LXXV. — Conciles de Barcelone &» de Saint-Tibérî
Rainulfe, abbé de Montolieu, ou Boson ^ son successeur immédiat, se trouvèrent sans doute au concile de la province de Narbonne^ qui fut tenu en 906, dans l'église cathédrale de Sainte-Croix de Barcelone, puisque, suivant les actes, les abbés de la Province assistèrent à ce concile, auquel Arnuste, métropolitain de la Septimanie & de la Marche d'Espagne, présida. Les évêques qui s'y trouvèrent avec lui furent Servus-Dei, de Girone, Nantigise, d'Urgel, Idalcharius, d'Ausone & Theudericus ou Thierri, de Barcelone, dans le marquisat d'Espagne , Raimond , de Cavaillon dans la Viennoise 8c Aquin dont on ignore le siège. Un grand nombre d'ecclésiastiques du second ordre tant séculiers que réguliers s'y rendirent, avec les laïques les plus qualifiés du pays, entre autres Wifred II, comte de Barcelone & marquis d'Espa- Éd. origin. gne*^, que les actes qualifient de prince & qui avoit succédé depuis peu à Wifred I, son père, dit le Velu.
Ce concile fut tenu principalement pour régler la discipline ecclésiastique.
• Voyez tome II, Note LXXXVII, n. io8. '•Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu-
* Labbe, Miscellanea, p. 5io. — Baluze, Histoire méro XXXIV. génial, de la maison d'Auvergne, t. 2, p. 21. ^ Ibid» n. XXXIII.
' Voyez au tome II, Vote LXXXVII, n. io5 & « Uid, n. XXXII & suiv.
suiy. ' Voyez tome II, Note LXXXVII.
An 907
Idalcharîus, évêque d'Ausone, dont Tévêché avoît été rétabli depuis quelques années par Tarchevêque Théodard, à la charge de payer tous les ans une livre d'argent à l'église de Narbonne, s'en plaignit, prétendant que cela étoit également contraire à l'esprit de l'Évangile & aux saints canons, qui n'exigent des évêques, à l'égard de leur métropolitain, qu'une simple soumission ou obéissance canonique, & demanda d'être déchargé de cette sujétion fiodale. Les Pères du concile commençoient à délibérer sur la demande de ce prélat, quand Arnuste, son métropolitain, ayant pris la parole, convint de bonne foi qu'il avoit raison de se plaindre; il déclara, pour se justifier, qu'il n'avoit fait que suivre, mais imprudemment, ce que son prédécesseur avoit établi ; il demanda cependant qu'on différât la décision de cette affaire jusques au prochain concile plénier de la Province, où il y eût le nombre parfait de iou'[e évêques^ qui statueroient alors là-dessus ce qui seroit le plus convenable suivant Vinspiration divine ^ on lui accorda sa demande.
Il ne nous reste plus rien autre chose de ce concile que la requête qu'Emme, abbesse de Saint-Jean-Baptiste au diocèse d'Ausone, fit présenter aux évêques par ses députés, pour demander la confirmation de son monastère dans la possession de ses biens. Si Ton peut ajouter foi à l'épitaphe' de Servus-Deî, évêque de Girone, ce prélat mourut le 18 août de l'an 906. Ainsi ce concile auquel il assista dut se tenir quelques mois auparavant.
En conséquence de ce qui avoit* été arrêté pour la décision de l'affaire d'Idalcharius, évêque d'Ausone, tous les évêques de la province de Narbonne, au nombre de quatorze, s'assemblèrent l'année suivante dans l'église du monastère de Saint-Tibéri, au diocèse d'Agde. Ils déchargèrent entièrement l'église d'Ausone de la redevance dont on a déjà parlé. Arnuste, leur métropolitain, qui présida à ce nouveau concile, y consentît & renonça publiquement, tant pour lui que pour ses successeurs, à ses prétentions sur cette église, à peine d'encourirTanathèmequifut prononcé par les évêques^. Comme ce concile étoit plus nombreux & plus solennel que n'avoit été celui de Barcelone, Emme, abbesse de Saint-Jean au diocèse d'Ausone, y fit solliciter de nouveau la confirmation qu'elle avoit demandée dans le précédent. Elle l'obtînt par un acte authentique qui fut souscrit par les quatre évêques de la Marche d'Espagne.