‹ Histoire générale de la tapisserie (volume 2)Chapitre 6 sur 59 · XII. La Descente du Saint-Esprit · texte numérisé non relu

XII. La Descente du Saint-Esprit

3", 60 3», 11 4", oi

. dimensions que In cents (42 aunes).

5”, 38 Id.

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5m, 1 8 approximativement.

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Dès l’abord on est frappé de la différence qui existe entre cette série et celle des Actes des Apôtres. On a de la peine à croire que l’une et l’autre proviennent de la même main, qu’une inspiration commune ait présidé à l’exécution de toutes les deux. La grossièreté du dessin, la laideur souvent repoussante des types, la vulgarité ou la lourdeur des parties accessoires, semblent trahir une origine flamande plutôt qu’italienne. Et cependant un examen approfondi fait découvrir çà et là un motif, un air de tête, un bout de draperie qui rappelle le peintre des Loges et des Stances. Involontairement l’esprit se livre à un travail d’élimination et

de restitution, et l’on arrive peu à peu à dégager la pensée première du divin maître de la masse de défauts qui la voilent ou

la défigurent.

Nous pouvons d’ailleurs établir par un témoignage irrécusable la participation de Raphaël à l’exécution des Scènes de

la vie du Christ. Ce témoignage, il n’est pas nécessaire de le chercher bien loin : il se trouve dans le passage de Vasari cité plus

haut, seulement l’importance qu’il présente a jusqu’ici échappé à tous les commentateurs. Voici comment le biographe s’exprime à ce sujet (VIII, 242] : » Francesco Penni... fü di gran aiuto a Raffaello a dipignere gran parte de’ cartoni dei panni d’arazzo délia cappella del papa e del concistoro, e particolarmente le fregiature ». Ces trois mots 0 e del concistoro » contiennent la clef de l’énigme. Les tapisseries du Consistoire ne sont en effet autres que les Scènes de la vie du Christ. Les inventaires du garde-meuble pontifical ne les désignent jamais que sous ce nom.

Les graveurs du seizième siècle ont également reproduit quelques-unes des Scènes de la vie du Christ en les accompagnant de la mention : « Raphaël Urbinas invenit. » Mais, comme ils avaient intérêt à faire honneur de l’invention de leurs estampes à un maître aussi illustre que Raphaël, il suffira de rapporter le fait sans en tirer d’autre conclusion. Ce qui est certain, c’est que celte seconde série a eu, dès l’origine, infiniment moins de vogue que les Actes des Apôtres. Les tapissiers flamands, qui ont si souvent copié ces derniers, ne paraissent jamais avoir été sollicités de faire des répliques des Scènes de la vie du Christ3.

Pour préciser autant que possible le problème dont nous cherchons la solution, il importe avant tout de nous enquérir des conditions dans lesquelles ces tapisseries ont pris naissance.

Jusque vers la fin du dix-huitième siècle, il était universellement admis que Léon X avait commandé les tapisseries de la Vie du Christ, de même qu’il avait commandé celles des Actes des Apôtres. Tout à coup, en 1790, Cancellieri s’avisa d’attribuer à François I" le don de tous les arazzi de Raphaël exposés au Vatican. Le docte abbé romain n’apportait pas la moindre preuve à l’appui de sa théorie et il est permis de croire qu’elle repose sur une confusion*. Ses contemporains Morelli», Fuessli », Fiorillo’ et autres, ne manquèrent pas de s’inscrire en faux contre une assertion aussi extraordinaire. Passavant, au contraire, dans son chapitre sur les tapisseries de Raphaël, où sa critique s’est trouvée plus d’une fois en défaut, adopta un système mixte. D’après lui, les Actes des Apôtres avaient été commandés par Léon X, les Scènes de la vie du Christ, par François I». L’autorité du savant allemand a fa.t adopter cette opinion par la plupart des auteurs modernes». Dans notre travail publié par la Chronique des Arts, nous avons montre combien les arguments invoqués par Passavant étaient sujets à caution. Celte discussion nous entraînerait bien loin

dans son Histoire (trad. franç., t. II, p. a3g) et l’inventaire de 1344 l’enregistre dans les termes suivants : . Panno uno bellissimo d’oro et seta, con l’historia cœnæ domini, con arme del Re di Francia, circondato con fregi di vellutu cremisino, con raccami di tela d’oro, et leltcra C. F. » — L’Inventaire de 1 555 est encore plus explicite : • Panno uno grande d’oro et seta intitulato Cena domini, el quale Francesco, Re di Francia, dono ù papa Clemente 7«,fntto con un fregio intorno develluto et rechami di tela d’oro; detto rechamo non è mai stato finito, corne si vede per l’inventario vecchio. » Ajoutons que cette tenture, ornée des armes royales de France, figure encore aujourd’hui dans une des salles du Vatican en compagnie du Couronnement de la Vierge. (Voir Barbier de Montault : Les Musées et galeries de Rome. Rome, 1870, p. 129). — Il n’en a pas fallu davantage pour faire mettre sous le nom d’un roi connu par sa libéralité toutes les tapisseries entrées au palais apostolique

5 Anonimo, p. 2,3.

6 Allg. Künstlerlexicon, lac. cit.

1 Kleine Schriften, t. Il, p. ..g2.

8 Annotateurs de Vasari, éd.Lemonnier, VIII, 48, note. — Moroni, Dij/oirano dtfrudijione si. ecclesiastica, VII, 3i5. — Laborde, Renaissance des Arts, add. au t. I, p. 97,. Gregorovius, Storia délia città di Roma, VIII, 445, etc.

TAPISSERIES ITALIENNES

ici. Il nous suffira de dire que l’ensemble des témoignages du seizième siècle tend à prouver que les Scènes de la vie du Christ ont été commandées par Léon X, et que selon toute probabilité c’est à Raphaël qu’il a demandé de se charger du dessin des cartons. Surpris par la mort du grand artiste, qui avait à peine terminé quelques esquisses pour cette nouvelle suite, le pape a sans doute confie a des élèves du maître, peut-être même à des étrangers, l’achèvement de cette œuvre si considérable. Thomas Vincidor de Bologne, et Antoine de Hollande semblent avoir été de ces collaborateurs posthumes1.

Raphaël était mort le 5 avril i52o. Dès le 27 juin suivant, n relatif à l’exécution de tapisseries dont le sujet n

document peut s’appliquer à une suite autre que les Scènes de la vie du Christ, par exemple aux Enfants jouant, ou aux Grotesques. On peut meme nous faire une objection plus grave : Comment le pape a-t-il conclu, Raphaël à peine mort, et avant que les cartons pussent être prêts le traité ci-dessus mentionné, traité qui devait être suivi d’exécution immédiate? Comment s’en est-il remis à Vincidor et a Antoine de Hollande (?) du soin d’achever dans les Flandres, loin de lui, un travail auquel il s’intéressait si vivement? Ces trois dates : a avril i520, mort de Raphaël, — 21 mai, sauf-conduit donné à Vincidor, — 27 juin, contrat signé avec Pierre van Aelst, ne torment pas sous ce rapport une équation de tout point satisfaisante.

Notre certitude n'eit donc pue absolue, nous le proclamons encore une fols, mais que de présomptions en faveur de notre thèse I L importance même de la somme, rp.ooo ducat, d’or, nous prouve qu'il ,’,8i, d'un ouv,.S. hors ligne, comparable ans vicie, de, p a"? P“ “ ““ f> " e'“d 1“’°” P»»rr.i, le croire ; 1, première, d’après 1= témoin le mieux

secfd’ GT‘j’ “““i*'000 d"“B d’°r '* P'é™. “ I»»1 ».■>"» ducats, elle mesurait environ 58a aones carrées; pour

a seconde, composes de douze préc.s, e, mesurant ,88 aunes, on ne paya que ,7,Soo ducats; mai, si l'on rédéchi, à I. différence du travail, beaucoup plus grossier dan, cette dernière série, et à l’absence de bordure, historiées, ou s'expliquera facilement cette dimi- “ Il P"x' Al°“ons 1“ k dtl" «« Pour l'exécution des tapisserie, ne diffère guère dans le, deux cas. Pour les Scène, de lu u ris , î était e trois ans, on vient de le voir; il ne dut guère être plus considérable pour les Actes des Apôtres, dont les cartons remontent aux années i5i5-i5i6, et dont le tissage fut terminé e- '

En résumé, il est probable que les Scènes de la v.

Adrien VI, et achevées sous Clément VII 3.

î voyons Léon X signer avec m' Pierre van Aelst un contrat ;t malheureusement pas indiqué3. Nous sommes les premiers à reconnaître que c

:s additions de mauvais goût.

A la suite des Scènes de la v

e du Christ, commandées par Léon X, ont été continuées sous son successeur s doute l’absence d’armoiries dans les bordures, de là aussi ces inégalités de style

e iu Christ est exposée la tenture représentant la Foi, la Charité et la Justice. Cette pièce, d’u hauteur de 5 ,n environ, formait, comme nous l’avons dit, le dossier du trône pontifical*. Comme la composition c (elle ne paraît jamais avoir été gravée), le lecteur nous salira gré de lui en donner i

■ Dans son Traité de la Peinture, achevé en id+S, Francesco d’Ollanda assigne le dixième rang parmi les grands peintres ■ au disciple de Raphaël Bologne, qui enlumina pour les Flandres les cartons que son maître avait dessinés pour les tapisseries. » (Raczynski, les Arts en Portugal, p. 55.)Ailleurs, dans les notes ajoutées à une édition de Vasari de i568, il revient sur ce sujet en précisant davantage : s Bolonha se rendit en Flandre pour surveiller l’exécution de ces tapisseries faites sur les dessins d’Antoine de Hollande, avec lequel il se trouvait en concurrence relativement à cette commande... Celui-ci (Fr. Penni) s’appelait Bolonha et s’était rendu en Flandre afin d’y foire confectionner les tapis de LéonX, d’après les dessins de Raphaël et d’après les siens; et ayant vu les dessins de mon père (Antoine de Hollande) que l’infant don Fernand faisait alors enluminer par Simon de Bruges, il en fit d’autres en concurrence avec ceux-ci, mais Simon choisit ceux de mon père et les enlumina parfaitement bien. > (Raczynski, Die. hist. artistique du Portugal, p. 134). Ce qui nuit à l’autorité du récit de François de Hollande, c’est qu’il confond Thomas Vincidor, de Bologne, avec Francesco Penni. (Ce dernier, nous l’avons vu tout à l’heure, avait travaillé aux cartons des deux séries, en collaboration avec Raphaël). Il paraît, en outre, confondre les tapisseries de Léon X avec celles de l’infont don Ferdinand, exécutées quelques années plus tard. Enfin, s’il est lui-même né dans le Portugal, en 1517 ou en i5i8, comme on l’admet généralement, c’est que son père y était sans doute déjà fixé à cette époque. On ne voit pas trop dès lors comment celui-ci aurait pu travailler, à ce moment, dans les Flandres, pour Léon X. Néanmoins, ces extraits ont une certaine importance par suite de la découverte, faite par M. Pinchart, du sauf-conduit donné par Léon X à Vincidor, à l’occasion de son départ pour les Pays-Bas (Revue universelle des Arts, i858, t. VU, p. 187). Ce sauf-conduit porte la date du 2 1 mai 1 520 ; la mission de Vincidor y est caractérisée comme suit : « Quoniam mittimus te in præsentia ad nonnullas Flandria; partes pro quibusdam nostris negotiis ». La même année (1520, et non i5îi comme on l’a imprimé partout), Durer rencontra Vincidor à Anvers. Dans son journal de voyage, il ne manque pas de rappeler que cet artiste est un des élèves de Raphaël et que l’atelier du maître s’est dispersé après sa mort. U parle, en outre, du retour de Vincidor à Rome comme d’un événement plus ou moins rapproché, ce qui prouve que sa mission n’avait qu’un caractère temporaire, et qu’il n’avait pas, à ce moment, l’intention de se fixer, comme il l’a fait, en Flandre. Peut-être est-ce la mort de Léon X qui l’a décidé à prendre ce parti.

3 a Concio sia chosa che Bernardo Binï e comp1 di Corte di Roma a richiesta délia S. di N. Signore papa Leone X abbino fotto una promessa a Jachopantonio Busini et Jachopo Strozzi, etc., merchanti fiorentini in Corte di Roma di ducati 14,000 d’oro in oro di Caméra per pagharli loro in tempo d’anni tre proxîmi da venire in 6 paghe, cioè ogni sei mesi la sexta parte, chôme per loro poliza vedere si puo sotto questo giorno; li quali ducati 14,000 d’oro, ut supra, sono per la monta di libbre mille quattrocento d’oro filato di Firenze, che detti Jachopantonio Busini et Jachopo Strozzi anno promesso dareet consegniare a messerPiero Vanaelst e compagnie tappezieri délia decta Santità di nostro Signore per farne o forne fore tappezarie per decta Santità di nostro Signore.

Et più che decti Bini, etc., a istanza délia prefeta Santità abbino fotto un’ altra promessa alli decti messer Pietro Vanaelst e compagnia di ducati 3,6oo d’oro di Caméra di julii 10 per ducato per pagharli in tempo di anni 3 proxîmi a venire ogni mese ducati 100 d’oro di Caméra ut supra, fino alla integra satisfoctione, chôme si monstra per loro poliza; li quali ducati 3,6oo detla Santità li fa paghare a detti Pietro et chompagnia sopra le decte tappezzarie che anno da fore per decta sua Santità ; le quali decto messer Pietro dixe avéré promesso a decta sua Santità di lavornrle bene et Iealmcnte in decto tempo d’anni 3 proximi. Et perché decti Bini, elc., anno fotto decte 2 promesse conditionate et, chon certe conditione, chôme per quelle si monstra et

che vogliono esscre cauti et sichuri di decte duo promesse di ducati 14,000 et 3,6oo e di sopradelte o vero di quella parte che avessino sborsato e avessino a sborsare, cl sopradetto messer Pietro Vanaelst per se et suo (sic) compagnia à promesso et promette a decti Bernardo Bini, etc., che tuile le dette tappczzarie fora o faràfore per decta Sanctità di nostro Signore papa Lione, di consegnarlc giornalmcnte in Anversa a decti Bini o a chi là per loro fussi o vero di mandarle qui in Roma in le mani di decti Bini, chôme a detti Bini piacerà. E in chaso che decti Piero Vanaelst, etc., l’abbino a mandare qui i‘n Roma, l’aranno a fore a spesa et rischio délia decta Santità di N. S., si chôme fu fatta dcll’altre consegniate. Et perché detti Bini le possino consegnare a decta Santità e anche alsi si possino prevalerc sopra le dette tappezarie di quanto avessino sborsato e sborsassino o avessino a sborsare per causa delle decte duo promesse decte di sopra, per le quali sopradecte cose il decto messer Piero m suo proprio nome et de sua chompagnia se obliga in planiori forma Camere apostolice el tutto observare et adimplere ad bonam fidem, renuntians, etc. » 27 juin i5ao. — Document communiqué par M. G. Milancsi.

3 Les inventaires du garde-meuble pontifical s'accordent à faire honneur des Scènes de la vie du Christ au premier de ces papes : < Panni d’oro foui per cl consistorio del tempo di papa Leone X®°, — pezzi di panno di seta et oro fatti nel tempo di papa Leone X®» per la sala del concistoro secreto. » Voilà ce qu’on y lit en 1 555 et en 1392-1608. Une fois cependant le nom de Clément VII est prononcé. L’inventaire de 1544 ajoute à la description des douze pièces la note suivante: . Panni nuovi Cle. VII.» C’est, en eflet, sous ce successeur de Léon X que la suite a dû entrer au palais apostolique.

4 II ne sera pas sans intérêt de rapporter la description que donnent de ce meuble somptueux les documents du XVI» siècle. Nous nous servons du texte de l’inventaire de i555, complété ou moyen des indications de l’inventaire de 1544. Ces dernières sont placées entre crochets.

« Panno uno d’oro et seta con la Misericordia, Justifia et Prudentia, quale serve al consistorio pubblico [per la sedia pontificale, vid. per spalliera, ale 48 i/3|. Sopracielo uno con figure de Dio padre, del detto sopracielo sono suite levate nove ale, le quale(sfc) sono i n doi pezze in foreria [del detto sopracielo che era ale 3i ale 9 sono in duapezi). Pannetti de rabaticclo, quale servono intorno de detto sopracielo, sono pezze sette con frange d’oro et seta rossa sono stati scortati de ale sette 3/4 per conciamento di detto sopracielo [di ale in tutto 39 3/4] ,.

Du temps de Taja (1750) et de Chattard (1766), cet arrangement subsistait encore : 1 Ben è degno di rifiessione il ricchissimo postergale délia sedia pontificia, tessuto in arazzo di seta ed'oro, in campo ceruleo con l’arme Medicea; e insieme con istupende fogge di grotteschi sul disegno di Raffoello, siccome il fregio d’arazzo, che gira intornoalla stanza.— nDesc. del... Vaticano,p. 277. — « La settima stanza d’udienza apparata con arazzetti simili alli antecedenti, suo baldacchino, fregio, e dossello, il tutto parimente d’arazzo istoriato con arme di Leone X, sua sedia, sgabclletto e predella di velluto cremisi, con frangie d’oro, e suoi cassabanchi attorno ». N 110 va Descriqione del Vaticano 11,243 (1762-1767).

Un superbe lit de parade semble avoir complété la décoration de la salle du Consistoire. Les inventaires de 1544 et de t555 le décrivent comme suit : i Sopracielo per un letto de paramento del consistorio, sono le infrascritte pezze, vid. pezze 7 de tornacielo [con l'arme et imprese di Clemente VII, con frange d’oro et seta bianca, in tutto ale 3g 3/4), uno sopracielo con la Trinità [d’oro et seta di ale 3o], doi panni d’oro, uno serve dretto de detto letto fotto con la Visitatione de Santo-Johanne [di ale 27 1/4], L'altro serve al capo, fotto con la Nativité de Christo [di ale 25] ; una coperta con arme di Clemente settimo [et sue imprese, ale 17 3/4J, et pannetti sei di tornaletto, cioè sono tre con tre figure per una (sic), et tre con doi figure per uno, delli quali sono uno di tre figure et uno di doi, cositi insieme [in tutto ale 48] ».

assise sur des nuages, comme ses deux compagnes; ses pieds reposent sur un globe bleu dans lequel se reflète un paysage. A côté

du globe est tracée la devise : « Candor illæsus. » La Foi étend la main vera un livre supporté par un ange. Plus bas se

trouve la Justice, tenant de la gauche une balance et de la droite une épée. La Chanté, avec un enfant quelle alla, te, complète

cette trilogie. Dans les angles supérieurs on aperçoit deux anges, l’un tendant les bras vers la Justice, 1 autre écartant les nuages

qui pourraient cacher la Charité. Au premier plan enfin deux lions couchés se font pendant; ils nennent chacun l’étendard pontifical qui, sous les Médicis, est rouge avec les signes intérieurs blancs et les extrém.tes en pomte. La bordure est beaucoup plus riche et plus large que dans les Scènes de la vie du Christ. On y remarque, dans la parue verticale, l’écu des Médicis surmonté de la tiare avec les clefs; dans la partie horizontale du bas (il n’y a point de bordure horizontale dans le haut) le faucon de Clément VII debout, la 'patte gauche sur la bague des Médicis, avec la devise SAMPER (s/c).— Une copie en tapisserie des Trois Vertus a été exécutée au XVIII' siècle dans l’hospice Saint-Michel de Rome'.

Platner, dans la description de la ville de Rome», ne serait pas éloigné d’attribuer à un élève de Raphaël, à Perino del Vaga, par exemple, cette composition qui, d’après lui, manque d’ensemble et n’offre rien de remarquable.

On attribue souvent à Raphaël le dessin de la série des Enfants jouant ( Giuochi de' Putti, ou Scher^i de' Putti). Les inventaires et les gravures de la fin du seizième siècle, ou du commencement du dix-septième siècle, s’accordent à les placer sous son nom, et ce système a également prévalu chez bon nombre d’auteurs modernes : Cancellieri, Pistolesi, etc. Cependant, en face du texte si clair, si précis, de Vasari, le doute ne nous semble pas possible : le biographe dit formellement que les Enfants jouant sont l’œuvre de Jean d’Udine3.

Les Enfants jouant , — ce fait résulte du témoignage de Vasari et des emblèmes figurés sur les tentures — furent commandés par Léon X. Néanmoins on en chercherait vainement la trace dans l’inventaire rédigé du vivant de ce pape. La série n’aura donc été terminée et ne sera entrée au palais apostolique que pendant le règne d’Adrien VI, peut-être même pendant celui de Clément VII seulement. Le premier document dans lequel nous la trouvions mentionnée est l’inventaire de Paul III (1544); elle y est décrite dans les termes que voici : 0 Pannetti vinti d’oro et seta con giuochi de’putti, di ale 17 1/2 l’uno, in tutto aile 35 1. » A partir de ce moment, les Giuochi de' Putti figurent régulièrement sur les états du garde-meuble pontifical (t555, 1608, 1620, etc). Un document des Archives d’Etat de Rome nous apprend en outre qu’au commencement du XVII” siècle, en i6o5, le tapissier Francesco Prata fut chargé de réparer un « Panno dei Putti. » Un peu plus tard, vers i635, Urbain VIII fit copier en tapisserie cette suite précieuse. Peut-être craignait-on dés lors pour le sort des originaux et voulait-on en conserver au moins une copie. Un peintre célèbre, Romanelli, fut chargé d’exécuter les cartons destinés à la reproduction. Nous donnons, plus loin, dans le chapitre consacré aux ateliers romains, des détails sur cette entreprise. Une copie à l’huile de l’une des pièces fut également exécutée pour le compte de Louis XIV*.

Vers le milieu du siècle suivant, Taja, dont le livre paraissait en 1750, a encore vu au Vatican, dans l’appartement de Pie V, la série à peu près complète des Enfants jouant 5. Notons qu’il les attribue, comme l’immense majorité des auteurs, à Raphaël lui-même. Bien plus, à l’entendre, Perino del Vaga aurait aidé son maître dans cette tâche. Les pièces qu’il mentionne étaient réparties en trois endroits différents : plusieurs d’entre elles (il n’en indique pas le chiffre) se trouvaient dans la salle attenant à la chapelle de Pie V, cinq autres dans une seconde salle, sept autres dans une troisième salle.

En 1790, deux des Enfants jouant étaient exposés dans la galerie avoisinant la Scala regia»; quant aux autres, nous ignorons s’ils existaient encore. A partir de ce moment, nous perdons la trace de cette série si intéressante. Fut- elle vendue ou détruite pendant la première Révolution ? c’est ce qu’il nous a été impossible de savoir. Dans tous les cas, elle n’a pas été transportée à Paris, avec les tapisseries des Actes des Apôtres et des Scènes de la Vie du Christ, car la Notice des Tapisseries. . . exposées dans la Cour du Palais national n’en fait aucune mention. A Rome même, les recherches auxquelles nous nous sommes livré, ou qu’ont bien voulu entreprendre pour nous des amis obligeants, sont restées sans résultat. Cependant il serait téméraire de rien affirmer à cet égard avant d’avoir pu soumettre à des investigations minutieuses le garde-meuble du Vatican, comme aussi celui du palais Barberini.

D’autres seront peut-etre plus heureux que nous. En attendant, nous devons nous contenter de reconstituer, à l’aide de documents écrits, dessinés ou gravés, la liste d’une suite longtemps si célèbre. Nous voyons d’abord par l’extrait de l’inventaire de Paul III, transcrit ci-dessus, que la suite entière se composait de vingt pièces et non de cinq, comme on le suppose généralement. Sur ces vingt pièces, quatre ont été gravées par le maître au dé, — celles-là précisément que Passavant décrit dans son ouvrage sur Raphaël1. Elles représentent les sujets suivants : 1“ Un amour couronné tient le sceptre et les clefs, son pied est posé sur un globe, deux autres amours lui présentent sur un plat des pièces d’or(?). Au-dessus, dans un cercle rayonnant, on voit un lion, emblème de Léon X. Une guirlande de fruits et de fleurs, que l’on retrouve dans toutes les autres pièces de la même suite, occupe le fond de la composition ; deux autres guirlandes, suspendues verticalement aux deux côtés de la scène, lui servent en quelque sorte de bordure (voir la gravure ci-contre)». - 2» Un amour assis sur une autruche prend la pomme que lui tend un de ses compagnons, agenouillé devant lui; un autre enfant enlève à l’autruche une de ses plumes pour la joindre aux deux plumes qu’il a déjà placées dans le bandeau qui serre sa tête (on sait que les trois plumes dans une bague étaient l’emblème favori de Laurent le Magnifique). — 3» Deux amours s’efforcent de reprendre à un singe l’enfant qu’il a volé; l’un saisit le bout des langes dans lesquelles la victime est emmaillottéc ; l’autre, pour fléchir le ravisseur, lui tend une poire». - 4' Lutte d’un amour avec un enfant privé d’ailes (Eros et Anteros?); deux autres amours cherchent à séparer les combattants en les frappant d’un arc

Pt H’nnp Hprhp'O rr

pour Être reproduits.

0 Cancellieri, Descrijione delle cappclle pontificie e cardinalice, p. 2S7. 1 Raphaël, II, 225. — Voir aussi Bartsch, Peintre Graveur, t. XV, pp. 206-

8 D’après Cancellieri (Storia de' sole mt 1 possessi, 83, note) cette pièce passait pour contenir quelques traits satiriques dirigés contre les Médicis. Le globe était une allusion à la tyrannie qu’ils exerçaient à Rome et à celle qu’ils avaient exercée à Florence, les gemmes rappelaient les profits tirés par Clément VII «des luoghi di monte», les panaches ses intrigues, etc. Il suffit de -PP-- cctte interprétation pour en montrer toute l’insuffisance.

Chaque soir, près de la Scrofa, on allume une lanterne sur le toit de la maison où le singe avait emporté l’enfant.

« Inventaire général des tableaux du roy, fait en 170g et 1710 par le sieur Bailly... Paris. Cabinet des tableaux. Une copie d’après Raphaél représentant des Enfans peints de coloris sur un fonds d’or avec des festons de

pieds 1/2 de large ». Archives nationales. K. K. 372, p. 507.

l#Un dessin du Louvre, photographié par Braun (n» 273Î, reproduit presque exactement celte composition.

TAPISSERIES ITALIENNES

Passavant a vu en outre chez les frères Woodburn, à Londres, quatre dessins de Jean d’Udine, ayant la même grandeur que les gravures, et représentant des sujets analogues Ces dessins, dans lesquels il croit reconnaître des esquisses destinées à être reproduites en tapisserie, sont exécutés à la plume, lavés au bistre et hardiment rehaussés de blanc. En voici la description :

5° Trois amours tenant une boule sur laquelle plusieurs oiseaux se livrent bataille. — 6° Trois enfants, l’un cueillant des fruits, un autre courant avec des jouets. — 70 Un enfant en effraye deux autres avec une chauve-souris qu’il tient écartée par les ailes; un. autre enfant est tombé à terre. Cette pièce est peut-être identique aux « putti che fanno la caccia délia civetta. » (Voir ci-dessous la notice consacrée à la manufacture de tapisseries d’Urbain VIII). — 8° Quatre enfants sont occupés à un arbre fruitier (dans ce dessin les enfants sont d’une proportion un peu plus petite que dans les premiers).

9° Un autre dessin, peut-être une des esquisses qui ont servi à Romanelli pour ses cartons, appartient à M. le commandant Paliard, qui a bien voulu nous permettre de le faire reproduire. C’est évidemment le sujet désigné dans les documents dont nous parlerons plus tard sous le titre de « gatta cieca » (le colin-maillard).

Voilà donc neuf sujets connus sur vingt. A l’aide des mêmes documents, nous pouvons encore augmenter cette liste et y ajouter les scènes suivantes: 10" Enfants pêcheurs (pesca de’ putti). — 11“ Enfants jouant avec des balles de bois (putti che giocano aile boccie). On trouvera enfin quelques autres indications intéressantes dans le document que nous reproduisons ci-dessous, et qui nous a été fourni par une feuille volante placée, par hasard peut-être, dans un registre daté de 1676. (Archives d’Etat de Rome.) Quoiqu'elle ne porte pas de titre, cette feuille se rapporte, il n’est pas permis d'en douter, à la suite composée par Jean d’Udine.

Parte 2“. Mancano pezzi otto. Li 12 che si sono trovati rappresentano :

Uno paoni.

Altro pappagalli.

Altro un fagiano.

Con un picchio e una pemice.

Un putto che piscia (peut-être pesca?).

Un babuino che porta un putto fasciato in braccio (identique au n° 81

Un putto sopra un arbor di mêla (identique au n“ 5?).

Putti con un cigno.

Putti con un giogo.

Putti con canestro de fiori.

Putti con palme.

Putti con uno struzzo (identique au n° 2).

Nous avons pensé qu’il y aurait quelque intérêt à placer, en» regard de l’une de ces pièces, la gravure d’une tapisserie dont l’auteur s’est évidemment inspiré des compositions de Jean d’Udine. Cette tapisserie (photographiée par M. Rossi, de Milan), qui appartient à la cathédrale de Milan, est un don de Guillaume de Mantoue, marquis de Montferrat; elle a probablement été exécutée entre les années i55o et 1573.

On range généralement dans la série des Enfants jouant la pièce reproduite ci-contre, d’après la gravure du Maître au dé (B., n° 3o). D’apr.ès Passavant, la composition est d’une telle beauté qu’on peut sans crainte l’attribuer à Raphaël lui-même. Cependant, comme l’auteur allemand l’a déjà fait remarquer, la scène n’est pas disposée de la même manière que dans les pièces précédentes; on constate notamment l’absence de la guirlande qui sert de cadre à ces dernières. O11 n’y trouve pas non plus

TAPISSERIES ITALIENNES

conservée dans le garde-meuble de la Couronne jusqu’à la Révolution Le même auteur se montre plus affirmatif en ce qui concerne les broderies du meuble du sacre exécuté pour François I" s; il se fonde sur les assertions d’anciens inventaires pour soutenir que le dessin de ces broderies est dù à Raphaël. Mais nous savons avec quelle facilité on prodiguait autrefois ce grand nom. Les inventaires du garde-meuble pontifical de Rome, dont les rédacteurs étaient cependant à même de puiser leurs informations aux bonnes sources, n’attribuent-ils pas à Raphaël un ouvrage de Jean d’Udine, les Enfants jouant! Félibien 3 * va plus loin encore; d après lut, Raphaël serait l’auteur de l'Histoire de Josué (huit pièces de 43 aunes), et de V Histoire de Psyché (en 26 pièces, de 106 aunes). En ce qui concerne cette dernière, du moins, il est facile de réfuter l’assertion du savant auteur des Entretiens -, les trente-deux dessins de l 'Histoire de Psyché , gravés parle Maître au dé, sont de Michel Coxic*, non de Raphaël. En thèse générale, au XVI *I1’ et au XVIII" siècle, on a rangé dans l’œuvre du maître d’Urbin une foule de tentures, qui souvent ne provenaient même pas de son école. Le catalogue des tapisseries acquises de la reine Christine par le prince Livio Odescalchi 5 * * * * * il, mentionne une tenture en douze pièces représentant l'Histoire d'Auguste, de Cléopâtre et de Marc Antoine , d’après les dessins de Raphaël, » con disegno di Raffaele. » Mais ce sont là, selon toute vraisemblance, les pièces, de provenance flamande, que l’on conserve à la galerie des Offices.

Amours jouant : Tapisserie appartenant à la cathédrale de Milan.

On serait plus près de la vérité en rattachant à Raphaël les autres tapisseries que l’on sait de source certaine avoir été exécutées pour le compte de Léon X. Ces tapisseries étaient assez nombreuses, comme le prouvent les inventaires du garde-meuble pontifical". L’auteur d’un ouvrage estimé sur le Vatican, Taja, place notamment sous le nom du maître celles qui ornaient une des salles de

1 Renaissance des Arts à la Cour de France, add. au t. I, p. g85. Des tapisseries représentant la vie, les miracles et la mort de saint Paul et attribuées par Canccllieri à Michel-Ange, figuraient au « possesso ■ de Clément IX, en 1667 (Storia de' solenni Possessi, p. n85, note). Cinq tentures, représentant le même sujet, appartiennent aujourd’hui au Musée de Madrid {photographiées par M. Laurent, sous les n®s447 a 4.5 1 ). Enfin, M. le vicomte Hippo-

lyte Vilain XIV, à Bruxelles, possède le carton et la tapisserie du Martyre de saint Paul. Cette dernière, provenant d’une église, de Turin, est l'œuvre du tapissier bruxellois A. Autverckx (fin du dix-septième siècle). Quant au carton, M. Pinchart, auquel nous empruntons ces détails (Notice sur deux tapisseries de haute lisse, pp. 7, 8), le considère comme une production de l'école de Raphaël.

3 Loc. cit., pp. 994-1003.

3 Entretiens, 1730, t. I, p. 325.

* Vasari, vie de Marc-Antoine, IV, 2g3. — Six de ces tapisseries, tissées

d'or, de laine et de soie, et provenant du Garde-meuble, se trouvent aujour¬

d'hui au château de Pau. Elles représentent: 1 «La Vieille racontant l'histoire

de Psyché (hauteur 3“,23, largeur 2m,6o. 2" Psyché sur la montagne (hauteur 3”, a3, largeur 5m,to). 3" Le repas de Psyché (hauteur 3“,ï3, largeur 3 “,90). 40 La toilette de Psyché (hauteur 4“,23, largeur 2“, 90). 5» Zéphir amenant les sœurs de Psyché (hauteur 3“, largeur 4m,go). 6» Psyché au triomphe de Cérès (hauteur 3”, 23, largeur P” ,90). — Six autres pièces, de même provenance et de même nature (basse lisse, bordures d'arabesques, fabrication de Bruxelles), sont exposées au palais de Fontainebleau. Elles représentent les mêmes sujets, les dimensions seules différent (hauteur uniforme de 3"yjo). — L’inventaire de 1792 portait « Histoire de Psyché : 26 pièces, d’après Raphaël, fabrication de Bruxelles. — 17 pièces, d'après Jules Romain, fabrication de la

Planche. — 8 pièces, d’après Jules Romain, fabrication des Gobelins. » — Mais toutes ces pièces ont disparu à l’exception des douze mentionnées ci-dessus. (Communication de M. Joly de Montesson, conservateur du Garde-meuble national.)

0 Primo corpo d’arazzi, consistcnte in dodici pezzr, compresovi unodetto délia Corona, un poco più piccolo, e non tanto copioso. Rappresentano la storia d'Auguste, e Cleopatra, con Marc’Antonio, con disegno di Raffaele di una vivezza straordinaria di oro, con fregi tutti a fondo d’oro, e con figure assai faticate. — N» I. Arazzo alto palmi di passetto di muro romano (le palme romain équivaut à o“223,4Ï, circa 22, largo 23, rappresentante Marc-Antonio e Cleopatra, che siedono, ed Ottavia sorella d'Augusto, che stù in alto di partire, con fregio ricchissimo. — N» IL Arazzo alto palmi di passetto, corne sopra 22, largo palmi 27, rappresentante Auguste, cheavendo restituita la pace a lutte

il mondo riceve i doni da tutte le Provincie e Regni soggetti al lmperio TAPISSEBIES ITALIENNES.

romano; con fregio, corne sopra. — N» III. Arazzo alto palmi, corne sopra 22, largo palmi 27, rappresentante qunndo Marc’Antonio ricusa l’amore délia Putria, per qucllo di Cleopatra, non curando 1’affinità d’Augusto; con fregio, corne sopra. — N» IV. Arazzo alto, corne sopra, palmi circa 22, largo 371/1, rappresentante Cleopatra, che vcdehdosi delusa di restare regina in Egitto, per non essere condotta in trionfo, si dà la morte da se stessa ; con fregio, corne sopra. — N» V. Arazzo alto palmi, corne sopra, in circa 22, largo 28, rappresentante Erode Ré di Giudca, ed altri, che porgone genutlessi le loro corone a Marc'Antonio in segno di soggezzione; con fregio, conte sopra. — N" VI. Arazzo altb palmi, corne sopra, circa 22, largo 28, rappresentante Auguste e Marc’Antonio cheguerreggiano vicinoal fitro d’Alessandria ; con fregiodi diverse figure. — N® VII. Arazzo alto palmi, corne sopra, circa 22, largo 25; rappresentante Auguste ch’ entra in Ronta trionfante per aver superato, e vinto gli Alcssandrini, ed altre nazioni, con fregio istoriato di figure, c tramezzato di rabeschi. — N® VIII. Arazzo alto palmi, conte sopra, circa 22, largo 28 t/ 1 , rappresentante Ottavia, che supplice Auguste suo fratello, dal quale viene sollevata da terra, con altre figure che tengono lo strascio d’Ottavia; con fregio dialcunc figure, che rappresentano le Provincie soggette ail’ Intpero.

— N® IX. Arazzo alto palmi, conte sopra, circa 22, largo 25, rappresentante Cleopatra, che dopo la morte di Marc’Antonio si vede delusa dalle speranze, che aveva posto in Auguste, il quale ordina che sia custodita; con fregio, corne sopra. — N® X. Arazzo alto palmi, corne sopra, circa 32, largo 35, rappresentante la battaglia navale al promontorio d’Azio trà Auguste e Marc’ Antonio, con la fuga di Cleopatra. e de' suoi figliuoli in una nave ; con fregio corne sopra. — N® XI. Arazzo alto palmi, conte sopra, circa 22, largo 3t 1/1, rappresentante una battaglia terrestre trà Augusto e Marc'Antonio, con infinité di figure avanti in grande à cavallo, ed à piedi arinati; e sopra in lontananza squadroni di soldati in piccolo; con fregio, corne sopra. — N® XII. Arazzo alto circa palmi 17 1/1, largo 26, dette délia Corona, rappresentante un Rè con molti che gli rendono obbidienza;con fregio entrovi una corona. »

— L’inventaire de la reine Christine (1689), dont des extraits nous ont été communiqués par M. Bertolotti, donne de cette suite la description que voici : ■ Tapczzaria ricchissima d’oro e d’argento, Istoria di Cleopatra, disegno di Raffaelle d’Urbino, in pezzi undcci, con freggi assai altî, e ciascheduno d'essi pezzi, secondo l’ala corrente di Roma, è alto ale sette, trà quali tre sono un

8 n Una coperta di seta et oro con un falcone sopra il sole (Clément VI le) et due angioli dalle bande, con una facella in mono con l’arme di papa Leone n. (Inventaire de 1592-1608, aux Archives d’État de Rome). — • Arazzi in dieci portière di Leone decimo ». (146 aunes). — « Tre pezzi di fregi con l'arme di Leone X““, longo palmi 4 per pezzo ». (Inventaire de 1608, ibid.j

: dessus de portes du même appartement, il les considère comme un ouvrage de l’école de

l’appartement de Pie V 1 . Quant t

R‘PbÏ;.il .««.i™ d. rappeler iei, e» terminent, ,ne le. fa*™ du eh.f de l’£œle romaine on. être 1, tapisaerie une influence presque égal, à celle de ses cartons. Sou. le régne de Louis XIV notamment,

:s principales compositions des Stances. D’après Félibien a

•cé sur le développement de n reproduisit aux Gobelins t bon nombre d’auteurs modernes, les dix tapisseries de la cathédrale , de. ipstnment d’aorès les dessins de Raphaél pour les Loges. Mais nous

de Chartres representera.ent également do n.ih, de ianuen «««me P j, Union cen,rale des Beana-Art.

pouvons affirmer qu’une de ces pièces du moins, la Récolté de la manne, exposée / t

appliqués à l’Industrie (n- «6 du catalogue), et reproduite dan, 1. section flamande de nome ouvrage, n a rten de commun avec Raphaël. Il suffit, pour s’en convaincre, de la comparer à la gravure de P. Santé Bartoli^qui r aujourd’hui détruit des Loges1. Le nombre des personnages, leur attitude, *“* J'

s montre le même sujet d’après le camaïeu

t diffère.

Dans lu plus importante de ses compositions pour la tapisserie, les Actes des Apôtres, Raphaël n’a peut-être pas assez tenu compte des lois propres à l'art dont nous écrivons l’histoire. Ce reproche lui a été adressé à diverses reprises dans les derniers temps’ et nous avouons qu'il n'est pas privé de fondement. Mats si le groupement des personnages dans les scènes principales peut donner lieu à des critiques, quelle revanche éclatante le maître n'a-t-il pas prise dans ces bandes qui sont un des triomphes de l'art décoratif! Un des premiers d'entre les dessinateurs de cartons, il s'est occupé d’assurer au sujet central un cadre digne de lui ; il a voulu que la pompe, la fantaisie, déplacées dans la représentation des actes de saint Pierre et de saint Paul, se donnassent carrière dans la bordure. Tantôt les scènes, peintes en camaïeu, s'y déroulent avec la simplicité d'un bas-relief antique ; tantôt l’artiste a usé de toutes les ressources de sa palette et prodigué les couleurs les plus vives.

L’idée paraît tellement neuve et féconde qu’on est tente d’en attribuer 1 invention au chef de 1 Ecole romaine. Dans la longue série de tentures flamandes de la fin du quinzième et du commencement du seizième siècle, la bordure, comme on sait, se compose invariablement d'une simple guirlande de fruits ou de fleurs. Quelquefois des oiseaux, des quadrupèdes, ou des enfants viennent folâtrer au milieu du feuillage. Le motif était gracieux, il témoignait d’un vif amour de la nature, mais l’abus qu on en faisait ne devait pas tarder à engendrer la satiété. Etant données les aspirations de la Renaissance italienne, il était probable qu’elle chercherait à substituer à l'éternelle guirlande des ornements susceptibles d’un développement plus grand. La Présentation de la tête de Pompée à César déjà nous offre un spécimen vraiment admirable de ce nouveau système de décoration. Ses camaïeux rivalisent de finesse avec les nielles, dont ils paraissent inspirés. Mais Raphaël, et c'est là un mérite qu'on ne saurait proclamer assez haut, imprima un essor nouveau à la composition des bordures historiées et en consacra définitivement l'emploi. Désormais il fut rare de rencontrer une tapisserie qui ne fût pas entourée de médaillons, de rinceaux, de grotesques.

La composition de ces encadrements acquit même une importance telle qu’on la confia souvent à des artistes spéciaux. Lorsque l’œuvre du dôme de Ferrare commanda Y Histoire de saint cMaurelius, elle fit choix d'un Flamand, nommé Lucas, pour le dessin des bordures, tandis qu’elle confia la composition du sujet central au Garofalo et à Camillo Filippi. Ce dernier artiste à son tour défraya de bandes historiées (fregi) la fabrique de haute lisse fondée par la famille d’Este, et son exemple fut suivi par plusieurs de ses compatriotes. Vers la même époque, à Florence, le Bronzino se plaignait d’être simultanément chargé du dessin des compositions et de celui des bordures ; il part de là pour demander une augmentation de traitement. A défaut de témoignages écrits, les tapisseries mêmes du seizième siècle nous prouveraient que nous avons souvent affaire à deux maîtres distincts. Dans Y Histoire de Moïse, par exemple, qui appartient au dôme de Milan (voir les gravures jointes à notre ouvrage) tout le monde sera frappé de la différence de style entre le tableau central et l’encadrement. Elle est si grande que l'on serait tenté d'attribuer le dessin de l'un à un Italien, celui de l’autre à un Flamand. Ce sont là autant de preuves de l’intérêt que le seizième siècle, entraîné par Raphaël, témoignait à la partie ornementale des tapisseries.

L’Ecole romaine poursuivit la voie inaugurée avec tant d'éclat par son chef. Nous avons déjà mentionné les suites composées par Jean d'Udine, les Enfants jouant et les Grotesques. Un autre disciple de Raphaël, Perino del Vaga, exécuta également des cartons de tapisserie. Lorsque Paul III voulut compléter la décoration de la chapelle Sixtine au moyen d’une sorte de dosseret en haute lisse placé au-dessous du Jugement dentier, ce fut à Perino qu’il s’adressa6. L’artiste se mit à l'œuvre sur-le-champ et commença un

1 « Le pareti... son pure ornnte con altri arazzi délia stessa maniera (que les Schcr^i di putti) e di disegno di Raffaello, con belle figure in vago campo di paese, allusive allô stemma mediceo; ma questi tre pezzi di fino arazzo restano tessuli di stilcassai più ristretto, e minuto di quoi de’pultini inmezzo a fesioni, tutti pero di setae d’oro.» — Descriÿone dcl Pala^jo Vaticano, p. 276. s Ikid-> P- »77- » Loc. cil.

1 Passavant, Kapliael, t. II, p. 186.

6 Burty, Chefs-d'œuvre des Arts industriels, p. 574. — Charles Blanc, Catalogue de la collection d’Albe, préface, p. a5.

6 « 1542, novembre.— Scudi sette papali a Gio. BattistaOlgiatto per la tela che ha data per lo cartone che fa M. Pierino pittor’ délia spallicra, che va sotto la pittura di M. Michel Angelo in la capella di Sisto. » — Zahn, Notifie artisticlie tratte dall’ Archivio segreto Vaticano, p. 25. — On voitquele carton de Perino était en réalité une peinture sur toile. Un fait analogue a été observé à Ferrare par M. Campori : Arajjeria estense, p. 61.

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