‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 120 sur 342 · le comte de Toulouse · texte numérisé non relu

le comte de Toulouse

Richard, roi d'Angleterre, demeura dans la Palestine après le départ de Philippe, 8t il y fut'' atteint de la peste. Aussitôt qu'il fut guéri, il s'embarqua au port d'Acre & partit pour s'en retourner dans ses États au mois d'octobre de l'an 1192; mais à peine fut-il en mer, qu'une violente tempête qui s'éleva dispersa tous les vaisseaux de sa flotte & le porta malgré lui vers

' Gallia Christ'uina, nov. éd. t. 2, p. 709. une lettre de juin 1 192, ordonnant aux bourgeois

" Fleury, Histoire ecclésiastique , I. 70, n. $4; du Puy de rendre à leur évêque les honneurs qui

1. 74, n. 25, lui sont dus, qui se rapporte certainement à la

' Archives de l'église du Puy. — Gallia Chris- même affaire. [A. M.]

tiana, nov. éd. t. 2, p. 709. — M. Delisle n'a pas < Rogerivis de Hoveden. — Radulphus, Cogges-

connii cet actej il indique toutefois, dans son Ca- haine abbas, Chronicon Angliae, p. 829 & seq. dans

talogue des actes Je Philippe-Auguste, p. 91, n. 377, la Collectio amplissima de Martène, t. 5.

les côtes de Barbarie. Se voyant à trois journées de mer de Marseille, il étoit tenté de venir débarquer dans le port de cette ville lorsque, taisant réflexion que le comte de Saint-Gilles ou de Toulouse S<. les autres princes sur les terres desquels il devoit passer avoient conspiré contre lui 8< lui avoient dressé des embûches, il rit route vers Corfou &. prit terre sur les côtes de Dalmatie, après six semaines d'une navigation très-périlleuse. Il tomba cependant dans les pièges qu'il vouloit éviter; 8< ayant été reconnu en passant à Vienne, en Autriche, le duc Léopold le fit arrêter, vers la fin de décembre, &C le remit ensuite entre les mains de l'empereur Henri VI, son ennemi.

Un moderne' prétend que Raimond, comte de Toulouse, attaqua la Gascogne en 1192 Se porta la guerre dans les Etats de Richard pendant l'absence de ce prince; mais l'auteur contemporain qu'il cite parle différemment de cette guerre. « La même' année (1192), dit ce dernier historien, tandis que « le sénéchal de Gascogne étoit malade, le comte de Périgord, le vicomte de « la Marche Se presque tous les barons de Gascogne ravagèrent les terres du » roi d'Angleterre. Le sénéchal demanda plusieurs fois la paix, ou du moins <> une trêve, sans pouvoir obtenir ni l'une ni l'autre. Ayant enfin rétabli sa « santé, il se mit en campagne, prit les châteaux & les forteresses du comte (( qu'il munit ou qu'il rasa entièrement. Il s'empara également de toutes les « places du vicomte 8t unit pour jamais son domaine {comitatum) à celui du « roi. Le fils du roi de Navarre vint ensuite au secours du sénéchal avec <( huit cents chevaliers, S< étant entrés ensemble dans les Etats du comte de « Toulouse, ils prirent divers châteaux aux environs de cette ville, forti- « fièrent les uns pour le sei-vice du roi, détruisirent les autres, étendirent « leurs courses jusqu'aux portes de la même ville Se passèrent une nuit (' presque sous ses murailles. « On voit par là que si la guerre se ralluma en 119:, entre le roi d'Angleterre S< le comte de Toulouse, durant l'absence ou la prison du premier, ce ne fut pas l'autre qui fut l'agresseur; à moins qu il ne se tût joint auparavant avec le comte de Périgord & le vicomte de la Marche; ce t(ue l'historien anglois, que nous venons de citer, ne marque pas"'.

XXXI. — Le jeune Raimond de Toulouse répudie Béatrix de Bé-tiers pour épouser Bourguigne de Chypre,

Le comte Raimond, au lieu de se venger de ces actes d'hostilité, en usa avec beaucoup de générosité & de politesse envers Bérengère de Navarre,

' Ferreras, Synopsis historica chronotogica de Es- sieurs moulins situés en amont. Ce Raimond re-

fffrtii, ann. 1192, n. 3. fus.i de rendre ces épaves & prétendit qu'elles lui

' Rogerius de Hoveden, Annales, p. 410. appartenaient de par un droit immémorial. L'af-

' A l'année 1192 se rapporte un curieux régie- faire fut portée devant les consuls deToulouse, qui,

ment des consuls de Toulouse touchant le droit malgré les raisons de droit invoqués par le défen-

d'épaves (tome vin, c. 414 81 suiv.). A la suite de deur, décidèrent qu'en pareil cas les épaves se-

grandes inondations de la Garonne, le fleuve avait raient rendues à leurs propriétaires respectifs, à

déposé sur les propriétés d'un certain Rnimond charge pour eux de réparer le dommage causé au

Caulisr des haicaux & du bois provenant de plu- domaine sur lequel on Icj retrouverait. [A. M.l

Page 1