DANEMARK
Le Danemark s’associa, dès le xvi” siècle, aux efforts tentés sur un si grand nombre de points . Le 5 janvier 1 578, le roi Frédéric II prit à son service le tapissier Hans Knieper, d’Anvers, et lui confia l’exécution des tentures destinées au château de Kronenborg, alors en construction'. D’abord installée à Elseneur, la fabrique fut transférée plus tard à Slansgerup. On attribue à Knieper l’exécution des deux belles tapisseries, représentant les rois de Danemark Eric et Abel, et couvertes d’inscriptions en langue danoise. D’après des indications dues 'au musée de Copenhague, d’où elles proviennent, ces pièces ont été exécutées en Danemark en 1 585- 1 586; le B précédé d’une couronne, que l’on y remarque, fait songer à la marque de fabrique de Bruxelles *.
En 1604, Johannes de Wyck établit a Copenhague, près de l’église du Saint-Esprit, une fabrique qui semble avoir pris un grand développement; c’est elle probablement qui occupait les vingt-six tapissiers venus des Flandres vers cette époque. Par contre l’appel adressé en 1614 par Christian IV (1588-1648) au célèbre François Spierinck ne produisit pas l’effet désiré. Spierinck retourna presque immédiatement dans sa patrie8. La même année, le roi acquit du tapissier anversois Adam Boseler pour 29,3 1 3 thalers de tentures. Il fit également, en 1616, des achats considérables à Carel van Mander de Delft *.
Sous Christian V (1670-1699) enfin prit naissance la célèbre manufacture de Kioge. Cet établissement, placé sous la direction des frères Van Eyck (1684-1698), originaires des Pays-Bas, acquit bientôt assez d’importance pour pouvoir envoyer ses productions au dehors1 * * * 5 *. Douze des tentures tissées sur ses métiers ornent aujourd’hui le château de Rosenborg, à Copenhague ; elles représentent, d’après les cartons de Pierre Andersen, les événements marquants de la Guerre de Scanie , à savoir la Conquête de Wismar, la Prise de la citadelle de Landskrone, la Victoire de Niels Juel sur la rade de Kolberg, la Conquête de Marsbrand, la Descente près de Raa, la Bataille livrée près de nie d’Oland, la Conquête d’Helsingborg, la Conquête de Christiansstad, la Descente dans ïîle de Rj'gen, la Conquête de Damgarten, la Bataille de Kioge et la Conquête de Landskrone. Les bordures sont ornées d écussons guerriers; elles contiennent dans la partie inférieure une inscription explicative en allemand \
La Suède ne semble pas avoir possédé d’ateliers de haute ou de basse-lisse. L’unique renseignement que nous ayons réussi à nous procurer sur l’histoire de la tapisserie dans ce pays nous a été fourni par M. Van de Graft : en 1620-1621 François Spierinck et son fils Pierre livrèrent au roi une suite, qui ne comprenait pas moins de trente six pièces 7.
1 Van de Graft, de Tapijt fabrieken, p. 94.
s Wauters, l’Art ancien à l’Exposition nationale belge, p. 215.
5 Van de Graft, loc. cit.
* Van de Graft, p. g6.
5 D'aPrès les renseignements que m’a communiqués M. le docteur
Brock, inspecteur du musée de Rosenborg, Berend van der Eichen recevait
Iï5 écus de traitement par trimestre. Pendant quelque temps on dépensa de
3 à 4,000 écus par an pour la fabrique. Il y avait autrefois à Rosenberg trois pièces de l'Histoire d’Alexandre le Grand exécutées par van der Eichen, mais elles n’existent plus. Par contre ce château possède encore une Crucifixion (d’après Rubens?), exécutée par le même artiste en 1691.
6 Brock, Musée chronologique des rois de Danemark au château de Rosenberg. Copenhague, 1879, p. 61.
7 De Tapijt fabrieken, pp. g6, 97.