‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 4)Chapitre 93 sur 186 · DEUXIÈME SOUS-GROUPE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SOUS-GROUPE

d'homme sans ethnique. Aucune d'elles n'est aussi ancienne que les premiers bronzes des Longostalètes, c'est-à-dire que ceux à l'ethnique, dont j'ai signalé le beau style grec; mais, par contre, les spécimens les

Je commencerai par le chef dont les monnaies ont donné lieu à la plus longue polémique.

BITOUIOS ou BITOUKOS. — N° i.Busto

plus dégénérés de ce deuxième sous-groupe à droite de bon style, sans valoir le n° i

sont meilleurs & par conséquent de moins des Longostalètes. La tête est nue; les

basse époque que plusieurs des monnaies cheveux largement bouclés; le cou épais

au nom de Loukotiknos ou de Bôkios. Leur & bien accusé ne laisse voir aucune amorce

type habituel est, au droit, un buste ca- de vêtement; dans le champ, à hauteur de

ractérisé par la présence d'une massue; au la nuque, une massue la poignée en bas. revers, un lion avec le nom d'homme à r. Lion galopant à droite, la queue

l'exergue. Un type montrant d'un côté une tète diadémée, de l'autre un sanglier, n'existe que pour un seul chef.

Pendant que les bronzes des Longostalètes étaient réputés grecs de Laconie, les monnaies que je vais décrire passaient pour appartenir à des rois galates, malgré

• Huevo método de classificacion de las medallas auîonomas de Espana, Séville, 1873, t. 1.

pendante; à l'exergue, en deux lignes :

' Cf. Mém. de l'ancienne Académie de Toulouse, t. I, 1782, pp. 95 & siiiv, & pi. V.

' 4* vol. suppl. 1767, p. 92.

^ Voir plus haut, p. i58, note 1.

^ Cf. Saulcy, Rev. num. i856, pp. 3 & suiy.

' Les monnaies Galates qui se rencontrent «n Orient sont relativement récentes; elles appartiennent au temps de César.

Note 'M

NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

BiTOYiOC BACIAEYC. Le sigma lunaire qui termine le nom d'homme appartient en môme temps au mot BACIAEYC dont le graveur a relevé la dernière syllabe.

Cabinet de Francej bronze; io,5o; pi. IV, fig. i6.

Un bronze semblable, mais de moins bon style & moins bien conservé, du poids de 11,04, qui appartenait à M. de Saulcy, semblait avoir les deux mots complets.

Il existe au Cabinet de France des variétés sur lesquelles la tète est à peu près la même ou plus ramassée & dont les légendes sont : BITOYIO BACAEYC & BITOYIG BACIAEYC.

N° 2. Buste à droite, de moins bon style que le 11° i & de type différent; les cheveux forment des boucles étroites & nombreuses; l'épaule est visible & laisse voir les plis d'un vêtement qui fait un sinus au bas du cou. En face de la nuque l'amorce d'une massue.

R. Lion galopant à droite; à l'exergue, en deux lignes : BITOYIOC BACIAEY.

Trouvé à Ornaisons (Aude); bronze; belle conservation. Empreinte communiquée à la Commission des travaux historiques par M. Berthomieu.

N" 3. Tête nue à droite, de bon style; cheveux formés de longues mèches tombantes; cou nu; le buste n'est pas indiqué; massue la poignée en bas.

R. Lion galopant à droite; à l'exergue : BiTOYKOC BACL...

Vieille-Toulouse; Cabinet de France; bronze; i3,io.

Je connais une variété du n° 3 dont le poids est de 10,44'.

Un savant% reprenant la thèse soutenue au dernier siècle par Barthélémy, a tenté de maintenir aux Arvernes les monnaies du chef B'.TOU'.cc & de l'identifier lui-même

' Il existe au musée de la ville de Lyon un exemplaire sur lequel on a cru lire RITOTAOC BACIAKVC; mais un examen attentif m'a fait reconnaître que le A est un K dont la partie supérieure est mal venue sous le coin.

^ Charles Lenormant, Rcy. num, i858, pp. 121 & 124.

avec Bituitus ou Betultus", le chef qui résista aux armées romaines de Domitius ^nobarbus & de Q. Fabius Maximus.

Cette attribution était justifiée aux yeux de l'auteur par le mot latin B'touio; qui se serait reconnu sur un statère de type arverne; mais cette lecture est plus que problématique. Les bronzes de JV.touio?

communs en Languedoc, ne se rencontrent pas en Auvergne &, lors mém-e qu'ils appartiendraient au temps de la domination arverne, il ne faudrait pas moins y reconnaître un type méridional, propre aux Gaulois qui habitaient les contrées auxquelles correspond le Languedoc, car le caractère de la suprématie exercée successivement, dans les Gaules, par certains peuples, ne ressemblait nullement à une conquête &, suivant toute apparence, n'annulait pas l'autonomie administrative des cités dominées; on croit même, d'après les médailles, que les clients 8c les cités secondaires, qui participaient aux ligues monétaires, conservaient une partie de leur type. Tout ce qu'on peut dire, au sujet de BtTC'j'.oc ou BiTOuxoc, c'est qu'on y retrouve le mot celtique bien connu BITV.

Il existe au Cabinet de France une pièce de l'ancien fonds, à peu près de même type que le n" i & dont le poids est de 10,62. Elle porte à l'exergue BITOYIOTOfO on BITOYIOrOrO, & paraît être la pièce que M. Dumège a décrite & fait graver" & à laquelle il attribuait une origine orientale. On considère au Cabinet de France la légende de ce bronze comme refaite; je me borne simplement à le citer pour mémoire.

CATANTOLOS. — N" I. Buste à droite, d'un style assez large, rappelant l'art grec; le sommet de la massue apparaît à la hau-

' B'.Tut-of, Strabon, Geogr. 4, ch. 2, 3, & B(tu(ç, Posidonius dans Athénée, iv. Eusèbe, Chronologie, donne Vetuhus, & les tables de marbre du Capitule Betultus-^ Appien avait adopté [Ccltïc. p. 12) la forme B'-toïtoç, sans doute par analogie avec le chef celte qui donna, en 65, la mort à Mithridate (Appien, Mithridate, 117; Tite-Live, ch. 102).

^ Edit. in-8° de VHist. de Languedoc, t. i, notes, p. 620.

Note

NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

teiirdu cou, comme si elle était appuyée sur l'épaule gauche qu'on ne voit pas. Le tout est renfermé dans un grènetis.

R. Lion galopant à droite, la queue pendante; à l'exergue, en deux lignes : KAIANTOAOY BA2IA.

Ancienne coll. de la Saussayej bronze; 12,70; pi. IV, fig. 17.

N° 2. Pièce à peu près semblable, mais où la massue, placée verticalement, se détache du corps, tandis qu'au revers les deux O de Kaiantolou n'ont que moitié de la hauteur des autres lettres.

Cabinet de France; bronze; 10,37.

N" 3. Autre où la tête est beaucoup plus

gauloise aussi bien en Orient qu'en Occident". Je rappellerai ce que j'ai dit, il y a trente-deux ans% de cette manière de voir qui était alors fort répandue. La constitution de notre Gaule, telle qu'on peut la rétablir sur les témoignages anciens, ne comportait pas l'adoption d'un emblème unique. Plusieurs animaux, diverses plantes & des objets de toutes sortes figurent sur les monnaies de nos pères, & le cheval plus souvent que le sanglier'.

RIGANTICOS. — N" I. Buste à droite; nez très en saillie, front fuyant, menton pointu; la tète, couverte de boucles courtes, est jetée en arrière, en sorte que les derniers cheveux touchent l'épaule; celle-

NoTB

petite & où l'on voit en face du cou l'a- ci est figurée par une demi -sphère c(ue

morce du vêtement; la massue est placée la poignée en haut.

Coll. Charles Robert; bronze; 9,90.

C'est au chef Caiantolos qu'appartiennent les bronzes au type du sanglier. En voici la description :

N° 4. Profil féminin; cheveux contournés & relevés vers le sommet de la tètej le front orné d'un diadème, le cou d'un rang de perles; devant le visage : KAIANTOA; grènetis.

R. Sanglier passant à droite; au-dessus de lui trois points numéraux; à l'exergue : BA2IAEn2. Le sigma final, de forme ancienne, est placé au-dessus du trait horizontal qui marque le sol.

Cabinet de France; bronze; flan mince; petit diamètre; deux exemplaires; 5,3o & 5,84; pi. IV, fig. 18.

Autre, même diamètre, mais flan plus épais.

Cabinet de France; bronze; 8,84.

Cette jolie pièce est assez commune; il y a des exemplaires sur lesquels le dia-

contourne le vêtement; le cou n'est ainsi visible qu'en avant. Derrière la tête une massue verticale, la poignée tournée en haut.

R. Lion galopant à droite, battant l'air de sa queue; à l'exergue, entre deux traits, PirANTIKOC.

Coll. Charles Robert; bronze; 9,3.5.

Cette pièce, fleur de coin, la seule, à ma connaissance, dont la légende soit complète, m'a été cédée trop tard pour être gravée.

N" 2. Buste à droite; la tète est verticale, dans la position naturelle; le profil est moins en saillie; l'épaule n'est pas visible; le cou est à 'peu près supprimé; des traits fort raides indiquent le commencement du vêtement.

R. Lion galopant h. droite; à l'exergue PirANTIKO.

Cabinet de France; trouvée à Pézénas; bronze; 9,25; pi. IV, fig. 19,

N" 3. Buste à droite; la tête est plus

dème n'existe pas; Pellerin en connaissait large que la précédente; l'oreille est très-

une portant en toutes lettres KAIANTO- AOY'.

M. de la Saussaye, au sujet de ce bronze, qu'il croyait frappé en Galatie, a prétendu que le sanglier était l'emblème de la nation

' Cf. aussi Mcm. de l'Acad. de Toulouse, 1782, pi. V, fig. 22.

grande & tout à fait de la forme de l'objet qui se voit dans les cantons des monnaies à la croix gravées sous les n"' 10, 11 & 12

' Revue num. 1840, p. 260 & pi. XIX, n. 10. ' Cf. Commission historique du département du Nord, 20 avril 1844.

' Voir plus haut, p. 4^9.

Note

NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

(le la planche I. Les cheveux, au lieu d'être formés de boucles détachées, se composent de courbes dentelées qui suivent la forme de la tête. La massue est tournée la poignée en bas.

R. Lion galopant à droite; à l'exergue PirANTIK..

Coll. Charles Robert; bronze; 9,97.

N°4. Buste à droite; cheveux en boucles détachées; l'oreille comme au 11° 3; l'é-

conservé de l'un des numéros précédents, avaient fait inventer, par Mionnet', les chefs Gaticus & Vanticus\

Brono^es douteux. — Un bronze du Cabinet de France, au type du lion, comme les précédents & évidemment de même origine, porte à l'exergue : ...AMYTOY; un autre, donné par M. Dumège% yAMY- T02 BACIA. Ces deux monnaies, si elles étaient authentiques, feraient connaître

Note

paule représentée par une demi-sphère; le un chef nouveau ayant pris un nom grec;

vêtement forme devant le cou un sinus très-avancé & en pointe.

R. Lion galopant à droite; à l'exergue .TATIKO.

Cabinet de France; bronze; 8,89.

Le N a disparu à l'exergue, soit par oubli du graveur, soit plutôt par anousvâra'.

Les bronzes de Rigantikos sont de style assez médiocre & moins anciens que les premiers spécimens du monnayage au nom de Kaiantolos. 11 en existe des variétés, plus médiocres encore d'exécution, dont le poids ne dépasse guère huit grammes.

M. de Lagoy a publié, en 1839, dans la Revue numismatique, comme monnaie d'un

mais leurs légendes semblent refaites; je pense donc qu'il faut les laisser parmi les pièces suspectes jusqu'à ce qu'une trouvaille soit venue, contre toute attenter, leur constituer un acte de naissance.

TROISIEME SOUS-GROUPE Monnaies attr'ihuées à Bé'^'ters.

Les monnaies suivantes, dont il existe de nombreuses variétés, de style plus ou moins médiocre, se rencontrent comme les autres dans le Languedoc. Elles se rattachent étroitement par leur type général, aussi bien que par le dispositif de leur lé- Galate d'Asie, un bronze au type du n° 2, gende, aux bronzes du deuxième sousdont la dernière lettre, qui n'était pas vi- groupe, sible, devait être, suivant lui, un Y« L'existence d'un spécimen complet, le n° i, rend le nominatif plus probable. Millingen, auquel l'exemplaire de M. de Lagoy avait été communiqué % n'admettait pas PlfANTI- KOY, qui ne lui semblait pas gaulois & proposait BPirANTIKOY, où il retrouvait à la fois le nom de lieu Brigantium & le nom d'homme Briganticus cité par Tacite'. Il est incontestable qu'il n'y a aucune lettre avant le p, & d'ailleurs Rigantikos est parfaitement gaulois^.

Le bronze n° 4 8c un exemplaire mal

' Cf. A. de Longpérier, lîevae «am. 1864, p. 844.

' Revue num. 1 889, p. 19.

' Hist, 1. 2, c. 21.

■* Cf. Zeiiss, Gramm, celt, 2" éd. p. 99, & d'Arbois de Jubainville, Archives des missions scientifiques, 3" série, t. i, p. 53o, qui donnent l'un 8c l'autre le radical regant; or on sait que le e & le i se permutent fréquemment.

N" I. Buste à droite, une main élevée à la hauteur du visage, les cheveux terminés sur le cou par une sorte de queue étroite & dont la courbure est en dehors; c'est une coiffure caractéristique qui se ren-

' T. 4, p. 406, & suppl. t. 7, p. 657.

' L'exemplaire où Mionnet lisait Vanticus avait été publié par Fierez (pi. LI, n. 6) comme appartenant à Anticaria ; cet auteur reconnaissait néanmoins que le style de la pièce n'était nullement espagnol. Cf. Don A. Delgado, Nuevo mctodo de classificacion de las medallas autonomas de Espana, 1873, t. 1, p. xxxiii.

^ M. Dumège (éd. in-S" de VHist. de Languedoc, t. I, pi. X, fig. 3) déclare que cette pièce est galate, mais son type la rapporte à notre Gaule. On sait d'ailleurs que Brogitarus, qui vivait seulement à la fin de la République & qui acheta le titre de roi en 696, est le seul Galate auquel on attribue incontestablement aujourd'hui des monnaies. Cf. Mommsen, Hist. de la monn, romaine, trad. t. 3, p. 3i3.

Note

NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

contre fréquemment sur les monnaies des Les bronzes, dont je viens de citer quelautres parties de la Gaule. Derrière la tète ques variétés, sont attribués à Béziers deune massue, la poignée en haut. puis le temps de Pellerin. Duchalais seul',

R. Lion galopant à droite & battant l'air qui ne connaissait pas les publications tonde sa queue; dans le champ, au-dessus de lousaines', contestait encore la provenance l'animal, une sigle ayant à peu près la de ces monnaies & les croyait orientales, forme d'un kappa ou d'un digamma; à BHTAPPATIC, équivalent par iotacisme l'exergue : BHTAPPATI. de BHTAPPATHC, est une forme adjec-

CabinetdeFrance; bronze; 9,i8i pi. IV, fig. 20. tive au nominatif singulier, tirée du nom

de la ville, Ha-i-rs^ca', lîa-Tappx*, Ha-.-rîpa'. %

N° 2. Pièce à peu près semblable à la Baeterrae''' & Betarrae''. Ce n'est qu'à la fin

précédente, mais au revers de laquelle on du troisième siècle qu'on trouve Besara*^

distingue nettement, après le |^ la panse acheminement à l'orthographe moderne',

d'une lettre, qui paraît être un sigma lu- C'est ainsi que "Avy.apa fait, à l'ethnique,

naire, si bien que la légende complète 'AYy.apaTir;; ; AiYetpa-AiYSipiTr;;; "Aoava-'Acx-

serait BHTAPPATIC. v(rr,ç, &c. Il est vrai que les médailles de

Cabinet de France; bronze; 8,3i. la Grèce OU des pays grécisés, lorsqu'elles

ne donnent pas le nom de la ville, portent

N" 3. Même type au droit, mais exécu- presque toujours l'ethnique pluriel, soit

tion plus barbare; les cheveux sont repré- au génitif, ce qui est le plus fréquent'",

sentes par de simples traits parallèles, soit au nominatif" ; mais le nominatif sin-

inscrits entre le front & une courbe enve- gulier masculin n'est pas sans exemple; on

loppante, dont l'extrémité inférieure se le trouve à Catane & à Neapolis". Eckhel" relève en crochet, à la hauteur du cou. Le

Note "4

haut du vêtement est orné de perles.

R. Lion au galop; la jambe de devant est attachée au corps par une sorte de S très en saillie. Au-dessous de l'animal, entre deux barres horizontales : .HTAPP....

Trouvé aux environs de Narbonne; communiqué au Comité des travaux historiques par M. Berihomieu.

Bon nombre des bronzes du troisième sous-groupe se rapprochent tout particulièrement par leur style de la pièce portant PirANTIKOC.

Sur un des exemplaires appartenant au cabinet de France, le kappa ou le digamma est lié à une sorte de M. Les sigles de cette nature, fréquentes dans le champ des monnaies antiques, sont difficiles à interpréter, lorsqu'on est sevré de toute donnée historique'.

' Charles Lenormant (Revue num. i858; p. i56 81 pi. IV, fig. -) reconnaissait dans cette ligature les lettres latines : F, L, M, d'où il faisait Vonteiui hegatus M.anii. La pièce aurait alors été frappée par Lucius Fonteius, parent & légat de Manius Fonteius; mais les bronzes du septième groupe ne portent que des légendes grecques &. appartien-

nent, comme on le verra plus loin, à une époque antérieure à l'administration du célèbre préteur (77 à 75 avant J.-C). D'ailleurs, le monogramme, fùt-il latin & composé des lettres F, L, M, on ne saurait accepter la leçon de M. Charles Lenormant, aujourd'hui qu'on a mieux étudié les dénominations chez les Romains & la manière dont elles s'abrégeaient. En effet, Lucius Fonteius ne pouvait être reconnu à l'initiale de son gentillc'tum; quant au préteur, il n'était pas désigné non plus par son prénom, car le prénom ne suffit que s'il s'agit d'un père. D'ailleurs Manius ne s'exprimait pas par la lettre M, mais par la sigle M'. (V^oir les médailles de la famille Fonteia, Cohen.)

' Catalogue, p. 84.

' Cf. Mém, de l'ancienne Académie de Toulouse, ij8i, art. de M. de Montégut.

' Strabon, Géogr. 1. 4, c. 1, 6.

* Etienne de Byzance, ad verb, ' Ptolémée, 1. 2, ch. 10, 9.

* Pomponius Mêla, 1. 2, c. 5.

' Pline, 1. 3, c. 4.

* Festus Aviénus, Ora maritima, v. Spp. ' Saulcy, Revue archéol. 1867, p. 87.

'° Voir plus haut, p. 492.

" Cf. les médailles de Syracuse, sur lesquelles ou lit quelquefois : ïrPAKOÏlOI.

" On rencontre aussi le nominatif singulier neutre : BKÏilIKON, TEPi:iKON, & le génitif singulier masculin : IJVBAOV.

" Doct. num. t. 1, p. xcvi.

Note 1.4

NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

considère même la présence de l'etlinique singulier dans une légende comme une preuve d'ancienneté de la monnaie.

Le mot BHTAPPATIC occupant à l'exergue la place du nom d'homme dans les autres bronzes au type du lion, on est porté à se demander si cette épithète, le Beterrate, ne se rapporte pas aussi à une personnification masculine, & peut-être à Hercule dont le buste se voit au droit; mais je ne connais guère d'exemple d'un surnom de dieu ou de déesse inscrit seul sur le flan; si riEPPAlA est le surnom d'Athénée à Perga, l'ethnique est précédé dans la légende par le nom de la déesse; à Andires la monnaie porte : OEA ANAIPHNH; enfin, à Methymne,on trouve l'adjectif seul au nominatif singulier masculin comme à Béziers, mais c'est une tète féminine, celle de Pallas, qui est placée dans le champ de la pièce. BHTAPPATIC est donc un ethni-

J.-C, les bronzes, du module même des nôtres, frappés au quatrième siècle à Salapia, en Apulie", les pièces de Capoue k légende osque'', & les monnaies bien connues du tyran d'Agrigente, qui donna son nom vers 280 à la ville de Phintias'.

De l'âge de leurs modèles, on peut coU"dure que les bronzes des Longostalètes & que ceux au lion ou au sanglier ont été mis en circulation, dans le midi de la Gaule, à une époquç fort ?incienne; les premiers, à en juger par leur style d'abord remarquable, puis successivement dégénéré, ont commencé plus tôt & duré plus longtemps. Fixer des dates précises pour le début de ces monnayages & surtout pour leur fin est chose impossible. On peut dire seulementque les bronzes de grand module, rendus par le sol du Languedoc, y ont fait leur apparition vers la fin du quatrième siècle ou au troisième, à l'époque où les

Note

que localisant la monnaie suivant l'usage hommes de race celtique, que les historiens

général & pas autre chose.

Observations générales sur le septième groupe. — Le type des bronzes au lion qui forment le deuxième sous-groupe & le troisième est emprunté au monde grec, comme l'image de Mercure & le trépied qui caractérisent les monnaies des Longostalètes. Il suffit, pour s'en convaincre, de consulter le bronze de Hieron II, roi de

nomment, dès lors, plus particulièrement raXiiat, avaient incontestablement pris la haute main sur le littoral méditerranéen de la Gaule, si longtemps disputé par tant de peuples de diverses origines, venus par terre ou par mer.

Quant à la limite inférieure de la période d'émission des bronzes du septième groupe, elle ne saurait être déterminée, même approximativement. Les trouvailles,

Syracuse', & celui de Perdiccas, l'un des qui seules à peu près peuvent servir de

prétendants à la succession d'Alexandre le critérium, induisent souvent en erreur

Grand. Le lion à allures vives, tel qu'il se lorsqu'elles ne sont pas assez nombreu-

voit sur les pièces de Riganticos, rappelle ses pour se contrôler l'une l'autre, car

plus particulièrement les monnaies de Ly- non-seulement les types se perpétuaient

simachia% ville fondée, suivant Pausanias, dans les ateliers de l'antiquité, témoin la

par un autre général d'Alexandre, Lysi- chouette archaK{ue d'Athènes qui se re-

maque, qui lui succéda en Thrace. produisit si longtemps, mais même le nu-

Le type du sanglier, qui se voit sur une méraire, lorsqu'on en fivait abandonné le

des monnaies de Kaiantolos, est au moins aussi ancien que celui du lion, en Grèce, en Asie, en Italie & en Sicile. Pour ne parler que de ces deux derniers pays, je signalerai les tétradrachmes unifaces d'Etrurie que quelques savants ne font pas remonter moins qu'au sixième siècle avant

' Mionnet, Supp, n. 63o.

' Pellerin, Rec. dcméd. t. 2, p. 197, pi. XXXIV, %. 25.

type dans les ateliers, continuait souvent à circuler''; ou bien des générations suc-

• Pellerin, t. i, pi. IV, fig. 46.

' Samboa, Méd, de la preiqu'île italique^ 1871, p. 170.

^ Mionnet, n. iij, 81 Torremiizga, Numm, vet, Stciliae, pi. CVII, fig. 1 à 5.

■* On sait que les bronzes roinains étaient encore aux mains des Arabes au moment de la conquête de l'Algérie,

NOTK

NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

cessives apportaient leur offrande dans des sanctuaires & y constituaient des trésors composés de pièces de divers âges, n'ayant ([\ie peu circulé & paraissant aujourd'hui émises en même temps".

La détermination des ateliers d'où sont sorties les monnaies du septième groujîe, autres que celles portant BHTAPPATIC, est encore plus difficile que l'appréciation de leur âge. On a vu, en effet, qu'on n'avait pas encore déterminé d'une manière certaine où se trouvaient les Longostalètes; quant aux monnaies au type du lion & à noms d'hommes, auxquelles se rattache par une légende commune la pièce portant un sanglier, on peut seulement conjecturer qu'elles appartiennent à la partie du Languedoc voisine de la Méditerranée, d'abord parce qu'elles sont semblables au bronze que l'on attribue à Béziers, ensuite parce que c'est surtout chez les peuples du littoral qu'ont dû se répandre les types monétaires de la Sicile & des contrées d'outre-mer; mais il n'y a rien de certain à ce sujet, & les ateliers ont pu à la rigueur se trouver sur d'autres points du Languedoc, car tout le monde sait que les prototypes venaient souvent de loin, témoin le statère de Macédoine servant de modèle aux statères gaulois qui se rencontrent dans le centre de la France. Dans l'hypothèse où les bronzes du deuxième sous-groupe appartiendraient aux contrées méditerranéennes, on ne saurait hésiter à les classer, comme l'a fait M. de Saulcy, à Narbonne même; seulement il ne faudrait pas admettre alors qu'aucune d'elles, même la plus dégénérée, fût postérieure à l'an ii8 avant J.-C, car on a vu plus haut que, sous la République, la fabrication monétaire autonome ou locale, cessait entièrement & de plein droit dans toute ville devenue colonie romaine. Narbonne a eu, dans la plus haute antiquité, une grande importance;

'Telle est la trouvaille de Boiirbonne qui comprenait des monnaies antérieures à César & des n\onnaiej contemporaines d'Honorius. J'ai assisté en Orient à des fouilles qui ont fait découvrir, dans la même maison, des monnaies grecques antérieures à l'Empire 8t des pièces byzantines.

c'est dans son port qu'on embarquait, les produits de la Gaule venus par terje, & ceux de l'île de Bretagne apportés par la Garonne & qu'un court transit à dos de bêtes de somme jetait facilement dans l'Aude. Les habitants de Narbonne, unis par le commerce à la Grèce & surtout à ses colonies occidentales, devaient tout naturellement connaître le numéraire de ces contrées & créer, par l'adoption de son type, un signe d'échange de facile circulation.

Quoi qu'il en soit, le septième groupe comporte avec lui une donnée très-importante, en présence de la rareté & de l'incertitude des documents écrits, à savoir qu'une race gauloise, caractérisée par les noms de ses chefs ou de ses héros, dominait sur le golfe de Narbonne ou en arrière, à une époque très-reculée, lorsque le littoral appartenait, du côté de l'orient, aux Grecs de la Massaliétide, & au sudouest, au delà du promontoire pyrénéen, à d'autres Grecs fixés en Ibérie. Si maintenant nous envisageons la beauté de quelques-uns des bronzes qui ont été décrits plus haut, nous en conclurons que ces Gaulois avaient une civilisation avancée, prise au monde hellénique, & qui avait déjà décru lorsque la répu])lique romaine mit le pied sur le sol de la Transalpine'.

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