‹ Histoire générale de Languedoc, avec des notes et les pièces justificatives (volume 3)Chapitre 99 sur 234 · LI. — Vicomtes de Lodève · texte numérisé non relu

LI. — Vicomtes de Lodève

On voit par ce que nous venons de raconter de la vie de S. Fulcrand, que la ville & le diocèse de Lodève étoient gouvernés de son temps par des vicomtes héréditaires qui, abusant de leur autorité, exerçoient les droits régaliens. Ils lepouvoient faire d'autant plus librement, qu'il n'y avoit alors aucun comte particulier qui résidât dans ce pays, dont le comté* étoit réuni au domaine de la maison des comtes de Toulouse. Du moins est-il certain que ces derniers possédoient le comté de Lodève dans le onzième siècle & que les vicomtes de cette ville étoient leurs vassaux. Quant à la juridiction ou autorité temporelle que les évêqùes prétendoient avoir, ils la dévoient en tout ou en partie à la piété de nos rois, comme l'insinue l'auteur de la vie du saint prélat.

Hildin, vicomte de Lodève, qui vivoit alors, nous est connu par d'autres monumens. S. Fulcrand en fait mention dans son testament* à l'occasion d'un alleu qu'il avoit acquis de lui, & dont il disposa en faveur de l'abbaj'e de Joncels. Ce vicomte vivoit en 96 ï, comme il paroît par la donation qu'il

' Voyez tome IV, Note XXV. • V\tA S, Fulcrmndi, Bollandistes, £éw. t. 2, p. 710

81 seq.

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XIL i3q "T

V An 949

fit cette ' année à Tabbaye de Saint-Guillem du Désert, dans le diocèse de Lodève, & à Gausfred qui en étoit abbé, de plusieurs biens situés dans le comté de Substantion, de concert avec Gariberge &* Adoriy ou Odon vicomte^ téuit pour leurs âmes que pour celle d^Autgarius} ce qui nous fait conjecturer que les mêmes Hildin & Odon, vicomtes de Lodève en 949 & 961, étoient fils de ce dernier & de Gariberge, qu'ils héritèrent de lui de cette vicomte, & qu'ils la possédèrent par indivis.

Hildin ou Heldin, vicomte de Lodève, n'est pas différent du vicomte Ildinon, dont il est fait mention dans un acte* de l'abbaye d'Aniane de l'an 968, & qui conjointement avec Archimberte, sa femme, & leurs fils Ermengaud, Adilulphe & Odon, fit un^ échange en 982, d'une terre qu'il avoit dans le comté de Maguelonne & le territoire de Substantion, contre Quinabert, abbé de Saint-Guillem du Désert & son monastère. Nous inférons qu'il devoît être déjà décédé en 984, de ce qu'il n'est pas nommé dans une donation que la vicomtesse Archimberte, son épouse, ses fils Adilulphe 8c Odon, & Trudgarde, veuve de son fils Ermengaud, firent alors à l'abbaye d'Aniane, d'une terre située dans le comté de Béziers. Il est du moins certain qu'Hildin étoit déjà mort en 986, par une^ autre donation que la même Archimberte fit cette année à Rainald, abbé d'Aniane &c à ses religieux, de divers biens situés à Caunes, dans le diocèse de Béziers, pour ses parens qui étoient déjà décédés, savoir : son père, sa mère, son jils, ses filles 6» son mari Ildinon. L'acte est souscrit par Odon, le seul, à ce qu'il paroh, des fils d'Hildin qui recueillit sa succession. Cet Odon fut en effet vicomte de Lodève, comme on le voit dans un acte sans^ date, par lequel il donne à l'abbaye de Saint-GuilIem du Désert, du consentement de Chimberge, sa femme, un alleu dans le comté de Lodève, que son père Hildin & lui avoient acquis d'un nommé Ardemand.

Telle est la succession des vicomtes de Lodève depuis le milieu du dixième siècle jusques à la fin. Nous ne connoissons pas leurs successeurs, mais il y a lieu <^ de conjecturer que leur famille tomba en quenouille} que Nobilie, femme de Gilbert, vicomte de Carlad, sur les frontières de l'Auvergne, qui vivoit vers le milieu du onzième, étoit fille unique & héritière du vicomte Odon dont on vient de parler, & de Chimberge, sa femme j 8c qu'enfin la vicomte de Éd. orîgîn. Lodève passa par ce moyen, avec celle de Carlad, dans la maison des vicomtes de Millau qui possédèrent certainement l'une & l'autre.

LIL — Donations de divers comtes ou seigneurs de la Marche d'Espagne

à Vahhaye de la Grasse.

Les différentes donations que nous venons de rapporter sont des preuves de la piété des comtes de Lodève. Plusieurs seigneurs de la Marche d'Espagne

■ Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. XCVI. ^ Voyez tome V, Chartes 8c Diplômes, n. CXXII.

■ Ihid. n. Cil, la 2* charte citée sous ce numéro. * Ibii. n. CXXXV. 3 Ibid, n. CXXIII. . ^ Voyez tome IV, l^ote XXV.

t. II, p. 84.

■; MO HISTOIRE GÉNÉRAtE DE LANGUEDOC. LIV. XII.

An 949 '

signalèrent la leur envers l'abbaye de la Grasse, sous le gouvernement de Soniarius ' qui en fut abbé depuis Tan gi5 jusques en 942. Maïeul, vicomte, lui donna ^ en 946 un alleu dans le comté d'Urgel « pour son âme 6c celles « de Ranilonne, sa femme, & d'Esther qu'il avoit épousée en premières nocesA Ermengarde, abbesse de Burgal, dans le comté de Pailhas & le diocèse d'Urgel, fit don^ de son monastère à la même abbaye, la quinzième année du ^^ g^ règne de Louis d'Outre-mer, ou Tan 960 ; cette abbesse fait mention dans l'acte du comte Guillaume, son frère. Elle étoit fille d'Isarn, comte 6» marquis de Pailhas, qui avoit^ fondé le monastère de Burgal, dont Aton, évêque^ son oncle paternel, Tavoit mise en possession.

Ce dernier étoit certainement évêque de Pailhas, d'où l'on doit inférer ou que cet évêché ne fut pas supprimé, comme il avoit été ordonné par un décret du concile de Fontcouverte de l'an 911, ou du moins qu'il fut rétabli bientôt après. Quant au monastère de Burgal , nous apprenons qu'il n'y avoit ^ plus de religieuses au commencement du onzième siècle, d'un acte de l'an 1007, par lequel « Soniarius, comte de Pailhas & ses frères, les comtes « Raimond 81 Guillaume, confirment la donation que le comte Raimond, tt leur aïeul, Isarn & Aton, évêque, leurs oncles paternels, en avoient feite « à l'abbaye de la Grasse. » Depuis ce temps-là ce monastère ne fut plus desservi que par des religieux dépendant de cette abbaye. Artaud^, comte de Pailhas 8c sa femme Guillelmette y donnèrent dîfférens biens en 1170, 8c un autre comte de ce pays, nommé Bernard 8c sa femme Guillelmette, en 1196. Enfin, la conventualité y a cessé après l'introduction des commendes, 8c il n'est plus desservi que par trois prêtres séculiers, depuis l'an 1458.

Soniarius, abbé de la Grasse, fit un échange^ en 961 avec Sunifred, comte de Barcelone, qui lui donna un alleu dans le comté de Carcassonne, en présence de Wisade, évêque de cette ville. Il étoit peut-être parent du comte Soniarius qui fit donation ^ en 953, à Witîza son successeur, de plusieurs églises situées en divers comtés de la Marche d'Espagne , entre autres de celle de Notre-Dame de Riodezar, ou il y eut depuis un prieuré dépendant de l'abbaye de la Grasse, lequel est uni aujourd'hui à celle de Campredon dans le diocèse de Girone.

LUI. — Rétablissement du monastère de Sainte-^Enimie dans le Gévaudan.

Comtes 6» vicomtes de ce pays.

Les différentes guerres qui avoient agité le royaume, mais surtout l'invasion des biens ecclésiastiques par les séculiers, causèrent la ruine ou la décadence de plusieurs églises ou monastères au milieu du dixième siècle. Celui

' H'tst* manusc. de Vabhaye de la Grasse, p. 406. ^ Archives de l'abbaye de la Grasse.

* Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. LXXVI. ' Marca Hispanicaj p. SpS 81 seq. ^ Ihid. n. hWl\. "Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu-

* Ibid, n. LXXV. méro LXXXII. — Mabillon, Annal, ordints saneti

* Ibid, n. CXLIII, ' Benedictif ad ann. 960, n. 36.

An 961

de Saînte-Enimie dans le Gévaudan, entre autres, se trouvoit alors dans une

extrême ' désolation. Etienne, évêque de Mende, résolu de le relever, s'adressa

ft à Dalmace, abbé de Saint-Chaffre en Vêlai & le pria, du consentement

«.de son chapitre, des principaux seigneurs du pays, & en particulier du

{( vicomte Bernard, de prendre ce monastère sous sa conduite &. d y envoyer

a de ses religieux pour y rétablir l'observance régulière. Dalmace s'excusa

(( d'abord, mais il y consentit enfin, à condition que lui & ses successeurs y

« auroient une pleine autorité. Etienne prit là-dessus l'avis de son clergé

tt & de son peuple, & accepta la condition, du consentement du marquis

c( Raimond, avec lequel peu de temps après il fit un voyage de dévotion à

(c Rome, suivi de plusieurs de ses ecclésiastiques 8c de l'abbé Dalmace. Ils

« eurent recours ensemble au pape Agapet qui confirma le rétablissement du

« monastère deSainte-Enimie, en présence du sénateur Albéric. » Ce dernier

s'étoit alors emparé de toute l'autorité dans Rome. Les circonstances de ce

rétablissement du monastère de Sainte-Enimie sont marquées dans un acte

qui fut dressé en 96 1, & qui est souscrit par Gotescalc, évêque du Puy. Il y est

dit qu'on appeloit anciennement ce lien Burlatis, 8c qu'on y conservoit encore

les reliques de la sainte. Ce monastère a toujours été soumis depuis à l'abbaye

de Saint-Chaffre , 6c a donné son nom à une petite ville du Gévaudan ^jj- o"|»n-

située sur la rive droite du Tarn, vers les frontières du diocèse d'Alais.

Par ce que nous venons de dire, nous apprenons qu'il y avoit alors un comte 8c un vicomte de Gévaudan. Le dernier paroît être le même* que Bernard, fils puîné d'un autre Bernard , vicomte de Millau en Rouergue, en 937. Quant au comte ou marquis Raimond, nous avons ^ lieu de croire qu'il n'est pas différent de Raimond premier du nom, comte de Rouergue 8c cousin germain de Raimond-Pons, comte de Toulouse. Il dominoit dans le Gévaudan en qualité de suzerain d'Etienne, comte de ce pays, qui probablement étoit son frère, 8c fils puîné d'Ermengaud, comte de Rouergue 8c marquis de Gothie. Etienne avoit épousé alors, ou du moins il épousa bientôt après Adélaïde d'Anjou dont nous parlerons ailleurs^.

LIV. — Mort de Raimond-Pons, comte de Toulouse. — Guillaume Taillefer,

son fils y lui succède.

On pourroit croire aussi qu'il s'agit dans cettç charte de Raimond-Pons, comte de Toulouse, qui, en qualité de duc d'Aquitaine, étendoit son autorité sur le Gévaudan, s'il ne paroissoit que ce prince étoit déjà décédé en 961 . En effet, nous ne doutons pas que sa mort n'ait été un des principaux motifs du voyage que le roi Louis d'Outre-mer entreprit cette année en Aquitaine, 8c dont

• Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n, LXXX. frère ou parent de Raimond, comte de Rouergue,

' Voyez tome IV, "Note XXVI. comme le suppose dom Vaissete. — Voyez tome IV,

' Ih'id, n. 2 & 7. Taddition à la Note XXVI, où nous donnons la

^Etienne I, comte de Gévaudan, n'était point véritable généalogie de ce personnage. [E. M.]

An 901 ~

un historien " du temps parle en ces termes : « Louis s'étant mis à la tête de ses « troupes s'avança vers les frontières de cette province au commencement de Cl Tannée. Charles Constantin, prince de Vienne & Etienne, évêque d'Auvergne « ou de Clermont, informés de sa marche, furent au devant de lui 6c lui prê- « tèrent serment de fidélité, auquel le dernier ajouta des présens considérables. c< Guillaume, comte de Poitiers, fut aussi à la rencontre de ce prince, qui, étant « sur le point d'entrer en Aquitaine, tomba dangereusement malade. Léotald, « comte dans la Bourgogne, prit un soin particulier de lui pendant sa maladie, (i & Louis ayant recouvré ses forces reprit le chemin de France. » Nous tirons de ce récit les conséquences suivantes :

i*' Louis dut prendre la route de Mâcon pour entrer en Aquitaine, & tomber malade dans cette ville, car Léotald, que Frodoard qualifie comte de Bourgogne, & qui assista ce prince dans sa maladie, n'est pas différent de Léotald, comte de Mâcon, qui vivoit alors & qui descendoit* par mâles de Maïeul, vicomte de Narbonne, dont il étoit petit-fils j 2® la marche du roi vers l'Aquitaine à la tête d'une armée est une preuve que les peuples de cette province s'étoient révoltés contre lui 8c refusoient de lui obéir. Il est marqué, en effet, qu'Etienne, évêque de Clermont, alla à sa rencontre 8c le reconnut pour son seigneur ^ d'où il paroît que l'Auvergne étoit alors révoltée. Voici ce qui peut avoir donné occasion à cette révolte.

Nous avons fait voir^ ailleurs que le roi Raoul, lorsqu'il reçut en 982 la soumission de Raimond-Pons, comte de Toulouse, disposa en faveur de ce prince du duché d'Aquitaine 8c des comtés d'Auvergne 8c de Vêlai. On a prouvé aussi que le roi Louis d'Outre-mer le maintint dans ses dignités. Nous savons enfin^ que ce roi, qui mourut en 964, les donna à Guillaume Tête-d'Étoupes, comte de Poitiers. Or, comme on n'a aucune preuve que ce dernier ait pris la qualité de duc d'Aquitaine avant l'an 960 8c du vivant de Raimond-Pons, nous concluons de tout cela : i® que celui-ci mourut vers l'an gSo; 2<> qu'après sa mort, Louis d'Outre-mer disposa du duché d'Aquitaine 8c des comtés d'Auvergne 8c de Vêlai en faveur de Guillaume Tête-d'Etoupes; 3<> que les Aquitains, 8c surtout les Auvergnats, attachés à la maison de Toulouse, refusèrent de reconnoître Guillaume Tête-d'Etoupes pour leur duc ou comte 8c se déclarèrent en faveur du fils de Raimond-Pons, que le roi avoit dépouillé de ses dignités, 8c qui étant en bas âge étoit hors d'état de faire valoir ses droits ; 40 enfin, que ce fut autant pour les y obliger que pour remettre sous son obéissance le comté de Vienne 8c le reste du royaume de Provence, soumis alors à Conrad le Pacifique, que Louis s'avança en 961 vers ces provinces à la tête d'une armée.

On peut confirmer ce que nous venons de rapporter par le refus constant que firent^ les principaux seigneurs d'Auvergne, 8c entre autres Etienne, évêque de

' Frodoard, Chronicon, p. 6i6 8c se({. ^ Âdhémar de Chabanais, p. 166.

* Baluze, Histoire généaL de la maison d'Auver- ' Aeta Sanctorum ordinis sancti Benedicti, saec. 5,

gne, t. 2, p. 5 & SUIT. — MabiUon, ad ann. 965, p. 32 1. — Baluze, Histoire génial, de la maison

n. 81. d* Auvergne, t. 2, p. 2. — Voyez tome IV de cette

» Voyez tome IV, }fote XVI, édition, Note XVI.

~ An 951

Clermont, qui étoit de la maison des vicomtes de cette ville, de se soumettre {:n,^p.^86^ à Guillaume, comte de Poitiers, jusques à la première année du règne de Lothaire, ou à Tan 966, qu'ils firent un accord avec ce comte, suivant lequel ils le reconnurent pour leur seigneur.

Raimond-Pons, comte de Toulouse, mourut donc vers Tan gSo ; aussi n'avonsnous' aucune preuve qu'il ait vécu au delà de cette année. Il laissa du moins trois fils de Garsinde, sa femme, qui lui survécut. Guillaume^ Taîné, qui étoit alors fort jeune, lui succéda dans le comté de Toulouse & la plupart de ses autres domaines sous la tutelle 8c le gouvernement de Garsinde, sa mère. On le surnomma Taillejèr, & il fut le troisième comte de Toulouse de son nom. Les deux autres s'appeloient Pons 8c Raimond ; le premier eut dans la suite le comté d*Albigeois pour son partage. Raimond-Pons eut aussi, à ce qu'il paroît, une fille appelée Raimonde, qui épousa Aton, vicomte de^ Soûle en Gascogne. On devroit enfin mettre Léogarde, femme de Borrel, comte de Barcelone, au nombre de ses enfans, si Ton pouvoit s'appuyer sur l'autorité^ d'un moderne qui la croit originaire d'Auvergne 8c fille de Raimond, comte de ce pays, au commencement du règne de Lothaire, car nous ne connoissons d'autre Raimond, comte d'Auvergne, au dixième siècle, que Raimond-Pons, comte de Toulouse.

Ce dernier possédoit dans le temps de sa mort le comté particulier de Toulouse, qui étoit très-étendu, avec le marquisat de cette ville qui lui donnoit la suzeraineté sur les comtés de Carcassonne 8c de Razès. Il jouissoit de plus en commun, avec Raimond premier du nom, comte de Rouergue, son cousin, du marquisat de Gothie 8c des comtés de Narbonne, Nîmes, Lodève, Béziers 8c Agde dans cette province ; de ceux d'Albigeois 8c de Querci en Aquitaine, 8c du Vivarais 8c de rUzège, anciens membres du royaume de Provence; tous ces domaines passèrent à ses successeurs.-Quant au duché d'Aquitaine 8c aux comtés d'Auvergne 8c de Vêlai ^, dont il avoit été pourvu seulement depuis la mort des neveux de Guillaume le Pieux, 8c dont le roi Louis d'Outre-mer disposa après la sienne en faveur de Guillaume Tête-d'Étoupes, comte de Poitiers, il paroît que Guillaume Taillefer^, après les avoir disputés à ce dernier, ne se pouvant maintenir dans leur possession, donna dans la suite en fief ces deux comtés à la famille des vicomtes d'Auvergne ou de Clermont^, qui prirent depuis le titre de comtes 8c le reconnurent, de même que les autres comtes de Toulouse ses successeurs, pour leurs suzerains.

C'est tout ce que nous avons pu recueillir de plus certain sur le temps de la mort de Raimond-Pons, comte de Toulouse, duc d'Aquitaine 8c marquis de Gothie , prince également recommandable par sa piété, sa valeur 8c l'étendue de son domaine, dont il porta les bornes depuis la Loire jusques aux Pyrénées, la mer Méditerranée 8c le Rhône. Parmi les modernes qui ont parlé de sa mort,

* Voyez tome IV, Notes VIII & XVI. * Baluze, Marea Hispanieaj p. 402.

* Ih'td. Note VIII. * Voyez tome IV, Note XVII. ' Voyez tome V, Chartes & Diplômes , nu- • Ibid, Notes XVI & XVII.

méro CXXXIX, la 4^ charte citée sous ce numéro. ' Baluze, Hist, généaî, delà maison d'Auvergne.

les uns l'ont placée en çSS, d'autres vers Tan g6i, & d'autres enfin beaucoup plus tard; maïs ils se trompent' tous également. Cela vient de ce qu'ils l'ont confondu, à cause de la ressemblance de leurs noms, avec Raimond I & II, «omtes de Rouergue, ses cousins; ce qui est d'autant plus aisé que ces deux branches de la maison de Toulouse possédèrent longtemps par indivis la plupart de leurs domaines. Au reste, Raimond-Pons fut inhumé^ dans l'abbaye de Saint-Pons de Thomières qu'il avoit fondée & enrichie par ses libéralités.

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