‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 118 sur 342 · XXVII. — Ce vicomte tient un plaid à Carcassonne · texte numérisé non relu

XXVII. — Ce vicomte tient un plaid à Carcassonne

Roger retourna'' à Carcassonne, au mois de novembre, & y tint ses assises pour juger un grand différend qui s'étoit élevé entre les chanoines de la cathédrale & plusieurs habitans de la ville. Les premiers ne pouvant obliger les autres à leur payer la dîme des jardins Se des champs semés de fourrage [Jèrragines^), malgré l'excommunication dont ils les avoient frappés Se l'offre qu'ils leur faisoient de mettre cette affaire en arbitrage, eurent enfin recours à l'autorité de Roger, vicomte de Carcassonne, Béliers, Albi 6" Rajès, 6- de sa cour; « non pas, ajoutent-t-ils dans l'acte, que ce vicomte ait quelque K droit sur les dîmes &. les prémices, mais afin d'obtenir par un jugement « porté par celui qui a le pouvoir de le rendre (Judicio potestativo), ce qu'il « ne nous est pas possible d'avoir, ni par sentence arbitrale, ni par censures « ecclésiastiques. » Le vicomte, après avoir pris cinq de ses vassaux pour

' En mai i 191, le comte de Toulouse concède à ' Cartulaire du château de Foix.

Hugues, évéque de Rodez, la dîme du revenu de ' Cntel, Mémoires de l'histoire du Languedoc ^

toutes les mines d'argent du diocèse de Rodez. Voir p. 64S. Teulet, Layettes du Trésor, t. 1, p. 166 & suiv., ' Ihid. p. 640.

d'après J. 464, n. 3. [A. M.] " Du Cange, Glossaire.

■' Voyez to^ne VIII, Chartes, n. LU, ce. 41 1 , 412.

T An 1 1 9 1

assesseurs & écouté les raisons des parties, rendit un jugement dans son palais de Carcassonne, en présence d'Othon, évêque de cette ville, de l'archidiacre, neveu de ce prélat, S<. de divers seigneurs, entre autres d'Hugues de Romegous, préfet (c'est-à-dire viguier) du Razès. Il conJamna les habitansà payer cette dîme, & fit publier sa sentence à son de trompe avec ordre de s'y soumettre. 11 est marqué dans l'acte que Roger suivit en cela l'exemple de Raimond-Trencavel, son père, qui, en pareil cas, avoit rendu une semblable ordonnance. Ce vicomte termina, vers le même temps, par l'arbitrage de Bertrand' de Saissac, un différend qu'il avoit lui-même avec Pierre Olivier ^

de Terines, Raimond, son frère, 8< Rixovende, leur sœur, femme de Guillaume de Minerve, au sujet des mines du Termenois.

XXVIH. — DiJJèrend entre le comte de Comm'mges €• le seigneur de l'Isle-Jourdain, — Vicomtes de Gimoe-^.

Bernard^, comte de Comminges, fils de la sœur du comte de Toulouse, avoit alors un différend bien plus considérable avec Jourdain III, seigneur de risle-Jourdain, à qui il demandoit les châteaux de Castera, de la Serre & de Monfiel, avec le droit de guidage sur le chemin de Saint-Jacques, depuis Toulouse jusqu'à Auch. Jourdain prétendoit de son coté que le château de Saint-Thomas, possédé par le comte de Comminges, devoit lui appartenir. Leur querelle alla si loin qu'ils se firent une guerre implacable. Enfin Raimond, comte de Toulouse, qui était seigneur de l'un 6" de l'autre, voulant pacifier cette querelle, leur ordonna de mettre bas les armes; Se les ayant assemblés à Verdun sur la Garonne, au mois de janvier de l'an 1191, il les fit désister de leurs demandes réciproques. Tous les châteaux dont nous venons de parler sont situés dans la partie du Toulousain qui esta la gauche de la Garonne, où le comte de Comminges possédoit divers autres domaines, pour lesquels il étoit hommager du comte de Toulouse.

Quant à Jourdain, seigneur de Lille, il confirma^ avec Escaronne, sa mère, après la mort de Bernard-Jourdain, son père, les coutumes que ce dernier avoit données à la ville de l'Isle-Jourdain. II acquit, au mois de mars de l'an 1195 (1196), d'Arnaud de Montaigu, son cousin, la moitié de la vicomte de Gimoez, située des deux côtés de la rivière de Gimone, dans le Toulousain. Cet Arnaud de Montaigu étoit fils puîné d'Arnaud, vicomte de Terride ou de Gimoez, & seigneur de Verdun sur la Garonne, qui mourut en ii63, dans l'abbaye de Grandselve. Arnaud partagea ses domaines à ses trois fils, Bernard, Arnaud St Guillaume; il donna à Bernard Si à Arnaud, dont le premier prit le surnom d'Astafort, 8<. l'autre celui de Montaigu, la moitié de la vicomte de Gimoez, Si la seigneurie de Verdun au troisième qui prit le surnom de Verdun.

' Voyez loine VIII, Chartes, n. LUI, ce. 412 i ' Cartiilaire Je l'Isle-Jourdain, aux archives du

/,I4. doinaine de Montpellier. —Tome VII, .Volf XLII,

' /iiV. pp. 118, 119.

~r IJA HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XX.

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