‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 4)Chapitre 70 sur 186 · VI. Le même historien rejette encore ' cet · texte numérisé non relu

VI. Le même historien rejette encore ' cet

pendant que les évèques de ce pays, entre autres Barthélemi de Narbonne & Etienne deBéziers, reconnoissoient l'autorité de Lothaire en 833, lorsque Pépin, qui étoit parfaitement uni avec ce prince, régnoit paisiblement sur tout le royaume d'Aquitaine :

acte, parce que l'empereur n'y parle que preuve que la Septimanie en avoit été déjà

de sa puissance impériale, au lieu qu'à séparée pour entrer dans le partage de Lo-

l'exemple du partage de Charlemagne de thaire. Mais ce qui fait voir évidemment

l'an 806, il auroit dû aussi faire mention que cette province ne dépendoit plus du

de sa puissance royale^ mais il est constant royaume d'Aquitaine sous le règne de Pé-

que ces deux termes signifioient la même pin I, c'est que lorsque Louis le Débon-

chosedans la personne de Louis le Débon- naire fit un nouveau partage' de ses Etats,

naire, parce que la puissance impériale en 835, entre ses trois fils puînés & qu'il

comprenoit éminemment la royale & non laissa à Pépin le royaume d'Aquitaine en

pas celle-ci l'autre. Aussi voyons-nous que quoique Charlemagne ait toujours ajouté dans ses diplômes le titre de roi des François à celui d'empereur, après avoir reçu la couronne impériale, Louis le Débonnaire, depuis qu'il lui eut succédé à l'empire, ne prit jamais cependant que le titre d'empereur dans toutes ses chartes, dont il nous reste un très-grand nombre. Le P. le Cointe veut-il disputer l'autorité royale à ce prince depuis qu'il fut parvenu à l'empire,

' Le Cointe, ad ann. 817, n. 840.

' Eginhard, Annales , p. 261. — Astronome , p. 298. — Chronique de Moissac, p. 147. ^ Le Cointe, ad ann. 817, n. 841.

entier auquel il ajouta même plusieurs provinces, il disposa en même temps de la Gothie ou Septimanie en faveur de Charles le Chauve.

VIII. Il est fait mention dans le partage de l'an 817 des deux villes de Luttraof & d'Ingolstad, que l'empereur donna alors nommément à Louis avec le royaume de Bavière. Le P. le Cointe ^ ne peut compren-

' Le Cointe, ad ann. 817, n. 343.

' Spicilegium , t. 2. p. 5jç. — Le ann. 833, n. 07 & seq. & n. 70.

' Capituîaires , t. 1, 685 & 690. Cointe, ad ann. 8i5, n. 26 & seq.

■* Le Cointe, ad ann. 817, n. 344.

Cointe, ad - Voyez le

Note

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NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

dre cette disposition, parce que, dit-il, ces deux villes dépendoient de ce royaume : mais si ce critique avoit fait attention à l'article du testament de Charlemagne qu'il cite en sa faveur, il auroit trouvé la raison de cette disposition. Dans le partage ' que cet empereur fit en 806, entre les princes ses enfans, il donna entre autres la Bavière à Pépin, roi d'Italie, de la même manière que le duc Tassîllon en avoit joui. Il en excepta les deux villes de Luttraof & d'Ingolstad, dans le NorgaAV, que ce duc avoit possédées en bénéfice. Ainsi Louis le Débonnaire en donnant la Bavière à son fils Louis, par l'acte de partage de l'an 817, devoit spécifier nommément ces deux villes qui avoient été exceptées par le partage de l'an 806 & qui étoient situées dans un pays particulier. De plus , le duc Tassillon les avoit possédées d'une manière différente de celle du reste de ses Etats. Ainsi la conformité de ces deux actes de partage confirme au contraire la vérité de celui de l'an 817. Le P. le Cointe, qui admet pour vrai celui de 806, avoue' d'ailleurs que l'un & l'autre contiennent plusieurs articles semblables entre eux. Il doit donc admettre l'autorité de l'un, puisqu'il ne doute nullement de l'authenticité de l'autre.

IX. Enfin cet auteur^ objecte que Louis le Débonnaire ne peut avoir ordonné, dans l'acte de partage de l'an 817'', que, si après sa mort quelqu'un des rois ses fils venoit à mourir & qu'il laissât plusieurs descendans légitimes, on éliroit l'un d'entre eux, à l'exclusion des autres, pour régner à la place de son père, puisque cet empereur lui-même partagea ses Etats entre tous ses enfans. Mais cette disposition n'a rien que de conforme à celle que fit' Charlemagne en 806. La suite de l'histoire nous fait voir, d'ailleurs, que telle dut être la volonté de Louis le Débonnaire, puisqu'il l'exécuta de son vivant, & qu'après la mort de Pépin I, roi d'Aquitaine, Charles son fils puîné fut exclu de tout partage & de toute

' Capitulaires, t. i, p. 441.

' Le Cointe, ad ann. 817, n. 35i & 356.

5 Ihid. n. 356.

^ Capitulaires, t. 1, p. 077 & seq.

' Ihid. p. 4^2.

succession aux États de son père, sans parler de Pépin II, son frère, que Charles le Chauve dépouilla de ses Etats, quoiqu'une partie des Aquitains l'eussent élu pour leur roi.

X. Ce sont là les principales raisons dont se sert le P. le Cointe pour infirmer l'acte de partage de l'an 817; nous croyons les avoir suffisamment réfutées & avoir par conséquent établi la vérité de ce monument. Que si nos derniers historiens (Ze P. Daniel, le Gendre, &c.) qui auroient pu en parler, ne l'ont pas fait, il y a lieu de croire que c'est par omission & par inadvertance.

Nous pouvons ajouter enfin, pour confirmer la vérité de cet acte, que parmi plusieurs diplômes qui nous restent de Pépin 1, roi d'Aquitaine, on n'en trouve aucun qui regarde la Septimanie ou la Marche d'Espagne : preuve qu'après l'an 817, ces deux provinces ne furent plus soumises à son autorité. Cette raison est d'autant plus forte que nous trouvons depuis diverses chartes de ce prince en faveur des églises ou de particuliers du diocèse ou comté de Carcassonne', lequel, suivant le même acte, fut détaché de la Septimanie & demeura uni au royaume d'Aquitaine. On peut encore opposer au P. le Cointe le suffrage du P.Pagi%qui reconnoît l'authenticité de cet acte de partage, quoiqu'il se trompe en supposant que la Septimanie tout entière fut donnée alors à Pépinj car ce monument dit tout le contraire.

XI. La vérité de cet acte une fois établie, on explique aisément l'origine des prétentions de Bernard, comte de Toulouse, sur les comtés de Carcassonne & de Razès, dont Charles le Chauve lui accorda l'investiture en 872, suivant l'Annaliste de Saint- Bertin : Bernardo^ autemTolosae comiti post praestita sacramenta Carcassonam & Rhedas concedens , ad Tolosam remisit. Ce ne fut pas une autorité immédiate que Bernard

' Capitulaires^ t. 2, append. p. 1427 & seq. — Voyez aux Preuves de ce volume, sous le n. LUI, Charte de Pépin I, roi d'Aquitaine, en faveur de l'abbaye de la Grasse.

' Pagi, ad ann. 817, n. 1.

' Annal, Bertin. p. 240.

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reçut sur ces deux comtés, car ils étoient possédés alors paisiblement par Oliba II, reconnu' pour comte de Carcassonne par Charles le Chauve lui-même, en 870 & 877. Il faut donc que ce prince lui ait donné une autorité supérieure sur ces pays, qu'ils fissent partie du marquisat de Toulouse, que ce marquisat comprît par conséquent plusieurs comtés particuliers, & composât un gouvernement général. Aussi voyons-nous Éd.orig. que, SOUS le règne de Charles le Chauve, le p. 744. titre de marquis désignoit ordinairement un gouvernement de province, comme il paroît par le titre de marquis de Gothîe qu'on donnoit alors aux gouverneurs de la Septimanie. Or, comme le comté de Carcassonne fut démembré de cette dernière province par le partage de l'an 817, il dut être uni dans le même temps au marquisat de Toulouse, distingué dans cet acte, & dans quelques autres monumens du temps, du reste du royaume d'Aquitaine, par le nom de Marche de Toulouse. Le comté de Razès dut être aussi détaché alors de la Septimanie, ou du moins peu de temps après, pour être uni au même royaume & faire partie du marquisat de Toulouse". Ainsi les comtes de cette ville, en qualité de marquis, exerçoient leur autorité sur les pays de la Narbonnoise première, qui, après le partage de l'an 817, demeurèrent dépendans du royaume d'Aquitaine; savoir une autorité immédiate sur le comté particulier de Toulouse, & une autorité médiate ou supérieure sur les comtés de Carcassonne & de Razès possédés par des comtes particuliers.

' Voyez aux Preuves de ce volume, sous le numéro XCIV, Charte de Charles le Chauve, en faveur d'Oliha, comte de Carcassonne, & sous le numéro CVII , une autre Charte datée de 877, en faveur du même comte.

* Les comtés de Carcassonne & de Razès furent réunis au comté ou Marche de Toulouse, le premier en 817, & le second en 864. En 817, la Marche de Toulouse était composée du Toulousain proprement dit, déterminé par l'étendue de l'ancien diocèse de Toulouse, du comté de Fezensac, ou de l'ancien pays d'Eause, & du Carcassonnais. A ces contrées fut ajouté, en 864, le pays de Razès. Voyez ci-dessus IVoîe additionnelle à la A^ore LXXXVII , l I. [E. M.J

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