LXXIII. — Rétablissement de Vahbaye de Sorè'{e
On croît que ces pirates détruisirent vers le même temps le monastère de Sainte-Marie de Sorèze, dans le Toulousain. On sait', du moins, que l'église de ce monastère ayantété consumée par le feu, Walefride, qui en étoit abbé& ses religieux vendirent pour la réparer, la cinquième année du règne de Charles tf n°p.^42. 1^ Simple en Aquitaine, ou vers l'an 908, le lieu & prieuré de Saramon [Cella Medulfi) sur la Gimone, au diocèse d'Auch, avec ses dépendances, situées tant dans le même diocèse que dans le pays de Savez, portion de l'ancien Toulousain. Ils aliénèrent ce prieuré qui avoit été soumis à leur abbaye sous le règne de l'empereur Louis le Débonnaire, pour le prix de mille sols, en faveur de Garcias, comte & marquis de Gascogne, à qui ils en cédèrent seulement la jouissance pendant sa vie, à condition qu'après sa mort il leur reviendroit. ^^ 5 Ils s'y déterminèrent d'autant plus volontiers qu'ils étoient troublés dans la possession de ce monastère & de son domaine par les seigneurs du voisinage qui avoient envahi ses biens & qui en maltraitoient les religieux. Cet acte de vente est souscrit par Armand, évêque, le même sans doute que l'évêque de Toulouse de ce nom qui vivoit alors & dans le diocèse duquel étoit située labbaye de Sorèze.
Les successeurs du comte Garcias se mirent peu en peine de restituer à l'abbaye de Sorèze le lieu de Saramon, comme ils y étoient obligés ; ils le gardèrent jusque vers le commencement du neuvième siècle, qu'Odon, fils & successeur d'Arnaud comte d'Astarac Se de la comtesse Atalase, y fonda un monastère sous l'invocation de saint Pierre. Raimond, abbé de Sorèze & ses religieux renouvelèrent alors leurs plaintes au sujet de cette usurpation, ce qui engagea enfin Sanche, comte d'Astarac, sa femme, & leurs fils Guillaume & Arnaud, à le leur restituer. Depuis ce temps-là, le monastère de Saramon fut soumis à celui de Sorèze, dont l'abbé fut tiré indifféremment de l'un ou éS l'autre.
LXXIV. — Mort d'AcJredy comte de Carcassonne £» de Ra-^ès. — Ses successeurs dans ces comtés.
Acfred I, comte de Carcassonne & de Razès & beau-frère de Guillaume le
Pieux, comte d'Auvergne, marquis de Gothîe & duc d'Aquitaine, mourut
^^ ^^ vers la fin de l'an goS ou au commencement de l'année suivante. C'est ce qui
paroît * par la délivrance que firent, le 1 9 février de l'an 906, Adelinde sa
veuve & sœur du même Guillaume, Aldebrand, abbé & les autres exécuteurs
' Mabillon, Annal. Bened. ad ann. 840, n. 65, * Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. XXXI,
&904, n. 26. — Gallia Christiana, noY. éd. t. 1, & tome II, Note additionnelle k la Note LXXXVII, p. 1016 &seq. & instrum, p. 170 81 seq. ^ vu.
' An 906
testamentaires de ce comte à Rainulfe, abbé, du château de Mallast ou de Montolieu au diocèse de Carcassonne, du lieu & de Téglise de Saint-Martin, situés près de la montagne de Bassera dans le comté de Razès, & de quelques autres domaines qu Acfred avoit légués à ce monastère, par sa dernière disposition.
Lacté est souscrit par Acfred, fils de ce comte, qui avoit deux autres fils d'Adelinde sa femme, Bernard & Guillaume. Il paroît' qu'aucun deux ne lui succéda dans les comtés de Carcassonne & de Razès, qu'ils les abandonnèrent entièrement aux fils d'Oliba II, leur oncle paternel, qui avoit possédé autrefois ces deux comtés par indivis avec Acfred, leur père, & qu'ils se retirèrent auprès de Guillaume le Pieux, leur oncle maternel. Guillaume & Acfred succédèrent l'un après l'autre dans la suite à ce dernier j d'où l'on doit inférer que Bernard, leur frère, qui est d'ailleurs nommé le premier des trois dans les anciens monumens*, étoit l'aîné & qu'il mourut avant Acfred son père, ou du moins avant Guillaume le Pieux, son oncle j car ses deux frères succédèrent immédiatement l'un après l'autre à celui-ci, sans qu'il soit fait aucune mention de lui. Les comtés de Carcassonne & de Razès demeurèrent donc entièrement après la mort d' Acfred I, mari d'Adelinde, à ses neveux Bencion & Acfred, qui avoient déjà succédé^ dans une portion de ces deux comtés à Oliba II, leur père, frère du même Acfred I. Ce dernier laissa^ aussi par son testament à l'abbaye de la Grasse, différens biens situés dans le Razès.