tome IV, Note II. * Ruffi> Dissertation, p. 6 & seq
^ Hardouin, Collect. Conciliorum, t. 6, p. 602. ° Ibid.
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de Provence; mais cet auteur se fonde uniquement sur la supposition que le roi Hugues, dans la cession qu'il fit du royaume de Provence à Rodolphe II, roi de Bourgogne, se réserva jusqu'à sa mort la souveraineté sur la Provence proprement dite, ou comté de Provence, ce qui est absolument faux. Tout ce qui paroît de plusvraisemblable, c'est que Hugues, après avoir été duc ou comte de Provence du vivant de Louis l'Aveugle, 8c s'être emparé de l'autorité depuis sa mort, donna à son avènement à la couronne d'Italie, en 926, le comté ou gouvernement de Provence à Boson I, qui probablement étoit le même que Boson, frère de Raoul, roi de France; qu'il lui donna ensuite Berthe, sa nièce, en mariage, 5c qu'après avoir cédé en 980 tout le royaume de Provence à Rodolphe, roi de Bourgogne, ce dernier confirma le même Boson dans ce comté ou gouvernement ; 5t qu'enfin celui-ci étant décédé sans postérité, Conrad le Pacique, fils de Rodolphe II, donna à Boson II le comté de Provence. Du reste, soit que Boson II tînt cette dignité des rois de Bourgogne à titre bénéficiaire^ ou non, il est certain que le comté de Provence devint héréditaire dans sa famille 8c que ses descendans ' en jouirent de la même manière que les grands vassaux du royaume possédoient leurs fiefs, c'est-à-dire avec une autorité presque absolue , en reconnoissant cependant la suzeraineté des rois de Bourgogne, 8c ensuite des empereurs d'Allemagne, leurs successeurs. En effet, les fils de Boson II partagèrent le domaine de ce comté , qui s'étendoit entre l'Isère, les Alpes, la mer 8c le Rhône, 8c le transmirent à leur postérité. Comme les comtes de Toulouse héritèrent dans la suite de la moitié du même comté parle mariage Éd. origin. de Guillaume Taillefer avec Emme, petite-fille de Boson II, nous avons cru
t. Il, p. 82. ,. , . . . . A • • 1 •
quil n'étoit pas inutile de faire connoître l'origine de ce dernier 8c de ses droits sur la Provence^.
XLIX. — Donation d'Arnaud^ comte de Carcassonne^ en faveur de Vabhaye de Montolieu. — AméliuSj vicomte de Carcassonne.
Nous avons remarqué ailleurs que Raimond premier du nom, comte de Rouergue 8c marquis de Gothie,avoit un frère nommé Hugues qui prenoit le titre de comte. Il en est fait mention, ce semble, dans la donation ^qu'Arnaud, comte de Carcassonne, Arsinde, sa femme 8c leurs fils Roger 8c Odon firent à l'abbaye de Montolieu, 8c à Tresmire,qui en étoit abbé, de l'alleu de Saintej^n , Eulalie, situé dans le diocèse de Carcassonne 8c le territoire d'Alzonne, par un acte daté du mois d'avril la trei':(ième année du règne de Louis d'Outre-mer, ou
' Voyez tome IV, "Note XIV. core trop jeune, ce fut son frère Rotbold qui lui
" Boson II, fils de Rotbold, fut comte de Pro- succéda 8c exerça les fonctions de comte d'Arles ou
vence de 948 à 968 environ. Il eut deux fils. Guil- de Provence jusqu'à ce que son neveu fût en âge de
laume premier du nom, l'aîné, comte de 968 à 992, gouverner. — Voyez sur ces comtes les chartes du
épousa : 1° Arsinde, z° Adélaïde, qui n'est point Cartulaire de Saint-Victor de Marseille publié dans
Adélaïde d'Anjou, comme l'ont écrit plusieurs au- la collection des documents inédits relatifs à l'his-
teurs. Il fut père de Guillaume II & de la reine toire de France. [E. M.] Constance. Après sa mort, son fils se trouvant en- ^ Tome V, Chartes & Diplômes, n. LXXVIII,
HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XH. iS? ""!
de l'an 949, &. souscrit par Hugues, évoque de Toulouse. Arnaud déclare que Roger, son frère, qui avoit acquis cet alleu du comte Hugues, le lui avoit donné. C'est de ce même Roger que descendoient vraisemblablement" les comtes héréditaires de Comminges qui vivoient au douzième siècle.
Tresmire, abbé de Montolieu, fit bâtir l'église de ce monastère, ou du moins la chapelle de Saint-Michel, suivant une ancienne inscription gravée sur une pierre d'autel 8c trouvée^ au commencement de ce siècle dans une chapelle. Le nom à!Amélius, vicomte par la grâce de Dieu, y est gravé ; nous conjecturons de là que ce seigneur contribua à la dépense du bâtiment. Amélius étoit donc vicomte de Carcassonne au milieu du dixième siècle, ce qui est confirmé par un autre monument^ du même siècle.