit quelques efforts sérieux, je ne dirai pas pour disputer aux Flandres leur suprématie, mais du moins pour traduire sur le métier, sans être forcée de passer par l’intermédiaire des étrangers, les essais des peintres indigènes. Une petite tapisserie or et soie, de la collection de M. le baron de Schickler’, a été attribuée avec beaucoup de vraisemblance à un atelier d’outre-Manche (il était si facile, on le sait, d’improviser des métiers de haute-lisse!); elle semble dater de cet âge charmant où l’Europe septentrionale hésitait entre les traditions médiévales, si intimement liées aux sentiments religieux, et les séductions plus profanes de la Renaissance. Dans la tapisserie de M. de Schickler, le motif est emprunté aux croyances du passé ; nous y voyons le patron de l’Angleterre, saint Georges, emporté par son cheval fougueux et enfonçant au passage sa lance dans la gorge d’un dragon monstrueux. Mais l’architecture, les ornements respirent déjà le souffle du temps nouveau : l'arc surbaissé, les colonnes incrustées de gemmes montrent que nous touchons à une ère nouvelle. L’attribution du Saint-Georges à l’Angleterre ne repose, nous le répétons, que sur des présomptions — caractère des tètes et de l’architecture, — mais ces présomptions ne sont pas à dédaigner.

Vers la fin du règne de Henri VIII nous voyons se produire une tentative plus sérieuse. William Sheldon mit à la disposition du tapissier Robert Hicks son manoir de Burcheston, dans le Warwickshire, et lui fit

Pinchart, Tapisseries flamandes, p. iS.

s Ibid., p. ig.

* Une fois il cite un tapissier parmi les pèlerins se rendant à Canterbury :

Ailleurs il montre un appartement orné de tapisseries •

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