‹ Histoire générale de Languedoc, avec des notes et les pièces justificatives (volume 3)Chapitre 146 sur 234 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

I. — Union du marquisat de Provence au domaine de la maison de Toulouse.

An- 1087

PONS avoît environ quarante-cinq ans dans le temps de la mort de Guillaume Taillefer son père, qui, à cause de son grand âge, s'étoit peut-être Éd. ongm. démis auparavant en sa faveur du comté de Toulouse. Nous savons du ^' "»p-'77' moins que Ponssequalifioit comte dès Tan 1004 *, & Ton a déjà vu qu'il possédoit par lui-même la plus grande partie du domaine de sa branche du vivant de son père, puisque dans son contrat de mariage avec Majore *, il lui assigne en son nom, pour douaire, Tévêché Se la ville d'Albi, la moitié de Tévêché de Nîmes, &c., qui dépendoient certainement de l'ancien domaine de la maison de Toulouse. A Tégard du château de Tarascon, situé au delà du Rhône dans le diocèse d'Avignon, & de la terre d'Argence qui comprend la partie de celui d'Arles qui est en deçà de ce fleuve, il paroît que Pons, qui les assigna aussi pour le douaire de Majore, sa femme, les tenoit ou d'Emme, sa mère, ou plutôt de Guillaume III, comte de Provence, frère de cette princesse, dont il hérita avec Bertrand, son frère.

Comme nous ne trouvons ^ plus aucun monument après l'an 1024, où il soit ^^- o^R'"fait mention d'Emme de Provence, comtesse de Toulouse, cela nous donne lieu de croire qu'elle mourut avant Guillaume III, son frère, qui vivoit encore en io36. Ce dernier, qui avoit succédé après l'an 1008 à Rotbold son père, posséda d'abord par indivis le comté de Provence avec Guillaume II, son cousin

■ Mabillon, ad ann. 1004, n. Sp. * Voyez tome IV, Note XIV, n. 12 & 20, 8c

•TomeV, Chartes & Diplômes, n. CLXXÏX. Note\Ll,

■main, & ensuite avec Geoffroi 6t Bertrand, fils de ce comte. Il décéda sans fansj & s'il est vrai, comme il le paroît, que Pons, son neveu, fils de Guilime Taillefer, comte de Toulouse, eût hérité de lui du château de Tarascon de la terre d'Argence dès le mois de septembre de l'an loB?, c'est une preuve 'il étoit alors déjà mort Et que le comte Guillaume Taillefer, son beau-frère, survécut. Ce qu'il y a de certain, c'est que Pons 6t Bertrand, ses neveux, , de ce prince, héritèrent de lui & de la comtesse Emme, leur mère, de la litiéducomté de Provence qu'ils transmirent à leurs descendans, St que c'est là que les comtes de Toulouse tiroient leur droit sur cette province. Il pat également certain que Pons n'eut pour sa part de cette succession que le Iteau de Tarascon 8c la terre d'Argence, St que Bertrand, son frère, succéda is tout le reste, soit qu'il le lui ait cédé pour son partage, soit qu'Emme, :r mère, &t le comte Guillaume III, leur oncle, aient institué ce dernier leur rttier.

Dn prétend' que Bertrand, frère de Pons, comte de Toulouse, se qualifia ïuis comte de Venaissin ; ce fut sans doute pour se distinguer des deux frères, comtes Geoffroi & Bertrand, qui prirent la qualité de comtes de Provence a^ec lesquels il posséda cette province par indivis, ainsi qu'avoient feit rs ancêtres. Il est cependant quelquefois assez difficile de distinguer ces deux rtrand, qui dominoient en même temps sur le même pays, parce qu'ils ne nnent en divers actes que la qualité de comtes & qu'ils exerçoient une lie autorité, tant sur la haute que sur la basse Provence, où ils possèdoient particulier divers domaines. Quelques modernes ont avancé que Bertrand, de Guillaume Taillefer, comte de Toulouse, & d'Emme de Provence, a iné l'origine au comté de Forcalquier & que c'est de lui que descendoient anciens comtes de ce pays : mais ce sentiment^ n'est fondé sur aucune uve solide. Nous parlerons ailleurs de la postérité de ce prince Et nous clouerons de quelle manière sa portion de la Provence, à laquelle on donna is la suite le titre de marquisat, fut unie au domaine des comtes de Touse descendus du comte Pons, son frère.

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