‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 2)Chapitre 217 sur 227 · III. 5i · texte numérisé non relu

III. 5i

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Millau en Rouergue, les religieux de l'abbaye de Salvanès. L'acte fut passé en présence de Pierre de la Rovière, maître de la milice du Temple, 6- de Guillaume y autrefois seigneur de Montpellier, maintenant pauvre moine 6". pauvre de Jésus-Christ.

XXIX. — Trencavel engage une partie de ses domaines. — // en recouvre une

autre partie des vicomtes de Bruniquel, ses cousins.

Le vicomte Trencavel accorda, la même année, une pareille exemption' dans la ville de Béziers aux mêmes religieux de Salvanès, en présence de Bernard d'Anduze Vancien, 8i de Bernard d'Anduze, son fils. Il engagea, vers le même temps, à Guillaume de Montpellier^ la leude qu'il levoit sur le chemin de Saint-Thibéry, pour la somme de treize mille sols melgoriens. Se à Bernard- Raimond de Capendu, pour celle de trois mille sols, une partie du domaine qu'il avoit dans le château de ce nom. Il acquit^ alors pour la somme de six mille cinq cents sols melgoriens, des deux frères Armand 8c Adémar, vicomtes de Bruniquel, ses cousins, tous les domaines qui avoient été donnés en dot à Guillemette, leur aïeule, mère d'Aton, vicomte de Bruniquel, leur père, &L tante de Trencavel. Le château de Brusque, situé sur les frontières du Rouergue &. de l'Albigeois, 8(. dont le seigneur de Lunas, au diocèse de Béziers, tenoit là moitié en fief des deux vicomtes de Bruniquel, faisoit partie de cette dot. Il paroît qu'Armand Se Adémar descendoient des anciens vicomtes de Toulouse, 8c qu'ils moururent sans postérité.

XXX. — Béranger de Narhonne, archevêque de cette ville. — Privilèges de

Véglise de Nimes.

Le pape Adrien IV confirma"^ la renonciation de la vicomtesse Ermengarde h. la dépouille des archevêques de Narhonne après leur mort, par une bulle datée du 9 de décembre. Il donna cette bulle en faveur de Béranger de Narhonne, qui fut élu 5 archevêque de cette ville 8c succéda à Pierre, son prédécesseur, vers le mois d'août de l'an ii56. Béranger avoit été d'abord religieux de Saint-Pons'5 Se ensuite abbé de la Grasse pendant près de cinquante-trois ans. La vicomtesse Ermengarde, sa nièce, contribua sans doute beaucoup à son élection. Ce prélat, ainsi que plusieurs autres archevêques de Narhonne, ses prédécesseurs, fut légat du Saint-Siège, comme il paroît 1° par les actes de la dédicace'' de l'église d'Arles en Roussillon, qu'il fit au mois d'octobre de l'an ii57, assisté de quatre évêques de la Marche d'Espagne, 8c en présence

'Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu- ^ Conciles^ t. lo, p. iiyS.

méro CCCCXCIX, la 4'" charte citée sous ce numéro. ^ Catel, Mémoires pour l'histoire du Langucjoc,

' Ihid. la 2*^^ charte citée sous ce numéro. p. 788.

' Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. DU. ® Voyez dans ce volume, livre XVI, n'" m 8<. lu.

. — Voyez tome IV, Note XXXIII, n. 7. ' Marca Hispanica, p. 1821 81 seq.

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d'une nombreuse assemblée, à laquelle la vicomtesse Ermengaale, sa nièce, Pons, abbé Se archidiacre de Narbonne, Bernard, abbé de Saint-Thibéry, Sec, se trouvèrent} 2° par une lettre' que le pape Adrien IV lui adressa, de même qu'à Artaud, évoque d'Elne, & à tous les barons du Roussillon, pour confirmer la sentence qu'Eugène III, son prédécesseur, avoit portée contre Gausfred, comte de ce pays, qui avoit répudié sa femme légitime pour en épouser une autre.

Adrien IV confirma les privilèges de l'église de Nimes en faveur d'Aldebert, évêque de cette ville, par une bulle ^ datée du 10 décembre de Van ii56, indiction F, la troisième année de son pontificat } ce qui fait voir qu'il datoit quelquefois ses bulles suivant le calcul pisan. II est marqué dans cette bulle que le monastère de Saint-Sauveur de la Font, les églises de Saint- Martin des Arènes, S(. de Saint-Etienne du Capitale dans la ville de Nimes, l'abbaye de Cendras 8c le monastère de Tournac étoient soumis à l'évêque Aldebert, qui possédoit le château de la porte d'Arles 6- le tiers du domaine de la ville.

XXXI. — Divers vassaux du cornte de Toulouse servent en Provence, en faveur des seigneurs de Baux, contre le comte de Barcelone.

Cependant la guerre se renouvela en Provence entre Raimond-Béranger, comte de ce pays, soutenu par le comte de Barcelone, son oncle. Se les seigneurs de la maison de Baux. Hugues^, chef de cette maison, peu content du traité crue lui, Étiennette, sa mère & ses frères avoient conclu, en ii5o, avec le .'^,'^,- °'"'B'"comte de Barcelone, prit en ii55 l'investiture de la Provence de l'empereur Frédéric I, qui prétendoit en être souverain. Se s'étant mis en armes, il fit tous ses efforts pour la 'soumettre à sa domination. Le comte de Barcelone se mit, de son côté, non-seulement en état de défense, mais il attaqua Se assiégea sur lui le château de Trinquetaille, situé dans l'île de Camargue, aux portes de la ville d'Arles. Comme ce château étoit très-fort, le siège en fut long Se mis au rang des événemens mémorables, ainsi qu'il paroît par la fondation que fit Pons, évêque de Carcassonne"^, dans sa cathédrale, le 22 d'avril de Van ii56, régnant Louis, roi de France, lorsque Raimond-Béranger, très-vaillant comte de Barcelone, assiégeait le château de Trinquetaille. Le comte de Barcelone fut obligé cependant de lever le siège; mais ayant continué la guerre contre les seigneurs de Baux, Se leur ayant pris divers châteaux, ils lui demandèrent la paix qui fut conclue la même année. Le principal^ article fut qu'Étiennette Se ses fils s'engageroient de remettre au comte de Barcelone, Se au comte

' Baluze, Miscellanea, t. 2, p. 224. * DeV'ic,Chronoîog'ia episcoporum Carcassonensiunij

' Archives & cartulaire de l'église de Nimes. p. 78 & seq.

' Diago, Histoire des comtes de Barcelone, 1. 2, ' Bibliotheca Sebusiana, p. 55 & seq. — Bouche,

c. 166. — Bouche, Histoire de Provence, t. 2, Histoire de Provence, t. 2, p. 128 & suiv. p. 127 & suiv.

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de Provence, son neveu, le château de Trinquetaille toutes les fois qu'ils en seroient requis. Guillaume 8c Rostaing de Sabran, Raimond & Guillaume de Roquemaure, Etienne de Saint-Gilles, Bertrand de Laudun, Bertrand-Adémar de Melgueil, 8c quelques autres chevaliers du bas Languedoc 8c de la Provence se rendirent cautions pour les seigneurs de Baux de l'exécution du traité, avec promesse de se rendre prisonniers dans l'île de Valabrègues, en cas d'infraction de la part de ces seigneurs. Géraud de Simiane, Raimond de Castellane, Bernard Pelet, comte de Melgueil, 8c Bertrand d'Aymargues garantirent aussi l'exécution du traité jusqu'à la somme de dix mille sols melgoriens, qu'ils s'engagèrent de payer en cas de contravention.

Comme la plupart de ces chevaliers étoient vassaux de Raimond V, comte de Toulouse, il y a lieu de croire que ce prince favorisa dans cette guerre les seigneurs de Baux, dont il étoit d'ailleurs le protecteur; ce qu'on peut confirmer sur ce qu'il résidoit alors avec Constance, sa femme, dans son palais de Saint-Gilles sur le Rhône, où il accorda', vers la fin du mois de mars de l'an II 56, à l'abbaye de Franquevaux, l'exemption du droit de péage dans tous ses domaines.

XXXn. — 'Naissance de Raimond VI, comte de Toulouse. — Diplômes du roi Louis le Jeune en faveur des églises de Maguelonne 6- d'U-^ès.

Constance^, femme de Raimond, accoucha le 27 d'octobre de la même année de Raimond, leur fils aîné. La naissance de ce prince lia de plus en plus ce comte avec le roi Louis le Jeune, son beau-frère, qui continua d'exercer son autorité dans la Province par de nouveaux diplômes. Il en accorda un entre autres, par lequel il confirma^ Béranger, abbé de Villemagne au diocèse de Béziers, 8c ses religieux, dans la possession de leurs domaines, leur accorda la justice civile 8c criminelle 8c leur permit de fortifier le bourg de Villemagne. Il en donna un autre à Paris"^, Vannée ii56, la vingtième de son règne, en faveur de l'église de Maguelonne, dans lequel il déclare qu'il ne permettroit jamais que cette église fût soumise à d'autre qu'à lui-même, 8c que lui 8c ses successeurs la conserveroient toujours inviolablement sous le domaine de la couronne : article qui fut peut-être inséré exprès contre les prétentions du pape, qui se prétendoit seigneur suzerain dans le diocèse de Maguelonne, pour les raisons que nous avons expliquées ailleurs.

Louis accorda 5, la même année, un diplôme en faveur de l'église d'Uzès 8c de Raimond qui en étoit évêque. Ce prélat étoit fils<^ de Raimond-Decan, seigneur d'Uzès 8c de Posquières, 8c avoit déjà succédé, en 1 164, à Ebrard, son

'Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu- '' Archives du domaine de Montpellier, vigueric

méro CCCCXCVIII. de Montpellier, titres particuliers, 3.

' Tome V, Chroniques, n. VII. — Guillaume de ^ Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu-

Puylaurens, c. 5. méro DIII.

^ Cartulaire de la cathédrale de Narhonne, '' Voyez tome IV, 'Note LU.

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prédécesseur, suivant une bulle ' que le pape Adrien IV accorda alors en faveur de Guillaume, abbé d'Aniane. Louis déclare^ dans ce diplôme qu'en l'accordant à l'église d'Uzcs, il suit l'exemple des rois Raoul 6* Louis, ses ^prédécesseurs. Il fait ensuite l'énumération des abbayes qui étoient alors soumises à cette église, & dont aucune ne subsiste plus aujourd'hui. Elles étoient au nombre de six, savoir : de Saint-Firmin, située dans un village voisin d'Uzès; de Saint-Etienne, de Saint-Julien, de Saint-Sulpice, de Saint-Ferréol, & de Saint-Privat du Gers. Il marque que les châteaux de Bermond 6* de Rainon dans la ville d'U-^ès dépendoient du domaine de la même église, ainsi que la monnoie qu'on fabriquoit à Uzès. Enfin Louis accorda à cette église, dont les frères ou chanoines, aioute-t-il, vivoient en commun, dans l'étendue du Éd.origin.

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