LIX. — Le
pape Callixte II vient dans la Province &• tient le dixième concile
de Toulouse,
Gui, archevêque de Vienne, qui prit le nom de Callixte II, fut élu à la place de Gélase par les cardinaux qui se trouvèrent à Cluny. Pierre, chanoine de l'église du Puy, succéda à Gui dans l'archevêché de Vienne. Le nouveau pape fut couronné dans cette dernière ville le 9 de février suivant, & demeura en France' le reste de l'année. Il fit* quelque temps après un voyage au Puy, d'oii il écrivit, le 16 d'avril, à l'archevêque de Cologne pour l'inviter à un concile qu'il avoit indiqué à Reims. Il se rendit de là au monastère de Sauxillanges dans le Forez, & y donna, le 10 de mai, une bulle ^ en faveur de l'abbaye de Tournus. Il s'approcha ensuite du Rhône, & étant arrivé à Saint-Gilles, il y confirma'*, vers la fin du mois de juin, en faveur de Raimond, abbé d'Alet, les privilèges de ce monastère, fondé par le comte Bira^ & duquel dépendoient alors les abbayes de Saint-Paul de Valolas ou de Fenouillèdes sur le rivage de l'Agli {Aquilinum) ^ de Saint-PolycarpeSc de Saint-Papoul. Callixte II vint peu de temps après à Maguelonne, où il défendit, par une bulle ^ datée du 28 de juin, à Hugues, abbé 8t aux religieux de Saint-Gilles, d'aliéner les biens de leur monastère, surtout le trésor de l'église, excepté dans les trois cas permis par les canons.
Ce pape, dans le dessein de tenir un concile à Toulouse, continua sa route vers cette ville, passa à Montpellier & arriva à Béziers le i" de juillet^. Le concile de Toulouse, qui fut le dixième de cette ville, commença 7 le 8 du même mois de juillet. Callixte y présida en personne. Huit cardinaux Mont deux étoient évêques, trois prêtres & trois diacres s'y trouvèrent. Il est remarquable que Richard , archevêque de Narbonne , qui y assista 8c qui avoit été promu au cardinalat sous le pontificat du pape Grégoire VII, n*est pas compris ni dans les actes, ni dans les souscriptions, dans le nombre des cardinaux; ce qui prouve que l'usage de ce siècle étoit que lorsqu'un cardinal, prêtre ou diacre, parvenoit k l'épiscopat, il cessoit dès lors d'être cardinal, à moins qu'il n'eût un évêché dans l'étendue de la province de Rome. Aussi voyonsnous que Richard ne prit plus le titre de cardinal depuis qu'il fut parvenu à l'archevêché de Narbonne. On voit aussi dans les actes du même concile les simples évêques souscrire avant les cardinaux-prêtres. Il y eut sans doute un
• Voyez tome IV, Note XLIX. « Voyez tome IV, Note XLIX. ' Martène, CoUectio amplissimaj t. i, p. 65l* ' Ihid.
' Conciles, t. lo, p. 842. ■ Conciles, t. 10, p. 856 & suiv. — Voyet toTre^*,
< Voyez tome IV, Note XLIX. —Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. CCCLXXXII, h 3' b-Kj
Chartes & Diplômes, n. CCCLXXXII. citée sous ce numéro.
* Voyez tome V, ièid.
grand nombre de prélats qui y assistèrent j car il est marqué ' que les archevêques ^ les évêques &» les abhés de la Provence^ de la Gothïe ^ de la Gascogne ^ de VEspagne &» de la Bretagne citérieure y s*y trouvèrent^ mais nous ignorons le nom de la plupart, & les anciens monumens qui nous restent ne font mention, entre ceux de la province de Gothie ou de Narbonne, que de Richard qui en étoit le métropolitain, d'Arnaud de Carcassonne & de Gautier de Maguelonnej & parmi les abbés, de Béranger de la Grasse, Pons d'Aniane & Raimond d'Alet. Quant à ceux des autres provinces, les archevêques d'Arles, d'Aix, de Tarragone & d'Auch, les évêques Raimond de Balbastro, Béranger de Girone, Gui de Lescar, Haton de Léon & Grégoire de Bigorre y assistèrent aussi. On prétend^ que Raimond de Lodève s y trouva; mais on n'en donne aucune preuve, & il est même incertain s'il y avoit alors à Lodève un évêque de ce nom.
On dressa divers canons dans ce concile. L'un des plus remarquables est le troisième, qui ordonne « aux fidèles de chasser de l'église & aux puissances tt séculières de réprimer ceux qui, sous une apparence de religion, condam- « noient le sacrement du corps & du sang de Jésus-Christ, le baptême des « enfens, le sacerdoce & les autres ordres ecclésiastiques, & les mariages lé- « gitimes, » Ce canon regarde un reste de ces manichéens qui, s'étant introduits en France cent ans auparavant, s'étoient conservés principalement ^ ^{^^^^\, dans les provinces septentrionales; mais toutes les précautions de ce concile ne purent empêcher ces hérétiques de se perpétuer dans le royaume & d'y donner la naissance , avant la fin du siècle , à l'hérésie des albigeois qui fut si funeste à la Province.
LX. — Différends entre les ahhayes de la Grasse & d^Alety entre celles d'Aniane &» de la Chaise-Dieu ^ 6» entre les églises de Saint-Etienne &» de SaintSernin de Toulouse.
Le 14 de juillet, septième^ jour du concile, le pape y termina les différends qui s'étoient renouvelés entre les abbayes de la Grasse & d'Alet, touchant la dépendance de celle de Saint-Polycarpe, laquelle demeura soumise à la dernière. La bulle que Callixte fit expédier en conséquence est souscrite par divers cardinaux & évêques, & en dernier lieu par Bernard-Aton , vicomte de Béziers, & Centule, comte de Bigorre; ce qui prouve que le premier étoit dès lors de retour de l'expédition d'Espagne & qu'il se trouva , avec divers autres princes séculiers, à ce concile. Le 1 5 de juillet on y décida^ un autre différend qui s'étoit élevé entre les abbayes d'Aniane & de la Chaise-Dieu.
* Pagi, ad ann. 1119, n. 7. '•Tome V, Chartes & Diplômes, n. CCCLXXXII,
• Plantavit, Chronologia praesulum Lodovensium, la 2* bulle citée sous ce numéro.
— Gallia Christiana, t. 2, p. 672. * D'Achery, 5pici7e^/MWj t. 6, p. 26. — Conciles,
^ Guibcrt de Nogent, 1. 3, c. i6. t. 10, p. 856 & suiv.
771777" ^4o HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XVI.
Lorsque le pape Gélase avoit passé quelque temps auparavant à Clermom en Auvergne, en allant au même concile de Toulouse, les religieux de la Chaise-Dieu furent le trouver dans cette ville pour se plaindre de ce que Pascal II, son prédécesseur, avoit adjugé le monastère de Goudargues, dam le diocèse d'Uzès, à Tabbaye d'Aniane, prétendant qu'il étoit de leur dépendance. Aton, archevêque d'Arles, qui étoit présent, appuya leurs prétentions & soutint que ce monastère appartenoit à son église, qui Tavoit donné à labbaye de la Chaise-Dieu sous un cens annuel. Callixte ajourna ce prélat à Montpellier pour y défendre son droit, & après y avoir écouté ses raisons, il lui donna la provision, sauf le droit de labbaye d'Aniane, dont la discussion (ut renvoyée au concile de Toulouse. Les députés de cette abbaye ayant comparu au concile y produisirent leurs titres, & larchevêque d'Arles le sien, qui étoit une donation feite à ses prédécesseurs par Louis l'Aveugle, roi de Provence. Callixte nomma alors huit cardinaux, deux archevêques, quatre évêques & deux abbés pour examiner cette affaire &c en faire leur rapport au concile, qui jugea unanimement que la donation du monastère de Goudargues feite à l'église d'Arles par Louis l'Aveugle étoit nulle, 8c donna gain de cause à l'abbaye d'Aniane. Le pape renouvela en même temps les privilèges de cette abbaye, par une bulle datée du même jour. Après ce jugement, l'archevêque Aton renonça à ses prétentions sur le monastère de Goudargues , /7ar fc bâton pastoral quil tenait en sa main, & Callixte en donna l'investiture à Pons, abbé d'Aniane, par le même bâton. Le lendemain, i6 de juillet ',1e pape, assisté de l'archevêque de Tarragone & de l'évêque de Balbastro, consacra l'autel de Saint-Augustin dans l'église de Saint-Sernin de Toulouse.
Sur la fin* du concile, Aicard, prévôt de la cathédrale de cette ville, d^ manda, au nom de son chapitre : i^ la restitution de l'église ou prieuré de Saint-Jean à*Amantianîs dans le diocèse de Toulouse, laquelle lui fut accordée; 2^ que l'église de Saint-Sernin, située dans le faubourg de Toulouse, fût déclarée dépendante de la cathédrale. Pour prouver cette dépendance, il sap- Duyoit sur une charte impériale (c'est-à-dire, sans doute, sur un diplôme de 'empereur Charles le Chauve) & sur une bulle du pape Jean qu'on lut en plein concile. Les clercs de Saint-Sernin soutinrent, de leur côté, qu'ils n'étoient pas obligés de discuter cette affaire avec l'évêque de Toulouse & son chapitre , attendu que leur église appartenoit à S. Pierre. Le pape leur d^ manda alors qui est-ce qui avoit donné cette église à ce saint? Ils répondirent que c'étoient eux-mêmes. Le pape répliqua : Mais des clercs rassemblés de divers endroits à qui le fonds n'appartenoit pas, pouvoîent-ils en disposer.' D'autres affaires étant survenues, le pape fut obligé de renvoyer à son dépan la décision de celle-là, mais il partit de Toulouse sans l'avoir jugée. Les chanoines de la cathédrale, qui l'avoient fort à cœur, le suivirent jusquesà Fronton, lieu situé à trois lieues de Toulouse vers le nord, dont il dédia l'église.
* Catel, Histoire des comtes de Toulouse, p. iSy. * Catel, Mém, pour Vhist. du Languedoc, p. S"
t. II, p. 385.
• An I iip
Le lendemain Callîxte étoit résolu de confirmer les privilèges de l'église de Saint-Sernin, lorsqu'Amélius , évêque de Toulouse, & le prévôt de la cathédrale, en étant informés, y formèrent opposition, ce qui l'engagea à différer cette confirmation. Le troisième jour après son départ de Toulouse, il arriva à Tabbaye de Saînt-Théodard dans le Querci, aujourd'hui Montauban. Le lendemain les chanoines de Saint-Etienne & de Saint-Sernin se rendirent à A^.^^fe son audience pour avoir la décision de leur différend. On lut les titres sur lesquels chacune des deux églises se fondoit, entre autres la bulle que le pape Urbain II avoit donnée, dans le concile de Nimes, en faveur des chanoines de Saint-Sernin qui en faisoient leur principal appui. Le pape, qui avoit assisté à ce concile dans le temps qu'il étoit archevêque de Vienne, déclara alors qu'Urbain ne s'étoit rendu qu'aux instances du comte Raimondj que l'intention de ce pontife avoit été que l'évêque de Toulouse jouît d'une partie du revenu de l'église de Saint-Sernin, 8c que celui qui possédoit alors cet évêché en avoit joui, en effet, jusques à sa mort. Callixte ordonna ensuite à Raimond, abbé de Saint-Sernin Se à ses clercs de répondre; mais ceux-ci ayant demandé du temps, il renvoya les parties & les ajourna à Vienne pour la fête de la Vierge appelée Hypapante. Amélius, évêque de Toulouse, ayant négligé de se rendre à la citation, les chanoines de Saint-Sernin se maintinrent dans leur exemption. On trouve ici pour la première fois un abbé de Saint-Sernin, depuis que cet ancien monastère avoit passé aux chanoines réguliers, lesquels jusques alors n'avoient été gouvernés que par un prévôt ou prieur. Raimond, que les uns' appellent Raimond-Guillaume, & les autres* Guillaume-Raimond, avoit possédé lui-même cette dernière dignité 8c avoit été élevé depuis peu à celle d'abbé.
LXI. — Départ du pape de Toulouse* — Il tient un concile à Reims, où Atony évêque de Viviers y se distingue. — Successeurs de ce prélat.
Nous avons deux brefs ^ de Callixte II , datés de l'abbaye de Saint-Théodard le 20 de juillet, l'un en faveur.de Béranger de Narbonne, abbé de la Grasse, pour confirmer ce monastère dans la possession de l'église de Notre-Dame de Valières, &c l'autre, pour exhorter Jussoline, dame de condition {illustris foemina) y 8c ses fils Pierre Sicard 8c Raimond de Pérignàn, patrons de cette église, à la protéger. Comme ce pape donna une bulle à Toulouse, le 17 de ce mois, en faveur de la même abbaye '^ de la Grasse, c'est une preuve qu'il partît ce jour-là de cette ville, qu'il consacra le lendemain l'église de Fronton 8c qu'il arriva le 19 à l'abbaye de Saint-Théodard. Il se rendit de là à Cahors, où il dédia ^ le mahre-autel de la cathédrale le 27 du même mois de juillet.
* Catel, Mém. pour l'h'tst, du Languedoc, p. 264. '* ArchiTes de l'abbaye de la Grasse.
■ Gall'ia Christiana, t. 4, p. 812. * Catel, Histoire des comtes de Toulouse, ip, 178; &
' Baluze, Miseellanea., t. 2, p. 192 & se^. Mémoims pour l'histoire du Languedoc, p. 877.
An 1119 ^
Callixte II passa ensuite en France & arriva à Paris au commencement d'octobre'. Il vint de là à Reims, où il avoit convoqué un nouveau concile qui s'ouvrit le 19 de ce mois, & dans lequel on renouvela les décrets touchant la paix & la trêve de Dieu. Aton ou Hatton, évêque de Viviers, qui s'y trouva, se distingua beaucoup par son éloquence* & sa capacité, & fut l'un des prélats du concile qui s'entremirent pour ménager la paix entre le pape & l'empereur. Hildegarde, comtesse de Poitiers, j comparut ^ & se plaignit de ce que son mari lavoit répudiée pour épouser Maubergeon, vicomtesse de Châtellerault. Le pape ayant demandé si le comte de Poitiers étoit là présent pour se défendre, Tévêque de Saintes & quelques autres prélats d'Aquitaine tâchèrent d'excuser son absence, en disant qu'une maladie l'avoit obligé de s'arrêter en chemin. Callixte accorda alors un délai à ce prince pour venir se présenter devant lui , défendre sa cause 6» reprendre sa femme légitime ^ ou subir t excommunication pour V avoir répudiée. Ces termes, tirés d'un auteur contemporain, prouvent évidemment que Philippe de Toulouse, seconde femme légitime de Guillaume IX, comte de Poitiers & duc d'Aquitaine, étoit alors décédée, ainsi que nous l'avons déjà remarqué, sans quoi Hildegarde n'auroit pu passer pour femme légitime de ce prince.
Nous n'avons plus aucun monument d'Aton , évêque de Viviers. Jaucerand ou Gaucerand lui avoit succédé^ en 11 24. Etienne de Gluiras fit une restitution à labbaye de Saint-Chaffre, avec le consentement de ce prélat & celui de Gui de Montaigu, son neveu, 8cc. On trouve^ un Jaucerand ou Gaucerand , évêque de Viviers depuis l'an 1 133 jusques en 1 146 j mais ce dernier doit être différent de l'autre, puisque Pierre, évêque de Viviers^, fut élu archevêque de Lyon en ii3ï. Celui-ci étoit Bourguignon de naissance & proche parent de l'évêque de Nimes. Il avoit été moine de Cluny, & Pierre le Vénérable, abbé de ce monastère "7, en faisoit beaucoup de cas. Il mourut en II 39 à la Terre Sainte, où il avoit été envoyé légat par le pape Innocent II.
LXII. — Retour du pape dans la Province. — Prétendue prîmatie des archevêques de Vienne sur toute l'ancienne Narbonnoise.
Éd.orîçn. Callixte II, après avoir tenu le concile de Reims, alla trouver à GisorsMe
t. II, p. 386. » r 7
roi d Angleterre, pour le porter à conclure la paix avec le roi de France. De
An iiao là il retourna du côté du Rhône, & il étoit déjà arrivé à Vienne au commencement^ de février de Tan 11 20. De cette ville il se rendit à Valence, oui)
' Conciles, t, lo, p. 833. ^ GaIÎU Ckristiana, t. 3, p. 1181 •
' Orderic Vital, 1. 12, p. 858. *— Conciles, t. f o, ' Ihid. noT. edit. t. 4, p. 1 1 15 & seq.
p. 875. ' Pierre le Vénérable, 1. 2, epist. 2 & 18.
' Orderic Vital, 1. 12, p. 859. ' Orderic Vital, 1. 12, p. 864.
'* Gallia Christian^, noT. éd. t. 2, p. 766. * Baluce, Miscellamea, t, 2, p. t^.
étoît ' le 22 & le 25 du même mois. Il y confirma les privilèges de l'église de Vienne, dont il avoit été auparavant archevêque, & lui accorda la primatie sur les sept provinces des Gaules qui faisoient un corps séparé sous le règne de l'empereur Honoré, & qui comprenoient l'ancienne Narbonnoise avec l'ancienne Aquitaine. Le pape, pour éviter les difficultés que l'archevêque de Vienne auroit pu rencontrer de la part des archevêques de Narbonne 8c de Bourges, qui se disoient primats, l'établit légat du Saint-Sîége dans ces provinces, ce qui donna occasion dans la suite aux archevêques de Vienne de se quBlifieT primats des primats^ mais ils ne purent* jamais jouir d'un privilège si nouveau & si extraordinaire, & qui n'étoit fondé d'ailleurs que sur des actes supposés; en sorte qu'ils furent obligés de se contenter du vain titre de primat.
Par la même bulle, Callîxte confirma à l'église de Vienne ses six suffragans, du nombre desquels étoit l'évêque de Viviers. Quelques auteurs^ prétendent que ce dernier évêché & celui de Die furent alors tirés de la métropole d'Arles pour être unis à celle de Vienne; mais il paroît qu'ils étoient soumis depuis longtemps à cette dernière, 8c le pape le fait assez entendre lui-même dans sa bulle. Nous voyons, en effet, que sous le pontificat de Pascal II, l'église de Viviers n'étoit^ pas de la province d'Arles. Callîxte soumit aussi à l'église de Vienne plusieurs églises 8c monastères du diocèse, entre autres celle de Sainte-Marie d'Annonay, monument le plus ancien que nous connoissions où il soit fait mention de cette ville, située à l'extrémité de la Province vers les frontières du Forez. Elle est la capitale du haut Vivarais, 8c la principale de la partie du diocèse de Vienne qui est en deçà du Rhône.
Nous apprenons d'un procès-verbal qui fut dressé en 1407, 8c qui se trouve dans les archives de l'église de Viviers, que Callixte II dédia solennellement la cathédrale de Saint-Vincent de cette ville le 27 de jevrier de tan 11 17; mais il y a erreur pour la date de l'année, car ce pape n'étoit pas encore alors élu. Il fit donc cette consécration ou le 27 de février de l'an 11 19 ou le même jour de l'année suivante, qu'il se trouvoit aux environs du Rhône. Le pape ayant résolu de partir bientôt après pour l'Italie retourna à Montpellier 5, d'où il alla à Saint-Gilles 8c de là en Provence. Il passa enfin les Alpes 8c arriva à Rome le 3 de juin de l'an 11 20. Il confirma, au mois d'avril^ de l'an II 23, les privilèges du monastère de Saint-Sauveur de Chirac en Gé- Taudan, 8c au mois de septembre suivant, ceux de l'abbaye de Saint-Sauveur de Lodève en faveur d'Augier qui en étoit abbé.
' Conciles, u lo, p. 83o & 847. ^ Gallia Chrisùana, noT. edit. t. 1, instrumenta^
* Marca, de Primat, n. 122 & seq. — Pagi, ad p. i3t.
ann. 1120, n. 4 & seq. — Fleury, Histoire eceli- ' Pandulphus a^ai/ Baronium, ad ann. iiao.
sia.stique,\.6'j^ n, i5. * Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu-
' Marca, de Primat, n. 122 & seq. — Fleury, méro CCCXCIV, la 1^ bulle citée sous ce numéro. Histoire ecclésiastique, 1. 67, n. )5.
Ail 1 1 10
"TTTiir" ^44 HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XVK