XXIX. — Régale du Puy
Il y a lieu de croire que le comte de Toulouse observa religieusement la suspension d'armes avec l'Angleterre tant que les rois Richard & Philippe- Auguste furent occupés à leur expédition d'Orient, quoique les différends qui s'élevèrent alors entre les deux rois eussent pu lui fournir un prétexte plausible de reprendre les armes pour recouvrer les places que le premier lui 0- avoit enlevées. La mauvaise santé de Philippe l'ayant obligé d'interrompre
son expédition Se de repasser la mer, il arriva en France à la fin de l'an 1191. t iii°'^^f'85. Ainard ou Aymard, nouvel évêque du Puy, s'étant rendu peu de temps après — ^ à sa cour' & lui ayant prêté serment de fidélité, il accorda alors à ce prélat An 1192 ]g liberté de percevoir les revenus de l'évêché qu'il avoit saisis sous sa main. C'est ici le plus ancien monument que nous ayons pour la régale de l'évêché du Puy, à prendre ce terme pour le droit qu'ont nos rois de jouir des fruits des évêchés, Se d'en conférer les bénéfices durant la vacance. On ne trouve", en effet, aucun témoignage précis de ce droit avant le règne de Philippe- Auguste, 8c il n'est fait aucune mention de la régale du roi de France avant celui du roi Louis le Jeune, son père. Il paroît cependant que Philippe avoit saisi les revenus de l'évêché du Puy pour un autre motif que celui de la régale; car par une charte^, datée du mois de juin de l'an 1192, il donna mainlevée à Aymard, évêque du Puy, des terres de son église qu'il avoit saisies à cause de la rébellion de ce prélat, avec ordre aux habitans de cette ville de lui rendre l'honneur qui lui étoit dû. Le roi, par une autre charte donnée à Lauriac, la même année, ordonna au vicomte de Polignac d'observer les accords que lui ou ses prédécesseurs avoient faits avec les évêques du Puy, St confirma le diplôme du roi Louis le Jeune, son père, au sujet du droit de leude qui devoit être levé dans la ville du Puy par l'évêque, le chapitre St le vicomte.
XXX. — Renouvellement de la guerre entre Richard, roi d'Angleterre,