‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 128 sur 342 · I. ni , p. lot). * «M 1 j 1 1 I 1 n · texte numérisé non relu

I. ni , p. lot). * «M 1 j 1 1 I 1 n

occasion divers privilèges à ! abbaye de boulbonne, en présence de Fulcrand,

' Voyez tome VMI, Chartes, n. LXXI, ce. /jô-, c. i 8. — Fcrrerns, Chronicoit, ad ann. moj. — De A^,\, Mnrc.'i, fJhtoirc de Béarti, p. yij.

' Ziirita, Anales Ac h corona Je Aragon, I. 2, ' Voyei to:nc ^'I1T, Charte;, n. LXXI, c. ^ii.

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HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. LIV. XX. i85

évêque de Toulouse, de Laurent, cvêque de Conserans, d'Esclarmonde, sa sœur, Stc. '

L'abbaye de Boulbonne étoit devenue alors très-considérable, soit par les libéralités qu'elle avoit reçues des comtes de Foix, qui y avoient leur sépulture, & de divers seigneurs des environs, soit par l'union qui y avoit été faite depuis peu de deux autres monastères du voisinage, savoir : de ceux de Vaïal ou Vajal & de Notre-Dame de Garnicia. Le premier*, qu'on appeloit aussi la maison d'Aymeri [domus Aymerici)^ suivoit l'institut du bienheureux Gérard de Sales, & dépendoit de l'abbaye de Tenaille, en Saintonge. Il étoit situé auprès de la rivière de l'Hers, Se étoit déjà fondé en ii25, lorsque Bertrand de Beaupuy, l'un des principaux seigneurs du pays, fit une donation à Aymeri S< aux frères de la maison de Vajal. Elle fut depuis gouvernée par des abbés soumis à ceux de Tenaille jusqu'au mois d'avril de l'an iig5 que Gautier, abbé de ce dernier monastère, & ses religieux ayant consenti à son union avec celui de Boulbonne, de l'ordre de Cîteaux, trois moines St huit convérs de Vajal firent profession entre les mains d'Odon , abbé de Boulbonne, qui se chargea de faire desservir l'église de Vajal •*.

L'abbaye de Boulbonne donna l'origine, d'un autre côté, à la fin du douzième siècle ou au commencement du suivant, à divers monastères, entre autres à l'abbaye de Valnègre ou Valnave, fondée pour des filles de l'ordre de Citeaux, près du lieu de Lissac, dans le comté de Foix, &. aujourd'hui dans le diocèse de Rieux. Guillaume de Lissac, chevalier, en fut le principal bienfaiteur en 1209. L'abbaye de Valnègre fut unie, en 1442, à celle de Boulbonne, dont elle avoit toujours dépendu. Elle étoit alors tombée dans la décadence à cause des guerres "♦.

LVL — Le comte de Toulouse se ligue avec le roi d'Angleterre contre le roi

de France.

Le comte de Toulouse St Jeanne d'Angleterre, sa femme, allèrent en i igS^ à la cour du roi Richard, frère de cette princesse, & ils célébrèrent avec lui, au Mans, la fête de Pâques qui tomboit, cette année, le 29 de mars. La guerre s'étoit renouvelée alors entre ce roi & Philippe-Auguste, St Richard faisoit tous ses efforts pour débaucher les grands vassaux de ce prince. Il réussit en partie 8t trouva moyen de se liguer contre lui avec Baudouin,

' Ail mois d'octobre de la même annéis 1198 le * Voyez tome IV, p. 8Ô1 & siiiv.; l'union à

comte Raimond-Roger donnn à la colUgiale de l'abbnye de Boulbonne fut décidée en iv]3.', mais

Saint- Anionin de Pamiers la forteresse du Caylar, elle ne s'accomplit pas avant 144^. Il y eut pro-

constniite dans ladite ville à conJitlon de ne la babUment des démêles à ce sujet entre les deux

livrera aacun de ses ennemis. Voyez tome V, parties, démêlés dont nous ne connaissons qu'im-

c. i'i6,n. II. [A. M] parfaitement l'histoire. [A. M.]

' Archives de l'abbaye de Boulbonne. • Rojerius de Hoveden, Annula Ang!lc.:ni, p. 442

' Voyez sur cette abbaye de Vajal, tome IV, & ^^^. — Radulphus, abbas Coggcslial.ie, Chro-

p. fti."!, où nous indiquons Its quatre abbés de nicon Anglicum , ap. tilartinc, l'dcrum SS. r-mplis-

cette abbaye que l'on con laisse. [A. M.j sima collcctio, t. 5, c. 844.

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'a„ ,,ç3 iS6 histoire générale de LANGUEDOC. LIV. XX,

comte de Flandres, Raimoiid, comte de Toulouse, les comtes de L,ouvain, de Braine, de Guines, de Boulogne, du Perche, de Blois, de Bretagne. S<c., qui lui promirent tous par serment de ne faire la paix avec Philippe c[ue d'un commun accord'. Nous n'entrerons pas dans le détail de cette guerre, qui eut diftérens succès, parce qu'elle n'est pas de notre sujet 8< que, d'ailleurs, les historiens ne marquent pas si le comte de Toulouse se mit en campagne, ni s'il exerça quelque hostilité contre Philippe. Nous nous contenterons de remarquer que Raimond étoit, au mois de juillet de la même année, dans le Vivarais, où il lit un traité avec Nicolas, évoque de Viviers, au sujet des différends qui s'étoient renouvelés entre eux touchant le domaine Si la juridiction sur ce pays.

LVII. — Accord entre le comte de Toulouse b Vévêque de Viviers.

Maison d' yindu-^e .

Raimond ' prétendoit entre autres que le château de Ségaulières ou de Largentière, avec quelques autres du voisinage, £c toutes les mines d'argent (|u'on avoit ouvertes dans leur territoire, lui appartenoient. L'évoque de Viviers", Aymar de Poitiers, comte de Valentinois, & Bernard d'Anduze, qui possédoient divers domaines aux environs, soutenoient le contraire. Eniîn, après avoir disputé pendant longtemps sur leurs droits réciproques, ils s'assemblèrent tous quatre dans la place publique d'Aubenas, au mois de juillet de l'an 1198, & là ils convinrent des articles suivans : 1° L'évêque de Viviers, le comte de \'^aIentinois Si Bernard d'Anduze déclarèrent nulles toutes les conventions qu'ils avoient faites précédemment entre eux sur ce sujet. 2° L'évêque, du consentement des deux autres 81 de son chapitre, donna en fief au comte de Toulouse 81 à ses successeurs la moitié du château de. Largentière, Si des droits justes ou injustes qu'on levoit sur les mines qui avoient été découvertes ou qu'on découvriroit dans la suite depuis la rivière de Lande jusqu'à Taurians, Si depuis le ruisseau de Brez jusqu'à Chassiers, excepté la dtme de la dîme de ces mines, qu'il se réserva Si à son église. 3^ Le comte de 'jJj o''=si"- Toulouse prêta serment de fidélité en conséquence à l'église de Viviers, avec promesse, tant pour lui que pour ses successeurs, de la défendre Si de la protéger; de ne rien acquérir dans ses mouvances sans le consentement de l'évêque 81 de ses chanoines, 81 de remettre le château de Largentière à chaque mutation d'évêc|ue Si de comte. 4° L'évêque donna en fief, de la même manière, un tiers de l'autre moitié du château de Largentière Si des droits des mines à Aymar de Poitiers, 81 un autre tiers à Bernard d'Anduze, Si se réserva l'autre. 5° On convint qu'indépendamment de ce que l'cvêcjue vcnoit d'accorder au comte de Toulouse, ce prince continueroit de percevoir les deniers qti'il levoit sur chaque marc d'argent qu'on tiroit des mines. 6" Enfin on arrêta quelques autres articles de moindre importance. Peu de jours apiès,

' CoUimbi, De rehus gat'n episcoparum Flyariensium, p. ii3 & seq.

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le comte Raimoncl s'étant rendu dans la cathédrale de Viviers, v fit hommage à saint Vincent, qui en est le patron, sur l'autel qui lui est dédié, pour le iief qu'il venoit de recevoir de l'évêque en vertu de leur traité. Il est marqué dans l'acte que tandis que Raimond haisoït l'autel, l'évêque tenait la chaîne qui était pendue au col de ce prince. Cet hommage fut rendu en présence de Bertrand, évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux, de Guérin de Randon, de plusieurs autres chevaliers 8i de tout le peuple de Viviers. La dime sur les mines d'argent, que l'évêque de Viviers se réserva par cet acte, étoit commune entre ce prélat, qui en avoit les deux tiers, 8(. son chapitre auquel le reste appartenoit, suivant un accord' qu'ils avoient fait là-dessus l'année précédente. Au reste, Bernard d'Anduze, dont nous venons de parler 8t qu'on ^ appelle mal à propos Bermond, fut^ le septième seigneur d'Anduze de son nom. Il étoit fils de Bernard VI & d'Eustorge, £< avoit succédé à son père dans cette seigneurie 8t dans celle de Portes, au diocèse d'Uzès. Il confirma'^, au mois de septembre de l'an 1 2o3, l'hommage que Bernard d'Anduze l'Ancien^ son aïeul, avoit rendu au monastère de Sauve pour la viguerie de Portes.

LVIII. — Le comte de Toulouse est relevé de son excommunication. — Le pape Innocent 111 le presse d'aller au secours de la Terre-Sainte.

Il y avoit déjà trois ans que Raimond VI, comte de Toulouse, étoit excommunié à cause de ses entreprises sur l'abbaye de Saint-Gilles, lorsque le pape Innocent III, qui avoit succédé à Célestin III, le 12 de janvier de l'an 1198, écrivit % le 22 d'avril suivant, à frère Raynier, son légat dans la Province, qu'il pouvoit lever l'excommunication dont ce prince avoit été frappé; à condition qu'il feroit satisfaction 8< qu'il donneroit pour cela une caution suffisante. Raimond promit sans doute d'accomplir tout ce que le légat demanda, car l'excommunication fut levée, comme nous l'apprenons d'une lettre^ qu'Innocent écrivit à ce prince le 4 de novembre de la même année. « Avant été <( réconcilié à l'unité ecclésiastique dont vous aviez été séparé par la multi- 11 tude de vos excès, lui dit le pape dans cette lettre, vous devez tâcher « d'effacer par une pénitence proportionnée le grand nombre de vos péchés (I passés. » Il l'exhorte ensuite à emplover ses armes pour le service de Dieu; à marclier sur les traces du feu comte Alfonsc, son aïeul, S<. à s'acquérir une gloire immortelle en allant, à son exemple, combattre les infidèles en Orient. Il l'invite à entreprendre cette expédition, tant pour obtenir la protection du Saint-Siège que pour mériter une couronne éternelle, & lui enjoint, pour la rémission de ses péchés 81 l'expiation de ses crimes, de

' Columbi, De reius gestis episcaperum Vivarien- ' Gall'ia ChristUna, nov. éd. t. 6.

sium, p. 2i3 & seq. '' Innocent III, 1. i, Eptst. 397. — Conférez

' /ii.^. Potthast, Rcgcsta, t. I, n. 407. Peu auparavant,

' Le Laboureur, Histoire généalogique Je la mai- le i5aoùt i ic)S {itiJ. n. .')47), Innocent III avait

son d'Anduie. " écrit à Bcrenger, archevêque de Narbonnc, pour

' Mis. d'Auhays, ni 25. le même sujet. [A. M.]

'"; ~ i88 flISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIX. XX.

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prendre la croix pour aller défendre l'héritage de Jésus-Christ dans la Terre- Sainte; il lui fait espérer, de la part de Dieu, s'il entreprend ce pèlerinage dans des sentimens d'humilité Si de componction, de remporter sur les ennemis de la foi la même victoire que son aïeul avoit remportée sur eux, & d'avoir les mêmes succès que ce dernier avoit eus dans une pareille occasion. Enfin il lui marque que s'il ne peut passer lui-même en personne dans le pays d'outre-mer, il y envoie du moins un nombre de ses gens d'armes, suivant l'étendue de ses domaines.

Innocent avoit alors fort à cœur de procurer un prompt secours à la Terre- Sainte, où les infidèles faisoient tous les jours de nouveaux progrès. C'est ce qui paroît d'ailleurs par une lettre circulaire' qu'il écrivit, le i5 d'août de cette année, aux évoques, aux abbés & aux autres prélats, aux comtes, aux barons. Se à tout le peuple des provinces de Narbonne, Lyon & Vienne, pour les exhortera se croiser en personne ou à envoyer à leurs dépens des troupes qui fussent prêtes à marcher pour l'Orient au mois de mars suivant, lid.oiiBin. ^vec ordre d'v servir pendant deux ans. Pour les engarer à cette entreprise, i|

accorde de grands privilèges a tous ceux qui y prenciroient part, soit en personne, soit en y contribuant de leurs biens. Il commet à la fin de sa lettre le soin de prêcher la croisade dans ces provinces, à l'archevêque de Narbonne 8< aux évêques de Nimes& d'Orange, Se leur enjoint de s'associer chacun un frère templier 8c un frère hospitalier.

LIX. — Nouvelles plaintes de l'abbé de Saint-Gilles contre le comte.

Il ne paroît pas que le comte de Toulouse ait fait beaucoup d'attention aux exhortations d'Innocent. En etkt, ce prince, après avoir reçu labsolution de son excommunication, en agit comme auparavant avec l'abbé 6< les religieux de Saint-Gilles, qui portèrent^ contre lui de nouvelles plaintes au pape. Ils se plaignirent surtout de ce qu'au lieu de détruire, comme Célestin 111 le lui avoit ordonné, le château nommé Mirapetra, il en avoit au contraire augmenté les fortifications. Innocent, indigné du procédé du comte, ordonna, le i3 de juillet de l'année suivante, à l'archevêque d'Arles Si à frère Ravnier, légat du Saint-Siège, de l'obliger à détruire ce château, confoVmément au décret de son prédécesseur.

Cet archevêque s'appeloit-* Imbert de Àquaria, Le pape Célestin III l'honora de diverses commissions Se le chargea entre autres de terminer un grand différend (jui s'étoit élevé entre les templiers de Montpellier Se le chapitre de la cathédrale de Maguelonne. Imbert rendit là-dessus une sentence** arbitrale à laquelle frère Déodat de Breisac, maître des maisons du Temple dans les provinces de Narbonne Se d'Arles Se en d'autres, trère Pierre de Cabrespine, commandeur de la maison de Montpellier, 8\ frère Guillaume de Solaris,

'♦ ' IiinoceiK 111, 1. 1, Ep'iit. 335. ' GallU Chn^tiana, t. I, p. 564 & seq.

' GaUia C/instiana, nov, éd. t. 6. * Innocent III, 1. 1, Epist. ôsy.

commandeur d'Arles, acquiescèrent, du consentement de frère Pons de Rigaud, maître en deçà de la mer.

LX. — Consuls de Nimes. — Jeanne, comtesse de Toulouse, fait le sîége

du château de Caser.

Le comte de Toulouse étant à Nimes, au mois de décembre de l'an 1198, fit expédier dans le palais de l'évêque une ordonnance' pour régler l'élection des quatre consuls de cette ville, en présence de ce prélat, de Guillaume de Sabran, son connétable, d'Elzéar d'Aubays, son viguier, de Raimond-Guillaume, son juge S< son chancelier, Stc. Il s'éleva vers le même temps quelques différends entre ce prince St divers de ses vassaux du haut Languedoc qui l'avoient offensé 8c auxquels il fut obligé de faire la guerre. Jeanne d'Angleterre, sa femme, princesse également douée de prudence & de courage, prit* sur elle le soin de le venger des rebelles, 8c, s'étant mise à la tête d'un corps d'armée, elle entreprit sur les seigneurs de Saint-Félix le siège du château de Caser, qu'on prétend •* être les Cassez dans le Lauragais. Par malheur ses propres gens la trahirent S< fournirent des armes 8c des vivres aux assiégés, en sorte que, malgré tous ses efforts, elle fut obligée de lever le siège. En décampant elle eut encore le chagrin de se voir exposée à une nouvelle trahison, car les siens mirent le feu au camp, d'où elle eut toutes les peines du monde à se sauver. Cette princesse, outrée de douleur, partit aussitôt pour se rendre à la cour de Richard, roi d'Angleterre, son frère, afin de l'animer à tirer vengeance d'une pareille insulte; mais, s'étant mise en chemin, elle apprit bientôt la mort de ce prince qui fut tué, le 7 d'avril de l'an 1199, au siège du château de Chalus, en Limousin, qu'il avoit entrepris sur Avmar, vicomte de Limoges.

LXL — Mort de Jeanne, comtesse de Toulouse,

Jeanne, accablée de tristesse par la mort de Richard, continua néanmoins ca route 8c se retira"* à l'abbaye de Fontevrault, où elle avoit été élevée dans sa jeunesse. Après y avoir passé quelques mois, elle se rendit à Rouen pour v communiquer certaines affaires à Jean, surnommé Sans-Terre, son frère, qui avoit succédé à Richard. Elle y tomba malade 8c, se voyant sans espérance de guérison, elle témoigna, quoique mariée &c grosse, qu'elle souhaitoit de

' Voyez tome VIII, Chartes, n. LXX, ce. 449, ville & du seigneur dans leur administration,

j^h->. — Voici l'analyse de cet acte : Le peuple ou ta C'est en somme une élection à deux degrés, majeure partie est convoquée par le cricur public [A. M.]

ou à son de trompe [luka], sous la présidence du ' Guillelmus de Podio Laurcntio, Chronicon ,

viguier du seigneur. — Chacun d«s quatre quar- c. 3.

tiers de la ville élit cinq prud'hommes, qui jurent ' Besse, Histoire des dues, marquis & comtes de

de nommer quatre consuls suivant leur conscience, Nurionne, p, 341.

— Les quatre consuls, ainsi élus, prêtent serment * Clypeui nas^entis f^nti ir-tldcitiis crjinis, (, î,

de toujours prendre conseil des intérêts dç lu p. lôo & se<j.

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nreiulrc l'habit rclipieux. Dans ce dessein, elle cnvo\a à Fontevrault chercher la prieure du monastère; mais comme le temps pressoit & qu'elle comprit que cette prieure arriveroit trop tard, elle pria instamment l'archevêque de Cantorl)éri, ([ui étoit présent, de la consacrer à Dieu en lui donnant ic voile. Ce prélat fit d'abord beaucoup de difficulté de se rendre à cette demande. 11 représenta à la comtesse de Toulouse qu'il ne lui étoit pas permis de se faire religieuse du vivant de son mari; mais elle persista avec i';j. on;;in. taiit de zèle Se de ferveur que l'archevêcrue de Cantorbéri, la crovant inspirée

du ciel, l'offrit à Dieu & à l'ordre de Fontevrault, en présence de la reine Éléonore d'Aquitaine, sa mère, de l'abbé de Turpenay S; de plusieurs religieuses.

On a une donation' faite « par Jeanne d'Angleterre, ci-devant reine de (i Sicile & alors comtesse de Toulouse, duchesse de Narbonne Si marquise de « Provence, de mille sols angevins de rente sur les salines d'Agen, en faveur <( des religieuses de Fontevrault, pour l'usage de leur cuisine, en présence de « la reine Éléonore, sa mère, d'Hubert, archevêque de Cantorbéri, de Wau- « tier, archevêque de Rouen, 8<.c. ; » & il y a lieu de croire que Jeanne fit cette donation dans le temps qu'elle étoit malade à Rouen. Quoi qu'il en soit, cette princesse ayant obtenu la grâce qu'elle avoit demandée avec tant d'instance, mourut- bientôt après, le 24 de septembre de l'an 1199, 8i, comme elle étoit avancée dans sa grossesse, on l'ouvrit dès qu'elle fut morte. On lui tira un enfant qui eut le temps de recevoir le baptême 61 qui, étant décédé presque aussitôt, fut inhumé dans l'église de Notre-Dame de Rouen, Quant au corps de la comtesse, la prieure de Fontevrault l'apporta avec elle dans cette abbaye, où il fut inhumé aux pieds du roi Henri H, père de cette princesse, & à côté du roi R^ichard, son frère. Nous avons pris toutes ces circoîistances de l'ancien nécrologe de Fontevrault où on fait un grand éloge de Jeanne, qu'on y qualifie reine de Sicile £■ duchesse de Narbonne. Cette princesse S<. R,aimond VI, comte de Toulouse, furent mariés pendant trente-cinq mois. Il ne paroît pas^ qu'ils aient eu d'autres enfans de leur mariage, que Raiiuond le Jeune qui succéda dans la suite au comte, son père. Si le posthume qui mourut S<. fut enterré à Rouen.

LXII. — Le comte de Toulouse épouse Éléonore d'Aragon. — Il fait hommage pour VÂgenois 0 le Querci à Jean, roi d'Angleterre.

L'année suivante, le comte Raimond contracta'* une nouvelle alliance à Perpignan avec Eléonore, sœur de Pierre H, roi d'Aragon, qu'il ' n'épousa solennellement que trois ou quatre ans après, à cause de sa jeunesse. 11 eut

■ Livre rouge de la chnmbre des co:np!es. — Ba- ' Vùyes torae VU, Noie X, n. iv, pp. id à 28.

luze, Mss. n. 4ti. ■* Giiillclmiis de Podio Laurentii, Chror.icon ,

'* Clypeus nasccntis Fcn'.chml.h nst^ or.lînis, t. 2, c. .^t.

p. 160 & seq. — Rog-'.ius d; HovîJ;;.! , Ar.:iah> '' Wy.-: ioi-.e'>'li, Sj:-. X. u. v, p. ;3. Anat!c.:n'r . p, -î"»--

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HISTOIRE GÉNÉ1U1.E DE LANGUEDOC. LIV. XX. ini ""

une entrevue' la même année avec Jean Sans-Terre, roi d'Angleterre, son beau-frère, qui se rendit en Aquitaine tant pour }• recevoir les hommages de ses vassaux, que pour pacifier quelques troubles qui s'y étoient élevés, Pvaimond rit alors hommage à ce prince pour les terres Jk les châteaux que le feu roi Richard lui avoit donnés pour la dot de la reine Jeanne, sa sœur. Il fut stipulé dans l'acte qui en fut dressé, que lorsque le jeune Raimond seroit parvenu à 1 âge île majorité, il posséderoit tous ces domaines, & en feroit hommage au roi Jean, son oncle j que s'il venoit à mourir sans enfans, ces mêmes domaines reviendroient au comte de Toulouse, son père. Se à ses successeurs, qui les tiendroient par droit héréditaire des comtes de Poitiers, ducs d'Aquitainej qu'ils seroient obligés de servir ces princes avec cinq cents chevaliers pendant un mois à leurs dépens, toutes les fois que ces derniers auroient guerre en Gascogne, £<. que si les comtes de Poitiers demandoient un plus long service, ils seroient obligés de soudoyer ces troupes. On ne dit pas le nom des domaines pour lesquels le comte de Toulouse fit alors hommage au roi d'Angleterre; mais nous apprenons d'ailleurs que ce fut j^ur l'Agenois & le Querci, qui avoient été donnés en dot à Jeanne, lorsqu'elle épousa le comte Raimond; en sorte que ce dernier pays, qui n'avoit été que restitué à Raimond VI S\ qui n'avoit jamais été de la mouvance du duché d'Aquitaine possédé par les comtes de Poitiers, fut soumis désormais à leur suzeraineté.

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