‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 2)Chapitre 150 sur 227 · XXIV. — Vicomtes de Polignac. — Ahhés de S aînt-ChaJjre · texte numérisé non relu

XXIV. — Vicomtes de Polignac. — Ahhés de S aînt-ChaJjre

Ce prélat demeura paisible possesseur de l'évêclié du Puy. Il eut cependant des démêlés ' considérables tant avec les habitans de cette ville qu'avec les seigneurs du voisinage, surtout avec le vicomte de Polignac, ce qui causa entre eux. une longue guerre. Armand IIP possédoit alors cette vicomte. Il avoit succédé au vicomte Agnus, qui étoit vraisemblablement son père. Il eut plusieurs fils, savoir : Etienne, surnommé Tailleîer, Guillaume, Pons & Armand. Le premier fut élu évêque de Clermont après l'an io52 5c avant l'an ^ io56. Se conserva avec cette dignité la prévôté de l'église du Puy qu'il possédoit auparavant ; Armand embrassa vers le même temps l'état monastique dans l'abbaye'^ de Tournus.

Nous ignorons les circonstances de la guerre que Pierre deMercœur, évêque du Puy, eut à soutenir contre le vicomte de Polignac Se les autres seigneurs du Vêlai. Nous apprenons seulement qu'il vint^ à bout de ses ennemis, qu'il entreprit ensuite le pèlerinage de Jérusalem Se qu'à son retour il mourut à Gênes. Son corps fut apporté au Puy Se depuis au monastère de la Voulte, en Auvergne, où il fut inhumé avec ses ancêtres. Ce prélat étoit cousin germain de Guillaume, élu abbé de Saint-Chaffre vers l'an io36, lequel*^ étoit fils du seigneur de Solignac en Vêlai Se d'une sœur de S. Odilon, abbé de Cluny. Le comte Humbert Se ses fils Amédée Se Odon donnèrent en 1042, au monastère de Saint-Chatfre, sous le gouvernement du même Guillaume, l'église de Notre-Dame des Echelles dans le diocèse de Grenoble.

XXV. — Êvêques de Bé-^iers. — Dijjèrens plaids tenus dans ce diocèse 6- dans

celui de Narbonne.

Le siège de Béziers vaqua aussi en io53, comme il paroît par le différend qui s'éleva alors entre les chanoines de la cathédrale de cette ville d'un côté. Se un seigneur du diocèse nommé Odon Bernard Se ses frères de l'autre, au sujet de l'église de Saint-André de Bétignan que les premiers prétendoient leur appartenir Se dont les autres s'étoient emparés. Cette affaire ^ fut agitée dans deux plaids, durant la vie Se en présence de Béranger, évêque de Béziers. Ermengaud de Casouls , Matfred, son fils, abbé de Saint-Jacques de Béziers, Se Matfred de Murviel, qualifiés seigneurs {seniores) ^ présidèrent au premier Se ordonnèrent au défaut de preuves la bataille ou le duel, qui se ferait avec le bâton. Béranger, vicomte de Narbonne, présida au second tenu

• Voyez tome V, Chroniques, n. IV. — Gall'ia * Voyez tome IV, Note X, n. 4.

Christiana, nov. edit. t. 2, p. 699. 5 Voyez tome V, Chroniques, n. IV. — GalUa.

' Voyez tome IV, Note X, n. 4. — Voyez tome V, Christiana, nov. edit. t. 2, p. 695. Chroniques, n. IV. * Mabillon , ad ann. 1012, n. 71. — GalVia

' Gallia Christiana., nov. edit. t. : , p. 261 Christiana, nov. edit. t. 2, p. j65 & seq. & seq. 457 & seq. instrum. p. 161 & 229. » Voyez tome V, Chartes 8c Diplômes, n. CCI.

An io53

à Saint-Hij3polyte auprès de cette ville. Il n'y eut rien de décidé ni dans l'un ni dans l'autre, parce que les juges voyant que Béranger, évêque de Béziers, gagné par une somme d'argent, soutenoit faussement que les seigneurs qui possédoient l'église de B.étignan la tenoient de lui en fief, suspendirent le jugement. Ce prélat étant venu à décéder peu de temps après, 8c Bernard, surnommé Arnaud, qui fut élu à sa place, ayant pris les intérêts de son chapitre dans un troisième plaid tenu à Lignan, dans le diocèse de Béziers, les parties s'accommodèrent par l'entremise du même Béranger, vicomte de Narbonne. Les possesseurs de l'église de Bétignan l'abandonnèrent aux chanoines moyennant trois cents sols Se leur en donnèrent Tinvestiture avec Vanneau dont Vévêque s'étoit servi le jour de son sacre. L'acte est daté du palais épiscopal de Béziers, le vendredi 20 d'août de l'an io53.

Il y a lieu de croire que Bernard, évêque de Béziers, étoit originaire du pays de Foix, puisqu'il y avoit son domaine. Il donna ' en effet le i3 de juillet de l'an io54, avec ses frères Amélius-Raimond Se Guillaume, un alleu situé dans le comté de Toulouse 6» le territoire du château de Foix, à l'abbaye de Roses dans la Marche d'Espagne. Il est fait mention dans cet acte du comte Roger qui possédoit une vigne au village de Loar, conjointement avec le même Amélius-Raimond. Ce comte est le même que Roger premier du nom, comte de Foix, dont on a déjà parlé.

XXVI. — Pons, comte de Toulouse, fonde le prieuré du Vigan au diocèse

de Nimes.

Si Pons, comte de Toulouse, se rendit coupable de simonie pour avoir disposé à prix d'argent de l'évêché du Puy, il tâcha du moins de réparer cette faute par sa libéralité envers les églises Se son zèle pour le rétablissement de l'observance régulière dans les monastères. Il donna en particulier à celui de Saint-Victor de Marseille le lieu du Vigan ^ dans l'ancien diocèse de Nimes, avec tout ce qu'il y possédoit ou que ses vassaux y tenoient de lui. C'est le plus ancien monument que nous ayons touchant la ville du Vigan, située Éd. origin. auprès de la montagne de Lespérou dans les Cévennes. Il y eut depuis un prieuré conventuel dépendant de l'abbaye de Saint-Victor dans cette ville, qui est chef d'une viguerie royale Se l'une de celles du diocèse d'Alais qui entrent par tour à l'assemblée des états généraux de Languedoc.

Nous apprenons par cet acte que Pons étendoit sa domination sur le diocèse de Nimes; ce qu'on peut confirmer par un autre, selon lequel un comte, dont le nom n'est marqué que par la lettre ^ initiale P Se qui ne peut être autre que notre Pons, comte de Toulouse, cède à la même abbaye de Saint-Victor de Marseille Se à Pierre, son abbé, la puissance , l'élection 6» la domination dont il avoit joui jusques alors sur le monastère de Saint-Pierre de Psalmodi.

'Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu- » Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. CXCVI.

méro CCIII. ^ Ihid.

t. II, p. 191.

An io53

3i8 HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XIV.

11 confirme en même temps Tabbaye de Saint-Victor dans la possession de tous les biens qu'elle avoit déjà acquis, ou qu'elle pourroit acquérir à l'avenir au nom de ce monastère, soit de l'évêque de Nimes, soit du comte de Saint-Gilles, soit enfin des autres seigneurs du pays. Cet acte est sans date, mais il doit être antérieur à l'an 1060, par la raison que Pierre, abbé de Saint-Victor de Marseille depuis l'an 1048, étoit alors décédé ' ; il prouve que l'abbaye de Psalmodi étoit encore soumise dans ce temps-là à celle de Saint-Victor, Se que Pons, en qualité de comte de Saint-Gilles, dominoit sur cette partie du diocèse de Nimes.

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