‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 124 sur 342 · XLIII. — Ënfans de Raimond V, comte de Toulouse · texte numérisé non relu

XLIII. — Ënfans de Raimond V, comte de Toulouse

Les anciens auteurs'' donnent trois fils à Raimond V, comte de Toulouse, de Constance de France, sa femme, savoir : Raimond, Taillefer Se Baudouin. Le premier, qui étoit né en 1106 8c qui, par conséquent, avoit trente-huit ans dans le temps de la mort du comte, son père, lui succéda dans tous ses domaines. Nous avons parlé ailleurs du second, qui s'appeloit Albéric de son nom de baptême 8c qui mourut sans postérité vers l'an 1184, après avoir épousé Bcatrix, héritière du Dauphiné. Baudouin, le troisième, survécut longtemps à son père, 8c nous aurons souvent occasion de parler de lui dans la suite. Il naquit'^ en France durant le séjour de Constance, sa mère, à la cour, 8c il y fut élevé auprès du roi I>ouis le Jeune, son oncle, frère de cette princesse. Après la mort du comte Raimond V, son père, il vint pour la première fois dans la Province; mais Raimond VI fit difficulté de le reconnoître pour son frère. Baudouin ayant été obligé de retourner en France, les prélats ce les barons du pays, qui étoient parfaitement instruits de sa naissance 8c de son éducation, lui donnèrent des lettres testimoniales par lesquelles ils certifioient qu'il étoit fils de Constance, mère du comte de Toulouse S; sœur du roi Louis le Jeune. Baudouin étant revenu en province avec ces attestations, 8c le comte Pvaimond, son fière, voyant qu'il ne pouvoit le méconnoître, il le retint auprès de lui; mais il ne lui donna qu'un apanage fort médiocre. Raimond le fit cependant général de ses troupes dans la guerre qu'il eut à soutenir en Provence contre les seigneurs de la maison de Baux; Baudouin s'y comporta avec tant de valeur qu'il remporta sur eux une victoire signalée dans une bataille qu'il leur livra. Mais ses exploits militaires affoiblirent extrêmement sa santé 8c lui causèrent un crachement de sang, sans que des services si importans fussent capables d'engager son frère à

t. 111, p. yo.

' Rochegude, Parnasse, p. 3^.

' liid. p. 1<)2; lisc^ de Boussignnc.

' liiJ. p. 273.

■• nu. p. 373.

' liid. pp. 3o, 3l.

* GuilUImus de Podio Laiirentii, Chronicon , c. 5. — Bernardus Gtiidonis, de Comit, Tolos.

' Guillclmus de Podio Laurentii, Chronicon, c. 12.

~ i68 HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XX.

An 1 194

augmenter ses revenus 8c à lui assigner quelque terre considérable, Raimond V eut un autre lîls, nommé Pierre-Pvaimond ; mais celui-ci n'étoit pas légitime '.

Ce prince eut encore de Constance, sa femme, une fille nommée Adélaïde, dont on a parlé ailleurs, 8c qui épousa Roger II, vicomte de Béziers 8< de Carcassonne. Il paroît^ aussi qu'il eut de Constance une autre fille légitime dont on ne sait pas le nom, qui épousa un des frères de Dodon, comte de Comminges. Il laissa enfin une fille naturelle, nommée Indie, qui se maria en i2o3 avec Guillabert de Lautrec, 5i épousa en secondes noces, en 1206, Bernard Jourdain, seigneur de l'Isle-Jourdain. On donne quelques autres filles à ce prince, mais c'est par erreur ^ ou sans aucun fondement solide.

XLIV. — Ra'imond VI, son fils aîné, lui succède &> prend possession du comté

de Toulouse,

. Raimond VI, fils aîné 8c successeur de Raimond V, prit possession'* de la

An I ipa ' .... tA .

ville &c du comté de Toulouse, un vendredi du mois de janvier, jour de l'Epiphanie de l'an 1194, ou de l'an iigS suivant notre manière de commencer l'année : preuve qvic R.aimond V étoit alors décédé depuis peu, ce qu'on peut encore confirmer par le témoignage d'un historien du temps^, qui ne parle de la mort de ce prince qu'à la fin de l'an 1194. Raimond VI, ayant convoqué^ alors les consuls Se les principaux habitans de la ville 8c du faubourg de Toulouse dans l'église de Saint-Pierre de Cuisines, reçut le ser- . ment de fidélité qu'ils lui prêtèrent sauj' leurs droits, usages, coutumes 6* Jranchises. Le comte jura d'observer de son côté ces coutumes 8c les confirma, ainsi que les établissemens 8c statuts que Raimond, son père, 8c AUonsc, son aïeul, avoient fait dresser en faveur des mêmes habitans, avec réserv-e de ses propres droits. Il confirma^ aussi la sauvegarde que le comte Altonse, son aïeul, avoit accordée à tous ceux qui demeuroient dans les limites de la ville, ainsi qu'il les avoit prescrites, &c marqua en quoi consistoient les privilèges de cette sauvegarde, qui portoit exemption de leude Se 'de péage pour tous les habitans de Toulouse, 8c régloit les frais 8c les amendes de la justice criminelle, excepté les hoinicides, les traîtres, les voleurs 8c les adultères qu'il se réserva de punir à sa volonté, Sec.

' Voyez tome VU, ^ote II, n. vi, pp. 7, 8. ' Rigord, Gesta P/nlippi Augasi!.

' Ihii. — Voyez ;uissi, p. 7, la note 1 de la co- ^ Catel, Histoire des comtes de Tolose, p. 22I.

lonne 2. Le texte que cite dom Vaissete est assez ' Ihid. p. 194. — A'oir cet acte, tome \'1II,

postérievir. [A. M.] ce. 419 3421; nous l'avons daté à tort de t i 94

' Voyez tome VU, Vofc 11, n. vi, pp. 7, 8. (n. 5t.)j c'est 1 195 (n. st.). Le manuscrit que nous

^ Cntcl, Histoire des comtes de Tolose, p. 221 & avons suivi portait 1 lyj. [A. M.]

Page 1