‹ Histoire générale de la tapisserie (volume 2)Chapitre 8 sur 59 · La Punition et la récompense. 6 aunes · texte numérisé non relu

La Punition et la récompense. 6 aunes

Les tapisseries originales paraissent avoir appartenu aux Gonzague de Guastella. En effet, lors du mariage d’une princesse d cette maison avec le duc Ferdinand-Charles de Mantoue (26 décembre 1670), le père de la fiancée lui donna huit tentures estimées chacune 1,000 doublons, et dont trois, d’après la description contenue dans le contrat de mariage, représentaient des sujets identiques à ceux des cartons n“ 261, 2C2, 263 du Louvre3. Une pièce de cette suite, ornée des armoiries de Ferrante de Gonzague (1507-1557), comte de Guastella, se trouve aujourd’hui chez M. Moreau; elle a figuré en 1864 à l’Exposition de l’Union centrale11.

D’après Félibien, dont les assertions sont pour la majeure partie corroborées par un inventaire du Garde-Meuble dressé vers 1660 et analysé par M. Reiset, Jules Romain aurait également fourni les cartons des tentures suivantes : l'Histoire de Lucrèce (5 pièces contenant 21 aunes de cours sur 3 aunes 1/4 de haut), les Triomphes de Bacchus (7 pièces mesurant 21 aunes), l'Histoire d'Orphée (8 pièces de 28 aunes de cours sur 3 aunes de haut)*, les Grotesques (10 pièces de 43 aunes de o

1/2 de haut)', les Dou^e Mois (12 pièces de i5 aunes de cours sur 3 aunes 1/8 de haut)3, V Enlèvement des Sabines (5 pièces de 28 aunes)3, le Triomphe de Vénus, ou le Triomphe de l'Amour (3 pièces de i5 aunes de cours, sur 4 aunes 1/2 de haut)*.

Le marquis G. Campori de son côté attribue à Jules Romain le dessin de quatre arazzi tissés d’or et représentant les Combats des Titans et des Dieux. Ceue suite faisait partie, au dix-septième siècle encore, des collections des ducs de Ferrare5.

Un autre savant italien, M. Cittadella, cite un certain nombre de gravures reproduisant, d’après lui, des cartons de tapisserie

exécutés par Jules Romain. Ces gravures représentent : un Chirurgien mettant des ventouses à une femme, — trois Batailles,

le Repos pendant la Fuite en Egypte, — la Louve allaitant Romulus et Rémus, — Jupiter, Neptune et Pluton se partageant l'Empire du Monde. Il est regrettable que le docte bibliothécaire de Ferrare n’ait pas indiqué avec plus de précision la source de ces renseignements”. La Louve dont il parle pourrait bien se rattacher à l 'Histoire de Rémus et de Romulus dont une suite appartenait à François I"7, et une autre suite à Hippolyte d’Este, cardinal de Ferrare et archevêque de Milan. Ce second exemplaire, d’une conservation merveilleuse, est aujourd’hui la propriété de M. Léon Gauchez. Quatre des huit pièces dont il se compose ont figuré en 1876 à l’Exposition de l’Union centrale. Nous en avons donné à cette occasion une description détaillée (pages 214-217 du catalogue) à laquelle nous renvoyons le lecteur.

Mentionnons enfin l' Histoire de Jules César, qui est attribuée à Jules Romain par le catalogue des tapisseries de la reine Christine (collection L. Odescalchi)*. Les tentures appartenant à l’ancienne souveraine de la Suède provenaient en partie du sac de Mantoue. L'attribution que nous venons de rapporter n’a donc rien d’invraisemblable.

L’Ecole de Jules Romain à son tour a fourni les cartons de quelques suites inte'ressantes , parmi lesquelles il faut surtout mentionner la superbe Histoire de Moïse , qui fut donnée à la cathédrale de Milan par le marquis Guillaume de Mantoue, entre i55o et 1573, et qui existe aujourd’hui encore". Des juges autorisés reconnaissent dans ces tapisseries la manière de Rinaldo Mantovano, le disciple favori du maître romain.

Mieux partagé que Raphaël, Jules Romain eut la satisfaction de voir traduire sur le métier en Italie même, un certain nombre de ses cartons. La manufacture de Ferrare venait précisément d’être réorganisée par Hercule II, qui monta sur le trône en 1534, et c’est, selon toute vraisemblance, aux compositions de notre maître que profitèrent ses premiers efforts. Mais il n’en fut pas le seul et unique fournisseur. D’autres artistes, sur le rôle desquels nous possédons des renseignements plus sûrs, lui succédèrent dans la faveur du duc. Un des principaux d’entre eux fut un Vénitien, le Pordenone. Vers i538, Hercule II le fit venir à Ferrare et le chargea d'exécuter des cartons représentant des Scènes de T Odyssée. Pordenone se mit à l’œuvre sur-lechamp, mais il mourut avant d’avoir achevé son travail, et ses cartons demeurèrent sans emploi10. Ridolfi, dont l’ouvrage parut en 1648, les vit encore à Venise; il les décrit longuement et en célèbre la beauté".

On sait quel rôle prépondérant Dosso Dossi et son frère Jean-Baptiste ont joué à la cour de Ferrare. Le second de ces peintres, Jean-Baptiste, connu surtout comme paysagiste, exécuta, de 1 535 à 1547, pour la fabrique ducale, une quantité considérable de cartons. Citons parmi eus le Panasse, Apollon et Minerve, les Métamorphoses, des Berceaux de verdure, V Histoire d‘ Hercule, etc. La mort empêcha Jean-Baptiste Dossi de terminer cette dernière suite qui fut continuée par Guglielmo Boides et Camillo Filippi.

Plus tard on trouye au service d’Hercule II les peintres Girolamo da Carpi, Jacopo d’Argenta, Leonardo da Brescia. Ces maîtres fournirent le dessin de suites nombreuses, dont voici les plus intéressantes : les Aigles blancs, les Chenaux, les Cités, des Grotesgues, des Paysages, etc., etc. Il faut encore signaler la part prise aux travaux de 1’ « araszeria estense » par le Flamand Luca Cornelio, ou Luca d’Olanda (Lucas Engelbrecht ? ) On lui doit à la fols des paysages et des compositions ornementales

1 MM. Darcel et Guichard ont reproduit, sous le titre d 'Arabesques, deux des pièces de cette suite (mars et mai). Le savant directeur des Gobelins considère ces tentures comme postérieures à Jules Romain. (Tapisseries décoratives du Garde-Meuble, 3» livraison;.

8 Cette suite, qui est connue sous le titre de Mois Lucas, est très-certainement exécutée d’après des cartons flamands, non italiens.

p.u,-rv.i, ,. m u. “m„" Z 7Zl‘ Zj'fZ (SS!

recueil (ne paraissent avoir jamais été traduits en tapisserie.

* Entretiens, éd. de 1725, t. II, p. 190.

» Arafferia estense, p 55. Cette suite, commandée par le duc de Ferrare, tut exposée en 15+3 lors de la visite du pape Paul III. Un inventaire du dixseptième siècle en attribue le dessin à Raphaël.

0 Notifie relative a Ferrara, p. 602.

' i537. « A Melchior Baldi, facteur de MarcCretif, pour 2 i4aulnes, ungquart

imyc dt

isene que

■c de Remus

et Romulus, des espalliers de la Création du moud

Seigneur a luy mesmes achactées, ou pris de 35 cscu^uüeTyTosTscuset -UneTtr d'eSCU “'j,*w(Ubürfe’ ^naissance des Arts, add. au t. I, p. ÿj,.) . possesso » d’Alexandre VII : , per le strade délia V™rf, nra^Cesarin^do^ VedeV“ tUtt° WW»*™* bellissimT,

de- ^^^X^'-Hom010 e Remo, (Cance.lieri, Slor/a

di Giu'lio >Wia

palmi in circa di passetto romano di muro 20; largo palmi 35, rappre-

te di Giulio Cesare nel s<

con fregio di figure, putti, or

rappresentante Giulio Cesare, che sforza la porta dell'Ern

sopra.

- No II

o alto :

Cesare, che sta in dolente per la sua

rappresentante la moglie di Pompeo, che dolente sopra una nav .

Ja un capitano délia sua afllizione; con fregio, corne sopra. - N« IV.

ipra, circa 20, largo 3a, rappresentante Giulio ■mare à cavallo per partire, lasciando una donna ^ a quale anch' essa deve partire per mare, aspet-

sopra, circa 20, largo 22 t/i, rappresentante Giulio Cesare à cavallo, ché sente e rag'uni d un priggioniere portato avanti legato con fune; con fregio simile.

VI. Arazzoalto palmi, corne sopra, circa 20, largo 2g,rappresantante la morte 1 Pompeo Magno nella nave per inano de’ satelliti d' ordinedi Tolomco rc d’Egitto, ove è anche in lontananza la veduta délia testa del sudetto ornpeo, presentata a Giulio Cesare; con fregio simile. — N» VU. Arazzo tor” comesoPra> circa 20, largo 32, rappresentante il sagrifizio di un

diverse do° ^ U"' UOn?° vcnerill)do ad un simolacro, portato in spalla da

“n fr°Sio simile- ~ N“ VIII. Arazzo akoVCpl'lmi7 œm^so^râ,0 argo 3t 1/1, rappresentante il ritorno di Giulio Cesare dalle Gallie, che pa sa con 1 esercito il fiume Rubicone, fuori del quale apparisce una Ninfa, con regio simile. ■ L’inventaire de 1689, au contraire, attribue le dessin de cette suite à Salviati.

’ Photographiée par M. Rossi de Milan. Nos t

10 Gajette des Beaux-At

• 1867, t. XXIII, p. 463, article du marquis

11 Le Maraviglie deW arte, i’o édit., ^ p|

TAPISSERIES ITALIENNES

Benvenuto Tisi, surnommé le Garofalo, une des gloires les plus pures de l’école ferraraise, travailla egalement pour la manufacture de tapisseries établie dans sa ville natale. C’est lui qui composa l 'Histoire de saint Georges et de saint Maurelius, conservée aujourd’hui encore dans la cathédrale de Ferrare.

Voilà donc une école nombreuse, brillante (quoi qu’en ait dit Rio dans sa longue diatribe contre la maison dEste), qui consacre une partie de ses efforts au développement de la tapisserie. Bien peu de spécimens de son activité sont parvenus jusqu’à nous. Mais nous en connaissons un nombre suffisant pour affirmer que le groupe ferrarais s’attache plutôt au côté pittoresque qu’au côté héroïque. Il se distingue en outre par ses aspirations païennes. Dans la longue liste des sujets traités par ses principaux représentants, on aurait de la peine à trouver une scène des Écritures.

La maison d Este, plus ambitieuse, plus patriotique à cet égard que Léon X, voulut que les compositions des peintres attachés à son service fussent tissées en Italie même, dans la ville où elles avaient pris naissance. L ancien atelier ferrarais, quoique son fonctionnement eût été interrompu à diverses reprises, conservait un reste de son organisation primitive. Hercule II le réforma, le dota avec la plus grande libéralité, et lui donna pour directeurs les trois tapissiers les plus éminents dont s’enorgueillisse la Renaissance italienne. C étaient, est-il nécessaire de l’ajouter, trois Flamands : Jean et Nicolas Karcher et Jean Rost. Pendant une trentaine d années, les métiers de haute-lisse ferrarais ne chômèrent pas un instant. On trouvera dans la seconde partie de cette étude la liste des maîtres attachés à l'établissement ainsi que celle des tentures qui en sont sorties.

La manufacture des ducs d’Este était encore en pleine prospérité lorsque Cosme de Médicis fonda dans sa capitale des ateliers qui ne devaient pas tarder à éclipser ceux de Ferrare. La libéralité du prince, le concours de peintres distingués et de tapissiers d’une habileté consommée, favorisèrent l’essor du nouvel établissement, dont l’existence se prolongea pendant près de deux siècles. Le malheur de la fabrique florentine fut de naître alors que le génie de la Renaissance commençait à baisser, et de précéder de peu d’années seulement l’invasion, le triomphe du mauvais goût. Dans les premiers temps, elle profita encore du secours du Bronzino et du Pontormo. C’étaient des maîtres [élevés dans les traditions du grand art, et qui, s’ils n'égalaient plus les immortels fondateurs des écoles florentine et romaine, les rappelaient du moins. Il en était de même de Salviati (qui eût dit que le fils du pauvre tisserand serait appelé un jour à fournir les modèles des plus riches tapisseries!) et du Bachiacca. Mais quand vint le tour d’Alessandro Allori, le neveu du Bronzino, et des Flamands Jean délia Strada et Frédéric Sustris, l’impuissance générale éclata au grand jour. Si, dans quelques tentures, les imperfections sont moins choquantes, comme dans Y Histoire des Médicis, par le Stradan, cette supériorité relative tient uniquement au choix des sujets : en représentant l’entrée triomphale de Cosme I" à Rome, son couronnement, etc., etc., la richesse des costumes cachait les fautes de goût, et l’artiste produisait, malgré lui, un effet décoratif. Une production vraiment fébrile hâta les progrès du mal. Rien n'était plus propre à déprécier l’art pour lequel les Italiens du quinzième siècle avaient professé une admiration si vive et si profonde.

Mais reportons-nous pour un instant aux débuts de la manufacture florentine, alors que Jean Rost et Nicolas Karcher furent chargés, le 20 octobre 1546, d’installer sur les bords de l'Arno vingt-quatre métiers de haute-lisse et qu’ils commencèrent le tissage de cette superbe Histoire de Joseph, dont le Bronzino, Jacopo da Pontormo, Raffaello del Borgo et Salviati avaient composé les cartons. A la même époque, Salviati esquissait également V Histoire de Lucrèce , tandis que le Bachiacca fournissait le dessin de ces délicieuses tentures des Dou\e Mois que l’on admire aujourd’hui encore dans la galerie des Offices, et dont nous avons publié un fragment dans notre dernière livraison. Jamais création n’eut lieu sous de meilleurs auspices.

Parmi les tapissiers attachés à la manufacture florentine, comme parmi ceux de la manufacture de Ferrare les Flamands formaient la majorité. Par contre, les Médicis se distinguent de la famille d’Este par la prépondérance accordée à l’élément religieux. Rarement on a vu exécuter en tapisserie un aussi grand nombre de sujets tirés de l’Ancien ou du Nouveau Testament. C’est dire que l’on ne tint pas grand compte à Florence des convenances décoratives.

On trouvera ci-contre la gravure de deux esquisses pour tapisseries exécutées par Francesco Salviati, et tirées de la collection des Offices'.

Moins bien partagés que les peintres de Ferrare et de Florence, les peintres vénitiens n’eurent que rarement l'occasion de concourir aux progrès de la tapisserie, comme ils avaient concouru à ceux d’un autre art décoratif, la mosaïque. Nulle école cependant n’aurait pu exercer une influence plus salutaire, ni réagir plus utilement contre les excès de Jules Romain et de ses imitateurs. Par sa science du coloris, par son

entente des effets décoratifs, par sa prédilection pour l'éclat des costumes, elle sembla, t appelée à enrichir l'histoire de la tapisserie de nombreux chefs-d'œuvre. Quels magnifiques cartons n'aura, eut pas composés les peintres du palais des Doges! Nul doute que si l’industrie de la haute-lisse eût été auss, florissante à Venise

et dans le nord de l’Italie qu'à la cour des ducs d’Este et des Médicis, l’auteur de tant de merveilles, Paul Véronèse, n’eût souvent pris plaisir à lui fournir des modèles ! Le Sénat vénitien , s’il ne favorisa pas le développement de 1’ « arazzeria » , parut du moins comprendre combien Véronèse était propre à ce genre

de compositions : il lui commanda le carton de deux tentures représentant, l'une le départ de deux cents galères pour la croisade dirigée par Godefroy de Bouillon, l'autre la condamnation prononcée par le doge

TAPISSERIES ITALIENNES

Antoine Venier contre son propre fils. A la fin du seizième ou au commencement du dix-septième siècle, ces deux cartons existaient encore dans la casa Caliari1.

Fac-similé d'une esquisse de Carlelto Caliar

D’après M. Urbani de Gheltof, le Titien aurait fourni le dessin des Quatre Vertus théologales , tissées en 1 562 par le Flamand Lazzaro Canaam pour le compte du sénateur Carlo Zanes. Le même auteur, d’accord sur ce point avec Moschini 5, attribue à l’illustre artiste vénitien le dessin de la Descente du Saint-Esprit, dont nous avons publié une gravure dans notre première livraison*. Mais nous croyons que cette tenture est plutôt l’œuvre d’un des Muranistes. Sur la part que le Titien aurait eue à l’exécution des Combats de Charles-Quint sous Parie, nous ne possédons que les affirmations intéressées de la Succincte Description des tapisseries de la maison Delfino à Denise. Il y est dit que le dessin des sujets mêmes est dû au Titien et celui des bordures à Jules Romain5. Mais le fait est loin d’être prouvé.

Nous avons parlé plus haut des Scènes de l'Odyssée exécutées par le Pordenone 'pour la fabrique de Ferrare. Si nous joignons à son nom ceux de Batista d’Angelo del Moro et de Domenico Tintoretto, nous aurons à peu près épuisé la liste de ceux des peintres vénitiens qui ont composé au seizième siècle des cartons de tapisserie. Temanza attribue â Batista d’Angelo le dessin de l 'Histoire de saint Marc dont nous avons reproduit deux pièces; il ajoute que l’artiste était placé pour ce travail sous la direction de Jacopo Sansovino. M. Urbani de Gheltof au contraire croit que Sansovino a lui-même composé les cartons. Quant à Domenico Tintoretto, on lui doit le dessin de Y Histoire de saint Laurent Giustiniano, tissée en i5g6 à Venise par Girolamo da Bassi.

Parmi les autres écoles italiennes qui ont fourni des cartons de tapisserie, il faut encore citer celles de Milan et de Gênes. Deux juges autorisés, le marquis G. d’Adda et M. Mongeri, attribuent à un des coryphées du groupe milanais, Bartolomeo Suardi, surnommé le Bramantino, le dessin des tentures de la Casa Trivulzio, dont plusieurs pièces sont reproduites dans notre ouvrage. Ces tentures, exécutées à Vigevano, représentent les dou\e Mois.

‘ « (Il signor Giuseppe Caliari, nipote et unico herede di quella famiglia) les plus mémorables de l’Empereur Charles V contre François I”, Roi de

conserva di più due lunghe tele, che Paolo dipinse per ordinc del Senato, che France, sous la ville de Pavie. Cette histoire est décrite en sept pièces de

rando di religione fatto dalla Republica allhora che’l pio Buglione movcndo grandeur naturelle, autour desquelles est une bordure qui représente dans

Parmi per ritorre il S. Sepolcro dalle mani degl’ Infcdeli (per lo cui fine s'cran le haut et des côtés ( sic ) des fruits, des fleurs, des oiseaux, et d’autres espèces

eremita, ch’ivi stà dinanzi al doge Vital Michèle) spcdi per quell’ impresa 200 nieusement (sic) unis entre eux. Cette histoire est du dessin de Titien, et la

legni sotto la direttione d’Henrico Contarini, vescovodi Castello, edi Michèle bordure de Jule Romain, tous deux très-célèbres peintres. La tissure est

figlio del principe, soccorrendo d'abondevoli vettovaglie l’esercito christiano; ove si veggono in marc l’allestitegalere. Nell’altroè figurato l’atto di giustitia esercitato dal principe Antonio Veniero nella persona del propio figliuolo, condannandolo a perpétua carcere, e di lontano vien condotto aile prigioni. »

d’ouvriers damans des plus fameux dans ce genre de travail. Ce fut Charles V qui fit faire ces tapisseries, et qui en fit un don au marquis de Pescara, l’un des premiers capitaines de son armée, comme un témoignage de sa valeur. Si ce présent lui fut cher, il ne le fut pas moins à ses successeurs, qui en eurent

(dal Pozzo, le Vile degli scultori et arcliiletti Veronesi; Vérone, 1718, p. 109.) Voir aussi, p. 107, la description de « spaliere > également peintes par Véronèse

un soin particulier, le faisant passer, avec jalousie, de l’un à l’autre, en le recommandant comme un gage précieux et à titre de fidéicommis, en vertu

s « Le superbe ouvrage, dont on fait ici la description, représente les faits M. Gcntili fut chargé en i852 de les restaurer.

A Gênes, un des meilleurs élèves de Perino del Vaga, Lazare Calvi, exécuta, en i56o, des cartons de tapisserie qui furent tissés dans la ville même par maître Denis, de Bruxelles. Calvi ne fit en cela que suivre l’exemple donné par son maître dans ses compositions de l’Histoire de Didon (voir p. 3i). Un autre Génois, Lucas Cambiaso, paraît également avoir fourni des modèles aux tapissiers.

Il est probable que les autres ateliers italiens du seizième siècle (Urbin, Bologne, Modène, Correggio, Mantoue, etc.) se servirent, comme ceux de Florence, de Ferrare, de Venise, de Vigevano, de Gènes, de cartons composés par des peintres de la localité.

Nous ne saurions nous séparer de la pléiade des maîtres illustres qui ont mis leur pinceau au service de la tapisserie, sans accorder une mention à l’anonyme auquel on doit l’ Histoire de Vulcain , tissée à Bruxelles d’abord, puis à Mortlake, et exposée en 1876 au Palais de l’Industrie (n°‘ 228-229, 298-302 du catalogue). L’art italien du seizième siècle n’a rien produit de plus admirable, et pour le coup, il est bien permis d’affirmer que la tapisserie vient combler les lacunes de l’histoire de la peinture. N’étaient les tentures de Bruxelles et de Mortlake, on ne connaîtrait même plus la manière représentée avec tant d’éclat par le maître qui a fourni les cartons de l'Histoire de Vulcain.

DIX-SEPTIÈME ET LE DIX-HUITIÈME SIÈCLE. — DISPARITION DES ATELIERS PRIVÉS. — LES MANUFACTURES DE ROME, DE FLORENCE, DE TURIN ET DE NAPLES. — DÉCADENCE DE LA TAPISSERIE ITALIENNE.

En Italie, la période vraiment brillante, vraiment créatrice, de l'histoire de la tapisserie finit avec la Renaissance. A partir du dix-septième siècle, sauf quelques tentatives isolées faites à Venise et peut-être aussi à Gênes, nous ne trouvons plus que des manufactures royales, d’ailleurs en petit nombre. L'esprit d'initiative, l'esprit d'individualité, qui prête tant d'attraits aux ateliers anciens, a fait place à la centralisation. Désormais, pour qu’une entreprise ait quelques chances de réussir, il lui faut le concours d'un souverain. L’intérêt que le public portait à cet art, dont la technique lui paraissait autrefois tenir de la magie, a singulièrement diminué aussi. Les municipalités ne sont plus jalouses d’orner le palais communal de splendides tentures revêtues de leurs armes, de leurs devises; les populations regardent avec indifférence les pièces exposées à l'occasion des fêtes, des processions. Cet usage d'ailleurs devait durer longtemps encore ; lors du « possesso • d'Alexandre VII, en i655, lors de celui de Clément IX, en 1667, on remarquait, entre autres suites de grand prix tendues dans les rues de Rome, Wistoire î Abraham, appartenant au duc de Parme'. Il y eut des aratti au « possesso » de Pie VII, en ,80, •, et sans doute aussi à celui de Pie IX. En 1870 encore, à la Fête-Dieu, la place de Saint-Pierre était ornée d'innombrables tentures de haute ou de basse lisse tirées du garde-meuble pontifical’. Mais ces expositions ne répondaient plus à un besoin réel de la foule; la tapisserie avait cessé d’être un art populaire, elle était devenue une industrie de luxe destinée à flatter l'orgueil, ou à satisfaire le caprice de quelques privilégiés.

On le voit bien par la correspondance du cardinal Borghèse avec le nonce Bentivoglio : ce que recherche le neveu de Paul V, c'est quelque pièce rare; peu lui importe le sujet. Aux tentures qu'il possède déjà, il voudrait joindre quelque autre qui fat toutefois une oeuvre s’éloignant absolument de l’ordinaire, - ce son. ses propres paroles II attache le principal prix au dessin qui, s’il ne venait pas dune main excellente, ne serait

point pour le satisfaire; il voudrait en outre cm’à cette rwfW-i-;™ , . , ...

c . , 4 cette Pertection correspondissent le soin du travail et la

nnesse de la matière, etc., etc. .

Ce fat pendant le règne du même pape que l'on s’occupa d’épurer l'admirable collection réunie au

1 Cancellieri, Sloria de' solemi possessi, pp. 263, 282. * Cancellieri, om>. cité, p. 495.

“ L’habitude de faire figuri disparut pas non plus complété 1769, on exposa les quatre Elémet,

dans les cérémonies privées ne du baptême d'un Bentivoglio, en -lère d°nnés par Louis XIV au mal Cornelio Bentivoglio (Memoria di solenne funqione ne/ palajjo Benti-

vog lo in Ferrara l'u Maggio 1769 edescrijione di quattro arazzi didisegno del célébré pittore Carlo le Brun; Raccolta Fcrrarese, n" 3. Ferrare, 1869, pp. 17 et ss.). Mais que nous voilà loin du temps où de simples citoyens de Ferrare décoraient leurs maisons de tapisseries à l’occasion d’un banquet, ou une fête intime! (Voir ci-dessus, page 9.)

* Lettre du 4 février 1617, analysée par M. A. Baschet dans la Gazette des Beaux-Arts, 1862, t. XII, p. 34.

TAPISSERIES ITALIENNES

Vatican; il suffisait, pour faire réformer une pièce, qu’elle fût ancienne ou mal conservée1. Que de suites précieuses ont dû disparaître à cette époque !

A ces causes de décadence vinrent s’en ajouter d'autres, d’un caractère moins général. On renonça le plus souvent à se servir de cartons spécialement composés en vue de la tapisserie. N’était-il pas plus simple de faire traduire sur le métier des tableaux célèbres ! Ou bien encore on commandait des répliques de suites anciennes. En même temps le cercle des représentations se rétrécissait singulièrement. Aux scènes mythologiques ou historiques, aux batailles,' aux triomphes, aux fêtes succédèrent des motifs religieux. La tapisserie, art essentiellement profane, a besoin pour prospérer, pour déployer toutes ses ressources, de sujets comportant 1 éclat, la pompe ; il faut qu’elle puisse représenter des costumes brillants, des meubles ou des ornements somptueux, de riches palais. Lui demander de reproduire la Crucifixion , par exemple, ou la Mise au tombeau , c était prendre plaisir à faire ressortir son infériorité vis-à-vis de la fresque ou de la peinture à l’huile.

Une seule manufacture nouvelle voit le jour au dix-septième siècle, abstraction faite de quelques tentatives isolées et secondaires : celle de Rome, fondée par le pape Urbain VIII, ou plutôt par son tout-puissant neveu le cardinal François Barberini. On trouvera, dans la seconde partie de cette étude, des renseignements étendus sur cet établissement, dont l’existence a été révélée par les documents publiés dans la Chronique des Arts du i5 juillet 1876. Il nous suffira de dire ici que la manufacture romaine vécut un demi-siècle environ. Les Scènes de la vie du Christ et 1 Histoire d Urbain VIII sont encore là pour témoigner de son activité. Un peintre célèbre, Romanelli, fut chargé de lui fournir des cartons.

Quant a la manufacture de Florence, elle poursuit le cours de ses travaux et arrive même, vers le milieu du siècle, à une certaine prospérité matérielle. Mais au point de vue de l’art, hélas, sa situation était loin d être brillante. C était le foyer par excellence du mauvais goût. Par une contradiction bizarre, au moment même ou Colbert réagissait chez nous contre la décadence générale et où il créait les Gobelins, cette école de fortes et hautes etudes, il fit appel à l’artiste dont le nom était attaché aux plus tristes produits de la manufacture florentine, à Pierre Fèvre.

Au dix-huitième siècle, la fabrication italienne se relève. Si la manufacture des Médicis disparaît définitivement en 1737, en revanche on crée des établissements importants à Rome (1710), à Turin (1737), à Naples (r737)- A Venise aussi on constate quelques efforts intéressants. A cette activité nouvelle correspond une amelioration sensible dans le style des tapisseries. On revient à un sentiment plus juste des principes décoratifs. Les Quatre Parties du Monde , une des dernières productions de 1’ « arazzeria » florentine, peuvent se comparer aux tentures françaises contemporaines, sinon pour la science du modelé, du moins pour l’heureuse disposition des figures et la richesse de l’ornementation. Les Gobelins, tel était dès lors l’idéal des tapissiers italiens. La masse prodigieuse de ces précieux tissus que Louis XIV et Louis XV offrirent aux souverains de la Péninsule exerça une influence qu’on ne saurait méconnaître ; on les imitait, on les copiait en tous endroits.

Enorgueillis par quelques succès passagers, les Italiens du dix-huitième siècle traitèrent sans ménagement les tapisseries des époques antérieures, et surtout, à ce qu’il semble, celles de la Renaissance. Les suites les plus précieuses furent reléguées dans des greniers, où les vers et la poussière eurent bien vite raison d’elles. D’autres servirent de tapis de pied. A Milan, on se montra plus barbare encore. D’après le poëme il Giorno , de Giuseppe Parini, poëme dont M. le marquis d’Adda a bien voulu nous signaler un passage, l’aristocratie de cette ville s'amusait dans les longues soirées d'hiver à défaire, à effiler des tentures historiées du plus grand prix. Parini, parlant des mœurs des « cavalieri serventi » de son temps, c’est-à-dire de la fin du dix-huitième ou du commencement du dix-neuvième siècle, s’exprime ainsi :

. or mira unaltro,

Di cui piü diligente e piü costante Non fù mai damigella o a tesser nodi,

O d’aurei drappi a separar lo stame.

A lui turgide ancora ambo le tasche Son d’ascose materie : eran già queste Prezioso tappeto, in cui, distinti D’oro e di lucide lane, i casi apparvero D’Ilio infelice : c il cavalier, scdendo Nel gabinetto délia dama, ormai

l'Autonte {sic) venduto a Gio: Battista Gnili per ordinedi monsp tesoriére al libro del ricevuto a carie 29.) — Arazzo uno figurato con huomini à cavallo, et elefanti, vccchio (Il contrascritto panno figurato venduto a Gio :

(Archives d’Etat de Rome. Inventario di tulte le robbe délia Floreria di Nro

d’aprile 1G12, per tutto l’ultimo di luglio 1620, fol. 5.). — D'autres ventes eurent lieu en 1661, 1678, 1679, etc. etc., (Pezzi due d’arazzi, con VIsloria di Paris, etc., etc.). Il suffisait qu’une pièce fût « vecchia e rotta 1, pour qu'on la sacrifiât impitoyablement.

Parlerons-nous des vicissitudes de la tapisserie Italienne au dix-neuvième siècle! Il n'y aurait pas grand intérêt à retracer les différentes phases d'une décadence désormais arrivée à son dernier -période. Les efforts tentés, en Italie comme ailleurs, pour la réforme du goût, aboutiront-ils! La manufacture romaine, seule héritière des glorieux ateliers italiens du quinzième et du seizième siècle, reviendra-t-elle aux traditions de la Renaissance? Nous le souhaitons, sans trop oser l’espérer.

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