I.QUIVANT une charte du roi Pépin % ce
O prince après avoir fondé l'abbaye de
Figeac, en Querci, lui soumit le monastère
' Conciles, t. 9, p. 1721.
' Spicilegium,t. i3, p. 255 & seq. — Voyez Mabillon, ad ann. 812, n. 3.
de Saint-Quentin de Gaillac, qu'il avoit fait constuire. Cette charte est datée de Figeac, le 8 de novembre de l'an 755. Datum in eodem loco, VI idus novembris,anno ab Incarnations Domini DCC l^V^indictione nona. Ainsi, si elle est de Pépin le Bref, ce prince doit être re-* gardé pour fondateur de ces deux abbayes.
II. Nous n'entrerons pas dans la discussion critique de cette pièce : on peut la voir ailleurs'. Il nous suffit de remarquer que la date en est fausse, puisqu'en 755* Pépin le Bref, bien loin de se trouver en Querci, demeura toute cette année en Italie. D'ailleurs, ce prince ne possédoit encore alors rien en Aquitaine; il n'en dépouilla Waïfre qu'après l'an 760, & lorsqu'il en eut achevé la conquête au mois de juin de l'an 768, il revint promptement en France où il mourut peu de temps après. Cette charte qui vraisemblablement ' a été interpolée, ne peut donc appartenir à Pépin le Bref, comme quelques auteurs * le prétendent; elle est plutôt de Pépin I, roi d'Aquitaine, son arrière petit-fils, ainsi que le croit^ le P. le Cointe.
III. Il est marqué, en effet, que le prince qui fonda l'abbaye de Figeac lui imposa ce nom à la place de celui de Junant (Convallis Jonantis), que ce lieu portoit auparavant, & dont il fit la donation à ce nouveau monastère. Or, la vallée de Junant appartenoit encore à l'église de Cahors au commencement du règne de Pépin I, roi d'Aquitaine, comme il est marqué dans l'échange" qu'en fit cette église avec ce prince l'an 819, la sixième année de l'empire de Louis le Débonnaire, sous Vépiscopat d'Angarius ou Agarnus, éveque de Cahors, qui ne commença de siéger qu'après l'an 770' & par conséquent depuis la mort de Pépin le Bref. L'ancien
' Le Cointe, ad ann. 752, n. 164, & ad ann. 83^, n. 68 & seq.
^ Annal. Mettens. p. 271.
^ Voyez Mabillon, ad ann. 812, n. 3.
'' Gallia Christiana, nov. éd. t. i , p. 171.
' Le Cointe, ad ann. 762, n. i54, & ad ann. 884, n. 68 & seq.
^ De la Croix , Acta episc. Cadurcensium, p. 48.
— Dominicy, Hist. mss. des comtes de Cahors.
— Gallia Christiana, nov. cd. t. i, p. 123. — Le Cointe, ad ann. 820, n. 27.
' Gallia Christiana, nov. éd. t. i, p. I23,
Note
Noie ç3
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC
auteur" qui nous a donné l'histoire de cette abbaye témoigne d'ailleurs qu'elle ne fut rétablie que sous l'empire de Louis le Débonnaire.
IV. On pourroit opposer une bulle d'Etienne II, où il est rapporté' que ce pape consacra lui-même l'église de Figeac, après que ce monastère eut été bâti par Pépin le Bref, & qu'ainsi ce prince doit l'avoir fondé ou rétabli; mais la seule' lecture de cette bulle en fait assez connoître la supposition sans parler de sa date conçue en ces termes : Actum publiée in eodem monasterio VII îd. Novembr. anno Dominicae incarnationis BCCLV, anno veroiv. D. Stéphanie papaell. Data per manum Pétri S. R. E. diaconi cardinalis. Le pape Etienne II ne fut point en France durant toute l'annéeySS. Il avoitdéjà repassé les monts l'année précédente ■*, après avoir couronné Pépin, & il demeura depuis au delà des Alpes jusques à sa mort. On ne doit pas faire plus de fonds sur une autre bulle du pape' Pascal I qui rappelle la précédente & qui est datée du 21 d'avril de l'an 822 : Pontijlcatus autem domini Pascalis papae quarto qui in numéro Pontificum centesimus habetur. Le pape Pascal létoitdansla cinquième année de son pontificat, & non dans la quatrième, le 21 d'avril de l'an 822.