IV
Diplôme de Charles le Chauve pour Adroarius (861* [Preuves, col. 320.)
L'original de ce diplôme existe à la Bibliothèque nationale, parmi les chartes réunies par Baluze^ Dans sa forme diplomatique, il ne présente rien que de parfaitement régulier; les formules sont exactes; les terres concédées au vassal du roi, Adroarius, ne sont pas tellement étendues que la donation puisse, par elle-même, être révoquée en doute. Cependant, plu-
' Preuves de ce volume, col. Sp.
' Preuves de ce volume, col. i85, plaid de 83.^.
3 Auj. lat. 8 837, f" 83.
Note "9
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NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC
sieurs faits nous empêchent de regarder ce simplement remplacer l'original, probableprétendu original comme parfaitement au- ment endommagé.
fhentique. D'abord une difficulté dans la Outre ce diplôme pour Adroarius, les
date; l'acte porte indîctione xii, anno xxi Archives de La Grasse en contenaient un
régnante glorîosîssimo Karolo rege. Or, en autre, dont la seule copie connue existe
comptant l'indiction depuis 3i 3, il faut VIII. actuellement à Carcassonne. Nous le don-
D'autre part, le second x du mot XXI n'est nons en note, car nous croyons cet acte
pas parfaitement net, & dom Bouquet, en inédit', éditant ce diplôme après dom Vaissete, a lu
anno xvi; mais, dans ce cas, il faudrait encore corriger l'indiction : la seizième année du règne de Charles le Chauve est 856, & l'indiction doit être III. Nous avons, pour
Diplôme pour Oliba de 870. [Preuves, col. 36i.)
En examinant même minutieusement l'o-
notre part, adopté la lecture de dom Vais- riginal de ce diplôme, conservé aujourd'hui
sete, mais ceci importe peu quant à présent; à la Bibliothèque nationale', il est difficile
ce qu'il faut remarquer, c'est que, dans tous de n'en pas admettre la parfaite authenti-
les cas, la date doit passer pour fausse, cité : parchemin, écriture, teinte de l'encre,
cas assez rare dans les originaux carolin- souscriptions, tout paraît conforme aux ha-
giens, rédigés & surtout datés générale- bitudes de la chancellerie carolingienne, ment avec grand soin. Une seconde preuve,
moins concluante, est une faute de latin : . Exempla hec est. In nomine sancte & IndivU
Quendam fidehm nostrum, Adroarïo nomine; due Trinitatis. Caroh.s gratia Dei rex. Regalis cel-
dans tous les autres actes authentiques, le situdinis mos est fidèles suos donis muitiplicibus
nom d'homme est à l'accusatif, comme le atque ingentibus honoribus honorare Scsublimare.
demande la grammaire; toutefois, nous Itacjue notum sit omnibus sancte Dei Ecclesic
avouons ne pas tenir outre mesure à ce fidelibus & nostrls presentibus atque futuris, quia
dernier argument, & l'aspect de la charte <:on"dimus ad proprium cuidam fideli nostro
nous paraît plus encore de nature à con- ^droano res quasdam nostre proprietaiis quae sunt
,. ' ■ -11 site in comitatu Narb
nrmer nos soupçons. Au premier abord, „, . . .
* ' ' , . ' Honano nostre propnetatis
on a peine a se figurer cet acte écrit par , , •. . j j u- • ■
1 " I esse cognoscitur, prêter id quod Hispani in npri-
un notaire royal à l'époque carolingienne; ^-^^^^ ^-^^^ ^Uq quocumque modo ibidem aberc nos-
l'écriture en est sans doute belle & régu- cuntur. Unde etiam precellentiae nostre preceptum
Hère, & l'imitation des caractères grêles hoc fieri jussimus, per quod memoratas res cum
des diplômes royaux est relativement assez suprapositis & vineis ne terris & boscis, exitibus
parfaite; mais vers la fin la main du scribe 81 regress:bus, pascuis, aquis aquarumque decursi-
S'est fatiguée, & les lettres affectent une ^"S, terminis atque adjacentiis memorato fideli
forme plus arrondie, rappelant par plus '^"'^'^ Adroario ut dictum est ad proprium con-
d'un trait l'écriture diplomatique de la fin du dixième siècle. Les soupçons se confirment encore en comparant cet acte avec l'acte pour Isembert', dont l'original est, cette fois, parfaitement authentique, écrit deux ans plus tôt & donné par le même
cedimus & de nostro jure in jus ac potestacem
illius confirmavimus
& de anulo nostro sigillari jussimus.
Signum (locus monogrammatis) Karoli gloriosissimi régis. — Gislebertus notarrus ad vicem Hludovici recognovit & subscripsit. — Le lieu dont il est ici question semble être Villefloure, Aude,
notaire (Folchrîcus), Ainsi, pour nous ré- arrondissement de Limoux, qui était certainement sumer, cet acte ne peut être qu'une copie <*-i"* '« comté de Narbonne au neuvième siècle. figurée, à laquelle on mit plus tard le I-t date de l'acte a disparu, mais les noms du nosceau de l'original, dont il porte encore la "''' Gislebert & du chancelier Louis permettent
«„„„^ ,• .,, . , de la fixer d une manière approximative. Gisle-
trace; remarquons d ailleurs que rien, dans , ^ , r. . «, . • <■ , 11. , "«""t *"' notaire de 047 a 80 1 : Louis fut chancelé corps de lacté, ne permet de supposer ,• 1 00 o// , , . •
' '1 ' • lier de 009 a 860. La date est donc circonscrite
une falsification positive; on aura voulu entre 847 & 86. . (Voir dom Bouquet, t. 8, pp. 487.
r.68 & 600.) ' Baluzc, Armoirgs, jço, n. 481. ' Lat. 8837, f" 44.
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