‹ Histoire générale de Languedoc, avec des notes et les pièces justificatives (volume 3)Chapitre 216 sur 234 · XXXI. — Paix entre les comtes de Toulouse 6» de Barcelone · texte numérisé non relu

XXXI. — Paix entre les comtes de Toulouse 6» de Barcelone

4<> Enfin rien ne fait mieux connoître la qualité du serment que les comtes de Toulouse 8c de Barcelone 8c les autres princes françois peuvent avoir prêté à Alphonse VII, roi de Castille, lorsqu'ils Tallèrent trouvera Sara-

' Sandoval, Cronica Jet tnclito emperador Alon- de Barcelone, 1. 2, c. 141 8c suit. c. i58. — A^oirr:,

so Vit, p. 1 55, édition de i6i5. Concil. Hispanica, t. 3, p. 356.

' Marco. Hispan'teay p. 1282 & seq. 1288 & seq. ^ Pagi, ad ann. ii35, n. i.

1 294 81 seq. 1 3 1 6 & seq. — Diago, Histoire des comtes * Marca Hispanica, p. 1 32 1.

gosse pour négocier la paix entre lui & le roi Ramîre, que ce que rapportent à cette occasion les historiens d'Aragon & de Catalogne. « Le comte de Bara celone, disent-ils*, alors fort occupé des affaires de Provence, se tenoit « étroitement uni avec Alphonse, roi de Castille, son beau-frère, parce que « ses différends avec le comte de Toulouse commençoient à se renouveler. Ces « deux comtes étoient prêts à se faire la guerre, mais ils se réconcilièrent enfin « Se convinrent d'un traité. Le comte de Toulouse fit serment &» hommage ^ « le 18 de septembre, au comte de Barcelone, promit de lui être fidèle 8c loyal « allié 8c de le servir contre tous les princes du monde, excepté contre le roi « de Castille. » Il est certain que les comtes de Toulouse ne furent jamais vassaux des comtes de Barcelone, 8c que ceux-ci au contraire leur auroient plutôt dû l'hommage pour les comtés de Carcassonne 8c de Razès 8ç le pays de Lauragais qu'ils prétendoient leur appartenir. Nous voyons cependant ici qu'on a pris pour un hommage , de la part d'Alphonse-Jourdain, comte de Toulouse , Valliance qu'il contracta avec le comte de Barcelone au mois de septembre de l'an 1 134, 8c le serment qu'il fit de ne pas lui ôter ses États, ni d'attenter à sa vie, 8cc., suivant la formule usitée dans ces siècles. L'auteur de la chronique d'Alphonse VII, roi de Castille, peut avoir donc pris pour un hommage un pareil serment fait à ce prince, la même année, par le comte de Toulouse.

Du reste, nous inférons de ce que nous venons de rapporter i® que ce comte passa au delà des Pyrénées dès le mois de septembre de l'an ii34, soit pour s'opposer au progrès des infidèles après la bataille de Fraga, soit pour offrir sa médiation aux rois de Castille 8c d'Aragon; 2^ qu'ayant occasion de s'aboucher alors avec le comte de Barcelone, qui fut aussi un des médiateurs de la paix entre les deux rois, il conclut la sienne avec lui; 3<^ que le comte de Barcelone avoit pris les intérêts du comte de Provence, son frère, auquel le comte de Toulouse avoit déclaré la guerre pour les raisons que nous avons déjà dites, 8c qu'il avoit peut-être marché à son secours du côté de Provence; 4'^ que cette province fut le principal théâtre de la guerre; 5° enfin que le comte de Toulouse fit en même temps sa paix avec le comte de Provence 8c le seigneur de Montpellier, 8c consentit enfin au mariage du premier avec la jeune Béatrix, héritière du comté de Melgueil. Revenons à Ramire, roi d'Aragon.

XXXIL — Ramire, roi d*Aragonj donne sa fille unique en mariage, avec ses

États, au comte de Barcelone 6» retourne dans le cloître.

Divers auteurs* espagnols ont prétendu que ce prince ayant eu, en ii35, une fille de la reine son épouse, il eut une entrevue, le 24 d'août de la même

' Zurita, Annules de la couronne d'Aragon, 1. i, ' Mariana, Rerum Hispanicarum I. lo, c. i6. —

c. 54. — Diago, Histoire des comtes de Barcelone, Dtago, Histoire des comtes de Barcelone, c. 123 1. 2y c. I 23. & 140.

An 1 1 35

année, à Âlaon, avec Alphonse, roi de Castille, à qui il promit cette fille en mariage pour son fils aînéj qu'Alphonse l'amena alors avec lui en Castille qu'il la fit élever dans son palais, &c,, toutes circonstances également fakleuses. Il est certain en effet que Ramire, quelque temps après la naissance de sa fille, la promit en mariage à Raimond-Béranger IV, comte de Barcelone & qu'il céda en même temps à ce prince le royaume d'Aragon. Voici comme un ancien auteur' rapporte cet événement : « Ramire ayant une fille unique « de son mariage, dit cet historien, continua d'administrer ses États jusqua « ce qu'elle fût parvenue à un âge nubile. Il assembla alors les principaux « du royaume & leur dit : Dieu me pardonne (y à vous aussi. J'ai fait « une Jolie à laquelle vous m^ave-^ contraint ^ mais celui qui est tombé ne « trouverait-il pas moyen de se relever, 6» ce qui a été fait par une néctssiù « qui, selon vous, navoit point de loi, ne peut-il pas être réparé lorsque cette a nécessité ne subsiste plus? Voilà que j'ai une fille, héritière du royaume; a qu'on la marie honorablement, 6» l'Etat sera en sûreté^ que le moine « reprenne donc l'observance de sa règle &• qu*il apaise incessamment la t. n, pVîîg. « remords de sa conscience. L'assemblée , ajoute cet auteur, s'opposa d'abord u au dessein de Ramire; mais n'ayant pu le détourner de la résolution qu'il c( avoit prise, on promit sa fille au jeune fils du comte de Barcelone, avec le c< royaume d'Aragon. Alors ce roi, foulant aux pieds les honneurs du monde c( & ne pouvant plus résister aux remords dont il étoit agité, se dépouilla fc de la pourpre, reprit l'habit monastique & changea son royaume pour le « cloître. »

Il semble, suivant cet historien, que Ramire ne quitta le gouvernement d'Aragon que lorsque sa fille Pétronille étant nubile, elle épousa solennellement Raimond-Béranger IV, comte de Barcelone, &c non pas, comme dit cet auteur, le jeune fils de ce prince; en sorte que, n'étant née au plus tôt qu'en ii35, Ramire son père n'aura abdiqué la couronne, pour retourner dans le cloître, qu'en 1147; mais nous apprenons d'ailleurs la véritable époque Si les circonstances de cet événement. Nous avons un acte par lequel a Ramire, roi d'Aragon, promet*, le 1 1 d'août de l'an 1 187, sa fille en mariage u au comte de Barcelone Se lui donne en même temps, après sa mort^ son (' royaume en entier, de la même manière que Sanche, son père. Se Pierre « &c Alphonse, ses frères, l'avoient possédé, pour en jouir, même en cas que « sa fille vint à décéder sans enfans avant ce prince. » On voit par là que Ramire n'avoit pas encore alors dessein d'abdiquer la royauté 5 ce qui paroit aussi par une autre clause du même acte, suivant laquelle ce prince se réserve le pouvoir d augmenter dans la suite le domaine du comte de Barcelone, & Héclare qu'il veut être reconnu lui-même pour roi, seigneur t» père, tout le temps qu'il le jugera à propos, tant dans le royaume d'Aragon que dans la pays soumis au même comte.

' Guillaume de Neubrige, 1. 2, c. 10. * Marea His^anicû, p. 1284 81 seq.

Le 27 du même mois', Ramire,qui prend toujours le titre de roî, confirma, dans le château de Gerb en Aragon, la donation qu'il avoit faite au comte de Barcelone de tous ses États, étant à Balbastro, en lui donnant sa fille, ratifia toutes les aliénations de son domaine qu'il avoit faites jusques alors 8c promit de n'en plus faire de nouvelles à l'avenir, sans l'avis 6c la volonté de ce prince. Enfin, par un autre acte daté du i3 de novembre suivant, Ramire, roi d'Aragon, qui étoit alors à Saragosse, déclare* « qu'étant maniât feste qu'il avoit donné sa fille en mariage à Raimond, comte de Barcelone, « avec tous ses États, il ordonne à tous ses vassaux de lui obéir comme à « leur roi 8c qu'il lui remet tout le domaine qu'il s'étoit réservé, en lui don- « nant auparavant son royaume Se sa fille, à condition qu il possédera le tout « à son service 6» sous sa fidélité. » Depuis ce temps-là nous n'avons aucun monument qui fasse mention du roi Ramire; nous voyons seulement que Raimond-Béranger IV, comte de Barcelone, son gendre, se qualifie prince d'Aragon^ en 1139, 8c dans la suite jusques à sa mort : d'où il résulte que Ramire n'abdiqua pas, du moins entièrement, le gouvernement du royaume pour se retirer dans le cloître, aussitôt après qu'il eut promis sa fille en mariage au comte de Barcelone, comme quelques auteurs le prétendent. On pourroit croire qu'il fit cette abdication par l'acte du 1 3 de novembre de l'an iiSy, quoiqu'il paroisse qu'il se réserva seulement par cet acte une autorité supérieure à celle du comte. Comme on n'a cependant aucune preuve qu'il ait fait depuis usage de cette autorité, il est du moins très-probable qu'il retourna bientôt après dans le cloître.

Le comte de Barcelone s'abstint, pendant toute sa vie, de prendre le titre de roi 8c se contenta de celui de prince ou de marquis d^ Aragon^ ^ avant 8c après la consommation de son mariage avec Pétronîlle, qu'il épousa solennellement^ à Lérida, en ii5i^. Il régna cependant véritablement, au nom de

An II 35

' Marca Hispanîea, p. 1285.

' liid,

' Ihid, p. 1286 & seq.

* Ihid. p. 1 3 1 9. — Voyez tome V, Chartes &. Diplômes, n. CCCCLII.

^ Zurita, Annales de la couronne d'Aragon, 1. 1, c. 34.

* Il nous a paru nécessaire de rapporter ici ce que dit Bofarull sur le mariage de la fille du roi don Ramire arec le comte de Barcelone :

« Par le décès de don Raimond Béranger III, arrivé le 19 juillet I i3i, son fils aîné , don Raimond Béranger IV, hérita du comté, étant âgé de seize ou diif-sept ans. £n 1137, il accorda son mariage futur avec dona Petronilla , fille unique & héritière du roi d*Âragon don Ramire, surnommé le moine, & de dona Inès, de la famille des comtes de Poitiers.

€t Ost ce que prouvent plusieurs documents conservés dans les archives d'Aragon, publiés par

rérudit D. Joaquin Tragia ', dans son Mémoire sur le règne de don Ramire II, & encore plus le don que, le 1 1 août 1 1 37, étant à Balbastro, le monarque fit de dona Petronilla & de son royaume, au comte Béranger IV, sous certaines réserves*, qu'il reproduisit dans un autre acte, fait à Ayerbe le »7 du même mois^j enfin, nous avons l'acte d'abdication de la couronne & du royaume, par ce prince, en fareur du même comte, abdication qui eut lieu à Saragosse le i3 novembre de cette année. Là, en présence des nobles aragonais, don Ramire ordonna que l'on reconnut le comte comme roi, & qu'on lui obéît en cette qualité, & bien que ces documents historiques ne nous fassent point connaître les noms de la mère & de la fille, ni leur

' Mémorial de la Real Academia Espanola de la HiS" toria^ m, 169 & seq.

* Archives royales d'Aragon, Varia I, de AlfoDse 1, fead. fol. 6.

< Idem, fol. 6, verso.

An 11 35

HIS^rOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. LIV. XVIL

hd. origin.

t. Il, p. 420.

cette princesse, sur tout TAragon, qu'il transmit à ses descendans, lesquels s'en qualifièrent rois. Quant à Pétronille, elle se qualifia reine d^ Aragon depuis labdication du roi son père. Elle prend ce titre en 1142 & iiSi dansdem donations que le comte de Barcelone, son mari, fit' alors avec elle à l'abbave de la Grasse, 8c dans celle qu'elle fit, cette dernière année*, du royaume d'Aragon, en faveur du comte de Barcelone, son mari 6c d'Alphonse, leur iils aîné dont elle venoit d'accoucher.

Ramîre sera donc retourné à l'abbaye de Saint-Pons de Thomières pour v reprendre les exercices du cloître, avant l'an 1142 8c au plus tôt à la fin de Tan iiSy, 8c il aura régné par conséquent au delà de trois ans. Il paroU qu'il fut élu archevêque de Tarragone 8c évêque de Barcelone avant son abdication; car on voit la souscription suivante dans un ancien acte ^ de l'abbaye ie Bagnols au diocèse de Girone : Moi Ramirey roi par la grâce de Dieu^ bik de Tarragone &» de Barcelone y j'accorde (y je confirme ce qui est écrit ci-iessus, Oldegarius, qui possédoit ces deux évêchés, mourut le 6 de mars de Tan ii37, &c Arnaud lui avoit déjà succédé dans celui de Barcelone le dernier de juin^ de la même année. Il faut par conséquent que le roi Ramire ait été élu dans cet intervalle 8c qu'il n'ait pas été sacré. Peut-être renonça-t-il de lui-même à Tépiscopat dans le dessein de retourner dans le cloître, où il se retira bientôt après^

On a déjà vu, sur le témoignage d'un ancien historien, que ce prince, après avoir abdiqué la couronne, reprit l'habit monastique dans le même monastère d'où il avoit été tiré, c'est-à-dire^ dans celui de Saint-Pons de Thomières.

mariage, Us preuves publiées parD.ToaquinTragia, 8c celles que nous donnerons en témoignage de l'existence, mariage &. noms de dona Inès & de sa fille dona Petronilla , sont si exactes qu'il nous paraît inutile d'insister à cet égard.

« On a dit que les épousailles du comte arec Petronilla furent convenues, pour l'avenir, par le roi don Ramire $ & il le fallait bien, car la prin> cesse n'avait encore que deux ans. En effet, don Alphonse le Batailleur était mort, ou pendant, ou peu de jours après la bataille de Fraga , en i i34, sans autre successeur naturel que don Ramire, son frère. Celui-ci ne put guère se marier avec Inès avant Tannée ii35, & ce n'est même qu'en ii36 que l'on voit apparaître, pour la première fois, cette reine dans des actes du monastère de Saint- Jean de la Pena , que cite D. Joaquin Tragia. De là il résulte que PetroniUa n'avait tout au plus que deux ans, le 1 1 octobre i iBy, jour où le roi Ramire, son père, la donna pour femme au comte de Barcelone... Ce mariage ne fut consommé que vers la moitié de I i5o, ou plutôt en i i5i... D. Joaquin Tragia rapporte dans son Mémoire deux actes des Archives d'Aragon, portant l'ancienne date de l'ère espagnole 1189, qui correspond à Tan ii5i, & dans lesquels on lit : In illo anno juando Cornes Bar^

chinonensis aceepit Jîliam Ramiri Régis, eonjap si:. L'une de ces chartes est du mois de septembre Si confirme notre opinion sur l'époque où la réunion des deux époux eut lieu. » [£. M.]

' Voyez tome V, Chartes & Diplômei, ûaméros CCCCLII & CCCCXCII.

* Marca Hispanica, p. i3i4 & seq.

' Ibid. p. 1 170.

< Ihid, p. 1283.

^ Quelques historiens font vivre don Raai-: jusqu'en 1 147, & d'autres jusqu'en 1 155. Ccpnnct s'était fait beaucoup d'ennemis & a été mal juçtpr les historiens. Bien qu'Alphonse, son frère, eùiié^.: tous ses Etats aux templiers 8c aux autres crèrâ religieux, il monta néanmoins sur le trône d'Angon. Ce fut en vain qu'en prenant la couronae,^ accorda des privilèges & des domaines imnienstsi la milice du Temple. La haine excitée par cr:; réserve se perpétua chez ceux qui se crurent npouillés par lui, & peut-être même Ramire a jrsiK. péri par la main de ses ennemis, si, après ctcmarié sa fille, il n'était rentré dans le cloître c>'* les exigences de la politique l'avaient arraché tiii* gré lui. [E. M.]

* Pagi, ad ann. ii37, n. 25.

V Ramîre, dit encore Roderic de Tolède, 8c après lui un auteur catalan' qui a « écrit à la fin du treizième siècle, ayant marié sa fille au comte de Barcelone, « se rendit à son monastère, y reprit Thabit monastique & y finit ses jours. » Quelques Espagnols modernes* prétendent cependant que ce prince, après avoir quitté le gouvernement du royaume d'Aragon , se retira dans l'église de Saint-Pierre d'Huesca, où il vécut, ajoutent-ils, en religieux suivant la règle de Saint-Benoît, & mourut le 6 d'août de l'an 1147; n^siis ils ne donnent aucune preuve de ce fait. Un autre Espagnol ^ qui a écrit en dernier lieu paroît douter que Ramire ait repris l'habit monastique après son abdication, car, selon lui, ce prince se retira alors dans l'église de Saint-Pierre d'Huesca, où il mena, ajoute-t-il, une vie particulière avec les clercs qui la desservaient; mais cet écrivain ignoroit sans doute que l'église de Saint-Pierre d'Huesca étoit^ alors un prieuré conventuel dépendant de l'abbaye de Saint-Pons, 8c qu'elle étoit desservie par des religieux de ce monastère. Ainsi quand même Ramire se seroit retiré dans ce prieuré après son abdication, ce qui n'est pas certain, il y aura repris l'habit monastique. C'est tout ce que nous avons pu recueillir de plus authentique au sujet de ce prince, qui après avoir professé la vie monastique dans la Province, pendant plus de quarante ans, 8c avoir été promu à la dignité sacerdotale, monta sur le trône 8c se maria, par un exemple des plus singuliers, 8c qui par un autre exemple presque également rare, abdiqua volontairement la couronne pour aller reprendre ses anciens exercices. Nous passons sous silence quelques autres actions que certains historiens lui attribuent 8c qui n'ont aucun fondement, entre autres un trait de cruauté qui ne feroit pas honneur à sa mémoire, s'il étoit aussi vrai qu'il est fabuleux. On prétend que Ramire, se voyant fort méprisé de ses peuples, tant à cause de son âge avancé que de sa profession monastique, résolut de se venger de ce mépris; qu'il consulta là-dessus l'abbé de Saint-Pons de Thomières, lequel, pour toute réponse, amena les envoyés de ce prince dans le jardin du monastère, prit un coutelas, 8c sans mot dire coupa en leur présence la tête de tous les arbustes qui s'y trouvèrent. Sur cette réponse muette, ajoute-t-on, Ramire assembla les États d'Aragon 8c fit périr quinze des principaux seigneurs de l'assemblée; mais il est inutile de s'arrêter davantage à cette fable, reconnue pour telle ^ par d'habiles critiques du pays. Nous n'en aurions pas même fait mention , si elle n avoit été adoptée par un des plus célèbres historiens^ d'Espagne.

' Qestt cûmhum Barcinonens'ium, apud Maream — Chronologie des ahbés de Saint-Pons, p. l8. — «

Hispanicanij p. 549 & seq. Voyez aussi tome IV, îfote sur Tâbbaye & évéché

' Mariana, Rerum Hispanicarum 1. lo, c. 16. — de Saint-Pons deThomières. [E. M.]

Diago, Hiitoire des comtes de Barcelone, I. 2, c. 140. ' Z'irita, Annales de la couronne d'Aragon , 1. 1,

* Ferreras, ann. 1 i37, n. 8. c. 55. — Ferreras, ann. 1 136, n. 9.

^ Voyez dans ce volume, livre XV, n. Lxix, p. 5o3. * Mariana, Rerum Hispanicarum \, 10, c. 16.

An II 35

An,, 35 7^^ HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC, LIV. XVIL

XXXIIL — Les comtes de Toulouse, de Foîx, de Comminges, 6»c., assistent

au couronnement d'Alphonse VU, roi de Castille.

Un fameux critique ' donne à entendre, sur Tautorîté de la chronique d'Alphonse VII, roi de Castille, qu'Alphonse-Jourdain, comte de Toulouse, les comtes de Barcelone, de Foix 8c de Comminges, le seigneur de Montpellier, & divers autres princes François & espagnols, après avoi r moyeniié la paix entre ce roi 8c celui d'Aragon, suivirent le premier dans ses États 8t se trouvèrent à Léon lorsqu'il s'y fit couronner empereur d'Espagne, le jour de la Pentecôte 26 de mai de l'an 1 135 } mais cela n'est pas clairement exprimé dans les extraits qu'on nous a donnés de cette chronique en langage espagnol. Il y est marqué* seulement « qu'Alphonse VII, roi de Castille, ayant assemblé t5i1, pi-'+ai. " '^^ États généraux de son royaume à Léon, les prélats 8c les grands propo- « sèrent de le couronner empereur parce qu'il étoit seigneur universel de « toute l'Espagne, 8c que le roi de Navarre, quelque roi maure, les comtes a de Barcelone 8c de Toulouse, 8c divers autres ducs de Gascogne &c de France « étoient ses tributaires &c se reconnoissoient pour ses vassaux. » Nous avons déjà dit ce qu'on doit penser de ce prétendu vasselage, ce qui n'empêche pas que le comte de Toulouse, ceux de Barcelone, de Foix 8c de Comminges, 8c le seigneur de Montpellier, parens ou alliés d'Alphonse VII, n'aient pu assister à cette cérémonie} cela est d'autant plus vraisemblable, qu'outre que nous n'avons aucune preuve que ces princes fussent alors en deçà des Pyrénées, on a déjà vu qu'ils étoient peu de temps auparavant au delà de c^ montagnes occupés à pacifier le pays,

XXXIV. — Béranger-Raimond, comte de Provence, épouse Béatrix, comUat de Melgueil, &• se lie plus étroitement avec Guillaume de Montpellier,

Guillaume de Montpellier repassa en France en ii35 pour assisterai: mariage qui fut célébré solennellement, cette même année, entre la jeune Béatrîx, comtesse de Melgueil , sa nièce 8c sa pupille, laquelle avoit^ atteim alors 1 âge de douze ans, 8c Béranger-Raimond , comte de Provence. Arnaud, archevêque de Narbonne, négocia la conclusion de ce mariage par ordre du pape Innocent II 8c fut présent au nouvel accord^ que ce comte passa à cette occasion avec Guillaume de Montpellier. Suivant cet acte, Béranger-Raimond £» sa femme Béatrix confirmèrent, en faveur de Guillaume, tous les articles dont ils étoient convenus^ auparavant avec lui, entre autres le droit qu'ils lui avoient accordé de percevoir trois deniers pour livre sur la monnoiede

' Paçi, ad ann. 1 135, n. 42 & seq. ' Voyez tome IV, îfùte XXXVI, n. 8.

* SandoTal, Cronica del inclito cmperaJor AIoH" ^ Voyez tome V, Chartes & Diplômes «âs-

to Vil, p. 69 & suiv. de Tédition de 1600 $ & p. 1 56 méro CCCCXXXV.

& SUIT, de l'édition de 161 5. ' Voyez ci-dessus, n. icicv.

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XVII. 7o3 "777^

Melgueîl. Ils jurèrent en même temps d'observer fidèlement ces articles & d'aider ce seigneur envers tous Se contre tous, excepté contre Bernard d'Anduze, le comte de Barcelone, Raimond-Trencavel, vicomte de Béziers 8c d'Agde, 8c leurs propres vassaux, avec promesse de ratifier ce serment lorsqu'ils seroient parvenus l'un 8c l'autre à un âge compétent. Guillaume, de ^on côté, leur promit par serment d'être fidèle observateur des mêmes articles 8c de les secourir contre tous ceux qui voudroient leur ôter le comté de Melgueîl, excepté contre ses frères^ Bernard d'Anduze &c ses enfans, 8c Raimond-Trencavel 8c ses vassaux. Léger, évêque d'Avignon, Raimond de Baux, Guillaume-Raîmond, sénéchal de Barcelone, Raimond d'Anduze, Pons de Bermond {Pondus Bremundi) de Sommières, Raimond de CastrleSy fils de Pons de Montlaur^ Bernard de Sauve, 8c plusieurs autres seigneurs du pays furent présens à ces actes.

L'alliance que Guillaume de Montpellier contracta avec le comte de Barcelone par le mariage de la comtesse de Melgueîl, sa nièce, avec le frère de ce prince, les unît encore plus étroitement. Le comte de Barcelone, pour attacher de plus en plus ce seigneur aux intérêts de sa maison, lui donna en fief, à la fin de l'an ' ii36, la ville &c le diocèse de Tortose, pour en jouir lui 8c sa postérité après qu'il en auroît fait la conquête sur les infidèles, à condition de le servir dans toutes ses guerres.

XXXV. — Le duc d'Aquitaine abandonne le parti de Vantipape Anaclet.

L'union étroite que le seigneur de Montpellier conserva avec Innocent II lui fut également favorable. Ce pape donna ordre* à Arnaud, archevêque de Narbonne, son légat, d'autoriser par sa présence l'accord de ce seigneur avec le comte de Provence. Guillaume, de son côté, prit avec chaleur les întérêts d'Innocent contre l'antipape Anaclet, que toute la France abandonna, à la réserve de Guillaume ^, comte de Poitiers 8c duc d'Aquitaine, qui toujours séduit par Gérard, évêque d'Angoulême, persistoit à le reconnoître, quoique la plus grande partie du clergé 8c de la noblesse de ses États se fussent déclarés pour Innocent. Josselîn, évêque de Soissons, 8c S. Bernard, abbé de Clairvaux, firent à la vérité une tentative, en ii3i, pour tâcher de ramener le duc 8c le prélat à l'obéissance de ce pontife; mais tous leurs soins furent inutiles. Guillaume, obstiné plus que jamais, n'en persécuta que plus violemment ses sujets catholiques. Enfin S. Bernard fit de nouvelles tentatives, en 1 135, avec Geoffroi, évêque de Chartres, légat en Aquitaine : ils allèrent trouver le duc à Parthenay en Poitou, 8c leurs soins furent si heureux, qu'enfin ils le ramenèrent à l'unité.

* Marca Hispanica, p. 1281 & seq. ^ Ernaldus, Vita sancti Bernardi, 1. 2 , c. 6

' Tome V, Chartes & Diplômes, n. CCCCXXXV, & seq. la 2.* charte citée sous ce numéro.

"T^TTîT" 7^4 HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XVII.

XXXVL — Premiers établîssemens de l'ordre de Cïieaux dans la Province,

Conversion de Pons de Lara-^e.

Le saint abbé de Clairvaux s'étoit attiré par sa science Se par sa piété une si grande réputation, qu'il étoit regardé comme l'arbitre des affaires les plus xA\,%]%22. épineuses de l'Eglise & de l'État, ce qui ne contribua pas peu à étendre son ordre, qui étoit une réforme de celui de Saint-Benoît, laquelle avoit commencé à la fin du onzième siècle. Cet ordre étoit alors déjà établi dans h Province, ainsi qu'il est marqué dans la vie de Pons de Laraze, fondateur du monastère de Salvanès en Rouergue, écrite par un auteur contemporain.

Ponis ' étoit un chevalier à qui le château de Laraze, dans le diocèse de Lodève, dont il étoit seigneur, avoit donné le surnom. 11 se rendit également recommandable par son esprit, sa valeur & ses richesses, sous le règne du roi Louis le Gros 8c l'épiscopat de Pierre, évêque de Lodève; mais il abusa de ses talens & se servit de son château, qui étoit très-fort, pour exercer une infinité de brigandages 8c faire la guerre à ses voisins qu'il rançonnoit sans miséricorde. Dieu lui fit la grâce de le toucher 8c de lui inspirer la résolution de quitter le monde 8c de faire pénitence de tant de crimes. Dans ce dessein îl obtint d'abord le consentement de sa femme, qu'il mit, avec une fille qu'il avoit, dans le monastère de Drînant, où elles prirent l'habit religieui, 8c auquel il donna la plus grande partie de ses biens. Il avoit encore un fih unique qu'il consacra à Dieu par la profession monastique, dans Vabbaye de Saint-Sauveur de Lodève. Il vendit ensuite les biens qui lui restoient, 8c ayant fait assembler un jour, au village de Pegairolles, ses créanciers Se ceux à qui il avoit causé quelque dommage, il les satisfit &c distribua le reste aux pauvres.

Ce seigneur, après avoir mis ordre à ses affaires, gagna six de ses amis on de ses voisins, qui, touchés de ses discours, résolurent de se retirer avechi. De ce nombre étoit un chevalier nommé Alzarran. Pons, suivi de ses six compagnons, se mit en chemise 8c nu-pieds, 8c se faisant fustiger par un homme qui le traînoit avec un lien de fagot qu'il avoit au col, il se fit conduire aimi à Lodève, le dimanche des Rameaux, devant l'évêque, qui, après la processicn du jour, l'attendoit avec tout son clergé sur un échafaud qu'on avoit dresse exprès au milieu de la place j il se prosterna aussitôt devant ce prélat Sclui présenta un papier oii il avoit écrit sa confession qu'il fit lire publiquement, tandis^qu'on continuoit de le fustiger. Un spectacle si touchant tira les larmes des yeux de tous les assistans 8c fit de si fortes impressions sur plusieurs pêcheurs qui étoient présens, qu'ils résolurent de se convertir. Le jeudi sain: au soir, Pons 8c ses associés abandonnèrent leur patrie. Ils ne prirent chacun pour tout équipage qu'un méchant habit, un bâton 8c une besace, Sccon:mencèrent leur pèlerinage nu-pieds. Ils prirent le chemin de labbaye k

' Baluze, Miscellanea, t. 3, p. 2o5 & seqt

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HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XVII. 7o5

Saint-Guillem du Désert, où ils arrivèrent le lendemain, jour du vendredi saint. Ils y trouvèrent un grand nombre dé chevaliers 8c beaucoup de peuple des environs qui étoient accourus pour y adorer le morceau de la vraie croix dont Charlemagne avoit fait présent à cette abbaye, dans le temps de sa fondation. Raimond-Pierre de Ganges, seigneur du voisinage, s'y rencontra & engagea les pèlerins à venir passer la fête de Pâques avec lui dans son château, situé dans les Cévennes, à l'extrémité du diocèse de Maguelonne, Pons & ses compagnons en partirent le lendemain, prirent la route de Saint- Jacques en Galice, 8c firent tout le voyage en demandant l'aumône. Ils consultèrent différentes personnes de piété en chemin, entre autres l'archevêque de Compostelle, qui leur conseilla de se retirer dans quelque lieu désert 8c d'y vivre du travail de leurs mains. A leur retour ils visitèrent le Mont Saint- Michel, Saint-Martin de Tours, Saint-Martial de Limoges &c Saint-Léonard, 8c arrivèrent enfin à Rodez. Adhémar, évêque de cette ville, prélat distingué par sa piété, qui connoissoit depuis longtemps, à cause du voisinage, la naissance 8c le mérite de ces pénitens, les obligea à loger chez lui. Le comte de Rodez, qui avoit toujours été lié d'une amitié très-étroite avec Pons de Laraze, alla le trouver aussitôt à l'évêché 8c lui offrit un endroit de son domaine pour s y retirer avec ses compagnons; mais ce dernier le remercia de ses offres. Pons 8c ses associés se rendirent peu de temps après à Camarès, lieu situé dans les montagnes du Rouergue, 8c environné de bois. Arnaud du Pont, qui en étoit seigneur, leur donna aux environs un terrain désert qu'on nommoit Silvanés, 8c qu'ils appelèrent Salvanés. Après avoir défriché ce terrain, ils y construisirent de petites huttes où ils firent leur demeure 8c s'attirèrent, par leur vie pénitente, le respect 8c la vénération des peuples de ^^xi^rj^^^ tous les diocèses voisins.

Plusieurs autres solitaires s'étant joints à eux, ils résolurent quelque temps après de fonder en ce lieu un monastère dans les formes 8c d'embrasser l'institut de Cîteaux, ou celui des chartreux. Pons, indéterminé sur le choix, prit le parti d'aller lui-même à la grande Chartreuse, dans le dessein de s'en rapporter à la décision du bienheureux Guigues, qui en étoit prieur, 8c de ses religieux. On lui conseilla d'embrasser la réforme de Cîteaux 8c de s'adresser pour cela à l'abbaye de cet ordre la plus voisine de Salvanés : c'étoît alors celle de Mazan en Vivarais. Pons y passa à son retour, 8c s'étant rendu au chapitre, il offrit la maison de Salvanés à Pierre, abbé de Mazan, qui l'accepta volontiers, reçut au noviciat Pons 8c ses compagnons, 8c après les avoir revêtus de l'habit monastique au bout d'un an , 8c leur avoir donné pour premier abbé l'un d'entre eux nommé Adhémar, les renvoya k Salvanés. C'est ainsi que fut fondée, en ii36, cette abbaye qui est aujourd'hui du diocèse de Vabre 8c située vers les frontières de l'Albigeois 8c du diocèse de Béziers. La sainteté de ces premiers religieux parut avec tant d'éclat, que plusieurs chevaliers de mérite y changèrent leur ceinture militaire contre l'habit religieux. D'un autre côté, les princes Se les seigneurs tant voisins qu'étrangers y firent des dons considérables. Nous en avons entre autres plu-

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sieurs qui furent' faits à ce monastère, au douzième siècle, par les vicomtes de Béziers & de Carcassonne, les seigneurs de Roquefeuil, de Peyre, de Vintron, d'Olargues, de Montlaur, &c.

Quant* à Pons de Laraze, il choisit 1 état de frère convers, afin d avoir plus de liberté de pourvoir aux besoins & à la subsistance de ses frères, & mourut en odeur de sainteté. Guiraud, troisième abbé de Salvanés^, mort en u6i, fonda pour des filles le monastère de Nonnenque, qui subsiste encore dans le diocèse de Vabre vers les frontières de celui de Lodève.

On voit par ce que nous venons de dire que Tabbaye de Mazan en Vivarais est une des plus anciennes de l'ordre de Citeaux. Elle fut fondée^ par saint Jean, abbé de Bonneval au diocèse de Vienne, & ensuite èvêque de Valence, lequel y envoya quelques-uns de ses religieux, avec Pierre qui fut leur premier abbé. Se parvint à une sainteté éminente. Quelques auteurs^ rapportent la fondation de cette abbaye à Tan iiiç; mais^il paroit quelle est postérieure de deux ou trois ans*^. Quoi qu'il en soit, il est certain que ces: la plus ancienne abbaye de Tordre de Citeaux dans la Province. Ce lieu sappeloit anciennement le Mas d'Adam {Mansus Adam). Les seigneurs du voisinage donnèrent le fonds pour la construction du monastère qu'ils dotèrent richement. Il est situé dans une solitude, au milieu du diocèse de Viviers, à quatre lieues d'Aubenas vers le nord-ouest. Les abbayes de Toronet & de Sinanque en Provence sont ses filles. La dernière, qui est du diocèse de Cavaillon & qui fut fondée en 1148, fonda elle-même, en iiSa, celle^ de Chambon au diocèse de Viviers, située dans les Cévennes, vers les frontières du Gévaudan.

Les quatre abbayes de filles de Mercoire, en Gévaudan, de Bellecombe, de Sauvebénite^ et de Clavas, en Vêlai, doivent aussi leur origine à l'abbaye de Mazan & sont de sa filiation. La seconde, située à quatre lieues du Fuy £(à deux lieues d'Yssengeaux, étoit déjà fondée en 1 148. On n'a aucun monument de la troisième avant l'an 1228. Elle est située sur les frontières du Vêlai, du Forez & de l'Auvergne, à huit lieues du Fuy. Les comtes de Forez en som les principaux fondateurs. On voit dans l'église le tombeau de la bienheureuse Marguerite, religieuse de ce monastère, laquelle y est en grande vénération. Enfin la quatrième, située dans une vallée étroite, sur les frontières des diocèses du Puy & de Vienne, à trois lieues d'Annonay, dans ta paroisse de Riotord, subsistoit aussi au treizième siècle.

' Voyes tome V, Chartes âc Diplômes, nu- ' A. Manrique, Annales Clstereienstu Lufdui.

uéros CCCCLXXII 8c DXLIII. 1642-1649, ad ann. 1 1 19, c. 8, 81 1122, c. 2.

' Baluze, MisctlUnea, t. 3, p. 3o5 8c. seq. ' Voyez, au tomtf*^, la Note sur l'abbjve de

* Voyez tome IV la Note sur Tabbaye de Sal- Mazan. yanés. ' A. Manrique, Annales CistereienseSj ad snn.

^ Fita S. Johûnnis, VaUntin, episcopi, Martine, 1162, c. 6, n. 9. Thésaurus anecd. t. 3, p. 1694. * Voyez tome IV les Notes sur les abba^a ^<

' Gatlia. Ckristiana, t. 4, p. 594. Mercoire, de Bellecombe & de la Sau^ebétiiu.

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