‹ Histoire générale de Languedoc, avec des notes et les pièces justificatives (volume 3)Chapitre 148 sur 234 · XLI. miro CLXXIX · texte numérisé non relu

XLI. miro CLXXIX

IhU. tlùtt XV, n. 10. < im. n. CLXXVI.

y' An io37

que ce prince avoit sur la moitié du diocèse de cette ville, ou du droit de nommer à Tévêché, suivant Tusage dont les grands vassaux étoient alors en possession, ce qui suppose également Tun & lautre. Ainsi il demeure constant par cet acte, que du moins la moitié du comté de Nimes appartenoit alors au comte de Toulouse. Il est très-probable que Hugues, comte de Rouergue', dominoit sur le reste, & que lorsque le comte Raimond II, son père, & Guillaume Taillefer, comte de Toulouse, père de Pons, partagèrent vers Tan 975 les domaines de leur maison, chacun se réserva la moitié^ du comté de Nimes dont leurs descendans héritèrent : ce qu'on peut confirmer en ce que Pons assigna encore à Majore, pour son douaire, la moitié de Vabbaye de Saint-Gilles située sur le Rhône dans la partie orientale du diocèse.

Le partage du comté de Nimes entre ces deux branhces de la maison de Toulouse aura donc donné lorigine au comté de Saint-Gilles possédé par Pons Se ses successeurs, qui auront désigné sous ce titre la partie du diocèse de Nimes qui leur étoit échue, tandis que les comtes de Rouergue qui po^édoient lautre se disoient comtes de cette ville. Il paroît même, suivant le témoignage t!^n, «"^Jô. d'un auteur^ qu'on prétend avoir écrit dans le douzième siècle, que Pons se qualifia comte de Saint-Gilles, soit avant, soit après la mort du comte Guillaume, son père } car cet auteur rapporte que Fons^ comte de Saint-Gilles, accompagné de son fière , entreprit avec une suite de deux cents personnes le pèlerinage de Saint-Jacques en Galice, ce qui ne peut convenir qu'à Pons, fils de Guillaume Taillefer, comte de Toulouse. Nous n'avons cependant aucun monument qui prouve qu'il ait jamais pris cette qualité, & l'auteur dont nous venons de parler la lui aura donnée sans doute parce que les comtes de Toulouse la prenoient quelquefois de son temps "*. Il est du moins certain que Raimond, fils puîné du même Pons, est le premier que nous trouvons qui se soit qualifié comte de Saint-Gilles dans les actes, à cause qu'il eut d'abord cette portion du diocèse de Nimes dans son partage j & soit par la dévotion qu'il avoit envers ce saint, soit par affection pour son premier patrimoine, il ne prît souvent que ce simple titre, après même qu'il eut succédé au comté de Toulouse & à tous les autres domaines de sa maison; ce qui lui a fait donner le surnom de Raimond de Saint-Gilles.

IIÏ. — Origine du titre de comte palatin que prenoient les comtes de Toulouse.

Pons , outre les comtés de Toulouse , d'Albigeois 8c de Quercî , hérita donc encore de Guillaume Taillefer, son père, du comté de Saint-Gilles, 8c d'Emme, sa mère, d'une portion de la Provence. Il nous reste fort peu de monumens des premières années de sa domination dans le comté de Toulouse. Le plus ancien que nous connoissions dont la date soit certaine, c'est l'acte par lequel

* Voyez tome IV, Note V\li, n. 26, 45 & suiv. ' Catel , Mémoires de l'kistoire du Languedoc,

•Voyez tome V, Chartes 8c Diplômes, nu- p. 111. méro CLXXIX. ^ Ihid,

onfirma, en 1045, une donation qui avoit été faite à l'abbaye de Moîssac, ïti ' il est dit à la fin, que ce prince, qui y est qualifié très-noble £> tréiiSant, pour marque de sa concession iy pour servir de mémoire à la postérité, •oupa l'ongle du pouce en sorte que le sang en sortit. *ons se qualifie comte palatin dans quelques actes*, 6t nous trouvons que illaume IV", son fils Si son successeur, de même que les autres comtes de ulouse qui vinrent ensuite, prirent aussi quelquefois la même qualité 3. Un nos historiens^, après avoir rapporté quelques autorités sur l'origine &t les ctions des anciens comtes palatins , donne ses conjectures sur le droit ivoient les comtes de Toulouse de s'attribuer ce titre. Il croit qu'ils le preent ou en qualité de pairs' de France, ce qui leur donnoit l'entrée au conseil roi, ou comme vassaux immédiats de la couronnej mais il s'çnsuivroit de e dernière raison, que tous les autres comtes St vassaux immédiats auroient se qualifier palatins, ce qu'ils n'ont pourtant pas fait. A l'égard de l'autre, st vrai que les auteurs postérieurs^ ont donné la qualité de comtes palatins : comtes qui, en France, étoient du nombre des six pairs laïques, tels que i de Champagne & de Flandres, & aux comtes de Poitiers, ducs d'Aquile; mais il ne paroît pas que les deux derniers se soient jamais donné >mêmes ce titre dans les actes, comme les comtes de Toulouse & de Cham- ;ne. D'ailleurs cela prouveroit ou que le nombre des pairs laïques étoit déjà : sous le règne de Henri I 8t qu'ils avoîent seuls le droit de se qualifier ites palatins, ou que tous les comtes du royaume qui tXaifnx pairs en dite , 6t qui en cette qualité avoient droit d'assister au conseil du roi , preent le titre de comte palatin, ce qui parott également faux. Ce n'est donc ! par un privilège singulier que les comtes de Toulouse & de Champagne sont qualifiés comtts palatins, entre tous les autres comtes du royaume, & le sera pas hors de propos de taire ici quelque recherche sur l'origine de ce e, par rapport aux premiers.

^a charge de comte du palais étoit une des plus considérables de la couronne*^ s la seconde race de nos rois. La principale fonction de celui qui en étoit 6tu consistoit à rendre la justice ; il jugeoit souverainement, soit en première tance, soit par appel, les affaires civiles Se criminelles dont ta connoissancc étoit réservée, 8t celles qui intéressoient le prince, dont il étoit proprement ;hef du conseil. Nos roîs envoyoient aussi quelquefois le comte palatin dans provinces pour y administrer la justice, & ils honorèrent ensuite de cette ction les principaux comtes provinciaux auxquels ils accordèrent le pouvoir juger définitivement dans l'étendue de leur domaine'' & avec la même au-

Za\t\, Hiltoire iti ccmtti de Ttulouie, p. m • Citeï, Histoire dis camtts Je Touhast . f. i^ k

li», luiT. p. IFÎ.

> Du Canp, Pinertatien xiv lui- l histoire il tiint Uui,.

* nu.

' Voyei le Diciloonalrt de du Congé , au mot PaUtmus.

liid. p. ]

. p. iri. —

Voyei

rtes & D

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n. CCXXII.

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