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"~ ;; — n8 HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XIX.
An 1181 /
concile auquel les évêques de Poitiers, du Puy, de Maguelonne &. de Lodève se trouvèrent. Il se rendit de là à Cîteaux, où il assista au chapitre général ' de son ordre. Étant retourné en Gascogne, il tint à Bazas le concile de la province d'Auch, le 8 de décembre suivant, 8c présida à celui des deux provinces de Bourges & de Bordeaux, lequel fut assemblé à Limoges, le troisième dimanche du carême de l'année suivante.
Quelques jours avant ce concile du Puy, Héracle, vicomte de Polignac, se rendit^ dans cette ville, & là, touché du repentir, il promit, du conseil de son père, à Géraud, évêque de Cahors, & à quelques autres chanoines de Rrioude, de réparer le dommage qu'il leur avoit causé pour la somme de plus de deux mille marcs d'argent lorsque, s'étant associé deux ans auparavant avec des étrangers (c'est-à-dire sans doute avec les routiers qui causoient des Kd. oiigin. ravages infinis dans tout le royaume), il avoit attaqué, pillé Se brûlé la ville de Brioudc & le village de Saint-Germain. Héracle, fidèle à sa promesse, se rendit à Brioude, au commencement du inois de septembre, & fit la satisfaction suivante, de l'avis du vicomte, son père, de Guillaume, comte de Montferrand, son beau-père, &t de plusieurs personnes de distinction. 11 entra dans la ville nu-pieds, 6t, étant arrivé à la porte de l'église de Saint-Julien, il se soumit à la pénitence. Il alla ensuite à l'autel du saint martyr Se se rendit enfin au chapitre, où il se remit à la discrétion des chanoines, auxquels il céda le château de Cusse avec ses dépendances & quelques autres domaines qu'ils lui rendirent ensuite pour les tenir d'eux en fief, à condition qu'aucun des vicomtes de Polignac, ses successeurs, ne pourroit aliéner ce château. Héracle accorda en même temps divers privilèges aux chanoines 8c aux habitans de Brioude.
Héracle fut le troisième vicomte de Polignac de son nom. Il étoit fils de Pons II, lequel vivoit alors. On vient de voir qu'il avoit épousé la fille du comte de Montferrand, c'est-à-dire de Guillaume VII, comte d'Auvergne, lequel se qualifia^ comte de Clermont & de Montferrand, 8c dont les descendans prirent le titre dauphins d'Auvergne. On assin-e"^ que cette fille s'appeloit Belissende, Se c'est sans doute la même qu'Assalide, fille du même comte, qu'on donne pour femme à Béraud^, sire de Mercœur, sur l'autorité d'un moderne^ qui est fort sujet h caution. Mais si cette Assalide ou Belissende épousa le seigneur de Mercœur, ce fut en secondes noces. Quoi qu'il en soit, il est du moins certain qu'Héracle III, vicomte de Polignac, épousa une fille de Guillaume VII, comte d'Auvergne; car, outre le témoignage que nous venons de rapporter, 8c qui le prouve manifestement, nous voyons que Dauphin, comte de Clermont 8c de Montferrand, fils de ce comte, en faisant
■ Manrique, ad ann. 1 182, c. 2. ' Baluze, Histoire géncalogi^tte de la maison d'Au-
^"Z^xXuzGy Hisloire généalogique delamaison d' Au- veriync, t. 2, p. 65, vergne, t. 2, p. (53 & siiiv. ' >'o5trnci;imus, Fie des poètes proyençauXj p. 3i
' Ihid. t. 2, p. 61 &. suiv. & >!:iï.
■' Chabron, Histoire ms. de la maison de Polignr.c, 1. 7, c. 9.
mention de' Pons III, vicomte de Polignac, fils d'Héracle III, l'appelle son neveu; en sorte que ce Pons étoit fils de la sœur de Dauphin, St non pas de la sœur de la comtesse de Montferrand, sa femme, comme on le prétend^ sur l'autorité d'un monument^ qui ne le dit pas. Pons III, vicomte de Polignac, avoit déjà succédé, en 1198, à Héracle III, son père, comme il paroît par la donation que Dauphin, comte de Clermont, son oncle, lui"* fit alors du château de Salazuit, au diocèse de Clermont. Le même Dauphin, comte d'Auvergne, accorda, au mois de juillet de l'an 1201^, le vicomte Pons, après la mort du vicomte Héracle, son père, avec les chanoines de Brioude, touchant l'exécution de la cession du château de Cusse, que ce dernier leur avoit faite en n8i, & qui a donné lieu à cet article. Héracle III fonda "^ le prieuré de Viage, de l'ordre de Grandmont, auprès de la Voulte-sur-Loire, en Vêlai.
LXXXVII. — Les vicomtes de Carcassonne & de Nîmes continuent la guerre contre le comte de Toulouse, qui fait des règlemens de police pour cette ville.
Roger, vicomte de Béziers 8c de Carcassonne, après l'expédition du cardinal Henri, reprit les armes contre le comte de Toulouse, à qui il continua de faire la guerre. 11 se rendit au château^ de Combret, en Rouergue, au mois d'août suivant. Se y reçut l'hommage des seigneurs de ce château. Il passa de là à Albi, où les chevaliers du cliâteau vieux de cette ville lui firent ^ serment, le dernier jour du même mois, « de l'aider dans toutes les guerres « qu'il avoit ou qu'il auroit dans la suite avec le comte de Toulouse & ses K enfans. « Il fit un accord avec Sicard, vicomte de Lautrec, son beau-frère, qui renonça au serment que les seigneurs 8c les chevaliers du château de Montredon lui avoient fait de le secourir durant les guerres présentes que Roger avoit avec le comte de Toulouse. Sicard remit en même temps à Roger la dot que ce dernier avoit donnée à Adélaïde, sa sœur^' en la mariant avec lui. Enfin nous trouvons que le vicomte Roger 8<. Raimond-Trencavel, son frère "^, permirent conjointement, au mois d'avril de l'an 1182, de rebâtir le château de Belcastel, dans le comté de Razès. Il paroît, d'un autre côté, que Bcrnard- Aton, vicomte de Nimes, afin de fournir aux frais de la guerre qu'il avoit entreprise contre le comte de Toulouse, engagea", au mois d'août de l'an 1181) pour treize mille sols melgoriens, à Pierre-Raimond, évêque d'Agde, tout ce qu'il possédoit dans cette ville '^.
■ Baluze, Histoire généalogique de la maison d'Au- ' Voyez tomeVIII, Chartes, n. XXXIII, ce. 35i
vergne, t. i, p. zôi. £' ^^>••
' Ihid. p. 182 & suiv. ' Voyez tome VII, î/clc XVIII, n. iv, pp.56, Sy.
' Ibid. t. I, p. 258. '° Cartulaire du château de Foix.
* Ihid. p. 2ÔI. " Gallia Christiana, nOT. éd. t. 6, in episcopis '' Ihid. pp. 64 & 65. Agathensihus.
* Chabron, Histoire mss. de la maison de Poli- '' A cette même année 1181 se rapporte une prognac, 1. 7, c. Q, messe faite par le vicomte de Béziers à l'évêque de
* Cartulaire du château de Foix. cette ville (tome VIII, ce. 358, Sjp); le vicomte
An 1 1 iJ 1
Cd. origin.
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An ii8i
Quant au comte de Toulouse, il iit un voyage en Queici, au commencement du mois d'août de l'an ii8i, Si il donna alors' à l'abbaye de la Garde- Dieu, située dans ce pays, par le conseil de Guillaume de Melle, son viguier, diverses terres qu'il avoit acquises de l'abbaye d'Aurillac, Sec, en présence de Géraud, évêque de Cabors, Raimond, vicomte de Turenne, Guillaume de Balaguier, abbé de Figeac, &C. Ce prince revint peu de temps après à Toulouse St il y tit dresser, au mois^ d'août, des règlemens de police, de l'avis du chapitre {capituli) & du commun conseil de la ville & du faubourg. Il fit quelques^ autres statuts semblables, au mois de mars de l'an ii8i (1182), 8c il accorda divers privilèges à l'abbaye de Grandselve'', qu'il exempta entre autres de leude ou de péage dans toutes ses terres, en présence de Pierre de Saint-André, prieur de l'Hôpital, dans le Toulousain.
LXXXVIII. — Mort de Guy Burgundion de Montpellier.
Le comte de Toulouse fut délivré, au mois de décembre suivant, d'un de ses ennemis en la personne de Burgundion de Montpellier, qui fit son testament'^ au mois de novembre de la même année. Burgundion légua par cet acte tous les domaines qu'il possédoit dans le diocèse de Maguelonne à Guillaume VIII, seigneur de Montpellier, son frère, excepté quelques biens qu'il destina pour certains legs & le payement de ses dettes. Il fit liéritière Burgundiose, sa fille unique, qu'il mit sous l'administration d'Adélaïde de Cognas, sa femme, tant que celle-ci vivroit en viduité : sinon il lui donna
s'engage par cet acte à ne point laisser rentrer dans la ville un certain Pierre Vairat le Gros & sa famille, qu'il qualifie de traîtres. L'évêque & l'église de Saint-Nazaire purent confisquer les terres que ces faidits tenaient d'eux. Il s'agit probablement ici de quelqu'un des chefs de la grande révolte de 1167, révolte dirigée contre le pouvoir de l'évêque aussi bien que contre celui du vicomte. — Mentionnons encore un autre acte de cette année, qui se rapporte aussi à l'évêché de Béziers (tome VIII, c. 3;j9), C'est l'aliénation par l'évêque Bernard Gaucelin, moyennant la somme de mille sous de Melgueil, de sa part de la leude sur le bois, les bateaux 8c les marchandises transportées par eau. Le tiers de cette leude appartenait à l'évêque, le reste au vicomte. D'après une clause du contrat, relative à la mort de l'acheteur dans les cinq ans, il semble que la part annuelle moyenne de l'évêque ait été de deux cents sous (de Melgueil), ce qui porte le rendement annuel de cette leude à six cents sous, somme assez forte pour l'époque. En effet, d'après le tableau de M. Germain {Etudes sur les monnaies seigneuriales Je Melgueil, p. 207), de I 174 à 1 ii5, le sou de Melgueil valut 0,99 c. de notre monnaie. Pour avoir la valeur relative, jl faut au moinç sextupler cet!« valeur intrinsèque,
& l'on arrive à un total voisin de trois mille six cents francs par an, dont le vicomte touchait deux mille quatre cents francs & l'évêq^ie mille deux cents. Remarquons que ce péage se levait uniquement sur le flottage de l'Orb, qui ne pouvait être bien considérable. [A. M.]
' Gallia Christianay nov. éd. t. 1, ïnstrum. p. 47.
' Catel, Histoire des comtes de Tolose, p. 204 & suiv. — On peut voir cet acte d'août 1181, tome VIII, c. 370. Il confirme aux habitants de la ville & du bourg le droit de marque ou de représailles. On y ajouta encore des règlements sur le métier des forgerons & des charpentiers, sur la vente du poisson au détail, sur le prix de la viande, le commerce du bois de construction & en général de tous les objets de bois {arcae, vasa, circuit, latae, scamna, lecti). Quant aux règlements de mars 1182, que Catel a aussi publiés, & dont notre auteur va parler tout à l'heure, on les trouvera au tome VIII, ce. 364, 365. Ils ont trait au prix des poissons, & fixent le tarif que les vendeurs au détail devront observer. [A. M.]
^ Catel, Histoire des comtes de Tolose, p. 216.
^ Archives de l'abbaye de Grandselve.
= Voyez tome VIII, Chartes, n. XXXIV, ce. 345 à 313.
HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC, LIV. XIX. loi
la jouissance de la moitié du château de Paulhan &. des autres domaines dont leur lille devoit hériter. Burgundiose ne survécut pas longtemps à son père, 8c elle décéda avant que d'avoir atteint lage de puherté. Guillaume, seigneur de Montpellier, son oncle, prétendit lui succéder dans les châteaux de Paulhan & du Pouget, situés dans le diocèse de Béziers Se dans ses autres domaines, comme substitué à ces biens par Guy Guerrejat, son oncle paternel. Adélaïde de Cognas, mère de Burgundiose, lui disputa la succession. Ils terminèrent enhn leur différend par une sentence arbitrale, datée du mois de février de l'an ii83. Guillaume VIII réunit par là ces deux châteaux à son domaine; Se c'est en qualité de seigneur de Paulhan qu'il confirma', en ii85, les donations que Guy Guerrejat, son oncle, avoit faites à l'abbaye de Valmagne, à laquelle il donna d'autres domaines. Jean de Montlaur, évêque de Maguelonne, fut le principal exécuteur testamentaire de Burgundion de Montpellier^.