‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 4)Chapitre 20 sur 186 · XII. Nous croyons donc avec un moderne · texte numérisé non relu

XII. Nous croyons donc avec un moderne

■ Polybe, 1. I, p. 6.

» Ihid. 1. 2, p. 108.

' Ihid. 1. 4, p. 3 12.

* Pausanias, in Attic . 643 & seq.

' Pausanias , in Achaïc

Note

p. 6 & seq. in Pkoc'ic.

p. 408 , in Arcadicis,

Note

NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

c(uî a fait une savante dissertation sur l'or (leToulouse ', que les auteurs qui disentque le temple d'Apollon de Delphes fut pillé par les Gaulois, l'ont confondu avec le temple d'Apollon de Toulouse, qui fut pillé en effet par les Romains; & que sachant que les Tectosages avoient entrepris autrefois l'expédition de Delphes dans le dessein de s'enrichir des dépouilles du fameux temple de cette ville, ils ont cru que les richesses qui furent enlevées par Cépion de celui de Toulouse, étoient provenues du premier, & cela d'autant plus aisément que l'origine de ce trésor leur étoit inconnue. Nous avons donc cru devoir préférer l'autorité précise de Polybe, auteur presque contemporain , jointe à celle de Possidonius, de Pausanias & de Strabon même, au témoignage des autres, lesquels, si l'on en excepte Dion, ou ne s'expliquent pas clairement, ou se contredisent, ou ne disent enfin qu'un mot, en passant, de cette fameuse expédition.

XIII. On pourroit peut-être sauver la contradiction qui est entre ces historiens , en Éd.orig. supposant que le pillage du temple de Delp. 600. phes par les Gaulois dont ces auteurs font mention, n'est point différent de celui que firent du même temple environ cent cinquante" ans après les Scordisques, les Médiens & les Dardaniens qu'un habile critique fait descendre des Gaulois qui attaquèrent Delphes sous la conduite de Brennus. On ne peut pas douter du moins que les Scordisques qui étoient du nombre, ne fussent Tectosages d'origine. Suivant ce système, tous les reproches que Cicéron faisoit aux peuples de la Province romaine d'avoir porté leurs mains sacrilèges sur les richesses consacrées dans le temple d'Apollon de Delphes, pourroient s'interpréter du pillage fait par les Scordisques, leurs compatriotes; mais on ne sauroit expliquer de même l'autorité de Tite-Live, puisque Manlius, suivant cet historien, faisoit le même reproche aux Gaulois d'Asie avant l'expédition des Scordisques contre le temple de Delphes. Ce consul romain faisoit d'ailleurs retomber ce reproche sur les premiers comme ayant été

' M. de Lagny, Annales de la Faille, t. i , p. 333. 'Voyez Histoire de l'Académie des Inscriptions, t. 3, p. 83.

de l'expédition de Brennus. Quoi qu'il en soit, le critique que nous venons de citer convient que cette expédition fut très-désavantageuse à ce capitaine, & que les Gaulois ne prirent ni ne pillèrent point alors lo temple de Delphes.

NOTE V

Sur Vendroit où Annibal passa le Rhône '.

IL paroît qu'on peut aisément déterminer l'endroit, à peu près, où Annibal passa le Rhône. On' sait d'un côté que ce général arriva au bord de ce fleuve, & qu'il le passa à quatre journées de la mer; & que de l'autre après l'avoir passé, il arriva en le côtoyant en quatre autres journées de marche à l'embouchure de l'Isère : ainsi , en mesurant les distances, l'endroit du passage d'Annibal doit être fixé à peu près à un égal intervalle & de la mer & du confluent de l'Isère & du Rhône, & par conséquent aux environs du pont Saint-Esprit, entre cette ville & celle d'Orange.

On peut tirer encore une nouvelle preuve qu'Annibal passa le Rhône en cet endroit, de ce que le consul Scipion ' qui étoit entré par l'embouchure de cette rivière avec sa flotte pour s'opposer au passage des Carthaginois, employa trois jours de marche depuis l'endroit où il débarqua ses troupes après s'être avancé par cette embouchure jusqu'au lieu où Annibal avoit déjà passé.

Il est vrai que s'il falloit s'arrêter au texte de Tite-Live^, ce seroit au confluent de la Saône & du Rhône qu'Annibal seroit arrivé après quatre journées de marche depuis son passage; mais M. de Marca' a fait voir après Cluvier, qu'il faut lire Isara au lieu de Scoras dans le texte de Polybe, & ses raisons nous paroissent convaincantes.

' Voyez à la suite de cette Note, la Note additionnelle de D. Vaissete.

' Polybe, 1. I, p. 189.— T. Live, 1. ai. 'Polybe,!. I, p. 189. — T. Live, 1.21.

^ T. Live, 1, 21.

* Marca, de Prrrr:;t. p. 3:07.

NOTB

Note

NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

Note

ADDIT

Ce qu'on pourroit trouver à redire à M. de Marca, c'est qu'il prétend qu'Annibal passa le Rhône à Tarascon, lequel est trop voisin de la mer pour en être éloigné des quatre journées marquées par Polybe. Nous n'ignorons pas qu'un auteur' moderne prétend avoir donné des preuves du sentiment contraire, qui jointes ensemble forment, selon lui, une démonstration sans réplique. Il nous paroît cependant qu'il ne seroit pas fort difficile de les réfuter : mais cela nous mèneroit trop loin, & ce n'est pas d'ailleurs de notre sujet. Nous nous contenterons de renvoyer à la savante dissertation que M. de Mandajors', qui a embrassé le sentiment de M. de Marca, a faite là-dessus, & à celle de M. le chevalier de Follard' qui a traité cette matière à fond & l'a mise dans tout son jour.

[}^ote additionnelle à la Note V, ajoutée par Dom Vaissete à la fn du tome V de V édition originale.']

Éd

5°,''|g- Surle passage du Rhône par Annihal"^. p. 659.

LE P. Fabre, religieux de l'ordre des grands Carmes, dans des remarques historiques qu'il a ajoutées au Panégyrique de la ville d'Arles, qu'il prononça dans la collégiale de Notre-Dame de la Majour de cette ville le 25 d'avril de l'an 1743, & qu'il a fait imprimer, prétend' que tous ceux qui jusqu'ici ont voulu fixer le lieu où Annibal passa le Rhône, se sont trompés 5 & il propose un nouveau système à l'abri de toutes les difficultés. Il soutient & tâche de prouver par diverses raisons, qu'Annibal, après avoir traversé le pays des Volces ou le Languedoc, « vint au bord du Rhône, à sept « lieues de l'embouchure de ce fleuve, visce à-vis d'Arles, ou une lieue au-dessus; « que voyant que les Volces Arécomiques, « qui habitoient les deux côtés du fleuve, « vouloient lui en disputer le passage, &

' Catrou, Histoire romaine, t. 7, p. i 70 & suiv. ' Voyez Histoire de l'Académie des Inscriptions, t. 3, p. 99 & suiv.

' V6W?irèi, Commentaires sur Polybe, t. 4.

"• Voyez au tome I de cette édition, 1. I, n. 23.

^ Page 65 &. suiv.

« qu'ils s'étoient postés de l'autre côté pour « s'y opposer, il rusa, en détachant Han- « non, qui, avec une partie de l'armée, re- « monta le fleuve vingt-cinq milles au-dessus « de son camp, jusques aux Iles de Roquece maure, où ce dernier passa à gué avec le '( détachement, dans le dessein de prendre « ensuite les Gaulois en queue j qu'Anni- « bal le suivit pour mettre la Durance sous « lui ; qu'Hannon ayant passé, & étant re- « descendu quelque peu, il fait le signal, « & prend en queue les Gaulois du pays « qui s'étoient rassemblés (& qui étoient « différens de ceux qui s'étoient postés « devant le camp d'Annibal), tandis qu'An- « nibal, aux signaux d'Hannon, les avoit « déjà attaqués de front, en passant le « fleuve, à peu près où est Avignon, ou un « peu au-dessus. » En sorte que, suivant ce système, Annibal, après le départ d'Hannon, auroit décampé du voisinage d'Arles pour se rendre aux environs d'Avignon, & auroit marché l'espace de sept lieues le long du Rhône, à l'insu des Gaulois, qui s'étoient campés vis-à-vis de lui.

Sans entrer dans la discussion de cette difficulté, & des diverses raisons que le P. Fabre apportepour appuyer son système, il nous suffira de remarquer que Polybe', dont l'autorité est décisive sur cette matière, marque expressément , que le lieu où Annibal arriva d'abord sur les bords du Rhône, étoit à quatre journées de distance de la mer. Or, suivant le P. Fabre, il n'y a que sept lieues de l'embouchure du Rhône à Arles. Annibal arriva donc d'abord bien audessus d'Avignon. Il paroît d'ailleurs certain par les textes de Polybe & de Tite-Live, qu'Annibal passa le Rhône dans l'endroit même où il arriva aux bords de ce fleuve; qu'Hannon, après l'avoir passé à l'insu des Gaulois, vingt-cinq milles au-dessus du camp d'Annibal, descendit le long de la rive opposée, également à l'insu des Gaulois, jusqu'à ce qu'il fût à portée d'avertir Annibal, qui étoit peu éloigné de son camp, en faisant un signal avec de la fumée; & que ce signal détermina Annibal à tenter le passage du fleuve, & à attaquer les Gaulois de front, tandis qu'Hannon fit

' Polybe, 1. 3.

NoTB AUUIT.

Note

ADDIT

NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

Note

Ed.orig.

une diversion, en attaquant leur camp en queue; ce qui favorisa le passage de toute l'armée carthaginoise. Au reste, il faut que le P. Fabre n'ait pas lu le premier volume de VHistoire de Languedoc, puisqu'il nous fait dire qu'Annibal passa le Rhône entre Orange & Avignon, à peu près où est aujourd'hui Roquemaure; tandis que nous établissons au contraire dans la cinquième note de ce volume", que ce fut aux environs du pont Saint-Esprit, entre cette ville & celle d'Orange, qu'Annibal passa le Rhône.

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