LIVRE DIX-HUITIÈME
ï. — Etendue du domaine de Raimônd V, comté de Toulouse.
RÂIMOND V n'avoit que quatorze ans lorsqu'il succéda à Alphonse- Jourdain, son père. Il hérita de tous ses domaines & se quahiia, comme lui, comte de Toulouse^ duc de Narbanne &• marquis, de Provence. En qualité de comte de Toulouse, il possédoit, outre le domaine soit direct soit suzerain de tous les pays compris dans la province ecclésiastique de cette ville, les comtés particuliers d'Albigeois, de Querci 8c de Rouergue. Le duché dô Narbonne lui donnoit une autorité supérieure sur toute l'ancienne Septimanie, composée des diocèses de Narbonne, Béziers, Agde^ Carcassonn^y Lodève, Maguelonne, Nimes 6c Uzès. Il possédoit de plus la plupart des comtés particuliers de cette province, entre autres ceux de Narbonne & de Saint-Gilles. Enfin, sous le nom de marquis de Provence, il dominoit suf tous les pays situés entre le Rhône, Ilsère, les Alpes & la Durance. Il est aisé de juger par ce détail de la puissance de ce prince. Se qu'il pouvoit le disputer aux plus grands vassaux deJa couronne &c au roi même, dont le domaine particulier étoit bien moins étendu*
On a vu ailleurs que les prédécesseurs de Raimond étendoient aussi leur domination sur l'Auvergne, le Périgord, le bas Limousin, l'Astarac, l'AgenoiSi le Vivarais, le Vêlai &c le Gévaudan. Il ne paroit pas qu'Alphonse, père de c^ prince, ni lui, aient renoncé à leurs droits sur ces paysj leur autorité y fut cependant fort affoiblie, tant par les prétentions des comtes de Poitiers, ducs d'Aquitaine, que par le soin qu'eurent les évêques de Viviers, de Mende & du Fuy , de se servir de diverses conjonctures fevorables pour étendre leur domaine
An 1 14S
Éd. origin.
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