LXXVI. — Évêques de la Province
Nous apprenons par ces actes les noms de tous les évêques qui composoient alors la province ecclésiastique de Narbonne. Sept d'entre eux avoîent leurs diocèses dans l'étendue du marquisat de Gothie ou de Septimanîe, savoir : Arnuste, métropolitain de la Province, qualifié dans les actes évêque de la cité de la première Narbonnoise ^ Aglard ou Agélard de Nimes, qui avoit succédé^, du moins depuis l'an 897, à Gilbert j Riculfe d'Elne, Rainai ou Régînald de
' Marca Hispaniea, p. 878. * Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. XXXI.
' Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. XXXI. ♦ Voyez tome IV, Note XVIII, n. 3.
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Bézîers, Gontarîus de Maguelonne, Autgarius de Lodève & Gérard d'Agde. Il y en avoit un huitième, qui dépendoit pour le temporel du royaume de Provence : c etoit Amélius d'Uzès, alors le plus ancien de la province, & deux autres, Armand de Toulouse & Gimera de Carcassonne, dont les diocèses formoient, avec le comté de Razès, le marquisat de Toulouse '. Gimera, dont un auteur moderne a fait quatre évêques de Carcassonne, avoit succédé, depuis l'an 902, à Willeran, son prédécesseur. Enfin Theudéricus de Barcelone, Nantigise d'Urgel , Idalcharius d'Ausone & Servus-Dei ou bien Guigues de Girone, avoient leurs diocèses au delà des Pyrénées, dans la Marche d'Espagne, province soumise à la domination Françoise.
Guigues, évêque de Girone, dont on voit la souscription à la fin des actes de ce concile, ne la donna, à ce qu'il paroît, que quelque temps après; car, outre qu'il est fait mention de Servus-Dei dans les actes mêmes, il ne fut intronisé* que le 20 de novembre de l'an 908. Arnuste, archevêque de Narbonne, ^^ g son métropolitain, assisté des évêques de Barcelone & d'Urgel, fit cette cérémonie en présence de Wifred, qui est qualifié très-grand prince dans l'acte de l'élection de ce prélat, à laquelle il eut beaucoup de part : preuve que Wifred Éd-jOnpn. jouissoit alors des droits régaliens. Aussi voit-on qu'il donna, trois ans^ après, par son testament, à l'église d'Ausone la troisième partie de la monnaie qu'il déclare pourtant tenir de la libéralité du roî.
LXXVIL — Comtes de Carcassonne &• de Ra'^ès.
Il est marqué dans le même acte que les évêques de la Gothie avoient élu Guignes par ordre du roi Charles le Simple, qui continua d'accorder sa protection aux églises de la province. Ce prince donna en effet une charte^, le 3 de novembre de l'an 908, en faveur de l'abbaye de la Grasse & de Witiza, son abbé, qui se trouvoit alors à la cour. Charles confirma ce monastère dans toutes ses ancienne:^ possessions 8c dans les nouvelles acquisitions faites depuis un autre diplôme qu'il avoit donné en sa faveur neuf ans auparavant. Entre ces domaines, il est fait mention de l'église de Saint-Etienne dans le Val de IDagne {In valle Aquitaniaé)^ au pays de Carcassonne, donnée à l'abbaye de la Grasse par le comte Bencion de bonne mémoire , pour en Jouir de la même manière que V avoit possédée le comte Oliba} d'où il s'ensuit : i^que Bencion avoit succédé dans le comté de Carcassonne à Oliba II, dont nous supposons, avec beaucoup de vraisemblance, qu'il étoit fils ^ & à qui le roi Charles le Chauve avoit donné^, en 870, la même église de Saint-Etienne ; 2® que Bencion étoit déjà décédé en 908. Acfredll, qui étoit "^ certainement fils
■ Voyez tome IV, Note XIII. * Voyez tome II, Note LXXXVII, n. io5 & suit.
* Voyez tome V, Chartes 8c Diplômes, n. XXXV. « Voyez tome II, aux Preuves, Chartes & Diplô-
* Marca Hispantea, p. SSp. mes, n. XCIV.
*• Voyez tome V, Chartes & Diplômes , nu- ' Voyez tome II, Note additionnelle à la Note
snéro XXXIV & suir. LXXXVII.
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d'Oliba, succéda au même Bencîon dans les comtés de Carcassonne & de Razès, comme nous le verrons ailleurs '.