V T T 7 . > -1 « , t. Il, p
diocèse, tous les revenus de la paix, qu on nommoit alors compensum, & qu on a appelés depuis le commun de paix, ou la pe-^ade. On voit par là que ce droit étoit alors devenu domanial, sans que la trêve de Dieu, pour laquelle il avoit été établP, en fût p^uère mieux observée.
XXXIII. — Autres diplômes de ce prince en faveur des églises de Nimes, de Narbonne 6* de Lodève. — Origine de Vautorité temporelle des évêques de Lodève sur leur diocèse.
Aldebert, évêque de Nimes & frère"* de Raimond, évêque d'Uzès, obtint l'année suivante, la vingt & unième du règne de Louis le Jeune, un diplôme de ce prince qui confirma les privilèges de son église 5c lui donna la justice sur les clercs du diocèse 8c sur les vassaux de l'église, avec l'autorité sur les monastères de Psalmodi, de Tournac Se de Cendras. Ce même roi accorda vers le même temps une autre charte^ en faveur de Béranger, archevêque de Narbonne : il confirma ce prélat dans la possession de la moitié des droits domaniaux du diocèse &c dans l'autorité qu'il exerçoit sur les abbayes de Saint-Paul, de Saint-Laurent, de Saint-Etienne de Bagnols,de Quarante, 8(.c., 5<. lui donna une entière juridiction sur le bourg de Saint-Paul Se sur divers châteaux.
Enfin on prétend <^ que Louis le Jeune donna, en iiSy, à Pierre, évêque de Lodève, les droits régaliens sur tout son diocèse, avec les mines d'argent qui s'y trouvoient. Ce prélat étoit frère des évêques de Nimes 8c d'Uzès, Se fils de Raimond-Decan, seigneur d'Uzès 5c de Posquières. Un de ses successeurs ajoute'' qu'il-, délivra les évêques de Lodève du Joug 6- de la servitude des comtes de Rode-^, ce qu'on doit entendre sans doute par le diplôme dont on
'Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu- 'Voyez tome V, Chartes & Diplômes, numéro CCCCXCII, la 8*' charte citée sous ce numéro. méro DIV.
' Ibid. n. DIII. * Plantavit, Chronologia praesulum Lodovenuum,
^ Voir plus haut, 1. XIV, n. ix, p. 3o3 & suiv. p. 86 & seq. —Voyez tome IV, Note XXV.
* Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu- ' Plantavit, Chronologia praesulum Lodovensium,
méro DV. p. 86 & seq.
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An i i5j
vient de parler. Il paroît cependant' que ces comtes qui, en qualité de vicomtes de Lodève, étendoient leur autorité dans le pays, l'y exercèrent encore longtemps après l'épiscopat de Pierre, sous celle des comtes de Toulouse, qui en possédoient le haut domaine, jusqu'à ce qu'enfin les uns Se les autres avant cédé ou vendu leurs droits aux évêques, ceux-ci furent reconnus pour les seuls seigneurs suzerains de tout le diocèse; suzeraineté dont ils jouissent encore de nos jours. Pierre d'Uzès, évêque de Lodève, vivoit encore en 1 161 . Gaucelin ^y qu'on dit de la maison de Montpeyroux, &c qui avoit été auparavant abbé d'Aniane, lui succéda. Ce dernier étoit fort appliqué à l'étude des saintes lettres, comme on voit par la lettre^ que Hugues, religieux de Salvanès, lui écrivit pour lui demander l'explication de quelques endroits difficiles de l'Ecriture sainte. Hugues fait un grand éloge des vertus de Gaucelin. Ce prélat"^ orna sa ville épiscopale de divers édifices publics & particuliers. II obtint en 1162, du roi Louis le Jeune, un diplôme^ daté d'Étampes, par lequel ce prince le confirma dans la possession des domaines de sofi éiO-Hse, entre autres du château de Montbrun, & lui accorda^ les droits régaliens dans tout l'évêché, les mines qu'on y avoit découvertes ou qu'on y découvriroit dans la suite, la justice civile Se criminelle. Sec.
XXXIV. — Accord entre le comte de Toulouse 6* Trencavel. — Vicomtes
de Lautrec.
Raimond, comte de Toulouse Se le vicomte Raimond-Trencavel étoient parfaitement réconciliés au mois d'août de l'an iioj. Le premier promit alors par serment"^ à l'autre de lui conserver ses domaines, ses fiefs Se ses alleux envers tous Se contre tous, excepté contre ses propres vassaux Se contre Bernard-Aton, vicomte de Nimes, frère de Trencavel. Sicard, vicomte de Lautrec, Guillaume, évêque d'Albi, Sicard de Lauran, Isarn de Dourgne, Bermond, évêque d'Uzès Se plusieurs autres seigneurs d'entre les principaux de la Province furent présens à cet acte.
Guillaume, évêque d'Albi, dont nous venons de parler, étoit, suivant un acte de l'an 1171, frère de Begon, seigneur de Dourgne, château situé dans le diocèse de Lavaur, au voisinage de l'abbaye de Sorèze. Quant à Sicard, vicomte de Lautrec^, il fut le quatrième de son nom, Se offrit^, à la fin de l'année suivante, son fils Raimond à l'abbaye de Saint-Pons de Thomières pour y être religieux. L'acte est souscrit par Sicard, son autre fils, qui lui avoit
■ Voyez tome IV, A^ore XXV. ^ Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu-
' Plantavit, Chronologia praesulum Lodovensium, méro DXXXII.
p. 88 & seq. « Voyez tome IV, Note XXV.
' Dom Martène, Thésaurus anecdotorum, t. i, ' Tome V, Chartes & Diplômes, n. DVIII.
p. 466. * Voyez tome IV, Note XXI, n. 7.
■• Plantavit, Chronologia praesulum Lodovensium, ' Voyez tome V, Chartes & Diplômes nu-
p. 88 & seq. méro DXVI, le i*'' acte cité sous ce numéro.
' An I 167
déjà succédé en 1160, 5t qui confirma alors avec Pierre, son trère, la donation que le vicomte, leur père, avoit faite par son testament en faveur de l'abbaye de Candeil. Sicard V, vicomte de Lautrec, délivra l'année suivante, en présence de Guillaume de Montpellier, le legs qui avoit été fait à cette abbaye par le même testament 5<. épousa dans la suite Adélaïde, fille de Raimond-Trencavel, vicomte de Béziers &<. de Carcassonne.
XXXV. — Entrevue entre Trencavel 6» le comte de Barcelone. — Ermengarde, vicomtesse de Narbonne, se soumet à ce dernier. — Foires de Carcassonne.
Raimond-Trencavel, après sa réconciliation avec le comte de Toulouse, uii.^çl^ll'i. s'appliqua au gouvernement de son domaine. Il donna', au mois de juin de l'an iiSy, à Pierre de Villar, le village de Coustausa dans le comté de Ra-^ès, pour y construire un château, à condition qu'il le tiendroit en fief de lui & de sa postérité. Il reçut^, au mois de juillet de l'année suivante, dans son palais de Carcassonne^ l'hommage pour les châteaux de Berens, Gaillac, Cahusac & Montaigu en Albigeois, 5c celui de Sicard de Laurac pour les châteaux de Laurac Se de la Pommarède en Lauragais. Le seigneur de Laurac promit de lui être fidèle envers tous Se contre tous, excepté contre le comte de Toulouse j preuve que Trencavel reconnoissoit alors ce prince pour suzerain du Lauragais.
Trencavel ménageoit toujours cependant Raimond-Béranger, comte de Barcelone. Il eut une entrevue^ avec lui à la fin du mois de janvier de l'an 1 158, à Narbonne, où ce comte s'étoit rendu, 8c ce fut en sa présence qu'il promit alors par serment '^ à Béranger, archevêque de Narbonne, de l'aider envers tous 8c contre tous, excepté contre Raimond, comte de Barcelone, Raimond, comte de Toulouse, 6* ses propres vassaux. L'archevêque de Narbonne fit de son côté à Trencavel un pareil serment^, dans lequel il excepte le comte de Barcelone 8c ses propres vassaux. Ce prélat, qui étoit oncle de Raimond-Béranger, Se Ermengarde, vicomtesse de Narbonne, qui étoit cousine germaine de ce comte, après l'avoir reçu dans cette ville, l'accompagnèrent à son retour jusques à Perpignan, où on assure*^ que la même vicomtesse se soumit à lui au mois de février suivant, avec tous les domaines dont elle avoit hérité du vicomte Aymeri, son père, en reconnoissance des services qu'elle en avoit reçus 8c en dédommagement des dépenses qu'il avoit faites pour la soutenir. On ajoute qu'elle lui donna -pour otages de sa promesse deux des principaux barons de son domaine, savoir, Guillaume de Peiteus, 8c Ermengaud de Leucate. Ces deux seigneurs"^ 8c plusieurs autres de la Province se trouvent, en effet, parmi les témoins de la promesse réciproque que l'archevêque de
' Tome V, Chartes & Diplômes, n. CCCCXCIX, ' Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. DIX,
la 5^ charte citée sous ce numéro. le 2* acte cité.
' Ib'td. n. DXIII, le i"" acte cité sous ce numéro. * Diago, Histoire des comtes de Barcelone, I. 2,
^Dïa^O, Hist. des comtes de Barcelone, l, 2yC, l6j. c. 167.
•• Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. DIX, ' Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. DIX,
le i*"" acte cité. les deux actes cités sous ce numéro.
An ii58
Narbonne 8c Trencavel s'étoient faite peu de temps auparavant, en présence W
du comte de Barcelone.
Trencavel, après son retour dans son palais de Carcassonne ', y disposa, le 4 de mars ii58, en faveur de Roger, son fils, par préciput sur tous ses autres enfans, des villes de Carcassonne 8c de Razès, 8c de leurs dépendances. En conséquence de cette donation, Roger, du consentement du vicomte, son père, confirma les privilèges des habitans de Carcassonne, 8c en particulier les deux foires qu'on y tenoit tous les ans, 8c que le vicomte Roger, son oncle, avoit déjà établies.
XXXVL — Ligue du comte de Barcelone avec Trencavel , Guillaume de Montpellier, Ermengarde de Narbonne , Henri II, roi d'Angleterre , i^c.j contre le comte de Toulouse.
La bonne intelligence ne dura pas longtemps entre le vicomte Trencavel 8c le comte de Toulouse. Ils étoient déjà brouillés de nouveau le 20 du mois d'août de la même année, comme il paroît par l'accord* que le comte de Barcelone fit alors à Montpellier avec ce vicomte, qu'il appelle son vassal, 8c qu'il promet d'aider de toutes ses forces, dans la guerre qu'il alloit avoir maintenant avec Raimond, comte de Toulouse 6- de Saint-Gilles, ou dans celle qu'il auroit dans la suite avec sa postérité. Il lui promet en même temps de ne faire ni paix ni trêve avec ce prince sans son aveu 8c son consentement 8c lui donne pour otages huit de ses principaux vassaux. Ermengarde, vicomtesse de Narbonne, 8c Guillaume, seigneur de Montpellier, furent présens à cet accord. Il y a lieu de croire qu'ils se liguèrent aussi alors avec le comte de Barcelone contre le comte de Toulouse.
Cette ligue déjà formidable par elle-même le devint bien davantage par celle 3 que fit, à la fin de cette année ou au commencement de la suivante "^j le comte de Barcelone avec Henri II, roi d'Angleterre, dans une entrevue qu'ils eurent à Blaye. Le dernier, après avoir épousé Éléonor, héritière du duché de Guyenne, forma de grands projets sur le comté de Toulouse qu'il prétendoit appartenir à cette princesse, pour les raisons que nous avons développées ailleurs. Il demanda d'abord la restitution de ce comté à Raimond V, qui n'eut garde d'acquiescer à sa demande 8c regarda ses prétentions comme des chimères, ce qui fit naître entre eux un grand différend, lequel commença dès l'an iiSy, suivant une ancienne chronique^. Henri ne pouvant tirer Éd.origin. raison de Raimond que par les armes, résolut enfin de lui déclarer la
guerre. Comme il n ignoroit pas les divers sujets de querelle qui étoient
' Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu- Trivet, Chronicon, dans le tome 8 du Spkilegium de
méro DX. d'Achery.
' Ibii. n. DXII. '' Voyez tome IV, Note LIV.
^ Robert du Mont, édit. d'Achery, p. 777. — ^ Labbe, Bïbliotheca nova manuscnptorum, t. 1,
Guillaume de Neubrige, 1. 2, c. 10. — Nicolas p. 391.
HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XVIII. Son "- ~
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depuis longtemps entre ce comte 5c celui de Barcelone, lequel étoit en état, d'ailleurs, tant par ses propres forces que par celles des alliés ou des vassaux qu'il avoit dans la Province, de favoriser son entreprise, il rechercha l'amitié de ce dernier 5(. ménagea avec lui l'entrevue dont nous venons de parler. Ils y conclurent un traité par lequel ils résolurent d'unir leurs armes contre le comte Raimond ; 8c pour cimenter davantage leur union, ils convinrent que Richard, fils puîné de Henri 8c d'Éléonor, auroit le duché de Guyenne pour son partage 8c qu'il épouseroit Bérengère, fille du comte de Barcelone. Trencavel 8c Guillaume de Montpellier entrèrent aisément dans cette ligue : le premier, par le désir de se venger sur le comte de Toulouse de la longue prison qu'il lui avoit fait souffrir 8c de la grosse rançon qu'il avoit exigée de lui} 8c l'autre, à cause des liaisons étroites que sa maison conservoit depuis très-longtemps avec celle de Barcelone.
XXXVII. — Le roi Louis le Jeune marche au secours du comte de Toulouse,
son beau-frère.
Le comte Raimond songea de son côté à se défendre contre tant d'ennemis. Il se ligua entre autres avec Bernard Pelet 8c Béatrix, comtesse de Melgueil, sa femme, 8c avec divers chevaliers du diocèse de Maguelonne, qui entreprirent la guerre contre le seigneur de Montpellier 8c les autres alliés du comte de Barcelone 8c firent diversion dans le bas Languedoc, comme nous le verrons dans la suite. Raimond implora encore le secours du roi Louis le Jeune, son beau-frère, qui avoit d'ailleurs un intérêt particulier de s'opposer à l'agrandissement du roi d'Angleterre. Il fit, en ii58, un voyage du côté du Rhône, où il confirma ' l'abbaye de Psalmodi dans ses possessions, en présence de Bermond d'Uzès, de Raimond-Gaucelin de Lunel,de Guillaume de Sabran 8c de plusieurs autres chevaliers qui lui demeurèrent fidèles. Il tint un plaid ^, au mois d'avril de la même année, en présence des capitulaires ou capitouls de cette ville, dans lequel il confirma l'usage où étoient les tanneurs ou corroyeurs de la ville de lever un certain droit sur les cuirs qu'on apportoit du dehors. Les tanneurs de Toulouse vendirent-^ ce droit au roi en 1280.
Il y a lieu de croire'^ que le roi Louis le Jeune étoit en marche pour aller au secours du comte de Toulouse lorsqu'il accorda à Bourges une charte ^ en faveur de Pons, évêque du Puy, qu'il appelle son ami 6* son féal y 8c par laquelle il confirma les privilèges de cette église, conformément à une autre qu'il avoit déjà donnée en 1145. On peut rapporter en effet cette charte, qui est datée*^ simplement de l'an ii58, aux premiers mois de l'année suivante, selon notre manière de compter.
•Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu- ^ Voyez tome IV, ATofe LIV.
méro DVII , la 3'' charte citée sous ce numéro. ^ GaUla Christiana, noY. edit. t. i , p. 7o5, /m-
' Tome V, Chartes & Diplômes, n. DXI. trum. p. 232,
' Trésor des chartes de Toulouse, sac 19, n. 47. " lèid.
An I 109
XXXVIII. — Expédition du roi d'Angleterre contre le comte de Toulouse, Il entreprend le siège de cette ville 6* est obligé de le lever.
Quoi qu'il en soit, Henri II, roi d'Angleterre, après avoir conclu sa ligue avec le comte de Barcelone, se disposa ' à la guerre contre le comte de Toulouse 8c fit assembler, à la mi-carême de l'an ii59, pour cette expédition une nombreuse armée composée de Normands, d'Anglois, d'Aquitains & de divers autres peuples, ses sujets. Il fit une levée sur tous ses vassaux qui par leurs fiefs étoient tenus au service militaire & sur les églises de ses États, &. employa cet argent à soudoyer ses troupes. Avant son départ^ d'Angleterre pour aller se mettre à la tête de l'armée, il se fit couronner pour la troisième fois à Winchester avec la reine Éléonor, sa femme, le jour de Pâques ii d'avril. 11 partit ensuite accompagné de Malcolm, roi d'Ecosse, de Guillaume de Blois, fils d'Etienne, roi d'Angleterre, de Thomas Becket, son chancelier, qui se mit^ à la tête de sept cents de ses vassaux. Se qui fut ensuite archevêque de Cantorbéry'^, h. enfin de plusieurs seigneurs 5c prélats de ses Etats. Ce prince arriva à Périgueux^ à la fin du mois de juin de l'an 1 169, &c se voyant sur le point d'entrer dans les terres du comte de Toulouse, il donna la ceinture militaire au roi d'Ecosse, qui la ceignit lui-même à une trentaine de jeunes seigneurs. Henri avoit pratiqué dans Cahors une intelligence qui réussit. Cette ville se révolta contre le comte de Toulouse, son seigneur, Se se déclara en faveur de l'Anglois. Henri écrivit*^ en même temps au comte de Barcelone, à Trencavel Se à Guillaume de Montpellier, pour les presser de venir le joindre avec leurs troupes; en attendant il attaqua^ divers châteaux qui se rendirent Éd. origin. les uns dc gré 5c les autres de force. Il emporta^ entre autres celui de Verdun, situé sur la Garonne, à cinq lieues de Toulouse, 5c celui de Castelnau d'Estrétefonts, à quatre lieues de la même ville vers le nord-ouest, où il campa pendant quelque temps.
Le comte de Barcelone ne joignit le roi d'Angleterre que vers le commencement du mois d'août^ j il étoit encore '° au delà des Pyrénées, prêt à se rendre à t armée, le 11 de juillet de Van iiSç, comme il paroît par la promesse solennelle qu'il fit alors à l'évêque de Girone de confirmer à son retour, dans une cour générale, la restitution qu'il lui fit de divers biens usurpés sur son église. Enfin Henri ayant reçu les troupes auxiliaires de L^anguedoc Se de Catalogne qu'il attendoit, 5c s'étant avancé vers Toulouse, entreprit le siège de cette ville.
' Robert du Mont, p. 778. * Guillaume de Neubrige, 1. 2, c. 10.
' Roger de Hoveden, p. 28 1 , v". — Voyez tome IV, ^ Robert du Mont, p. 778.
Note LIV. ^ Voyez tome V, Chroniques, n. V. — Catel, His-
' Vie de saint Thomas, dans Belleforêt, Histoire toire des comtes de Toulouse, p. 164. de Louis le Jtune. — Geoffroi, prieur du Vigeois, * Voyez tome IV, Note LIV.
Chronicon, p. 3i 1. ' Catel, Histoire des comtes de Toulouse, p. 2o3.
■* Voyez tome IV, Note LIV, '° Marca Hispanica, p. iSzô,
HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XVIII. 81 i
Le roi' Louis le Jeune, qui étoit déjà arrivé clans la Province, prévo\ant le dessein de ce prince, l'avoit prévenu; il s'étoit jeté dans Toulouse, qu'il avoit eu soin de fortifier 8c de munir de toute sorte de provisions, dans la résolution de la défendre jusqu'à la dernière extrémité, avec le comte Raimond, son beau-frère, qu'il étoit venu secourir. Henri, de son côté, après avoir commencé le siège de cette ville^, ne négligea rien pour en avancer les travaux j mais après y avoir dépensé des sommes immenses, s'être donné des mouvemens infinis Se avoir perdu une partie de ses troupes & plusieurs seigneurs de marque, entre autres Guillaume, comte de Boulogne, fils d'Etienne, roi d'Angleterre, Se Aymon, fils du comte Glocester, il se vit obligé de décamper, tant à cause de la saison déjà avancée, que de la vigoureuse défense des assiégés. Pour couvrir la honte de sa retraite, il prit prétexte de ne vouloir pas donner l'assaut à une ville défendue par son souverain; 8(. sous les apparences spécieuses du respect qu'il avoit pour le roi Louis le Jeune, il reprit la route de ses Etats. II attaqua cependant en chemin quelques châteaux du domaine du comte de Toulouse 8c arriva ainsi à Cahors, que le roi de France avoit remis^ sous l'obéissance de Raimond, après en avoir fait chasser ceux qui tenoient le parti anglois. Henri assiégea cette ville, la prit 8c y laissa une garnison sous les ordres de Thomas"^, son chancelier, à qui il confia le gouvernement de toutes les places qu'il avoit enlevées au comte de Toulouse 8c qu'il chargea de continuer la guerre contre ce prince, conjointement avec le comte de Barcelone, le vicomte Trencavel, le seigneur de Montpellier 8c ses autres alliés. Il remit ^ au même Trencavel quelques châteaux que ce vicomte, pour sortir de prison, avoit été obligé de céder au comte Raimond 8c arriva à Uzerche"^, en Limousin, à la Saint-Michel de septembre, après avoir employé trois mois'' à son expédition. Il prit la route de Normandie au mois d'octobre 8, suivi de Malcolm, roi d'Ecosse, 8c de Guillaume, comte de Mortagne, qui mourut en chemin. Il fut obligé de se rendre dans cette province, pour s'opposer aux progrès de Henri, évêque de Beauvais, 8c de Robert, comte de Dreux, que le roi Louis le Jeune, leur frère, dans le dessein de faire diversion, avoit envoyés sur les frontières avec un corps d'armée. Les deux rois convinrent 9 cependant d'une trêve, au mois de décembre, signèrent enfin un traité de paix, au mois de mai de l'an 1160, 8c le confirmèrent au mois d'octobre suivant.
' Robert du Mont, p. 778. — Roger de Hoveden, ^ Vie de saint Thomas, dans Belleforêt, Histoire
p. 281 verso. — Guillaume de Neubrige, 1. 2, c. 10. de Louis le Jeune.
— Voyez tome IV, Note LIV. — Ai moin, 1. 5, c. 5i. * Robert du Mont, p. 778. — Vie de saint Tho-
'' Ce siège eut alors un grand retentissement. On mas, dans Belleforêt, Histoire de Louis le Jeune.
lit à la fin d'une charte de l'église de Tours : ' Guillaume de Neubrige, 1. 2, c. 10.
« Anno MCLIX", régnante Ludovico juniore Fran- ^ Geoffroi, prieur du Vigeois, Chronicon, p. 3ii.
corum rege , Joscio Turonorum archiepiscopo , anno •" Voyez tome IV, Note LIV.
archiepiscopatùs tertio, <juo rex Anglorum Tolosam * Robert du Mont, p. 778.
obsedit. » Collection de dom Housseau, n. 1821. ^ Ibid, p. 780.
An 1 1 ;><;
An I 160
,„,,. 8i3 HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XVIII.
An 1 1 Oo
XXXIX. — Le comte de Toulouse dépouille Vévêque de Vaison de ses domaines.
Durant ces négociations, Raimond, comte de Toulouse, fit un voyage du côté du Rhône. Ce prince alla à Carpentras, où il rendit', le ii de janvier de l'an 1160, tant en son nom qu'en celui à' Alphonse, son Jrère, moyennant la somme de deux mille sols melgoriens, à Raimond, évêque de cette ville, le château de Venasque , avec ceux de Baux 8(. de Malamort, 8c quelques villages qui en dépendoient, 8c ne retint sur ces domaines, tant pour lui que pour son Jrèrey que les chevauchées ^ Valhergue. Guillaume de Sabran, son connétable, Bertrand de Baux 8c cinq autres seigneurs ou barons du pays jurèrent l'observation de cette restitution, que le comte confirma le lendemain."
Ce prince ne traita pas si favorablement Béranger de Mornas, évêque^ de Vaison , qu'il assiégea vers le même temps dans sa ville épiscopale dont ce prélat se prétendoit seigneur; comme les habitans manquoient d'eau, ils furent bientôt contraints de se rendre. Le comte livra alors la ville 8<. le palais Éd. origin épiscopal au pillage 8c fit ensuite mettre le feu aux quatre coins, en sorte qu'elle fut bientôt consumée. Il se saisit des domaines de l'évêché, entre autres des châteaux de Crestet 8c de Râteau, qu'il garda jusqu'à la mort de Béranger, laquelle arriva en 1178. On ignore le véritable motif de cette exécution militaire, 8c les conjectures qu'un moderne "^ a données là-dessus n'ont aucun fondement. Peut-être que l'évêqué de Vaison s'étoit ligué avec le comte de Barcelone 8c les autres ennemis de Raimond.
Nous avons une nouvelle preuve que ce dernier prince étoit du côté du Rhône en 1 160 dans une donation qu'il fit"^ alors, avec la reine Constance, sa femme, à l'abbaye de Saint-Gilles 8c à Bertrand qui en étoit abbé. Cet abbé, qui étoit de la maison^ de Saint-Cosme, obtint du pape<5 Adrien IV une bulle qui l'exemptoit de la juridiction de l'archevêque de Narbonne, légat du Saint- Siège, 8c de tous les autres légats, à moins qu'ils' ne le fussent a latere. Adrien lui accorda en même temps l'usage de la mitre, à cause de la dignité de son église.
Le comte de Toulouse, après avoir mis ordre aux affaires de son marquisat de Provence, repassa le Rhône 8c vint à Nimes, où il vendit, au mois d'octobre'' de l'an 1160, au chapitre de la cathédrale la moitié des marais du lieu de Fontcouverte, dans ce diocèse. La reine Constance, sa femme, qui l'accompagnoit dans tous ses voyages, confirma cette vente &c la souscrivit. Raimond étoit de retour à Toulouse à la fin de l'année; il accorda alors une exemption ^
' Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu- ^ Voyez tome V, Chartes & Diplômes, numéro DXX, la i'^'' charte citée sous ce numéro. méro DXXIX.
' Columbi, ie Rcèus gesîis episcoporum Vasionen- * Archives de l'abbaye de Saint-CilIes.
ii'uw, p. 187 & seq. ' Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu-
^ Ibid. p. 385. méro DXX, la 2'' charte citée sons ce numéro.
^ Archives de l'abbaye de Saint-Gilles. * Ib'id.
HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XVIII. 8i3
de péage dans tous ses domaines aux religieux de l'abbaye d'Aiguebelle, de l'ordre de Cîteaux, située dans le Toulousain.
XL. — Monnoîe de Carcassonne. — Privilèges de la ville de Castres. — Juifs
de Bé-^iers.
Trencavel, de son côté, s'étant rendu à Carcassonne après l'expédition de Toulouse, donna, par un acte du 8 d'octobre' de l'an 1 159, la monnoie de cette ville à fabriquer, & en régla le poids & l'aloi. Il confirma % l'année suivante, V ajfranchissement 5c les privilèges que les vicomtes Bernard-Aton, son père, 8c Roger, son frère, avoient accordés autrefois aux chevaliers 6* aux bourgeois de Castres. Ces privilèges consistoient principalement dans l'exemption de queste 8c de tolte. Le vicomte retint, avec la justice que son père s'étoit réservée, le droit de chevauchée sur les habitans de cette ville qui étoient tenus de marcher à son service dans l'Albigeois 8c le Toulousain, quand il le jugeoit à propos, 8c dans les autres pays, seulement lorsqu'il combattoit en personne.
Ce vicomte reçut la même année une somme considérable des Juifs de Béziers, pour l'abolition d'une ancienne coutume qui leur étoit fort onéreuse. Le jour des Rameaux^, l'évêque montoit en chaire 8c faisoit un discours au peuple pour l'exhortera tirer vengeance des Juifs qui avoient crucifié Jésus-Christ. Il donnoit ensuite la bénédiction à ses auditeurs, avec la permission d'attaquer ces peuples 8c d'abattre leurs maisons à coups de pierre, ce que les habitans, animés par les discours du prélat, exécutoient toujours avec tant d'animosité 8c de fureur, qu'il ne manquoit jamais d'y avoir du sang répandu. L'attaque, dans laquelle il n'étoit permis d'employer que les pierres, commençoit à la première heure du samedi avant les Rameaux 8c continuoit jusques à la dernière heure du samedi d'après Pâques. Guillaume, évêque de Béziers, honteux sans doute de ce que ses prédécesseurs avoient autorisé une coutume qui, pour être ancienne, n'en étoit pas moins blâmable, consentit à son abolition avec son chapitre 8c en donna un acte authentique entre les mains du vicomte Raimond-Trencavel, le 2 mai de l'an 11 60, avec menace d'excommunier tous les clercs qui inquiéteroient dorénavant les Juifs, 8c promesse de ne plus soutenir les laïques. Il reçut pour cela la somme de deux cents sols melgoriens des Juifs de Béziers, qui s'engagèrent de plus à payer tous les ans, le jour des Rameaux, quatre livres monnoie de Melgueil, pour être employées aux ornemens de la cathédrale. Suivant cet acte, les Juifs occupoient alors à Béziers un quartier séparé 8c entouré de murailles. Vn auteur^ rapporte cet événement à l'an 1162, mais il se trompe.
' Tome V, Chartes & Diplômes, n. DXIX. Labbe,t. 2, p. 3o6 & seq. — Catel, Mémoires pour
' Ibii. n. DXXI. l'Histoire du Languedoc, p. 523 & suiv.
' Geoffroi , prieur du Vigeois, Chronicon, dans ^ Andoque, Histoire de Bé\lers, p. 6a.
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An 1 loo '
XLL — Evêques de Bé-^lers. — Divers hommages rendus au comte de Foîx
6^ à Trencavel.
Guillaume, évêque de Béziers, qui abolit cette coutume, avoit succédé depuis peu à Raimond. Il est fait mention de ce dernier dans une exemption de péage, que Hugues, abbé de Villemagne', accorda en 1169 aux religieux' de Salvanès Éd. origin. en Rouergue, en présence de Béranger, archevêque de Narbonne, légat du Saint-Siège, de Raimond, évêque de Bé-^iers, de Pierre, évêque de Lodève, Se d'Ermengarde, vicomtesse de Narbonne.
Il paroît que Trencavel demeura en paix durant toute l'année 1160 &. la suivante, 5c nous n'avons de lui, pendant ce temps-là, que divers hommages qui lui furent rendus. Il reçut, le 8 de mars de l'an 1160, celui du château de Montpezat^, en présence de Roger-Bernard, comte de Foix, qui reçut luimême en 1 160 8c 1161, avec son fils Roger, les hommages^ de ses vassaux, entre autres des seigneurs de Mirepoix. Trencavel fit une donation '^ à l'église d'Albi, au mois de février de l'an 1161. Il étoit dans l'église de Sainte-Marie de Carcassonne, située auprès de son palais, lorsque Guillaume, fils de Guillaume, vicomte de Minerve & de Garsinde, lui prêta serment de fidélité, & à Roger, son fils, au mois de décembre de la même année, pour le château de Lauran, dans le Narbonnois, que son père lui donna en même temps j ce qu'il fit en présence de Gaucelin , prieur de VHôpital de Jérusalem.
XLII. — Nouveau voyage du comte de Toulouse du côté du Rhône.
Raimond, comte de Toulouse, entreprit un voyage avec Constance, sa femme, aux environs du Rhône, au commencement de l'an 1161, 5c il vendit alors pour la somme de cent cinquante marcs d'argent^ aux frères de la milice du Temple de la maison de Saint-Gilles, 5c à Hugues de Barcelone, procureur de cette même milice en Espagne 5c en Provence, soixante muids de terre dans le pays d'Argence, situé le long du Rhône : l'acte est souscrit par Berraond d'Uzès 5c Éléazar, son fils. Le comte revint sans doute bientôt après dans sa capitale, car la guerre s'étant renouvelée^ dès la fin de l'année précédente entre les rois de France 5c d'Angleterre, il avoit tout sujet d'appréhender que ce dernier ne commît quelques hostilités contre lui. Les deux rois étant cependant convenus d'une trêve à la Saint-Jean de l'an 1161, celui d'Angleterre vint assiéger le château de Castillon, situé au-dessus d'Agen, 5c le prit le jour de Saint-Laurent, après sept jours de siège. Un historien -^ moderne prétend que
' Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu- ■* Tome V, Chartes & Diplômes, n. DXXIV, la
méro DXVIII, la i"''^ charte citée sous ce numéro. i'"'' charte citée sous ce numéro.
' Ibid. n. DXXIV, la 2'' charte citée sous ce nu- ^ Ib'td. n. DXXIII.
méro. ** Robert du Mont, Chronicon,
^ Ibid. n. DXXII, le i^' extrait cité sous ce nu- ' Daniel, Histoire de France, édit. in-fol. t. I,
méro. p. 1224.
HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. LIV. XVIII. 8i:, — —
Au I 101
ce prince fit alors une incursion dans le comté de Toulouse, St que le château de Castillort ou Châtillon dont il s'empara appartenoit au comte Raimond j mais les anciens ne rapportent point cette circonstance, 8(. il est certain que, les comtes de Toulouse n'avoient alors aucun domaine dans l'Agenois. Il est donc plus vraisemblable que Henri assiégea ce château sur les Gascons qui s'étoient révoltés contre lui, ainsi qu'un ancien historien ' le donne assez à entendre. Il ne paroît pas d'ailleurs que ce prince ait fait la guerre en 1161 au comte Raimond 5 nous voyons au contraire qu'il entra en paix cette année dans Toulouse, 8<. qu'il assista avec le roi Louis le Jeune k un célèbre concil ; qui fut tenu alors dans cette ville, & dont voici l'occasion.
XLIII. — On-iième concile de Toulouse. — Èvêques de Maguelonne,
Le pape Adrien IV étant décédé le i" de septembre de l'an iiSg, le plus grand nombre des cardinaux élurent Alexandre III pour remplir la place, tandis que les autres nommèrent de leur côté le cardinal Octavien, qui prit le nom de Victor III, ce qui mit le schisme dans l'Église. Victor trouva moyen d'attirer à son parti l'empereur Frédéric I, qui assembla un concile à Pavie sous prétexte d'y examiner quel des deux papes étoit le légitime, 8c se déclara entièrement en sa faveur. Cet antipape, fier d'avoir gagné un tel suffrage, mit tout en œuvre pour se faire de nouveaux protecteurs, & sachant les services considérables que les seigneurs de Montpellier avoient rendus autrefois en France aux papes persécutés, il tâcha de gagner Guillaume VII, à qui il écrivit de Pavie*, le i3 de septembre de l'an 1160, au nom de l'empereur. La lettre de Victor est pleine de termes de douceur, d'amitié Se d'estime envers le seigneur de Montpellier dont il implore la protection. « C'est pour cela, ajoute-t-il, « que nous envoyons vers votre grandeur Bardin, notre sous-diacre, en qualité « de légat a latere du siège apostolique : nous vous prions de le recevoir favoa rablement 8c de l'aider en tout ce qui dépendra de vous dans les affaires qu'il « a à traiter dans l'étendue de votre domination. » Guillaume ne fit aucun cas de cette lettre 8c se déclara ouvertement en faveur d'Alexandre, ainsi qu'un grand nombre d'évêques de France que le roi Louis le Jeune assejnbla à Beauvais au mois de juillet de l'an 1 161. Jean de Montlaur, évêque de Maguelonne, fut entre autres un des premiers 8c des plus zélés protecteurs du même pape. Ce prélat étoit d'une ancienne maison^ du diocèse : après avoir été cha- ^éJ. origin. noine de Maguelonne, il avoit succédé à Raimond, qu'on fait de la maison de Posquières 8c qui avoit été élu en 1 1 2g. Ce dernier possédoit encore l'évêché de Maguelonne au mois d'octobre de l'an iiSS, comme il paroît par la lettre que le pape** Adrien IV lui écrivit alors, pour lui défendre de s'approprier, comme
■ Robert du Mont, Chronicon. ' Gariel, Séries praesulum Magalonensium, 2' éàit.
' Ganel, Séries praesulum Magalonensium j 2''éJit. p. 202. — Gallia Christiana, t. 3, p. 568 & seq. p. 202. ^ Gariel, ibid. p. 199.
An 1161
il faisoit, les revenus de son chapitre. On prétend' que Raimond se démit de son évêché la même année, en faveur de Jean de Montlaur, & qu'il vécut encore longtemps après 5 mais il n'y a aucune preuve que le premier ait survécu à l'autre. On ajoute que Jean de Montlaur se rendit encore plus recommandable par son savoir 5c son éloquence, que par la noblesse de son extraction. Ce prélat reconnoissoit Alexandre III dès le commencement de l'an 1161, comme il paroît par diverses lettres^ que ce pape lui écrivit alorsj il assista sans doute au concile qui fut tenu la même année à Toulouse.
Ce concile fut assemblé après celui de Beauvais^, & par conséquent vers la fin de l'année. Les deux rois de France & d'Angleterre qui l'avoient fait convoquer s'y trouvèrent en personne, avec cent évêques ou abbés de leurs États. Les légats d'Alexandre 8c de Victor, savoir trois cardinaux du parti du premier. Se deux de celui du second, s'y rendirent avec les ambassadeurs de l'empereur 5c du roi de Castille. On assure"^ que Raimond de Dourgne, abbé de Saint-Pons de Thomières, y assista aussi. L'assemblée-^, après avoir mûrement examiné les raisons des deux contendans, que leurs légats firent valoir autant qu'il leur fut possible, se déclara enfin pour Alexandre 5c excommunia Victor.