I.pwE l'époque de la mort de Leuvigilde
■L/dépendent les deux autres. Or, il est constant que cette mort arriva entre le i3 d'avril & le 8 de mai de l'an 5S6; en voici les preuves :
1° Le troisième concile ' de Tolède fut tenu le 8 de mai de l'ère 627, ou de l'an 589, la quatrième année du roi Reccarède. Ce prince avoit donc commencé son règne avant le 8 de mai de l'an 586. Leuvigilde devoit, par conséquent, être mort avant ce temps-là.
2° Selon une ancienne épitaphe rapportée par le P. Ruinart^, le premier d'août de la quinzième indiction ou de l'an 582, concouroit avec la quatorzième année du règne de Leuvigilde. Or, ce prince ne régna que dix-huit ans % ou plutôt il décéda dans la dix-huitième année de son règne *j il mourut donc dans le courant de l'an 586.
3° La Chronique de Jean de Biclar convient très - bien avec cette supputation, quoi qu'en disent ceux ' qui font mourir
' Grégoire de Tours, 1. 8, c. 1 2, 8c 1. 9, c. 11.
* Grégoire de Tours, 1. 6, c. 7.
' Concil. Hisp. t. 2, p, 338.
■* Grégoire de Tours, .^/ipe«if. col. 1393. ^ Isidore, Chronicon, p. 726.
* Johannes Bicl. Chronicon,
^ BoUandistes, i3 mars. — Ruinart, 7/of. in Grcg. Tur, p. 398, 399. — Le Cointe, ad ann. 587.
Note
Note
Note
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC
Leuvîgilde l'an SSy. En effet, selon cet historien, Leuvigilde mourut la dix-huitième année de son règne, qui commença' à la fin de l'année 568, ou au plus tard les premiers mois de la suivante : il étoit, par conséquent, dans cette dix-huitième année aux mois d'avril & de mai de l'an 586.
4° Suivant S. Isidore' de Séville, Reccarède succéda immédiatement au roi Leuvigilde, son père, l'an 624 de l'ère espagnole qui répond à l'an 586 de J.-C. Ce prince dut mourir, par conséquent, cette dernière année.
5° Enfin, la mort de Leuvigilde doit être placée entre le i3 d'avril & le 8 de mai de la même année, si nous nous en rapportons à l'autorité d'une inscription ' qui a été donnée par Tamayo Salasar dans son Martyrologe d'Espagne, & qui parle de la consécration de l'église deTolède faite après la conversion du roi Reccarède le i3 d'avril de l'ère 6i5 ou de l'an 587, la première année du règne de ce prince. Or, Reccarède ne se convertit "* que dix mois après avoir commencé de régner 5 ce qui prouve que cette inscription est de la fin de la première année de son règne, lequel doit avoir donc commencé entre le i3 d'avril & le 8 de mai de l'an 586. Nous avions déjà employé ces preuves, lorsque nous nous sommes aperçus que le P. Pagi '" les a rapportées à peu près de la même manière, pour fixer l'époque de la mort de
' Voyez Note LXXIÎ.
' Isidore, édit. Grotius, p. 724 & seq.
' Tamayo Salasar, Martyrol, i3 mars, p. 61 5. — Il est fâcheux de voiries Bénédictins s'étayer d'une autorité aussi suspecte que celle de Tamayo Salasar, l'un des plus impudents faussaires qu'ait produits le dix-septième siècle. Non-seulement il a inséré dans son Martyrologe une foule de pièces apocryphes & de fausses mentions , mais encore des inscriptions supposées, au nombre desquelles il faut compter celle que citent ici les Bénédictins. C'est grâces à lui que la collection des Conciles d'Espagne, du cardinal d'Aguirre, renferme tant de titres douteux, & on a tout lieu de croire que c'est lui qui a fabriqué la fameuse charte d'Alaon.Il ne faut donc tenir aucun compte de l'argument tiré par les Bénédictins de l'inscription qui constate la consécration de l'église de Tolède. [E. M.]
^ Johannes Bicl. Chronicon.
* Pagi, ad ann. 585, n. 3 & seq.
Leuvigilde. Grégoire de Tours' s'est donc trompé en rapportant la mort de ce prince sous la douzième année du règne de Childebert, roi d'Austrasie, laquelle répond à l'an 587 de J.-C, à moins qu'il n'y ait quelque transposition dans cet endroit de son histoire.
II. On pourroit objecter que l'épitaphe rapportée par le P. Ruinart ayant été trouvée à Narbonne, & Leuvigilde n'ayant commencé à régner' dans la Septimanie qu'après la mort du roi Liuva, son frère, c'est-àdire l'an 572, la date de cette épitaphe ne peut convenir à l'an 582 comme nous l'avons dit. Mais l'indiction qui y est marquée en fixe l'époque à cette année; & quoique Leuvigilde n'ait commencé à régner dans la Septimanie que depuis l'an 572, cela n'empêche pas qu'en 582 on ne datât dans cette province de la quatorzième année de son règne, & qu'on ne s'y conformât au calcul qu'on suivoit en Espagne, suivant lequel l'année 582 étoit effectivement la quatorzième du règne de ce prince, à compter depuis son association au trône des Visigoths.
III. L'époque de la mort de Leuvigilde étant une fois fixée, il est aisé de déterminer celle du martyre du prince Herménigilde, son fils, puisque, suivant Jean de Biclar fauteur contemporain, celui-ci mourut un an avant son père, c'est-à-dire en
IV. Il est vrai que la plupart des modernes mettent la mort de S. Herménigilde au i3 d'avril de l'an 586, mais ils se trompent visiblemenf*. Outre les autorités que nous avons déjà citées, & qui prouvent que Leuvigilde mourut en 586, un an après la mort de ce saint, Grégoire de Tours ^ rapporte le martyre d'Herménigilde sous la dixième année du règne de Childebert, & par conséquent sous l'an 585. Nous avons donc sur cette dernière époque le témoignage de deux historiens contemporains, Jean de Biclar & Grégoire de Tours.
' Grégoire de Tours, 1. 8, c. 46.
' Johannes Bicl. Chronicon,^. i35.
'Johannes Bicl. Chronicon, p. i36 & iSy. '' Voyez Pagi, ad ann. 584, n. 2 & seq. ^ Grégoire de Tours, 1. 8, c. 28.
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Éd.orig-
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NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC
V. Ce qui fait que la plupart des modernes mettent le jour du martyre d'Herménigilde au i3 d'avril de l'an 586, c'est que ce jour-là étoit la veille de Pâques , & que selon S. Grégoire le Grand ' & Paul Diacre % le saint fut décapité pendant cette solennité 3 mais ces deux auteurs assurent que cela arriva le jour même de la fête & non pas la veille, în ipso sacratopaschali (fie. Ainsi selon ce calcul, S. Herménigilde sera mort le 14 & non le i3 d'avril.
VI. Mais ce qui fait voir que S. Herménigilde ne peut avoir été mis à mort le i3 d'avril de l'an 586, c'est que le roi Leuvigilde, son père, qui décéda avant le 8 de mai de la même année, comme nous l'avons prouvé, soutint depuis cette mort une assez longue guerre ^ contre Gontran, roi de Bourgogne, qui la lui déclara à cette occasion, & qu'il n'y auroit eu par conséquent qu'environ quinze jours entre le martyre de l'un & la mort de l'autre. Or, cet espace n'auroit pu suffire pour cette guerre, qui d'ailleurs, suivant Grégoire de Tours, duroit encore au mois d'août : preuve qu'il doit y avoir eu un an d'intervalle entre le martyre de S. Herménigilde & la mort du roi, son père, comme l'assure Jean de Biclar.
Aussi Grégoire ' de Tours la rapporte-t-il à la dixième année de Childebert, roi d'Austrasie, laquelle finissoit le jour de Noël de la même année. Il est vrai que cet historien parle auparavant du concile de Mâcon, tenu au mois de novembre' de l'an 585; mais on' convient qu'il y a une transposition dans son texte.
VIII. Pour ce qui est de la seconde expédition de Reccarède dans cette province, que quelques historiens modernes ont confondue avec la première, nous l'avons rapportée sous l'an 588, quoique le P. Pagi* prétende qu'elle est de l'année suivante, par la raison que la Chronique de Jean de Biclar en parle sous la septième année du règne de l'empereur Maurice & la troisième du roi Reccarède 5 mais le premier ayant commencé à régner le 14 d'août de l'an 582' & le second vers la fin du mois d'avril de l'an 586, il s'ensuit que la moitié de l'an 588 appartient à la septième année de l'un & à la troisième de l'autre.