III. ï
An lois
An 101 3
An 101 3
Ed. origin.
t. Il, p. 148.
dédier le 22 d'août de Tan 1024 par Etienne, évêque d'Agde. Cette église vînt depuis au pouvoir de Tabbaye de Conques en Rouergue, qui possédoit déjà quelques domaines à Palais, par la donation ' que Raimond II, comte de Rouergue & marquis de Gothie, lui en avoit faîte. Le même Richard I, vicomte de Millau, fut aussi un des bienfaiteurs^ de cette abbaye.
Bernard, second mari de Garsinde de Béziers, étoit seigneur d'Anduze & de Sauve, châteaux situés dans le diocèse de Nîmes, sur les frontières ou marches de celui de Maguelonne, ce qui fit sans doute qu'il prit la qualité de marquis. En effet, outre que ses descendans ne furent que de simples seigneurs & que l'un d'eux ^ se qualifie marquis du château dfAndu-^ey ce qui détermine la signification du titre de marquis que prenoit Bernard, nous ne voyons pas que ce dernier ait possédé aucun comté ou vicomte ; il est vrai qu'on lui donne la qualité de prince d'Andu-^e dans un ancien monument^ & que Pierre^, son petitfils, prend celle de satrape de Sauve ; mais cela prouve tout au plus qu'ils ne reconnoissoient d'autre supérieur dans leur domaine que le roi^. II est vrai aussi que Garsinde de Béziers se qualifia toujours comtesse depuis son second mariage avec Bernard d'Anduze^, mais ce fut parce qu^elle avoit été femme d'un comte en premières noces, car suivant l'usage de ces siècles, une dame qui se remarioit avec un seigneur d'un rang inférieur à celui de son premier époux, conservoit sa première qualité comme la plus honorable. C'est ainsi que les reines veuves ou répudiées, qui épousoient alors en secondes noces des comtes ou de simples seigneurs, gardèrent le titre de reines après leur second mariage.
Il y a quelque lieu de conjecturer^ que Bernard d'Anduze descendoit des anciens vicomtes de Nimes, & qu'il étoit fils d'un seigneur appelé Almérade. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il a donné l'origine à une des plus illustres maisons de la Province. Il avoit eu trois fils d'Ermengarde, sa première femme ^, savoir: Frédol, Gérald ou Géraud & Almérade. II en eut deux autres de Garsinde de Béziers: Raimond 8c Bermond. Almérade, le troisième du premier lit, se maria & eut un fils qui hérita de son domaine. Raimond, l'aîné, du second lit, mourut sans enfant, 6c Bermônd, son frère, continua la postérité. C'est de celui-ci que la maison d'Anduze a pris le surnom de Bermond. Quant à Frédol 8c à Géraud, ils furent élus évêques : le premier du Puy, 8c l'autre de Nimes.
* Voyez tome V, Chartes & Diplômes , numéro CXXXIX, la i*"* charte citée sous ce numéro.
» liid.
' Ihid, n. CCLXXI , 3^ charte citée sous ce numéro.
^ liid, n. CLVI, 2* charte citée sous ce numéro.
^ Ihid, n. CCLXXI, 4' charte citée sous ce nuttéro.
^ On ne doit pas attacher d'importance à ces titres de princeps, de satrapes Su autres semblables, que l'on trouve souvent employés dans les chartes pour désigner des comtes & quelquefois de simples
seigneurs. Ce sont des termes empruntés à l'antiquité profane par des clercs lettrés, mais qui, dans la bouche des écrivains du moyen &ge, n*ont d'autre signification que celle de eomes ou de dominus. 11 en est de même de celle de consul, employée ailleurs comme synonyme de cornes, [E. M.]
' Voyez tome V, Chartes 8c Diplômes, numéros CXLVI, eu. CLVI, CLXIX, CLXXV.
• Voyez tome IV, Note XXI, A. 43.
• Voyez tome V, Chartes 8c Diplômes « numéros CLII, CLXXX. —Voyez tome IV, VofeXXI, n. 1 1.
t/ An 1016
LXII. — Frédol &» Géraud d'Andw^ey évêques, fun du Puy &• Vautre
de Nimes,
Frédbî avoit déjà succédé ' dès Tan 1016 à Gui, évêque du Puy. Le. çlergc 6c le peuple du Vêlai l'élurent par un suffrage unanime 8c eurent moins d'égard à son illustre naissance qu'à ses excellentes qualités. A peine çut-il pris possession de son église qu*U la combla de biens, aussi bien que le monastère de Saint-Pierre du Puy, fondé par Gui d'Anjou, l'unde ses prédécesseurs. Il fit une donation en faveur de ce monastère l'an ici 6 : elle est souscrite entre autres par le comte PonSj le même peut-être que le comte de Gévaudan de ce nom dont on a déjà parlé, à moins que Guillaume Taillefer, comte de Toulouse, n'ait donné de son vivant à Pons, son fils aîné, le titre de comte d'Auveigne 8c de Vêlai à raison de la suzeraineté qu'il s'étoit réservée, à ce qu'il paroît^, sur ces deux pays. Quoi qu'il en soit, FrédoP étoit encore évêque du Puy en 1020. On ignoré l'époque de sa mort ; on sait seulement qu'il décéda le 2 du mois ^ d^octobre. 11 donna ou restitua quelques terres dans le comté de Substantion à l'abbaye d'Aniane. Salvatîus^, alors abbé de ce monastère, avojt succédé à Rainald. Ce dernier acquit avec ses religieux, d'Etienne, évêque d'Agde, deux villages du diocèse de Béziers, la cinquième année dii roi Robert, ou l'an looi.
Quant à Géraud, second fils dç Bernard d'Anduze, il parvînt à l'évêché^ de Nîmes presque dans le même temps que Frédol, son frère, à celui du Puy, 6c il le possédoit déjà en ioi5. Il succéda à Frotaire, frère d'Aton, vicomte d'Albi 8c' de Nîmes, qui occupoit encore ce siège en 1014 8c qu'on a prétendu sans aucun fondement '^. avoir été fils aîné du même Bernard d'Anduze.
LXin. -^ Archevêques de Narhonne. — Èvêques de Béliers &» de Lodève.
Matfred, évêque de Béziers 8c de Lodève, conserva ces deux évêchés jusques à sa mort. Ilvivoît encore au mois d'octobre de l'an îoio qu'il se trouva^ avec Erinengaud, archevêque de Narbonne, à l'élection de Borrel, évêque d'Ausone^. Urbain, son successeur dans l'évêché de Béziers, consacra en iot6, par ordre du même archevêque, la chapelle de Saint-Martin dans l'église de Quarante, Éd.origîn. suivant les mémoires tirés de cette abbaye. On prétend ^ cependant qu'Etienne étoit évêque de Béziers cette même année j mais on l'a confondu avec un évêque de ce nom qùî vivoit beaucoup plus tard.' On donné*^ poul* successeur
à Matfred dans l'évêché de Lodève uh certain 01imb^l[u^. Bernard^ dont pn a
' Voyez tome' V, Çhroniijiiei, n.. IV. —i. Voyez ' • Vbycz wiïiè IV, ?/dW XVIIl, n. lo-. tome IV, Nt^te XXVIU, n. 5. - • '' ' Uid. n. 1 1.
' Voyez tome W/Note XVII, n^ 6» ^Marca Hispanica, p. 996 8cseq. — Voyez tome IV,
' Voyez t«iil« VyCbàrtBi'&WplômeSyfuCLII. ATdfer XVIII, ti. 9.
'* Voyez tome V, Chtx>AÎques^' n. IV. ♦ Andoque, Histoire d^ Bé^ien, p* 54» •
* Mal>Ukm, adannr looi^ n. 16. *• Plantavit, Chronol, praes* Lodo9. p. 75& sea» .
^^ ^^j^ 248 HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. LIV. XIII.
fait deux évêques', avoit déjà succédé à ce dernier dès Tan loSi. Il mourut en 1045.
Ermengaud étoit donc encore archevêque de Narbonne^ en 1016, mais il ne survécut pas longtemps. Après sa mort , l'archevêché de cette ville , qui étoit alors un des plus riches de la chrétienté, excita la cupidité ^ de divers prétendans. Adalger, abbé de Conques en Rouergue, se mit sur les rangs, & non content d'avoir acheté cette abbaye à beaux deniers comptans avec celle de Figeac, il en vendit les biens pour marchander Tarchevêché de Narbonne. Guifred, comte de Cerdagne, se donna de son côté'* de grands mouvemens pour procurer ce bénéfice à Guifred, son fils puîné, qui n avoit alors que dix anis. Le succès de ses démarches lui parut d'autant plus assuré, qu'outre la grandeur de sa naissance 8c de ses domaines, il étoit allié de Raimond, vicomte de Narbonne, qui, suivant l'usage de ce siècle, devoit disposer en quelque manière de l'archevêché de cette ville. Béranger, fils aîné de ce vicomte, avoit épousé^ en effet dès lors Garsinde, fille de Bernard, comte de Besalu, & nièce du comte de Cerdagne, son frère. Celui-ci^, comptant sur cet appui, se rendit d abord à Narbonne 8c agit avec ardeur auprès du vicomte Raimond, de Ricarde sa femme, 8c de Béranger leur fils, son allié, pour les engager dans ses intérêts. Il promit au premier cent mille sols à partager entre lui (y le comte de Rouergue, qui, en qualité de marquis de Gothie 8c de comte particulier de Narbonne, avoit aussi part à l'élection de l'archevêque. Le vicomte 8c sa femme firent d'abord difficulté d'accepter ces offres; mais Béranger leur fils, moins scrupuleux, soutint avec tant de fermeté la demande du comte, que le vicomte son père, pour ne pas le chagriner, y consentit enfin. Le jeune Guifred fut donc élu après que le comte de Cerdagne, son père, eut compté pour Vévêché la somme promise, que le comte de Rouergue 6» le vicomte de Narbonne partagèrent. Le nouvel archevêque fit serment en même temps à ce dernier 8c à Béranger, son fils, de ne leur porter aucun préjudice, 8c quoiqu'il fût encore fort jeune, il fut sacré néanmoins bientôt après, en sorte qu'il faisoit les fonctions ^ épiscopales à l'âge de quinze ou dix-huit ans tout au plus. Ce désordre doit paroître d'autant moins surprenant, qu'il étoit alors presque général dans l'Église. Celle de Rome n'en fut pas exempte, 8c l'on vit quelques années après un pape (Benoît IX) âgé seulement de douze ans.
' Plantavit, Chronologia praesulum Lodovensium, ** Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. CCXI.
p. 75 8c seq. ^ Voyez tome IV, Note XXXV, n. 5.
* Aguirre, Conciles d Espagne, t. 3, p. i36. ^ Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. CC XI
3 Voyez tome V, Chartes 8c Diplômes, n. CCXI. ' Ibid, — Marca Hispanicu, p. 1034.
Gallia. Christianay nov. edit, t. 1, p. 241.
^ ^ An lojo
LXIV, — Erection 6» suppression de Vévêché de Besalu soumis à la métropole
de Narbonne.
Bernard, comte de Besalu, & oncle du jeune archevêque de Narbonne, fit un voyage à Rome avec ses fils Guillaume 8c Guifred à la fin de Tan ici 6, peut-être pour demander au pape Benoît VIII, qui occupoit alors le siège apostolique, la confirmation de l'élection de son neveu. Nous savons du moins qu il y sollicita*, tant en son nom qu'en celui de Guifred, comte de Cerdagne, son frère, l'érection d'un siège épiscopal pour leur domaine, qui dépendoit pour le spirituel des diocèses voisins & qui comprenoit les comtés de Besalu, de Valespir 8c de Fenouillèdes possédés par le premier, 8c ceux de Cerdagne, de Berga 8ç de Gonflant avec une partie du Razès, par l'autre. Bernard, pour obtenir plus facilement du pape la grâce qu'il demandoit, fit beaucoup valoir auprès de lui les dernières dispositions du comte Oliba, son père, qui en mourant l'avoit laissé, avec ses frères, sous la protection 8c en quelque sorte sous la tutelle du Saint-Siège. Il proposa trois monastères, savoir : Notre-Dame de Ripoll, Saint-Paul de Fenouillèdes 8c Saint-Geniès de Besalu, pour y placer le siège épiscopal dont il demandoit l'érection 8c qu'il offrit de doter de son propre fonds. Enfin il pria le pape de vouloir sacrer lui-même pour ce nouvel évêché Guifred, son fils, qu'il avoit amené avec lui. Benoit écouta favorablement la demande du comte 8c fit expédier en conséquence une bulle le 26 de janvier, indiction xv ou l'an 1017, par laquelle il lui permet d'établir un évêché clans l'un des trois monastères qu'il avoit désignés. Il se réserva en même temps, 8c à ses successeurs, la consécration des évêques qui seroient tenus de payer chacun une livre d'or à l'Église romaine, non pas, dit le pape, pour ^Éd. origiru cette consécration, mais pour marque de soumission &• d^ohéissance. Il défend à ces prélats de porter les armes contre les chrétiens, 8c à toutes sortes de personnes de les y contraindre.
Le comte de Besalu fut à peine de retour dans ses États, qu'il choisit l'abbaye de Saint-Geniès de Besalu pour y fixer le siège épiscopal. Il le dota de plusieurs églises 8c domaines, situés dans les six comtés de son domaine 8c de celui de son frère dont on a déjà parlé, 8c qui dévoient former le nouveau diocèse de Besalu. Il défend par sa charte à toutes les puissances, au pape même & au concile général, de rien changer à cette disposition ; 8c en cas que cela arrivât, il ordonne que tous les biens qu'il donnoit pour cela lui reviendroient ou à sa postérité. L'acte est daté du mois de février de Vannée ici 7, la vingt et unième du règne de Robert, 8c souscrit après lui par la comtesse Xote, sa femme, Guillaume, son fils, qui voulut contribuer de moitié à cette fondation, Dalmace, vicomte de Besalu, Guillaume, vicomte de Valespir, Pierre, vicomte de Fenouillèdes, Segarius, du château de Pierrepertuse, 8c plu sieurs autres seigneurs, ses vassaux ou du comte de Cerdagne, son frère.
* Marea Hispanica, p. 1 007 & seq.
t. II, p. i5o.
An 1017
HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. LIV. XIll.
Bernard légua en 1020, par son testament', levêché de Besalu à Henri, son second fils, à condition que celui-ci le tiendrait en jiej de Guillaume, son frère aîné, après la mort de Guifred, leur autre frère, qui en avoit été pourvu j mais malgré toutes les précautions du comte pour empêcher la suppression de ôet é^êcïié 8c le perpétuer dans sa famille, il fut supprimé bientôt après. L'archevêque de Narbonne* & les évêques d'Elne, de Girone, d'Urgel & d'Ausone s'opposèrent si fortement à son érection, faite sans leur consenternent & aux dépens d'une partie de leurs diocèses, qu'ils la firent échouer.
LXV, — Siège de Narbonne par les Sarrasins. — Leur défaite.
Tandis que I0 comte de Besalu étoit en Italie, les Sarrasins de Saragosse éten'dirent^ en 1017 leurs courses jusques à Barcelone, sous ia conduite de Mûndic, leur gouverneur. H y a lieu de croire qtie Raimond, comte de cette dernière ville, voulant s'exposer à leurs entreprises, fut tué dans cette occasion, car nous -savons qu'il mourut la même année.- Après sa inort| les infidèles continuèrent la guerre' contre Ermessinde de Carcassohne, sa veuve, tutrite du j« une comte Béranger, leur fils. D'un autre côté, le« Sarrasins de Cordouef 8c d'Andalousie s'étant mis*^ en mer, allèrent débarquer de nuit sur les côtes de la Septimanie, dans l'endroit le plus voisin de Narbonne. Ils comptoient'dé surprendre cette ville 5.- sur l'assurance que leurs devins leur avoient donnée qu'ils s'en rendroient facilement les maîtres, ils l'investirent de grand matin ; mais ils fuï*ent bien trompés dans leur attente. Les habitans se voyant assiégés eurent recours à' la prière y 8c ayant feiît une communion générale, ils firent une sortie si vigoureuse sur les assiégeans, qu'ils passèrent les uns au fil de l'ëpée, emmenèrent les autres prisonniers^ 8( se saisirent de tout leur bagage. Ayant ensuite partagé le butin 8c les prisonniers, ils exposèrent ces derniers en vente, à la réserve d'une vingtaine qui étoient d*une tàîlle très- ' avantageuse '8c dont ils firent présent à Josfred, abbé de Saint-Martial de Limoges, lequel en retint deux à son, service 8c donrïa les autres. à plusieurs princes étrangers qui se trouvoient alor^ en- cette ville. Nous appredpns toutes cescirconstancesd'iin historien contemporain ^, qui remarque que ces captifs ne parlaient- pasMa langue! pfopite <les Sarrasins, mais une espèce de bara- ' gouin, 8c c(u'en parlant ils jiappoieiit domme de petits chiens.- Get auteur fait -mention de cet événement dorit il- ne riiarqtie pas l'époque précise^, aprè^' avoir parlé del^lectîon d'hambért à l'évêché de t^oitiers. Comme ce pttlat ne succéda^ à Gislabèrt, son prédécesseur, qu'après* le mois de* mars de l'an* ioi88c que Josfred,abbé de Saint-Martial de Limoges, mourut^ sur la fin de Tan 1019,
^ Marca Hispankf, p. içaS.
' Ibid. p. 42(5.
^ Ferrcrcis, 9<1 ann. 1017.
^ iMh^mar de Chatanais, p. l'jj*
^ Adhémar de Chabanaîs, p. ,1^77. . •
^ Ihid. p. 177. . ^ X .
* Mabillon, ad ann. loi^^n. X»6« . .
HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. LIV. XIII. iSi "": T
An 1018
H s*cn$uît de là que les Sarrasins firent leur tentative sur Narbonne ou vers la fin de Tan 1018 ou au -commencement de Tannée suivante.
LXVL — Mort de Raimond, vicomte de Narhonne. — Béranger, son fils^ lui
succède.
Raimond, vicomte de cette ville, périt peut-être alors, car c'est à peu près Tépoque de sa mort. Il est du moins certain qu'il ne survécut pas longtemps à Tarchevêque Ermengaud, son frère,- & que Béranger, son fils, lui avoit déjà succédé ' en io23. Raimond eut de Richarde, sa femme, deux autres fils nommés Ermengaud &c Guillaume. Il est parlé du premier dans le testament de la vicomtesse Adélaïde, son aïeule, de Tan 990^, & comme il étoit l'aîné, à ce qu'il paroît, il mourut sans doute avant son père. Ermengaud, arche- t^ji°"f5; vêque de Narbonne, fait mention de l'autre dans son testament 3, suivant lequel il semble qu'on le destinoit à la cléricature. Nous ignorons s'il survécut à Raimond, son père, qui eut encore une fille appelée Ermengarde, laquelle avoit déjà épousé en ioo5'* Loup-Aton, fils puîné d'Aton, vicomte de Soûle.
Béranger, après avoir succédé à la vicomte de Narbonne, reçut, avec sa femme Garsinde l'hommage ou serment^ de fidélité de ses vassaux, entre autres de Guillaume Hibrini, fils d'Adélaïde, pour les châteaux de Durban 6c de Saint- Martin j de Pierre Amélius, de Pierrepertuse, pour la ville de Narbonne 8c ses dépendances, où il possédoit sans doute quelques fiefs; de Pierre, fils de Blimode, 8c de Bermond, fils de Garsinde, pour le château à'UgemOy aujourd'hui Beaucaire^ sur le Rhône. Ce Pierre promet 7, après la mort du vicomte, la même fidélité envers son fils, supposé que celui-ci, ajoute-t-il, me prête serment pour ce château, ou par lui-même^ ou par quelqu'un de mes pairs. Enfin on met ^ au rang des vassaux de Béranger, vicomte de Narbonne, le comte Hugues, fils de Richarde, qui lui fit hommage, à ce qu'on prétend, pour un terroir appelé de Fonte Pelaginaf mais on n'a pas fait attention que c'est deHugues, comte de Rouergue 8c de Narbonne 8c marquis de Gothie, suzerain de Béranger, qu'il s'agit ici. On a donc pris pour un hommage le serment que les seigneurs dominans faisoient fréquemment, dans ce siècle 8c le suivant, à Uurs vassaux ou à leurs inférieurs, de les laisser jouir paisiblement de leurs fiefs, ou de leurs domaines. Au reste Richarde, mère de Béranger, vicomte de Narbonne, vivoît encore en 1082, 8c elle souscrivit^ alors à une donation qpe le même vicomte, son fils, fit à la cathédrale de Narbonne pour son âme, pour celle de Raimond, son père,8cde l'archevêque Ermengaud, son oncle. Garsinde, femme
' Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. CXLIII. *Catel, Mémoires de l'histoire du Languedoc,
* Ihid. n. CXXIX. p. 582. — Voyez tome IV, Note XXXVIII.
» lèid, n. CXLI. ' Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. CLIII.
* Ihid, • Catel , Mémoires de l'histoire du Languedoc,
* lèid. n. CLIII. — Cûtel, Mémoires de l'histoire p. 53 1. — Besse, Histoire de Narèonne, p. 542. du Languedocj p. 58o. ^ Voyez tome V, Chartes 8c Diplômes, n.CLXIX.
An ioi9
HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. LIV. Xllï.
de Béranger, & Raimond, leur fils, y souscrivirent. Il est encore fait mention de ce vicomte & de sa femme dans un acte* de l'an io35.