‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 102 sur 342 · LXXV. — Fin de la mission du cardinal de S aint-Chrysogone · texte numérisé non relu

LXXV. — Fin de la mission du cardinal de S aint-Chrysogone

6* de ses collègues.

L'évêque^ de Bath, durant sa mission en Albigeois, y rencontra Raimond de Baimiac 6c Bernard Raimundi, deux chefs des hérétiques, qui s'y étoient réfugiés, disoient-ils, pour éviter les mauvais traitemens du comte de Toulouse (S- des autres barons. Ces deux sectaires, qui avoient fait un grand nombre de prosélytes dans le pays, demandèrent un sauf-conduit Se offrirent à ce prélat Se au vicomte de Turenne, si on le leur accordoit, de se repré-

' Mss. Colhert, n. 2275. [Lat. 9996.] ' Gall'it Chrlstiana, nov. éd. t. i, p. 288.

° De Vie, Chronicon episcoporum Carccaoncnsium, " Archives de l'abbaye de Salvanez.

^. 77. ' Archives de l'évêché de Béziers.

' Cartiilaire de l'abbnye de Grandselve. " Rogerius iiV.oyii.iin, Annales Angliccini.-ç.'ii-;

* Gallia Christiana, nov . éd. t. I, p. 288. & sea.

senter devant le légat pour y défendre leur foi. Levêque 8i le viconite, pour ne pas donner occasion de scandale aux toibles, si on refusoit d'entendre cco deux prédicans, leur accordèrent ce sauf-conduit, tant au nom du légat que du comte de Toulouse; à condition néanmoins que s'ils ne se convertissoient ]5as ils n'auroient que huit jours pour se retirer, après quoi ils seroient chassés du pays par l'autorité séculière, conformément à Védit que ce comte £• les autres seigneurs avaient jait publier. Le légat ayant ratifié cette permission, les deux chefs se rendirent à Toulouse Si comparurent dans la cathédrale de Saint-Etienne, où le cardinal légat, l'évêque de Poitiers, aussi légat du Saint-Siège, l'évêque de Toulouse, les autres commissaires & environ trois cens ecclésiastiques ou laïques étoient assemblés pour les entendre. Ils présentèrent d'abord leur profession de foi écrite fort au long en langage du pays. Le légat, s'apercevant qu'il y avoit des termes ambigus qui pouvaient cacher le venin de l'hérésie, leur dit de s'expliquer en latin, tant parce qu'il n'entendoit pas bien leur langage, que parce qu'ils ne s'appuyoient que sur les Epîtres & les Evangiles dont le texte est en latin. Mais Raimond & Bernard ignoroient cette langue. Se on fut obligé, par condescendance, de les entendre dans la leur. Cela parut absurde au légat, qui s'en explique ainsi dans la relation' de cette conférence qu'il nous a laissée. Raimond & son collègue déclarèrent publiquement qu'ils ne reconnoissoient pas deux principes. Se établirent l'unité d'un Dieu créateur de toutes choses; ils confessèrent ensuite que les prêtres catholiques, bons ou mauvais, pouvoient consacrer également le corps 8c le sang de Jésus-Christ. Ils déclarèrent qu'ils croyoient la transsubstantiation du pain Se du vin dans le corps 8t le sang de Jésus-Christ, le salut des enfans St des adultes par le baptême, sans lequel personne ne pouvoit être sauvé, 8<. enfin tous les autres articles de la foi sur lesquels on les accusoit d'errer.

Les commissaires, après avoir entendu cette profession de foi, l'approuvèrent : ils conduisirent ensuite Raimond Se Bernard dans l'église de Saint- Jacques, où ils eu firent la lecture devant une foule de peuple qui s'y étoit rassemblé. Le légat 8c ses associés leur demandèrent alors s'ils croyoient de cœur ce qu'ils venoient de confesser de bouche? Nous n'avons jamais rien enseigné de contraire, répondirent-ils. Se notre croyance a toujours été la même. Le comte de Toulouse Se quelques ecclésiastiques 8c séculiers qui étoient présens ne purent s'empêcher de leur donner un démenti, 8c ils les convainquirent aisément d'imposture. Il se présenta en même temps plusieurs témoins qui leur soutinrent en face qu'ils leur avoient ouï enseigner les deux principes, l'un bon 8c l'autre mauvais, 8c débiter les autres erreurs de leur secte. Raimond 8c Bernard prétendirent de leur coté que tous ceux qui déposoient contre eux étoient de faux témoins. On les pressa alors de confirmer par serment leur profession de foi; mais ils refusèrent, sous prétexte que Notre-Seigneur, dans l'Evangile, défend de jurer; ils ne faisoient

' Rigerivis de HoveJen, Annales An^licani, p. 327 & set].

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Au 1 1-:^

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pas attention qu'ils avoient fait un serment clans leur acte où iis avoient pris Dieu à témoin qu'ils cioyoient ainsi. On leur cita diverses autorités de l'Ecriture sainte pour leur persuader qu'il est permis de jurer. Enfin le légat, voulant user de clémence à leur égard, quoiqu'ils tussent suffisamment convaincus par une nuée de témoins, les exhorta à renoncer k leurs erreurs £< à

É.i.orisin. se faire relever de l'excommunication lancée contre eux, tant par le pape que t. mp, ^), ^iii»

par lui-même, par les archevêques de Bourges Se de Narbonne, Se l'évêque de Toulouse; mais ils n'en voulurent rien faire Se demeurèrent dans leur endurcissement. Le cardinal de Saint-Chrysogone, l'évêque de Poitiers, sou collègue, Se tous les autres prélats Se ecclésiastiques prirent enfin le parti de les dénoncer excommuniés à cierges éteints, eux Se leurs complices, en présence de tout le peuple, avec ordre à tous les fidèles de les éviter, de n'avoir aucun commerce avec eux Se de les chasser du pays. Le comte de Toulouse Se les autres grands de la Province firent ensuite serment devant toute l'assemblée, de ne favoriser en aucune manière les hérétiques. C'est ainsi que finit cette mission dont un historien contemporain nous a laissé' la relation. Cet auteur rapporte la lettre que Pierre, cardinal de Saint-Chrysogone, léo'at, adressa en conséquence à tous les fidèles pour leur enjoindre de n'avoir aucune communication avec Raimond Se Bernard; Se celle que Henri, abbé de Clairvaux, écrivit sur la même affaire. Cet abbé remarque, à la fin de la sienne, « que tous les princes chrétiens avoient occasion d'exercer leur zèle (i pour la foi, en venant embrasser dans le pays la querelle de Jésus-Christ, (1 Se afin, ajoute-t-il, qu'ils ne s'excusent pas sur le peu de fruit qu'il y auroit <i à faire, qu'ils sachent que c'étoit l'opinion commune à Toulouse, que si <i nous eussions seulement différé trois ans à taire cet acte de visite, à peine (( V auroit-on trouvé quelqu'un qui eût invoqué le nom de Jésus-Christ. » Nous verrons dans la suite que Raimond Se Bernard se réfugièrent à Lavaur, dans le domaine du vicomte Pvoger.

Henri, abbé de Clairvaux, dans une seconde lettre = qu'il écrivit trois ans après, nous a laissé quelques autres circonstances de cette mission. Il assure que les principaux sectaires avouèrent, lorsqu'on leur eut accordé une cniicre liberté, par le conseil des prélats Se des seigneurs, qu'ils prêchoient à la vérité 1 Évangile aux simples, mais que ce n'étoit que pour les séduire plus aisément; qu'ils ne croyoient pas que Jésus-Christ eût été vrai homme, qu'il eût véritablement bu Se mangé, qu'il eût souffert la passion, qu'il fût ressuscité. Sec; mais que toutes ses actions rapportées par les évangélistes ne s'étoient passées qu'en apparence; qu'ils rejetoient Se condamnoient le sacrifice de la messe, le baptême des enfans, le mariage, les autres sacremens Se les offices divins reçus dans l'Eglise catholique; qu'ils croyoient que Lucifer, le grand satan, étoit le créateur des anges, du ciel, de la terre Se de toutes choses visibles Se invisibles; qu'il étoit aussi le créateur Se le principe des mauvais

' Hogerius de Hovedcn. ' C-iufridiis, prior ^'oîlensis, Chrùr.'.con. p ^>i5

Ç.i. SCT, — V0YC2 toinj "l'U, -Viic I, n. 11, p. :,

anges; qu'il étoit Dieu; que e'étoit lui qui avoit donné la loi à iMoïse; Se que l'union des deux sexes, soit entre païens ou non, étoit également criminelle. Henri, qui avoit été promu k l'évêché d'Albano quand il écrivit cette lettre, dit ensuite que les femmes des hérétiques, qui étoient grosses, faisoient périr leur fruit. Il ajoute enfin : « Les hérétiques ont contessé autrc- <i fois, publiquement (c'est-à-dire pendant la mission' dont on vient de « parler), toutes ces choses Se plusieurs autres devant nous 8c devant nos « vénérables frères Géraud, archevêque d'Auch, Géraud, évêque de Cahors, « 8< Gosselin, évêque de Toulouse. Vierne, femme de Sicard de Boysse de « Graulhet, qui, ayant été séduite par les sectaires, avoit quitté son mari « pour les suivre, sous prétexte de mener une vie plus parfaite, confessa, « entre autres à feu Guérin, archevêque de Bourges, qui prêchoit durant « cette mission, qu'elle avoit commis des infamies horribles avec les plus « reliùeux d'entre eux. »

LXXVI. — Evêques de Toulouse. — Condamnation des hérétiques au concile de Latran. — L'archevêque de Narbonne les excommunie.

L'abbé de Clairvaux s'acquit une si grande estime par sa conduite & par ses vertus, parmi les Toulousains, que le siège épiscopal de leur ville étant venu à vaquer vers la fin de cette année, par la mort de Gosselin^, il fut élu' unanimement pour le remplir. Mais sa modestie le lui fit refuser, & Fulcrand fut élu k sa place. Cet abbé fut promu au cardinalat £< k l'évêché d'Albano durant le concile de Latran, tenu au mois de mars de l'an 1179. H revint dans la Province trois ans après en qualité de légat, & il exerça aiori de nouveau son zèle contre les hérétiques; car la mission de l'an 11 78 ne produisit pas tout l'effet que les évêques en atiendoient; 8c un auteur contemj)orain assure qu'elle ne servif* de rien. En effet, l'hérésie au lieu de s'aïfoiblir y prit de nouvelles forces par la sévérité dont on usa envers ceux qui avoient eu le malheur de l'embrasser. Au reste, le comte Raimond demeura encore quelque temps à Toulouse après le départ du légat -^ Se de ses

' Voyez tome VU, Note I, n. ii, p. î. change avec les pèlerins (romci). Les fraudes cotn-

* Petriis Cellensis, 1. 8, Epist. 8, — Manrique, mises par un membre de la corporaiion furent Annales Cistercienses, ann. i lyS, n. i . soumises au jugement des consuls de la ville ; ne

' Voyez tome VII, J/ore I, n. it. fut pas réputée fraude l'erreur qui ne dépassait

* Robertus de Monie, Chronicon, ann, i lyâ. pas un denier. Les boutiques de change pour les 'Trésor des Chartes j Toulouse, tac 2, n. 16. pèlerins ne purent être établies qu'à trois endroits

— Dom Vaissete fait ici une pjtite confusion, de la ville, savoir : l'Hôpital de Jérusalem, le

L'acte dont il parle & qu'on peut voir dans Te.iiet Temple & le cloître Saint-Gilles. Les aubergistes

[Layettes iiu Trésor des Chartes, t. 1, p. 119). ne de la ville s'engagèrent de leur coié à ne point

concerne pas les changeurs de Toulouse, mais ceux conduire ailleurs les pèlerins qui auraient à

de Saint-Cilles, & le comte Raimond V n'y païaît changer quelques espèces. Les changeurs de Saint-

mème pas. L'acte est donné au nom de son viguicr Gilles & leurs apprentis (iliscipuli) jurèrent sur les

de Saint-Gilles, Bertrand Ripert, & des consuls & évangiles d'observer cette ordonnance; leurs noms

conseillers de Saint-Gilles, Les changeurs de Saint- sont énoncés dans l'acte j ils sont au nombre

Gilles obtinrent pour cinq ans le monopole du d'environ cent trente-cinq. [A. M.]

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L'd. origîn.

;. Ul, p. i2

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associés, comme il paroît par les statuts qu'il donna aux cliangeurs de cette ville au mois d'octobre de l'an 11 78'.

Le mêine ^ historien contemporain appelle agenois {^heret'ici quos Agenenses vacant) les hérétiques que le cardinal Pierre de Saint-Chrysogone & ses collègues allèrent combattre à Toulouse; 8< on peut remarquer dans les actes originaux qui nous restent de cette mission qu'on ne leur donne nulle part le nom d'albigeois, dont les auteurs postérieurs se sont servis pour les désigner. On ne leur donne pas non plus ce nom dans les actes du concile de Latran de l'an 1 17g, dont le dernier canon fut dressé contre eux, Si auquel se trouvèrent, parmi les évêques de la Province, Pons-* de Narbonne, Jean de Maguclonne, Pvaimond d'Uzès, Bernard de Béziers &. Othon de Carcassonne. Ce canon est conçu en ces termes : « Quoique l'Eglise"*, ainsi que <( dit saint Léon, se contente d'un jugement sacerdotal, & qu'elle n'emploie « pas les exécutions sanglantes; elle est cependant aidée par les lois des (( princes afin que la crainte d'un supplice temporel oblige les hommes de « recourir au remède spirituel. Comme donc les hérétiques, que les uns « nomment cathares, les autres patarins 8c les autres poblicains, ont fait de « grands progrès dans la Gascogne, l'Albigeois, le pays de Toulouse & (c ailleurs; qu'ils y enseignent publiquement leurs erreurs & tâchent de per- « vertir les foibles, nous les anathématisons avec leurs protecteurs & recétc leurs, &. défendons à toute sorte de personnes d'avoir aucun commerce avec (i eux : s'ils meurent dans leur péché, on ne fera aucune oblation pour eux, » Se on ne leur donnera pas la sépulture parmi les chrétiens. »

En conséquence de ce canon, Pons d'Arsac, archevêque de Narbonne, étant de retour dans son diocèse, dressa une lettre^, l'envoya à ses suffragans, aux abbés & aux autres prélats de la Province, leur ordonna d'excommunier les hérétiques, les fauteurs & défenseurs, les Brabançons, Aragonois, Costereaux, 8c ceux qui les prenoient à leur service; accorda des indulgences a. ceux qui s'élèveroient contre eux Se décerna diverses peines, par ordre du pape 8c du concile, contre les réfractaires.

' A cette même année 1178 se rapporte une charte de coutume fort intéressante que Aom Vaissete ne paraît pas avoir connue, & que l'on trouve dans Teulet, Layettes du. Trésor des Chartes, t. 1 , p. 120 (d'après J. 3o3, n. 46). Elle concerne la petite ville de Villeraur, en Toulousain. Les principales libertés concédées par le seigneur & les chevaliers du château sont les suivantes : défense d'arrêter ou de taxer arbitrairement aucun habitant de Villemur. — Liberté à tous de quitter la ville, en payant les dettes; le partant devra seulement abandonner les terres qu'il t'ent du seigneur ou en aliéner la jouissance avec l'aveu du

seigneur féodal. — Permission à tous de venir résider à ^'illemur en jouissant de toutes les libertés des habitants de la ville. — Suppression de la main-morte : la succession de l'habitant de Villemur, mort ab intestat, est recueillie par ses enfants; le seigneur n'hérite qu'à défaut de proches parents. [A. M.]

' Robertus de Monte, Ckronicon, ad ann. 1178.

^ Concilia, t. ic, c. l53o.

* Ibid. c. 1 022.

= Voyez tome VIII, Chartes, n. XXXI, ce. ?,j^\ à 344.

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LXXVII. — Le comte de Toulouse se ligue avec divers seigneurs. — Évcques de Nimes &- d'U-^ès. — Maison d'Ujés.

Cependant Raimond, comte de Toulouse, pour se mettre en état de résister au roi d'Aragon, aux vicomtes de Béziers & de Nimes, 8< à la vicomtesse de Narbonne, qui s'étoient ligués contre lui, s'unit avec divers seigneurs du bas Languedoc, S< il conclut avec eux' un traité, le 28 d'avril de l'an 1179. Suivant cet acte Raimond d'Uzès, Pons-Gaucelin de Lunel & Pierre de Bernis reçurent en fiet de Raimond tous les domaines qu'ils possédoient dans la vicomte de Nimes, savoir : Raimond d'Uzès, le château d'Aymargues, Pons- Gaucelin, celui de Cauvisson , Se Pierre de Bernis, le château de ce nom, avec promesse de l'aider contre le vicomte de Nimes, soit durant la guerre présente, soit dans toutes celles ((u'il auroit dans la suite contre ce vicomte, & de ne faire ni paix, ni trêve avec lui que d'un consentement mutuel. Raimond donna de plus en fief à Pierre de Bernis tout le domaine que le vicomte de Nimes avoit dans le château de Bernis, qu'il avoit par conséquent confisqué sur lui en qualité de suzerain. Il lui donna aussi en fief le château de Beauvoisin à condition de le rebâtir. Aldebert, évêque de Nimes, & Raimond, évêque d'Uzès, l'un &. l'autre de la maison d'Uzès & oncles du comte Raimond^, furent présens à cet acte.

Le nom d'Aldebert n'y est marqué à la vérité que par la lettre initiale de ce nom 5 mais nous apprenons d'ailleurs^ que ce prélat vivoit encore en 1180. Ainsi ceux"* qui mettent, en 11 77, sur le siège épiscopal de Nimes un prétendu Ainard de Montredon se trompent. Aldebert fut présent^ à une donation faite en 1175, à l'abbaye de la Font de Nimes, soumise à sa juridiction, dans laquelle le pape Eugène III & le roi Louis le Jeune le confirmèrent'', de même que dans l'abbaye de Cendras. Le pape Innocent II lui avoit donné l'inspection sur cette dernière lorsqu'il l'avoit confirmé à Rome; en sorte qu'il posséda, du moins pendant trente-neuf ans, l'évêché de Nimes. Guillaume d'U-(ès, qui étoit vraisemblablement son neveu, lui avoit déjà^ succédé dès l'an ii83. Quant à Raimond, évêque d'Uzès, frère d'Aldebert, Bertrand lui û. oripi 1. avoit succédé^ en ii83, & un autre Raimond à celui-ci en iiSS'-*. Le der- ' ''""" nier Raimond fonda pour des filles une abbaye de l'ordre de Cîteaux dans

' Voyez tome VIII, Chartes, n. XXIX, c. 33j. Vaissefe a été admise par le nouveau Gallta Chns-

— Par cet acte, ces seigneurs rompirent le con- tiana & par M. Mabille (t. IV, p. 278). Seule,

trat féodal qui les unissait au vicomte de Nîmes elle est admissible. Aldebert est indiqué notam-

dont tous trois étaient vassaux. [A. M.] ment comme évêque de Nîmes dans une charte de

' Voyez tome IV, Note LU, p. ziy. 1 17^. (Teulet, Layettes du. Trésor des Chartes, t. 1,

' Voyez tome VIII, Chartes, n. XXXIII, c. 3ôo. p. 1 19 A.) [A. M.]

" Gallia Christiana, t. 3, p. 778. — Ménard, ' Voyez tome VIII, charte XXII, c. 3.8.

dans son Histoire Je Nimes, a repris cette opi- ^ Voyez tome V, Chroniques, n. V, c. 29.

nion, en soutenant seulement que Ainard de " Voyez tome VIII, Chartes, n. XXXIII, c. 3ô5.

Montredon, qu'il appelle Arnaud, commença par ' Gallia Christiana, nov. éd. t. 6.

itre coadjuteur d'Aldebert. L'opinion de dom ' Mss. d'Auiays, n, 88, p. 75.

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son diocèse, au lieu dit aux Augustins. Au reste, R,aimond, seigneur d'Uzès, qui fit le traité dont on vient de parler avec le comte de Toulouse, prit le surnom de R.ascas; il étoit' fils de Bermond I, seigneur d'Uzès Se de Posquières, qui, à ce qu'il jjaroît, vivoit^ encore alors, & dont il hérita de la moitié de la seigneurie d'Uzès.

LXXVIII. — Le rot d'Aragon vient dans la Province. — Le vicomte de Nimes

se soumet à sa su-^eraineté.

Nous ignorons les circonstances de la guerre que le comte de Toulouse eut à soutenir, en 1179, contre Alfonse, roi d'Aragon, & ses alliés. Nous apprenons seulement de divers monumens que ce roi !k R.aimond-Bérenger, comte de Provence, son frère, vinrent cette année en personne dans le pa^s; que le premier étoit à Béziers-^, au mois d'octobre, & que le vicomte Bernard- Aton lui donna alors la ville de Nimes avec ses dépendances, la forteresse des Arènes, située auprès de la même ville, le château nommé la tour Magne, ceux de Marguerittes, Caissargues, Bernis, Beauvoisin, Candiac, Posquières, du Caviar, d'Aimargues, Avibays, Aujargues, Cauvisson 8<. Clarensac, 8c les reprit ensuite de lui en fiet, avec promesse de les remettre en paix 6- eu guerre {iratus &- pacatus) aux comtes de Barcelone, ses successeurs, toutes les fois que lui 8< les siens en seroient requis; de le servir envers tous 8t contre tous, de môme que Raimond-Bérenger, comte de Provence, son frère, &; tous ceux qui tiendroient le comté de Provence des comtes de Barcelone; de tenir ces domaines en fief des comtes de Provence, & en arrière-fiet des comtes de Barcelone, tant que le comté de Provence demeureroit dans leur maison; Si enfin de lui faire prêter serment de fidélité par tous les habitans de Nimes & des châteaux ci-dessus nommés. Bérenger, archevêque de Tarragone, Arnaud 8<. Raimond de Villa-de-Muls, Pons de Mataplane, Guy de Séverac, 8t plusieurs autres barons de la cour du roi d'Aragon, turent présens à cet acte & à l'hommage que le vicomte de Nimes fit en conséquence à ce jirince.

Un historien d'Aragon'^, qui rapporte mal à propos cet accord à l'an 1180, prétend que Bernard-Aton, vicomte de Nimes, étoit auparavant vassal des comtes de Barcelone, Se, qu'ayant refusé de rendre hommage k Alfonse, ce prince lui fit la guerre & le força k le reconnoître pour son suzerain. 11 ajoute qu'Alfonse s'étoit mis aussi alors en armes pour ])unir la félonie du vicomte de Carcassonne, qui s'étoit auparavant reconnu vassal du comte de Toulouse, St que ce vicomte s'étant soumis, il reçut le roi dans Carcassonne, le 2 de novembre suivant. A'iais il est certain : 1° Que les vicomtes de Nimes n'avoient jamais été jusqu'alors hommagers des comtes de Barcelone, Se qu'on n'a aucun monument qui le prouve. 2° Que le vicomte Bernard-Aton ne se

' Voyez tome IV, VotchW, p. I17. * Ziiriia, Anales i!e la corcna Je Aragon, 1. i,

' Voyez tome VIII, Chartes, n. XXXIII, c. 35i. C. 33. ' D'Achéry, Spicilegium, t. lo, p. 174 8c scq.

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soumit à la suzeraineté d'Altonse S<. du comte de Provence, son frère, que parce ([u'il setoit ligué avec eux, S< dans le dessein d'obtenir leur protection contre Pvaifuond, comte de Toulouse, son seigneur naturel. « 3° Que le roi d'Aragon ne fit pas alors la guerre au vicomte de Nimes, ni à celui de Carcassonne, puisqu'ils étoient déjà ligués depuis longtemps avec lui contre Raimond, à la suzeraineté duquel ils entreprirent de se soustraire pour se soumettre à la sienne,

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