LXV. — Archevêques &» vicomtes de Narbonne
Dalmace, archevêque de Narbonne, mourut* à Rîeux dans son diocèse, à quatre lieues de cette ville, le ij de Janvier de fan 1096, ou de Van logy suivant notre manière de compter, après quin-^e ans trois mois &• seije jours d*épiscopat. La vie exemplaire qu'il avoit menée fit qu'on le regarda comme saint après sa mort, & il est qualifié bienheureux dans un martyrologe de son église. Il avoit ordonné, suivant le même martyrologe, six évêques catholiques ^ expression dont on se sert pour les distinguer des simoniaques : savoir t. II, p^^^ÇSi. Godefroy de Maguelonne, ceux de Pampelune, d'Orense & de Barcelone en Espagne, de Béziers & d'Agde. Le cardinal Richard, abbé de Saint-Victor de Marseille, les évêques de Béziers 8c de Carcassonne, les abbés de la Grasse, Alet, Bagnols, Castres, Saint-Savin & Quarante & un grand nombre d'ecclésiastiques & de religieux allèrent prendre son corps le 12 de mars suivant au château de Rieux , où il étoit resté depuis sa mort revêtu de ses habits pontificaux, à la garde des habitans, & l'accompagnèrent dans la cathédrale où il fut inhumé. Les évêques de la Province^ s'étant ensuite assemblés dans cette église pour élire son successeur, le choix tomba sur Bertrand , évêque de Nimes,qui fut] élu du consentement du clergé & du peuple. Le pape Urbain II, qui l'avoit consacré depuis peu évêque de Nimes, approuva sa translation à 'HdLrhonnt à cause^de Vurgente nécessité ^ mais il déclara qu'il n'en permettroit plus de pareille à l'avenir. Il accorda à ce prélat & à son église la primatie sur la métropole d'Aix, par une bulle ^ du 6 de novembre de l'an 1097, & confirma cette primatie par deux autres, l'une adressée à l'archevêque d'Aix 8c l'autre à Hugues, archevêque de Lyon 8c légat du Saint-Siège.
Après la mort de Dalmace, Aymeri premier du nom, vicomte de Narbonne, 8c Mahaud, sa femme, se saisirent non-seulement des dépouilles de ce prélat, mais encore de tout le domaine de l'archevêché qu'ils refusèrent de rendre à Bertrand. C'est de quoi se plaint le cardinal Richard, archevêque de Narbonne, son successeur immédiat, dans un mémoire qu'il dressa ^ contre les entreprises des vicomtes de cette ville. Richard ajoute que le droit que les vicomtes s'étoient
• Raiinond d'Agiles, p. 143. — Albert d'Aix, * Voyez tome V, Chartes 8c Diplômes, ni- 1. 3, c. 39. — Guîbert de Nogent, 1. 4, n. i3. méro CCCLXXV.
* Catel , Mémoires de l'histoire du Languedoc, *Marca, de Primat. ^ Dissertatio în append, — p. 784 & suiv. — Gallia Christiana, t. 1 , p. 375 Ruinart, Fita Vrhani papae //, n. 3ol.
& seq. — Ruinart, Vita Urbani papae 11^ n. 3oi. « Tome V, Chartes & Diplômes, n. CCCLXXV.
HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XV. 5o5
arrogé &» qui avoit été établi par une mauvaise coutume dupaysy ne leur ap^ partenoit pas, mais au comte; termes qui nous font comprendre qu'Aymerî I, profitant de l'absence de Raimond de Saint-Gilles, comte particulier de Narbonne & marquis de Gothie, s'empara de toute l'autorité dans cette ville & qu'il prétendit y dominer seul, à l'exclusion de l'archevêque qu'il avoit dépouillé de ses domaines. On voit, en effet, que ce vicomte, assisté des principaux du pays, présida à un plaid ' qui y fut tenu en 1097.