C. 23. '• Marca Hispanica, p. 1 1 1 3 & seq
' Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. CCXI. ^ Ibid.
' Voyez tome IV, Note XXXV. ' Ibid. p. 1117.
An io58
"Zn^ss" ^^^ HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XIV.
Gausfred, comte de Roussillon, dont on vient de parler, avoit tenu un plaid ' en 1044, avec Pons, comte d'Ampurias. Il est marqué dans l'acte qu'un autre Gausfred, comte de Roussillon, lequel vivoit^ en i025, étoit leur aïeul 5c que celui-ci étoit fils de Gauzbert. Ils avoient donc une descendance commune : aussi eux &c leurs successeurs possédèrent-ils par indivis leur domaine, qui comprenoit les trois comtés de Pvoussillon, d'Ampurias & de Pierrelate. Pons, comte d'Ampurias, avoit succédé au comte Hugues, son père, qui avec sa femme Guisle & le même Pons & Raimond, ses fils, restitua ^ en io36 à l'abbaye de la Grasse un domaine que Suniarius, évêque d'Elne, avoit acquis de Gausfred, comte de Roussillon, son père. Se d'Ave, sa mère, & dont il avoit disposé en faveur de ce monastère, moyennant cinq onces d'or que Rodolphe qui en étoit abbé 8c ses religieux lui avoient données. Guisle, veuve de Hugues, comte d'Ampurias, vivoit encore en 1060"^, qu'elle donna à l'église de Girone un alleu quelle tenait de ses parens dans le comté de Béziers, d'où elle étoit sans doute originaire.
Gausfred II, comte de Pvoussillon, mourut après l'an^ 1069. Il eut sans doute d'Adélaïde, sa femme, Guilabert qui lui avoit succédé*^ en 1075. Hugues, comte d'Ampurias, promit ^ à ce dernier, en io85, de lui conserver ce comté avec ceux de Roussillon Se de Pierrelate, preuve que ces deux branches possédoient encore alors leur domaine en commun. Nous aurons occasion de parler ailleurs de Guilabert, comte de Roussillon, qui vécut jusques au commencement du douzième siècle ^.
XL. — Translation des reliques des saints Just 6- Pasteur dans la cathédrale de Narhonne. — Suite des différends entre Varchevêque ^ le vicomte de cette ville.
?n,'p°"iÏ5' Les différends qui s'étoient élevés entre l'archevêque Guifred 5c Béranger, vicomte de Narbonne, continuoient toujours. Ils furent cependant sur le point d'être assoupis à l'occasion suivante : le clergé ^ Se le peuple de cette ville souhaitoient avec ardeur depuis très-longtemps d'enrichir leur cathédrale des précieuses reliques des SS. Just Se Pasteur, ses patrons, qui avoient souffert le martyre à Complute ou à Alcala de Henarès en Espagne, sous les empereurs païens. Ils savoient que Charlemagne, durant son expédition au delà des Pyrénées, avoit heureusement recouvré ces reliques dont il avoit dessein de faire présent à l'église de Narbonne Se qu'à son retour il avoit été obligé de les laisser en Espagne. L'archevêque Guifred , informé du lieu où ce prince
' Marca Hispanica, p. 442 & io85. ' Marca H'tspan'ica, p. i 176 & seq.
^ Ibid. p. 4.34, 1040 & io63. * On voit, par une charte tirée du Cartulaire
' Voyez tome V , Chartes & Diplômes , nu- d'Elne, f. 78 (collection Moreau, t. 87, f. 245),
méro CLXXVI, la 5'" charte citée sous ce numéro. que Guilabert vivait encore en 1 100. [E. M.]
^ Marca Hispanica, p. 1119. ^ Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. CCXXI.
5 Ihid. p. 408. — Catel , Mémoires de l'histoire du Languedoc j
" Ibid. p. I 164. p. 780.
les avoit laissées, se donna tant de soins pour procurer à son église un aussi riche trésor, qu'enfin l'ayant obtenu, il alla au-devant pour le recevoir Se le plaça en io58 dans sa cathédrale. Cette action lui acquit la bienveillance du vicomte Béranger, de sa famille St de tous les citoyens de Narbonne. Se il paroissoit qu'elle devoit être le gage de sa réconciliation avec le premier, lorsqu'elle causa parmi eux de nouvelles brouillcries. Il s'éleva d'abord quelque dispute au sujet des offrandes qu'on faisoit pour honorer ces reliques, entre Guifred Se son archidiacre, ce qui fit prendre à ce prélat la résolution de les enlever de la cathédrale Se de les transférer ailleurs. Le vicomte Se sa femme, avertis de ce dessein, prièrent Guifred de ne pas l'exécuter Se lui offrirent, pour la sûreté de ses prétentions, de lui donner des otages qui cautionneroient jusqu'à la somme de dix mille sols. L'archidiacre offrit de son côté de s'en rapporter au jugement de l'archevêque d'Arles, mais Guifred, peu touché de ces offres, enleva secrètement les reliques des SS. Just Se Pasteur Se les transporta dans une simple paroisse de son diocèse où il transféra en même temps son siège Se son chapitre, avec l'argenterie, les vases sacrés Se les ornemens de la cathédrale, qu'il priva par là des offrandes que les nobles, le peuple 6' les pénitens avoient coutume d'y faire Se dont il disposa en faveur de ses soldats. Le vicomte, très-mécontent de cette conduite, s'en plaignit à Guifred Se le sollicita si vivement de retourner à Narbonne avec les reliques, que ce prélat promit enfin d'entrer en accommodement làdessus. L'archevêque retira bientôt après sa parole, ce qui engagea la vicomtesse Garsinde, sa cousine germaine, qui en fut piquée, à l'aller trouver pour le sommer de la tenir Se le porter à terminer ses différends avec son mari. Guifred ne répondit aux instances de cette dame que par des menaces, accompagnées de serment, d'emporter les reliques des SS. Just Se Pasteur dans un pays étranger d'où elles ne reviendroient jamais. Garsinde, craignant l'effet de ces menaces, se rendit alors secrètement dans l'église où l'archevêque avoit placé les reliques Se qui n'étoit pas encore consacrée. Se après s'en être saisie, elle les remit dans la cathédrale. Elle rejoignit ensuite le prélat Se le supplia à genoux de rendre justice à son mari, mais elle ne put rien obtenir Se Guifred demeura toujours inflexible. Le vicomte Béranger, espérant encore de gagner ce prélat, l'alla trouver, lui proposa la médiation du concile de la province Se de l'archevêque d'Arles sur leur différend, avec promesse de donner caution jusques à la somme de dix mille sols pour gage de la parole qu'il donnoit de s'en tenir à leur décision. L'archevêque rejeta bien loin cette proposition. Le vicomte lui offrit ensuite de s'en rapporter au jugement du légat du Saint-Siège 6du concile qu'il devoit tenir. Guifred rehisa également cette offre. Enfin le vicomte lui proposa d'aller à Rome, pour remettre leurs différends à la décision du pape, ce que l'archevêque refusa encore, Se pour marquer son ressentiment contre le vicomte, il l'excommunia avec toute sa famille Se jeta l'interdit sur tout son domaine, en sorte qu'on cessa d'y administrer les sacremens Se que les morts furent privés de la sépulture ecclésiastique.
An ic6<i
An io5p
XLI. — Plainte de Béranger, vicomte de Nurhonne^ contre l'archevêque. Ce prélat est excommunié de nouveau.
Béranger ne pouvant engager l'archevêque Guifred à lui rendre justice, eut recours aux légats du pape, aux évêques &. aux abbés assemblés à i^rles en io5g. Il leur exposa ses griefs contre ce prélat' par un mémoire dans lequel il déclare « que si la crainte de Dieu ne l'avoit retenu, il n'auroit « fait aucun cas de l'excommunication que Guifred avoit lancée contre lui, t!n',p'.'2oo. " parce que c'étoit un scélérat déjà excommunié comme simoniaque par le « pape Victor. Il a vendu, ajoute-t-il, tous les ordres, & pour ne parler que a des évêques qu'il a sacrés sur mes terres, il les a tous rançonnés jusques a au dernier sol. Si vous doutez delà vérité de ces faits, continue Béranger, « vous n'avez qu'à interroger les évêques de Lodève &. d'Elne qu'il a ordon- « nés 8c qui pourront vous en rendre témoignage. Il n'a voulu bénir les « éo-lises de mon domaine qu'à prix d'argent, &: en dernier lieu il a fait arrêta ter 8c mettre en prison deux de mes chevaliers qui revenoient de la ïèie « qu'on célèbre à l'abbaye d'Aniane le jour de l'Epiphanie. » Le vicomte de Narbonne déclare enfin que si le concile ne lui rend pas justice, il s'embarrassera peu de l'excommunication de son archevêque , qu'il ne gardera aucune trêve dans ses domaines 8c qu'il n'aura plus recours au jugement du Saint- Siège. Il s'y adressa toutefois bientôt après, 8c sur le refus que fit le concile de recevoir sa plainte, il l'envoya au pape a en le priant instamment de l'absoudre (c de l'excommunication 8c de lui faire justice contre l'archevêque. Je suis a prêt, dit-il, d'aller poursuivre mon affaire à Pvome, au lieu que ce prélat « n'y ira jamais, à moins qu'on ne l'y amène garrotté^. » C'est ainsi que finit îe mémoire de Béranger, vicomte de Narbonne, contre Guifred, archevêque ùq cette ville. On a lieu de croire que le pape y répondit favorablement, car il paroît^ certain que Nicolas II, qui occupoit alors le Saint-Siège, excommunia de nouveau ce prélat.
XLII. — Couronnement du roi Philippe 6» son association au trône par le roi
Henri, son père.
Durant ces différends qui causèrent tant de troubles 8c de scandale dans la Province, le roi Henri associa son fils Philippe au trône 8c le fit couronner à Reims le jour de la Pentecôte de l'an loSg, dans une nombreuse assemblée des principaux prélats 8c seigneurs du royaume. Leurs "^ noms ont passé jusques à nous j mais on n'y trouve ni le comte de Toulouse, ni aucun évêque ou seigneur de Languedoc. Il paroît cependant que Philippe fut reconnu sans
■ Voyez tome V, Chartes 8; Diplômes, n. CCXI. ^ Voyez tome IV, Note XXXV.
— Voyez tome IV, ?/ote XXXV, '' Duchesne, Recueil des Historiens de France, t. 4^,
' Ihid. p. i6i & suiv.
aucune difficulté dans cette province après la mort du roi son pcrc, arrivée, suivant l'opinion commune, le 4 d'août de l'année suivante, ou peut-être un peu plus tard, car selon diverses chartes Philippe ne comptoit le commencement de son règne que depuis l'an 1061.
XLIII. — Réforme du monastère de la Canourgue. — Ancienne noblesse du Gévaiidan. — Origine de la ville de Marvéjols.
Quelques actes du Gcvaudan des années 1060 & 1061, datés simplement régnant Notre-Seigneur Jésus-Christ, pourroient faire croire que le roi Philippe I ne fut pas d'abord reconnu dans ce pays. Telle est l'union ' que fit Aldebert premier du nom, évêque de Mende, de l'église de Saint-Martin de la Canourgue à l'abbaye de Saint-Victor de Marseille. Cette église, située dans la vip-uerie de Eanassac, avoit été autrefois fort célèbre, mais les désordres que la simonie causoit alors dans toute la chrétienté l'avoient réduite dans un état déplorable : ses biens étoient ou aliénés ou livrés à l'avidité des séculiers , ses titres égarés; Se quoiqu'il fut constant qu'il y avoit eu anciennement une communauté, on ignorait si elle avoit été ou de moines ou de chanoines. Nous n'avons en effet aucun monument certain de l'origine de cette église. On prétend^ que les évêques du Gévaudan y avoient transféré leur siège après la ruine de l'ancienne ville de Javoux, qu'ils y résidèrent jusques au règne de Louis le Débonnaire &: qu'ils s'établirent alors à Mende. On se fonde : 1° sur ce que l'église . de Saint- Martin de la Canourgue possédoit anciennement les reliques des SS. Firmin 8c Frédol, évêques du pays; 2° sur le nom de la Canourgue {Canonica) qui marque, dit-on, que les chanoines de la cathédrale y avoient résidé avec leur évêque ; mais ces raisons paroissent peu solides. 1° Quelques-uns des premiers évêques du Gévaudan peuvent avoir été inhumés a la Canourgue sans pour cela y avoir établi leur siège; il suffisoit qu'il y eût alors un monastère pour qu'ils en eussent fait le lieu de leur sépulture, ou qu'on y eût transféré leurs reliques dans la suite; 2° il n'est pas certain que l'ancienne ville de Javoux ne subsistât pas encore ^ au neuvième siècle, ou du moins après la mort des SS. Firmin & Frédol ; il est d'ailleurs fort vraisemblable que le siège épiscopal fut immédiatement transféré de cette ville à celle de Mende^. Quant au nom de la Canourgue, les anciens moines de ce monastère peuvent s'être relâchés & s'être transformés en chanoines dans le di:;ième siècle, comme plusieurs autres; ou bien on y établit d'abord des t.^fj; p';'"^";. chanoines, ce qui lui aura fait donner son nom.
Quoi qu'il en soit^, la simonie y avoit fait des progrès si étonnans, que les seigiicurs séculiers du voisinage s'étoient emparés des dignités 8c des canoni-
* GalVta Christ'iana, nov. edit. t. i, instrum. ^ Voyez tomeU, Note XLU, n. S.
p. 23 Si seq. ■• Ibid.
^ VOuweleiùl, Mémoire historique sur la yiîle de ^ G allia Christiana, nov. edit. t. i, instrum.
Mende, p. 09 £; suiv. p. 23 & seq.
cats &c les avoient unis à leur domaine. Le prévôt & le doyen entre autres étoient deux gentilshommes mariés qui trafiquoient publiquement des droits de cette église. Aldebert de Peyre, évêque de Mende, issu d'une des plus anciennes familles du pays, vivement pénétré de ces désordres, tâcha d'y remédier & il tut heureusement secondé par Béranger-Richard, vicomte de Gévaudan. Ils firent consentir Deusdet, doyen de Saint-Martin de la Canourgue, Astrebald, qui en étoit prévôt, ses fils & les autres chanoines au nombre de huit, d'unir cette église à l'abbaye de Saint-Victor de Marseille que sa régularité rendoit alors très-célèbre. Il est marqué dans l'acte d'union : 1° que l'abbé de Saint-Victor enverroit de ses religieux, avec un abbé, pour desservir le monastère de la Canourgue qui seroit à l'avenir sous la dépendance de cette abbaye 5 2° que l'abbé de la Canourgue ne seroit pas natif du pays situé entre le Tarn & l'Allier, c'est-à-dire du Gévaudan. L'acte est daté du 4 de juillet de l'an 1060, Dieu Notre-Seigneur régnant dans le siècle des siècles.
On voit par ce que nous venons de rapporter que le monastère de la Canourgue avoit alors titre d'abbaye 5 il n'a depuis longtemps que celui de prieuré conventuel qui subsiste encore sous la dépendance de l'abbaye de Saint- Victor. Il y a douze places monacales.
Cette union fut confirmée en même temps par trois seigneurs du Gévaudan, Hugues, Roger & Foulques, qui étoient frères & qui prenoient le surnom de Bonnefoy. Ils avoient donné deux " ans auparavant à l'abbaye de Saint-Victor deux églises Se quelques biens situés dans la viguerie de Banassac 6- le comté de Gévaudan, du consentement de Bélisende Se de ses fils Deusdet, Gaucelin, Pierre Se Bernard qui tenoient d'eux ces églises en fief. Ces derniers prenoient le surnom de Canillac^, suivant une autre donation qu'ils firent de l'église de Sainte-Marie de la Canourgue à la même abbaye, avec la liberté aux religieux d'acquérir les fiefs de leurs vassaux. Cet acte est daté d'Arles, régnant Notre- Seigneur Jésus-Christ.
Divers autres seigneurs du Gévaudan s'empressèrent de faire, vers le même temps, de pareilles donations à l'abbaye de Saint-Victor de Marseille. L'un d'entre eux lui donna une partie de Marvéjols, monument le plus ancien que nous connoissions de cette ville, à présent la seconde du Gévaudan. Elle est située sur la petite rivière de Coulange, vers les frontières du Rouergue Se de l'Auvergne.
Roger Se Bernard, son frère, fils du vicomte Pvichard, exercèrent^ aussi en io58 leur libéralité envers l'abbaye de Saint-Victor de Marseille. Le dernier, qui y prit l'habit monastique en 1061 Se qui se dit"^ fils de feu Richard, vicomte de Millau, ^ de la vicomtesse Rixinde , lui donna alors quarante métairies {mansos') qui lui étoient échues par le partage qu'il avoit fait avec ses frères Béranger, Hugues, Raimond Se Richard, lesquels consentirent à ce
' Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. CCVII. ''Voyez tome V de cette édition, Chartes &
^ Ih'id. Diplômes, n. CCXV, la 5'' charte citée sous ce
5 Ibid. numéro.
HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XIV. 33r,
don. Il donna aussi à l'abbaye de Saint-Victor soixante autres métairies qui dévoient lui revenir en cas que Hugues son frère mourût sans postérité, ik qu'il lui avoit cédées k cette condition. Tous ces biens étoient situés dans le Rouergue j Bernard en avoit d'autres dans le Gévaudan dont la vicomte étoit dans sa maison. L'acte est souscrit par ces cinq frères 8c leur mère Rixindc. Richard, à l'exemple de son frère Bernard, embrassa' bientôt après l'état religieux à Saint-Victor de Marseille, dont ils furent successivement abbés. Nous aurons occasion de parler encore de ces deux frères qui parvinrent dans la suite aux plus éminentes dignités de l'Église.
XLIV. — Fondation de la ville ^ du prieuré de Chirac, en Gévaudan.
Aldebert, évêque de Mende, témoigna de son côté le cas qu'il faisoit de la régularité qui florissoit alors dans l'abbaye de Saint-Victor, par la fondation ^ qu'il fit conjointement avec Astorg de Peyre son frère, du monastère de Chirac, en Gévaudan, dédié sous l'invocation du Sauveur du monde. Il le mit sous la dépendance de cette abbaye, à condition que si le monastère de Chirac devenoit plus considérable dans la suite, l'abbé de Saint-Victor le feroit gouver- '-^- «""'sinner par un abbé. Nous ignorons si le cas arriva. Il paroît cependant que le monastère de Chirac n'a jamais été qu'un prieuré conventuel. Il n'y a plus de religieux depuis son union au collège des jésuites de Rodez qui le possèdent aujourd'hui. Aldebert, fils d'Astorg de Peyre, Guillaume, son frère, &. plusieurs autres de leurs parens, souscrivirent à cette fondation. Le premier succéda dans la suite à ^Aldebert T, son oncle, dans l'évêché de Mende. Au reste le pape Urbain V, de la maison de Grisac, avoit embrassé la vie monastique dans ce monastère qui a donné l'origine à une petite ville du Gévaudan, située sur la rivière de Coulange, à une lieue au-dessous de Marvéjols vers la frontière du Rouergue.
XLV. — Union de l'ancienne ahhaye de Troclar ou de Saînte-Sigolène en Albigeois, à celle de Saint-Victor de Marseille.
L'ancien^ monastère de Troclar ou de Sainte-Sigolène, en Albigeois, fut uni aussi vers le même temps à la congrégation de Saint-Victor de Marseille. Ses domaines étoient alors possédés par un seigneur séculier nommé Géraud-Amélius 8c par Vidian-Ermengaud, archidiacre de la cathédrale d'Albi, qui s'en disoit abbé 8c qui le faisoit desservir par quelques clercs, dont l'un se qualifioit prévôt. Il est marqué dans l'acte d'union daté de l'an 1062"^, « que ces deux « personnages, touchés du décret du concile de Toulouse, auquel Hugues, légat « du pape Nicolas, avoit présidé, 8c qui ordonnoit aux séculiers de restituer
' Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. CCL. ^ Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu-
Gallta Chrtitiana, nov. edit. t. i , instrum. méro CCXIX. p. 24 & seq. '' Ibid.
An 1 060
« les biens de TEglise qu'ils possédoient injustement, résolurent de remettre « ce monastère dans son ancien étatj que dans ce dessein ils firent donation a « l'abbaye de Saint-Victor de deux églises fondées dans le comté d'Albi en un « lieu appelé la Grave ^ que dans l'une de ces églises, dédiée sous le nom de (c sainte Sigolène, reposoit le corps de cette sainte. Si que dans l'autre, qui « étoit sous l'invocation de S. Pierre, elle avoit passé sa vie à la tête d'une « troupe de vierges. » Ainsi cet acte nous donne la véritable situation ' de l'ancien monastère de Troclar, en Albigeois, ignorée jusques à nos jours. Il paroît qu'il s'y étoit conservé une espèce de régularité 5 car Géraud & Vidian déclarent qu'ils font cette donation à l'abbaye de Saint-Victor, du consentement des clercs 6 des autres religieux qui desservoient les deux églises. Pascal II confirma cette union dans la suit€. Les religieux de Saint-Victor de Marseille entretinrent depuis une communauté de religieux à Troclar ou à Sainte-Sigolène de la Grave, laquelle y a subsisté jusques au temps du pape Urbain V, qui unit ce prieuré au collège de Saint-Germain de Montpellier qu'il fonda pour des religieux de l'abbaye de Saint-Victor.