XCVIII. — Droit Jèodal. — Biens allodiaux
Le droit féodal, qui avoit commencé dès le dixième siècle, prit de nouveaux accroissemens Se fut entièrement établi dans le onzième. Nous n'entrerons pas ici dans le détail de divers usages que chaque seigneur établit dans les terres qu'il donna en fief; nous nous contenterons de remarquer que le principal devoir de la part des vassaux étoit la fidélité Se le service militaire, 81 très-souvent l'obligation de loger 5c de défrayer le seigneur suzerain avec un certain nombre de gens de sa suite, ce qu'on appela albergues. Il s'en faut bien cependant que tous les biens de la -Province aient jamais été tenus généralement en fief. Outre les seigneurs qui ne reconnoissoient pas de suzetain 8t qui possédoient leurs terres en alleu ou d'autres biens allodiaux, nous voyons que les particuliers &(. les bourgeois des villes continuèrent de posséder leurs domaines en alleu ^ ce qui étoit fondé sur le droit romain observé dans la Province, suivant lequel toutes les terres sont censées libres à moins qu'on ne prouve la servitude.