I.tL est certain' que, l'an 794 , Anian
1 abbé , gouvernoit dans le diocèse de
Narbonne deux monastères qu'il avoit fon-
' Baluze, not. in Capital, t. 2, p. 1071 & seq. ' Gallia Christiana, nov. edit, t. i, p. 3o2 & seq. ' Voyez aux Preuves de ce volume, sous le numéro VIII , Charte de Charlemagne pour l'ahhaye de
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NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC
dés, dont l'un portoit le nom de Saint-Jean in Extorio , l'autre , celui de Saint-Laurent in Olibegio. Nous connoissons la situation du premier par une charte' de l'an 791 où il est appelé S. Johannis Exequariensis , & où il est dit qu'Anian l'avoit construit dans le lieu de Caunes sur la rivière d'Argendouble. Comme nous savons ' d'ailleurs que l'abbé Daniel avoit donné au même Anian le monastère des Saints-Pierre-&-Paul de Caunes qu'il avoit fait bâtir, il n'y a pas lieu de douter que ces deux monastères n'aient été unis dans la suite & qu'ils n'aient donné l'origine à l'abbaye de Saint- Pierre de Caunes qui subsiste encore dans le diocèse de Narbonne. Il paroît seulement que le monastère de Saint-Jean & celui de Saint-Pierre de Caunes , étoient encore distingués ' l'an 791 , quoique gouvernés par Anian- ce qui prouve que Daniel lui avoit cédé dès lors le gouvernement du dernier. Il paroît d'un autre côté que ces deux abbayes étoient tout à fait réunies & qu'elles ne formoient qu'un seul monastère sous le nom de Saint-Pierre de Caunes en 817 & en 821 : car il n'est fait mention'' que d'un seul monastère de Caunes au concile d'Aix-la-Chapelle en 817.
II. Il n'est pas si aisé de déterminer la situation du monastère de Saint-Laurent in Olibegio. Le P. Mabillon , dans sa Diplomatique', prétend que c'est le même qu'on appela dans la suite Saint-Laurent de Vernosoubre , Vernaduprensis , d'une petite rivière du même nom, lequel subsistoit * en 897, & qu'il n'est point différent de l'abbaye de Saint-Chinian. Mais cela n'est pas possible , puisque le monastère de Saint-
P. Mabillon l'a prouvé lui-même dans ses Annales". Aussi ce savant religieux rétractet-il dans cet ouvrage ce qu'il avoit dit dans la Diplomatique, & prétend-il que le monastère de Saint-Laurent in Olibegio étoit situé à Citou", lieu situé environ à une lieue de Caunes, vers le nord, sur la rivière d'Argendouble , de quoi il ne donne aucune preuve.
Rien ne nous empêche donc de croire que le monastère de Saint-Laurent in Olibegio ne soit le même que celui de Saint- Laurent de Vernosoubre ; mais dans ce cas-là, ce dernier doit avoir été différent de celui de Saint-Chinian , du moins dans son origine. On peut confirmer cette différence en ce qu'il est fait mention du monastère de Vernosoubre dans le concile de Port de l'an 897% sous le simple nom de S. Laurentii Vernaduprensis ^ & de l'abbé Fro'ia qui le gouvernoit alors; tandis que celui de Saint-Chinian est désigné deux ans après sous le nom de Monasterium ^ S. Aniani confessoris & S. Laurentii martyris, dans un diplôme de Charles le Simple, dans lequel il est fait mention de Béra qui en étoit alors abbé. Or, c'est la première fois qu'on trouve dans les monumens le nom de Saint-Laurent joint à celui de Saint- Chinian pour désigner ce dernier monastère ; ce qui nous fait conjecturer que ces deux abbayes, différentes dans leur origine, furent unies vers l'an 898, après la mort de Fro'ia, abbé de la première. Il paroît cependant qu'elles étoient encore séparées en 899, quoique soumises à un même abbé; car on lit ces mots à leur sujet dans la charte Me Charles le Simple, quod siti sunt in territorio
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Laurent /« 0/zieg^zo subsistoit déjà l'an ' 794 Narbonense. Quoi qu'il en soit, il paroît,
& que celui de Saint-Chinian ne fut certainement fondé qu'en 826 , comme le
Caunes. — Mabillon, de Re d'iplomatica, p. 5c3 & seq.
' Voyez aux Preuves, même Charte.
' Mabillon, de Re d'iplomatica., p. 5^5.
3 Voyez aux Preuves, la Charte citée plus haut.
* Mabillon, ad ann. 817, n. 64; ad ann. 821, n. 12.
^ Mabillon, de Re d'iplomatica, not. p 004.
* Baluze, Conc'il. Narb. p. 2.
^ Voyez aux Preuves, la Charte déjà citée.
suivant ce que nous venons de dire , qu'on aura confondu d'autant plus aisément le monastère de Saint-Laurent de Vernosoubre ou in Olibegio avec celui de Saint-Chinian ou Agnan, qu'on aura pris le saint évêque d'Orléans , patron de ce dernier, pour Anian ,
' Mabillon, Annal. Bened. t. 2. ad ann. 826, . 77, &. p. 724 & seq.
" Mabillon , ad ann. 780, n. 3.
^ Baluze, Conc'il. Narb. p. 2.
"* Spicilegium, t. i3, p. 265.
5 Ibid.
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Éd. orig.
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abbé & fondateur de l'autre; & que ces deux abbayes étoient d'ailleurs situées sur la rivière de Veniosoubre, au voisinage l'une de l'autre, & dans le même diocèse.
III. M. Baluze' distingue, à ce qu'il paroît, le monastère de Saint-Laurent de Vernosoubre de celui de Saint-Chinian; il se trompe cependant quand il prétend que le premier fut uni à l'église de Narbonne sous le règne de Louis le Bègue. C'est celui de Saint-Laurent sur la rivière de Nielle, & non pas sur celle de Vernosoubre, qui fut uni alors à cette église , comme cet auteur nous en fournit lui-même la preuve'.