‹ Histoire générale de la tapisserie (volume 2)Chapitre 5 sur 59 · TAPISSERIE DU SEIZIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

TAPISSERIE DU SEIZIÈME SIÈCLE

Au seizième siècle, le rôle et l'importance de la tapisserie grandissent et se confirment, bien que le naïf enthousiasme de la période précédente ait fait place à des sentiments plus réfléchis; les idées conçues par les quattrocentistes arrivent à leur pleine maturité. Il serait oiseux de rechercher, comme nous l'avons fait pour le quinzième siècle, les éléments constitutifs de 1’ « arazzeria » de ce second âge de la Renaissance. Il nous suffira de dire que les collections de tapisseries continuent à se développer : c’est par centaines désormais qu’il faudra compter les tentures, les portières, les dosserets, les baldaquins conservés dans les garde-meubles princiers. En 1544, le Vatican seul renfermait environ 180 pièces, en grande partie tissées d’or1 *. La suite formée par les ducs de Ferrare était bien plus nombreuse encore’. Dans les fêtes publiques, comme dans les décorations d’intérieur, les tapisseries ne cessent d’occuper le premier rang. Cependant, à un moment donné, vers le milieu du siècle, on voit se produire quelques velléités de réaction. En 1 565, lors du mariage de François de Médicis avec Jeanne d’Autriche, Borghini, dans un mémoire adressé au grand-duc, se prononce contre l’emploi des arazzi; selon lui, ce système de décoration ne convient guère qu’aux impromptus ou aux cérémonies religieuses3 * 5. Son opinion ne prévalut pas. Vasari nous raconte en effet que le magistrat de Florence fit garnir la place de la Seigneurie de riches tentures séparées les unes des autres par d’élégants pilastres*. En 1 571 encore, lors de l’entrée triomphale à Rome de Marc-Antoine Colonna, l’un des vainqueurs de Lépante, ce fut aux tapisseries que l’on demanda les principaux éléments de cette fête longtemps célèbre. La façade de l’église d’Aracœli fut ornée de verdures qui resplendissaient au loin, et qui faisaient ressortir l'éclat des mosaïques dont la partie supérieure de l’édifice était encore incrustée à cette époque; dans la nef même, au-dessous de guirlandes de fleurs alternant avec les armoiries des cardinaux, on suspendit la magnifique suite de l 'Histoire de Scipion ’. — On le voit, comme au siècle précédent, on se plaisait à mêler le feuillage naturel aux chefs-d’œuvre de l’art textile.

A ces différents égards, le seizième siècle n'a donc pas innové. Ce qui est nouveau, c'est l’association de la tapisserie au grand mouvement artistique de l'époque, c’est l’intérêt témoigné à cette industrie par les maîtres les plus illustres. La tapisserie devient l’alliée, l’auxiliaire de la peinture, et il est surprenant qu’on n'ait pas songé à lui accorder une place dans l’histoire des écoles italiennes de la Renaissance. De combien de grands artistes l’étude des arazzi encore existants ne va-t-elle pas nous servir à compléter l’œuvre, depuis Raphaël, Jean d'Udine, Jules Romain, jusqu’au Garofalo, aux Dossi, au Bronzino, à Bacchiaca ou à Salviati !

Ainsi envisagée, 1 histoire de la tapisserie italienne du seizième siècle peut se diviser en trois périodes principales : la première comprend la grande entreprise de la décoration du Vatican sous Léon X et Clément VII; la seconde, la réorganisation de la manufacture de Ferrare; la troisième, la fondation de la manufacture florentine. Par une singulière coïncidence, la famille d’Este imprima un nouvel élan à la fabrication ferraraise au moment même où s’arrêtaient les efforts faits par la cour de Rome; les Médicis à leur tour arrivèrent à point pour remplacer les d’Este.

L initiative, comme la responsabilité, de la révolution qui s’opéra au commencement du seizième siècle dans l'histoire de la tapisserie revient tout entière à Léon X. L'action que ce pape exerça sur les destinées de notre art fut immense. On peut dire que, pendant cent années et plus, la production de toute l'Europe se trouva dominée par les idées du protecteur de Raphaël. Enlever à la tapisserie son autonomie pour en faire l'auxiliaire, bien plus, la servante de la peinture, „ ancilla pictural », tel fut le but qu'il poursuivit, peutêtre inconsciemment. Son programme ne manquait pas d'élévation, mais la suite devait prouver que le

1 Archives d’État de Rome, inventaire du pape Paul III.

- Campori, Ara^eria estense, passim.

» Lellere pittoriclie, édition Ticozzi, t. I, p. t3i.

1 Édition Lemonnier, t. XIII, p. 271.

5 Cancellicri, Solenni possessi, p. 118. — Pour d'autres fêtes italiennes où les arazzi ont joué un grand rôle, voir les ouvrages suivants : Prato, Sloria di Milano (dans l'Archivio slorico italiano, 1" série, t. 111(1842), pp. el ,77j . fêtes données à Louis XII en 1507 par J. Trivulce, et entrée de Louis XII à Milan en i5oç>; — Cancellieri, Solenni possessi, pp.Goetss.: Procession de Léon X en 1 5 1 3 Gaye, Carteggio, 1, 408 : Fête organisée en îéiyàS. Spirite, à Rome

(un° catafalco di panni d'oro, d’arazzi, di fiori e frondi spoctatissimo); - Giordam, délia venuta e dimora in Botogna del sommo pontefice Clemente VII per la coronapone di Carlo V, Bologne, 1842, pp. gg et 10g : entrée de Charles V à Bologne en t53o; -Cittadclla, Notice relative aFerrara, p. 64g = Entrée de Paul III à Ferrare; —Descrijione del banclietto nu^iale per Alfonso II duca di Ferrara, etc. Ferrare, 186g, p. 16 : Mariage d'Alphonse d’Este avec Barbe d'Autriche, le 5 décembre i565; - La Entrata che fece in Venc^ia, etc. (reproduit par Sagredo et Berchet, il Fondaco dei Turchi in Venejia. Venise, ■ 8G0, pp. 4, et ss.) : Entrée d’Alphonse II d’Este à Venise en 1 572 ; etc., etc.

principe était entaché d’erreur. Fermons les yeux sur ces taches puisque nous leur devons le chef-d’œuvre qui s’appelle les Actes des Apôtres.

Au moment où Léon X montait sur le trône, un ralentissement fâcheux se faisait sentir dans la fabrication italienne. Les ateliers anciens étaient en pleine décadence; les ateliers nouveaux en petit nombre; parmi ces derniers celui de Vigevano seul mérite d’être signalé. Mettant de côté tout amour-propre national, le pape résolut de demander à l’Italie les cartons, à Bruxelles les tapisseries. L’idée n’était pas absolument nouvelle; nous avons vu qu'à Ferrare on avait pratiqué plus d’une fois le même système. Mais du temps de Léon X elle offrait plus de chances de succès. Les relations entre les artistes des Pays-Bas et ceux de l’Italie étaient devenues plus fréquentes, plus intimes; le style de la Renaissance pénétrait peu à peu dans les écoles flamandes; l’interprétation des modèles italiens ne devait donc plus rencontrer les mêmes difficultés qu’autrefois. Au besoin on chargerait des élèves de Raphaël, Bernard van Orley, Michel Coxie, d’accompagner les cartons et d’en surveiller le tissage. Ajoutons que Bruxelles était alors la seule v-ille au monde dont les ateliers fussent assez puissamment outillés pour mener à fin, dans l’espace de deux ou trois ans, un travail aussi gigantesque que l’exécution des Actes des Apôtres'.

Nous nous occuperons dans cette section des tapisseries auxquelles est attaché le nom de Raphaël. En face de cartons tels que ceux des Actes des Apôtres, le fait même du tissage est peu de chose. Bruxelles, Mortlake, Paris, ont pu tour à tour les transporter sur le métier : la paternité de ces pages immortelles ne saurait être disputée à l’Italie.

Les tapisseries du Vatican, dont le dessin est attribué au chef de l’école romaine, peuvent se diviser en six classes : i° Les Actes des Apôtres , également connus sous le nom d'Aratfi délia Scuola vecchia ; 20 Le Couronnement de la Vierge; 3° Les Scènes de la Nativité et de la Résurrection du Christ , ou Ara\\i délia Scuola nuova; 40 Les Trois Vertus; 5° Les Enfants jouant; 6° Les Grotesques'1. Examinons-les tour à tour.

La première de ces suites, les Actes des Apôtres, comprend dix pièces dont voici la liste, avec la double indication de la mesure des tapisseries et de celle des cartons conservés au Musée de South Kensington. Ce renseignement nous a été fourni par M. le commandant Paliard, à l’obligeance et au savoir duquel nous avons plus d’une fois eu recours dans nos recherches sur cette partie de l’œuvre de Raphaël.

Largeur t

La Pêche miraculeuse (n° 1 de l’in-

ventaire de Léon X),

Paisse % mes Brebis (n° 2),

Guérison du Paralytique (n“ 8),

Mort d'Ananie (n° 10),

Lapidation de saint Etienne (n" 4',

Carton perdu.

Conversion de saint Paul (n° 6),

Id.

Elymas frappé de cécité (n° 3),

4”, 43, sans la nid

Sacrifice de Lystra jn° 5),

qui est perdue.

Saint Paul en prison, ou le Tremblement de terre (n° 7),

Carton perdu.

Saint Paul à l’Aréopage (n“ 9),

e, déjà si

is pour achever l’Histoire du R

Chronique des Arts, 1876, n paru dans le Raffaello de il

« Panni pretiosisimi de la Santità di papa Leone ad uso délia capclla.

tutto aile 54 1/4. — El secondo pasce oves meas alto aile 7 et largo aile 93/4, in tutto aile 68 1/4.— El terzo panno pradicatio S. Pauli alto aile 7;i/3, largo aile 10, in tutto aile 78 i/3. — El quarto panno i lapidatio SU Stéfani alto aile 6 i/3, largo aile 6 1/2, in tutto aile 43 1/2. — El quinto panno è sacrificium vituli alto aile 7 1/4, largo aile g, in tutto aile 65 1/4. — El sexto panno i convcrsio S. Pauli, alto aile 7 et largo aile 7 7/8, in tutto aile 55. — Item el septimo pannoè terremotusalto aile 7 1/4, largo alle3, in tutto aile ai 1/2.— Iteml’octavo panno èintitulato (.-) tcmplum, alto aile 71/2 et largo io, in tutto, aile 75. — Item el nono panno cum San Paolo predicante al ciecho illuininato

di aile 8, in tutto di aile 56. — Item el decimo panno dell’ istoria d’Ariana (sic, pour Anania), alto di aile 7 1 /4 et longo aile 9 1 14, in tutto alla 65 1 14. •

Les cartons des Actes des Apôtres ont, selon toute vraisemblance, été peints par Raphaël lui-méme, aidé dans les parties secondaires par ses élèves, notamment par le Fattorc Le maître reçut pour ce travail plusieurs à-compte : l’un, de 3oo ducats, lui fut payé le i5 juin 1 5 1 5 par la Fabrique de Saint-Pierre; le second, de 134 ducats, le 20 décembre i5i6 ’. Il est possible qu’il ait touché d’autres sommes encore, mais ce n’est là qu’une hypothèse sur laquelle nous n’insisterons pas ici. Léon X destina dès l’origine les tentures des Actes des Apôtres à la décoration de la chapelle Sixtine»; de là vient peut-être que la Fabrique de Saint-Pierre supporta une partie des frais.

t renvoyer

Les vicissitudes des cartons sont bien connues, et nous pouvons nous borner à le lecteur aux dissertations que leur ont consacrées Passavant1 et Waagen

Ici se place une question plus ardue : où et par qui les tapisseries ont-elles été exécutées? Ecartons d’abord Arras, dont le nom ne saurait plus être mis en avant. Les manufactures les plus célèbres du temps étaient celles d’Enghien, de Toumay, de Bruxelles. Audenarde aussi jouissait d’une grande vogue. Lille enfin se préparait à prendre son essor. Nous croyons pouvoir affirmer que c’est à Bruxelles qu’ont été tissés les Aratfi delta Scuola vecchia et que c’est Pierre Van Aelst qui a dirigé le travail.

Voici sur quoi se fonde cette assertion : dans un contrat, en date du 27 juin 1520 dont la copie nous a été communiquée par M. G. Milanesi, et dont on trouvera plus loin le texte « messer Piero Van Aelst e compagnia » sont qualifiés de « tapicieri délia Santità di Nostro Signore »; en i532, Van Aelst porte encore le même titre. Il est en outre question dans ce contrat d’un envoi de tentures qui a eu lieu quelque temps auparavant et qui est sans doute celui des Araqÿ délia Scuola vecchia. Le nom de Bruxelles n’est à la vérité pas prononcé dans le document; bien plus, il est dit que les pièces seront remises, à Anvers, au correspondant de la cour pontificale. Mais nous savons, par des documents obligeamment mis à notre disposition par M. Pinchart et que l’on trouvera dans la Chronique des Arts (1876, pp. 247 et 278), que Van Aelst habitait Bruxelles et non pas Anvers. Cette dernière ville était, au seizième siècle, l’entrepôt général des tapisseries des Flandres; c’était en outre le domicile des correspondants du pape, voilà pourquoi on a stipulé que la livraison de la commande serait faite là et non ailleurs.

Autre problème : Quand les tapisseries ont-elles été terminées ? Quand sont-elles arrivées à Rome?

En ce qui concerne ce dernier point, Passavant s (t. I, p. 564), une autre fois pour l’année 1519 (I, 223).

Nous serions assez disposé à adopter la seconde manière de voir; voici pourquoi : 1" L’inventaire de Léon X, rédigé le 7 septembre x 5 18, ne mentionne pas encore les Actes des Apôtres; ils y ont été ajoutés après coup, lorsque la rédaction était terminée. 2» Dans son Diarium manuscrit, le maître des cérémonies de la cour pontificale, Paris de Grassis, rapporte que le pape alla voir ses nouvelles tentures dans la chapelle Sixtine, le jour de la Saint-Etienne 019 (26 décembre), et que tout le monde partagea l’admiration qu’elles lui inspirèrent. Si ces tentures, comme le suppose Passavant, s’étaient trouvées à Rome dès le mois d’avril i5t8, il faudrait admettre que Léon X a attendu pendant près de deux ans pour les faire mettre en 'place (avril m8-décembre 019); c’est là une hypothèse dont il n’est pas nécessaire de faire justice. 3” Dans une lettre du 29 décembre i5i9, Sebastiano del Piombo parle de l’arrivée des tapisseries comme d un evenement tout à fait récent : « Et credo che la mia tavola s;" drazi che son venuti da Fiandra. »

Mais que devient dans c

e prononce une fois pour l’année r5i8

meglio desegnata che i panni

i5tf

1 avril, ducati 29, che d. 18

le document trouvé par Gaye *, et qui e

T înno „ ■ A VI x n , . ‘ Rafacll° di Vi,alc porto di II panni d’arazzi da

Lrnne qtn, e duc. XI i Borgherm, per spesc fit» . detti pttnui di Fi.ndr. « Lions. . - Celle

FtaZ “ P“ n™‘ L*>« X ■ f«d acheter beaucoup de tapisserie* d.u, le.

Flandre, avau, et apres 'achèvement de celle, de R.ph.H, e, C», selon tonte vraisemblance, à nn "PP1!,” 'e payement d-de.su. rapporté. Il faut ajouter qn’nne dépense de 29 ducats seulement, pour le transport de Bruxelles à Romo i ... **

teninrec Ao lo ç- i • . Bruxelles a Rome de pièces aussi précieuses que les

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h mZè. a b0” k '8 i,nVi'r '5,S h d“ P»P« * > Pi». Leroi

f b” „ Z été “LT T ^ >' «. *4 Ce Pietro Leroy'

a Dien pu executer des tapisseries pour Léon X m-.;. :i .

précisément les Actes des Apôtres ?

Le. tapisseries de 1, ««Me on, en de, destinée, bien étranges. A la mort de Léon X,

bliées par Fea, Notifie intorno Raffaelle da Urbino. Rome, 1822, pp. 7 et 82.

d R LeS do:umenls cor>servés dans les Archives d'Éiat

nion reçue, ces tentures servirent à remplacer dans la chapelle des pièces plus anciennes. Dans l’inventaire de Léon X, on trouve en effet en face de la description de tapisseries de la Passion achetées par ce pape, une note ainsi conçue : « Pro servitio cappella: Sixti. « Un inventaire de 1608 mentionne de son côté sept tapisseries représentant le même sujet et employées au même usage : 1 Arazzi pezzi sette vecchi, quai servivano in cappella di Sisto quarto, con l’istoria délia Passione, che

sono più adoperare : 320 aile ».

* Raphaël, t. II, pp. 204-21 1.

6 Treasures of art in great Britain, II, pp. 36g et ss. 0 Carteggio, II, 222.

‘ M- Wauters ( Bulletin des Commissions royales d’art et d’archéologie, XV° année, 1876, p. 458) est disposé à identifier ce Pietro Leroi au tapissier bruxellois Pierre de Coninck.

elles furent mises en gage1. Le sac de Rome, en 1527, leur réservait un sort bien pire : les soudards de Georges de Frondsberg portèrent sur elles une main sacrilège, et la pièce qui représente le Châtiment d'Elymas est encore là pour témoigner de leur brutale rapacité : ils la coupèrent en morceaux pour la vendre plus facilement.

Il importe toutefois de rectifier, à cet égard, quelques assertions erronées. D’après Passavant, toute la série de la Scuola vecchia et de la Scuola nuova aurait été volée et dispersée. Cet auteur invoque surtout, à l’appui de sa thèse, un document publié par Gaye ( Carteggio , II, 222) et dont voici la teneur : « i53o-i53i, t3 déc. Mess. Giovan Francesco da Mantua; diteli che ho la sua, et facto intendere ali papa delli panni, dice sono a Leone, dilchè dice S. Santità, che sono di quelli délia historia di S. Piero, et di quelli che Raphaello da Urbino fece li cartoni; che per li 160 ducati, chel scrive, li piglierà, altrimenti non li vuole. » Mais une lecture attentive de cette pièce montre qu’il ne peut pas y être question de toute la série des Actes des Apôtres , et encore moins des deux séries réunies. Une offre de 160 ducats, pour un trésor pareil, aurait été absolument dérisoire; la valeur intrinsèque des tentures était au moins cent fois plus considérable. Il s’agit de quelque fragment, sans doute de celui du Châtiment dElymas. Sept de ces tentures paraissent, d’ailleurs, n’avoir jamais quitté le Palais apostolique. Dans l’inventaire de 1544, conservé aux Archives d’Etat de Rome, on voit figurer : le Sacrifice de l’Idolâtrie, la Distribution de l’argent en présence de saint Pierre, le Temple de Salomon et quatre autres pièces dont les sujets ne sont pas spécifiés.

La restitution faite au Saint-Siège par le connétable de Montmorency ne s’applique donc pas, comme le prétend Passavant, à la série tout entière, mais seulement à deux pièces. C'est ce qui résulte déjà du mot 0 pars » employé dans les inscriptions placées au bas de la Pêche miraculeuse et de la Prédication de saint Paul à Athènes : Urbe capta partem aulœorum a prcedonibus distractorum conquisitam Anna Mommorancius gallicae militiae praef. rescarciendam atque Julio III. P. M. restituendam curavit i553'. Une de ces deux tentures, la Prédication , se trouvait en 1528 chez Jean-Antoine Venier, à Venise3, avec la Conversion de saint Paul. Quant à la dixième pièce, Elymas frappé de cécité , elle était rentrée depuis quelques années déjà au Vatican, mais hélas! dans quel triste état4. De cette belle composition il ne restait qu’un fragment, la moitié à peine.

Pendant plus de deux siècles et demi, les Actes des Apôtres partagèrent avec les Stances et les Loges la faveur des visiteurs du Vatican. Aucune marque d’admiration ne leur manqua : Louis XIV, entre autres, les fit copier à l'huile5, et ces copies, aujourd’hui conservées dans la cathédrale de Meaux”, servirent de cartons quand on exécuta aux Gobelins la suite qui existe encore. Chaque année, jusqu’en 1797 inclusivement7, la série tout entière était exposée sur la place de Saint-Pierre à l’occasion de la Fête-Dieu.

La Révolution française leur réservait de nouvelles épreuves. Cependant ici encore les historiens ont commis de singulières exagérations. Il résulte de documents authentiques, récemment publiés par nous dans la Chronique des Arts ”, que, contrairement à l’opinion reçue, cet ensemble magnifique n’a été ni volé, ni vendu aux Juifs du Ghetto. Mis aux enchères, avec le mobilier du pape, après l’entrée de l’armée française à Rome, dans les premiers mois de l’année 1798, les Actes des Apôtres et les Scènes delà Vie du Christ furent acquis au prix de i.25o piastres pièce par une société de brocanteurs français. Ceux-ci les emportèrent à Gênes, d’où ils furent envoyés à Paris, par ordre du commissaire Faypoult, à l'exception de la Descente aux Limbes qui aura Jtre motif n’aura pas été comprise dans la vente9, t le gouvernement paraît avoir eu l’intention de 5 l’état des finances de la République ne permettant s l’apprend une lettre de Chaptal, elles furent rendues

Conversione, 6 in man del patriarca d'Aquileia, l'altro è divulgato in stainpa > Morelli, Notifie d’opere di disegno, pp. 73-74.

gistre celte restitution : < Item un quarto d'un panno di cappella di quelli che fece papa Leone Xm”, che fû rubato al tempo del sacco, tagliato dalli soldati, et rimandato per il supradetto vescovo (di regno di Napoli). >

5 Lettre de Colbert au duc de Chartres : « J’ay esté

peine de m'écrire le 11 du mois passé, que le soin que le sieur Errard a pris de faire copier les tapisseries de Raphaël ayt votre approbation. » 7 mars 1670. Depping, Corr. adm. de Louis XIV, t. IV, p. 56g, et Clément, Lettres de Colbert, t. V, p. 292.

manqué à ce moment déjà, ou qui pour tout a La série tout entière fut déposée au Louvre, e l’incorporer aux collections nationales, mais pas de donner suite à ce projet, 1

iptgnorati et dati et assignati in foreria papa: domino Johanni Belsser (NVelser?) nomine Bartholomci et sociorum et (?) Belsser

aliis quinque retroscriptis (les cinq premiers) manu mea

etc., etc. — 1 Supradicti septem panni manu præfati Reva' patris dontini Thomæ Regis præsentibus suprascriptis fuerunt consignati prtefato domino Jo. Belzer

* La date de i553 manque dans la copie que Cancellieri tCappellepontificic e cardinalifie, R. 1790, p. 287)

tapisseries. Voici ce qu'on y lit, folio 102 verso : « Panni d’oro doi délia cappella, fatti al tempo di Leone X»; li quali forno robbati al saccho di Roma, loconestabiledi Francia li trovo in Constantinopoli molli rotti, li ha fatti racconciar' et rimandar’ à S. Stà, à di 29 di septembre

furono fatti for da Papa Leone, con el

9 Gunn,

, AU g. Künstlerlexicon, -2« partie, appen- I" section, p. 2g.

,0* du 14 et du 28 juillet.

Raphaël, avance des faits fort graves qu’il lui aurait, sans doute, été difficile d’appuyer sur des témoignages authentiques: tWhen taken by the French from Rome, among other spoliations, they were sold to a Jew nt Leghorn, for the sake of extracting the precious métal they contained; but on burning one of them, it was found to furnish very little. The rest were repurchased by Devaux for i3oo crowns and given back to Pius the seventh in 1814. » Cartonensia, t83t, p. 3i.

à leurs propriétaires représentés par les sieurs Coen et Nouvel'. Dans l’intervalle, les plus belles d’entre elles avaient été exposées avec d’autres tentures dans la cour du Louvre, ou, comme on disait alors, du Palais National des Sciences et des Arts; on leur avait même fait l’honneur de leur consacrer un catalogue spécial, intitulé Notice des Tapisseries , etc. (Voir le titre complet à la bibliographie). A partir de la restitution faite aux sieurs Coen et Nouvel jusqu’en 1808, nous perdons leurs traces. Furent-elles rachetées par Pie VII à des marchands de Gènes, comme le prétend Platner, ou bien restèrent-elles jusqu’à ce moment entre les mains de la compagnie française, c’est là un problème que nous ne saurions résoudre pour le moment. Ce qui est certain, c’est qu’en 1808 elles avaient repris au Vatican leur ancienne place. Espérons qu’elles ne la quitteront plus.

Jamais suite de tapisseries n’eut une vogue égale à celle des Actes des Apôtres. Dès le seizième siècle, on en compte de nombreuses répétitions. Nous ne saurions avoir la prétention ici de les décrire toutes. Il nous suffira de mentionner les principales d’entre elles, en renvoyant le lecteur pour de plus amples détails aux ouvrages de Passavant’ et de Waagen".

En Italie, il faut signaler les tentures conservées à Rome (Vatican : Pasce oves , Sacrifice de Lystra, reproductions romaines du dix-huitième siècle)*, à Milan (collection Melzi : sept pièces données par l’impératrice Marie-Thérèse au comte Firmian; Palais royal : quatre pièces, Guérison du Paralytique , Pasce oves, Mort d'Ananie , Sacrifice de Lystra), et celles de Lorète (sept pièces). Quant à celles qui se trouvaient autrefois à Mantoue, elles ont été transportées à Vienne en 1866".

En France, nous possédons trois exemplaires tissés, l’un aux Gobelins, sous Louis XIV, l’autre à Beauvais, le troisième à Mortlake. L’exemplaire appartenant à François Ior a disparu". Une suite, du XVII0 siècle, figurait en 1875 au palais de l’Industrie7, et en 1877 à la vente d’Albe (n°* 61-72). On remarquait aussi, dans le même palais, en 1876, une tenture d’une facture fort grossière, représentant le Sacrifice de lystra “.

L’Espagne aussi possède plusieurs exemplaires des Actes des Apôtres. Deux d’entre eux se trouvent au palais de Madrid"; un troisième appartient au duc de Villa-Hermosa 10.

En Allemagne, on remarque deux suites fort belles, appartenant l’une au Musée de Dresde, l’autre à celui de Berlin.

'a Paris, le 18 Thermidor an IX...

J’ai reconnu, citoyens, la légalité de la vente qui vous a été faite à Rome, des tapisseries du Vatican, dites de Raphaél, qui sont en ce moment déposées au Musée central. Je ne dois pas permettre que vous restiez plus longtemps privés de votre propriété. Vous pouvez vous présenter à l'administrateur du Musée central; il est autorisé à vous remettre ces tapisseries. Je vous salue. Chaptal.» (Document communiqué par M. L. Courajod.)

23 ventôse, an IX. — «Le Conseil assemblé, etc.... Le ministre de l’Intérieur prévient l'administration que les acquéreurs des tapisseries de Raphaël à Rome et qui ont été transportées au Muséum par suite des ordres du commissaire civil Faypoult, réclament le payement de ces tapisseries. Avant de statuer sur leur demande, il désire savoir si la conservation de ces ouvrages est nécessaire à la collection du Muséum; il l’invite à lui faire connaître sans délai son opinion à ce sujet.

Le citoyen Visconti, qui étoit l’un des membres du Consulat romain, lorsque ces tapisseries furent vendues, prévient le conseil qu’ à cette époque et lors de la prise de Rome par l’armée française en pluviôse an 6, le Gouvernement républicain de Rome tâchant de conserver ces monuments précieux à sa patrie, il représenta à la commission française que ces tapisseries, dans le cas qu’elles ne fussent pas destinées à quelques-unes des collections nationales de la France, ne devaient pas être enlevées à l’École des Beaux-Arts en les exportant de Rome. On sçut alors que la vente en avoit été légalement consommée; mais le Gouvernement romain fut autorisé à traiter avec les acquéreurs pour conserver les tapisseries à la République romaine. Alors le Gouvernement romain se trouvait en grande disette d’argent, et les acquéreurs de tapisseries craignant d’étre obligés à accepter le remboursement en biens nationaux, espece de richesse dont ils étoicnt déjà surchargés, transportèrent les tapisseries à

Le Moniteur ayant, dans l’été de l’an 6, censuré par un article la commission française et le Gouvernement romain, la première pour n’avoir pas assuré ou réservé pour la France, le second pour n’avoir pas revendiqué pour l’Ecole de Rome des objets aussi précieux, faute qui n’etoit due qu’aux circonstances, aux besoins de l’armée d’Italie et à la pénurie où se trouvoit le Gouvernement romain de fonds suffisants, le citoyen Faipoult pour réparer cette faute, ayant trouvé en l’an 7 ces tapisser.es a Gênes, les ressaisit en délivrant aux acquéreurs

pour remboursement, des bons sur les h;, -ns '

v ue!* Dons sur les biens nationaux de la République romaine qui ne purent être acquittés, cette république quelques mois après ayant été détruite.

... Le Conseil adopte les conclusions du citoyen Visconti.

Il arrête qu’il sera écrit au Ministre pour demander que Ces preueuses tapisseries soient conservées au Musée et qu’on joindra à cette lettre l’état de celles qui lui ont 'été

remises, l’Administration ayant été prévenue dans le tems que quelques parties de ces objets avoient été soustraites à la saisie faite par le citoyen Faypoult, telle la tapisserie de la Cène de Léonard de Vinci, qu’on vient de lui offrir en l’an 7. » (Document communiqué par M. Louis Courajod.}

Ajoutons à ces renseignements une très-curieuse lettre de Visconti qui a été publié par Fea dans un recueil où certes l’on n’irait pas la chercher, les Miscellanea filotogica critica e antiquaria, t. II, p. 75, Rome, i836. Cette lettre est ainsi conçue: < Al cittadino Gio. Battista Sieubert. Republica Romana, Liberté, Eguaglianza. Ennio Quirino Visconti, Console, Ii 19 fiorile anno VI... Cittadino. Siccomc il Consolato mi ha specialmente incombensato per interessarmi nella ricupera degli arazzi di Raffaello; cosi perché tal commissione venga sollecitamente, e fedelmente eseguita, autorizzo voi, cittadino, a intavolare il trattato in questione co’ proprietarj di quelle tappezzerie sulle basi che vi ho indicate. Quando l’avrete progettato, me lo comunicherete, perché poi concluso possa presentarlo io medesimo alla ratifica del Consolato. Salute e fratellanza. — E. Visconti. » — Fea ajoute que les tapisseries furent rachetées à Livourne par le cardinal Braschi Onesti, secrétaire des brefs.

* Raphaël, t. II, pp. 212-215.

» Treasures of art, t. II, pp. 402-407.

4 A males archéologiques, XV, 3o3-3o4-

s D’Arco, Notifie intorno agli arajji disegmti da Rafaello.

6 Laborde, Ren. des Arts, add. au t. I, p. 967. Cette tenture existait encore au commencement du dix-septième siècle. Voici ce que Bentivoglio écrivait à ce sujet au cardinal Borghèse, le 11 avril 1617 : • (Je tiens du tapissier) que la reine régnante veut faire copier une très-belle tapisserie ancienne du roi représentant les A des des Apôtres; elle veut la pareille pour l’envoyer et l’offrir au roi son père. » A. Baschet, dans la Gaqette des Beaux- Arts, t« série, t. XII, p. 35. La suite dont parle Félibien (I, 3z5) est-elle celle de François I«f ou celle qui a été exécutée aux Gobelins pour Louis XI Vi — Le cardinal Mazarin aussi possédait une tenture des Actes des Apôtres qu'il avait acquise du Juif portugais Lopez. (Laborde, Ren. des Arts, add. au 1. 1, p. 986.)

1 About, Tapisseries du dix-septième siècle, exécutées d’après les cartons de Raphaél, par Jean Raès, de Bruxelles.

8 Catalogue de l’Union centrale, n" 387.

8 L’un de ces exemplaires a été photographié par M. Laurent sous les nM438 à 446.

•° Vers la fin du dix-septième siècle déjà, un des grands d'Espagne possédait « une tapisserie très-riche de l 'Histoire ou des Actes des Apôtres du dessin de Raphaël, de soie relevée d’or, qui contient 685 aunes en quarré, et qui étant taxée à 14 pistoles l'aune, qui font 43,000 écus, se donnera pour 35, 000 écus. » Hippeau, Avènement des Bourbons au trône d’Espagne, t. I, p. 120.

TAPISSERIES ITALIENNES

En Angleterre enfin, on trouve des suites, provenant probablement de la manufacture de Mortlake, à Broughton Hall, à Burlcigh Housc (3 pièces), à Chatsworth et à Abbey Ford.

Il est aujourd’hui admis qu’une autre des tapisseries du Vatican, le Couronnement de ta Vierge, retrouvé et remis en lumière par M. Paliard, il y a quelques années', fait partie de la série de la Scuola vecchia, et servait à compléter, avec les Actes des Apôtres, la décoration de la chapelle Sixtine.

On connaît la composition, inspirée d’un dessin de Raphaël de la collection d’Oxford’ (voir ci-contre), et gravée au seizième siècle déjà sous le nom du maître, (Bartsch, t. XIV, p. 54, n“ 56, t. XV p. 189, n° g).a

Elle comprend treize figures disposées sur trois étages. En haut, Dieu le père avec quatre chérubins; au centre, le Saint- Esprit sous la forme d’une colombe, la Vierge et le Christ ayant deux anges à leurs côtés; en bas, deux autres anges, saint Jean-Baptiste et saint Jérôme avec son lion. Les bordures, d’une largeur uniforme de o",3o, sont ornées de fleurs, de fruits, d’oiseaux, de sirènes et de génies de petite dimension, sur fond d’or. On y voit en outre les armoiries de Paul III et un monogramme assez compliqué. L’ensemble mesure 4",i5 de haut sur 3m,53 de large.

Passavant est le premier qui ait émis, à notre connaissance, l’opinion que le Couronnement de la Vierge se rattachait à la série de la Scuola vecchia. C’est en rapprochant le document publié par Gaye, et où il est question de onze tapisseries envoyées de Flandre, d’une note du catalogue de la chalcographie pontificale de 17481, qu’il a formé cette conjecture. Le Couronnement serait cette onzième tapisserie. Mais on a vu tout à l’heure combien est vague la pièce découverte par Gaye. Il vaut mieux la laisser

de côté.

L’article de M. Paliard nous fournit des arguments d’un plus grand poids. M. Paliard montre d’abord que la présence dans la tenture de saint Jean et de saint Jérôme avec son lion (leonc) est une allusion au nom de baptême de Léon X (Jean de Médicis) et au nom qu’il prit en montant sur le trône pontifical. Il y a donc tout lieu de croire que ce pape a commandé la tapisserie ou du moins le carton5. Il faut ajouter que la tenture remplit exactement la place laissée vide par les Actes des Apôtres.

Sans vouloir résoudre le problème, nous nous bornerons à placer sous les yeux du lecteur les renseignements que nous offrent les archives romaines.

Dans l’inventaire de 1 5 1 8 , on chercherait en vain une mention quelconque du Couronnement de la Vierge. Il ne figure ni parmi les tapisseries de la chapelle Sixtine, ni parmi les autres acquisitions de Léon X. On trouve à la vérité quelques arazzi dans lesquels est représenté un sujet analogue, mais ils diffèrent tous de notre pièce, soit par les dimensions, soit par la composition. L’inventaire de 1544 ne la décrit pas davantage. Il faut aller jusqu’à l’inventaire du 23 avril 1 555 pour découvrir une tenture qui lui ressemble5. Le document qui nous en révèle l’existence nous apprend en même temps que le Couronnement de la Vierge fut donné à Paul III par le cardinal de Liège, c’est-à-dire par Evrard de la Marck (t en 1537). Ce fait, joint à la présence des armoiries de Paul III (tissées dans la pièce, non brodées), tend à prouver que la tapisserie dont nous nous occupons a été exécutée pour ce pape, sans doute d’après un carton plus ancien, remontant au règne de Léon X. Ajoutons que dans les inventaires de la fin du seizième et du commencement du dix-septième siècle (1592-1608-1620) le Couronnement de la Vierge ne figure jamais en compagnie des Arafti délia Scuola vecchia, mais toujours dans une catégorie à part, formée de quatre pièces dont voici la description : a Arazzo piccolo con la Natività del Signorc, san Giovanni, san Girolamo, et papa Leone, d’ale z5. — Arazzo uno simile con l’Incoronatione délia Madonna (c’est évidemment notre tenture /. — Arazzo uno con la Madonna et santa Caterina simile, ale 25 7. — Un pezzo con la Visitatione di santa Elisabeta et la Natività del Signore, ale 25 (con l’arme

1 Galette des Beaux-Arts, 1873, t. II, pp. 82 et ss. c „ panno uno d’oro et seta con figure di nostra donna, santo Johanne

s Robinson, A critical Account of the draivings by Michel Angelo and lîaptista et santo Hieronimo, el cardinale di Liege lo mando a papa Paulo III. »

Raphaël lo in the University galleries, Oxford. Oxford, 1870, pp. 259-261. Le Couronnement de la Vierge ne fut pas la seule tapisserie que le cardinal

5 D’après M. Wauters /Bull, des Commissions royales d'art et d’archéo- comme suit : t Item unum aliud simile, cum nostra donna et sancta Cathetogie, 1876, p. 466) ce carton aurait figuré en i52t dans la collection du car- rina, alto ale 5 et largo 5, ale 25 in tutto. » Il faut aussi rapprocher les

prélat représentait la Conversion de saint Paul et non le Couronnement de la (page 25, note 4).

Vierge. Voir IVl»oiif»!o de Morelli, p. 77.

di papa Leone.» Qui sait si le dessin de ces trois autres tentures, la Nativité, la Visitation, la Vierge avec sainte Catherine,

Or.™em.‘dIfficilemem, .près .voir exuniné r» documents, que l’hyptnhè» de P.ss.v.». soir fondée, et qne le Couronnement de la Vierge se soit rattaché dès l’origine aux Actes des Apôtres.

Les Scènes de la oie du Christ, ou Ara«i délia Scmla mon, se composaient autrefois de douae pièces. Par suite de 1, disparition de 1. Vescente nus Limbes, il n'en reste plus que onae’. L’inventaire de ,544 nous apprend que la sene étatt divisée en deux groupes de dimension, i peu près égaies, et qui, selon toute vraisemblance, et.tent tendu, l’un près de l’autre, de manière i se faire pendant. Le premier de ces groupe, comprenait les scènes de l’Enfance du Chrt.t, mesurant 395 aune, carrées; le second le, scènes de la Résurrection, mesurant 393 aunes. Un splendide trdne pontifical et un immense lit de parade, également en tapisserie complétaient la décoration de 1. salle et formaient, avec le, douae tentures, un ensemble d’une richesse extraordinaire. Le dossier seul du trflne est parvenu jusqu’à nous t c’est la pièce représentant le, trois Vertus. Voici, avant d’aller plus loin, l’indication des sujets composant la tapisserie principale :

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