‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 129 sur 342 · LXIII. — Seigneurs de l'Isle-Jourdain, vicomtes de Gimoe · texte numérisé non relu

LXIII. — Seigneurs de l'Isle-Jourdain, vicomtes de Gimoe

Raimond Vl autorisa par sa présence, au mois de septembre de l'an 1200, le testament- de Jourdain H, seigneur de l'Isle-Jourdain, son vassal. Suivant cet acte, Jourdain avoit trois fils 8c trois filles d'Esclarmonde (de Foix), sa femme, à laquelle il donna entre autres deux mille sols morlanois sur le château de Til. Il institua ses héritiers ces trois fils, nommés Bernard-Jourdain, Jourdain 8< Othon-Pjernard ; il donna la ville de l'Isle-Jourdain avec le château de Castera au premier, quatre châteaux au second, 8c deux au troisième, en faveur duquel il disposa de la moitié de toute l'acquisition du Crlmoe-{. Il donna l'autre moitié à ses deux aînés. Pour entendre cette clause il faut savoir-* que Jourdain II avoit acquis, en 1195, la moitié de la vicomte de Gimoe-^, d'Arnaud de Montaigu, son cousin germain, issu des anciens vicomtes de Terride ou de Gimoez. Ainsi il donna le quart de cette vicomte à son troisième fils Se l'autre quart aux deux autres. 11 ordonna que les filles Éviongin. de sa maison n'héritassent jamais d'aucune de ses terres; mais qu'on leur payât leur dot en argent comptant. Il n'est fait aucune mention dans cet acte de Bertrand de l'Isle-Jourdain, évêque de Toulouse, qu'on lui donne pour fils, mais qui n'étoit'* (juc son petit-fils. On se trompe aussi en le fai-

' Rogerliis de Hovcden, y/i:rt3/ts .■//;ç.'/cii«i,p. 4.')7 ■ Voyez tome VU, Note XLII, p. i i 8 t'c s:ir.-.

& S''q. ' IhiA. n. I, p. I |8.

' To••le^■IlI, Chnrtes. il. t..XXU, ce. ^f.r , a,<'I.

sant le troisième seigneur de Tlsle-Jourclain de son nom, car il n'est pas dihérent de celui c[ui ' vivoit en 1191, Se qu'on a mal à propos distingue; en sorte que d'un seul seigneur de l'Isle-Jourdain on en a fait deux. Les trois iils de Jourdain II formèrent chacun une branche : Bernard-Jourdain II continua celle des seigneurs de l'Isle-Jourdain Se épousa^, en 1206, Indie, fille naturelle'^ de Raimond V, comte de Toulouse, alors veuve de Guillabert de Lautrec; Jourdain fit la branche des seigneurs de Launac; 8<. c'est sans doute le même que Jourdain de l'isle dont il est fait mention dans la restitution'* de dot que Guillaume-Pierre de Caraman fit, en 1202, à Constance, sa femme. Enfin Othon-Bernard laissa aussi postérité. Il paroît qu'Esclarmonde, veuve de Jourdain II, se retira, après la mort de ce seigneur, auprès de Raimond- Roger, comte tic Foix, son trère, qui kit ])résent au testament du même Jourdain II & fut garant^, au mois de mars de l'année suivante, de la vente qu'Esclarmonde fit d'une vigne, en faveur de l'abbaye de Boulbonne, pour cinquante sols toulousains. Nous aurons occasion de parler ailleurs de cette dame qui eut le malheur de se laisser séduire par les^ hérétiques.

LXIV. — Connétables du comte de Toulouse. — Le vicomte de Bé-^lers appelle le comte de Foix à sa succession (y se ligue avec lui contre ce prince. — Evéques de Bé-^iers,

Raimond, comte de Toulouse, reçut à Carpentras, au mois de janvier' de l'an I2CO (1201), l'hommage de Guillaume-Pierre de Bedoin, en présence de Pv.ostaing de Sabran, son connétable, & de divers seigneurs; l'acte est souscrit par Aldebert de Novis, son juge £■ son chancelier^. Rostaing avoit succédé depuis peu dans la dignité de connétable du comte à Guillaume de Sabran, son père, avec lequel il la possédoit conjointement, en 1 199, comme

■ Voyez ci-dessus, n. xxviii, p. i^S. tutelle (iaiVia); tout prêt fait dans ces conditions

>• Voyez tomcVIII, Chartes, n. LXXVlII, ce, 498, & non approuvé parle père ou parle tuteur est

4P9; l'acte est de 1107. nul. Si un pupille emprunte de l'argent par né-

' Voyez tome VII, Note X, n. 11, p. 24. cessité hors de Toulouse, le cas est soumis aux

^Trésor des chartes; Toulouse, sac iS, n. oz. consuls qui décident s'il y a lieu de reconnaître la

fAuj. J. Szz, copie ancienne. Teulei, Layettes, dette. — Peu de temps «iprès, en aoiit iioi, à

t. I, p. jSy. L'acte est d'aoiit 1202.] la requête de certains prud'hommes que gênait

' Voyez tome VIII, Chartes, n. LXXI, ce. 404, & scandalisait la présence de courtisanes habi-

.5-,. tant la rue de Comminges, on remit en vigueur

^ Voyez tome VIII, Chartes, n, CCLXIII. un ancien statut qui expulsait de l'enceinte de la

' A ces années 1200-1201, appartiennent deux ville toutes les femmes de mauvaise vie. Ce sta-

rèelements des consuls de Toulouse que l'on peut tut portait qu'en pareil cas, le viguier devait se

voir au tome VllI, c. 463 & suiv. Par le premier rendre immédiatemment à la requête des voisins

K's consuls de Toulouse, de concert avec le comte & expulser les courtisanes qui lui seraient slgna-

Raimond, défendirent à tous les habitants de la lées, sant quoi les bourgeois pourront procéder

ville d'entretenir des relations avec les ennemis de eux-mêmes à cette expulsion. Ce règlement se re-

l'un des bourgeois, sous peine d'être responsable trouve dans la plupart des villes du midi de la

envers cîux auxquels il doit ou auxquels il a France, & de lit la nécessité pour les courtisanes

donni caution. — Le second règlement est relatif d'exercer leur métier hot>5 de l'enceinte & souvent

ai,x prêts d'argent, t^u'il est détendu de faire à dans les foisé», [A. M.]

tO'.n homme vivant en puissance pntern«Ue ou «n * Archives de l'abbaye de Saint-André,

HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC, LIV. XX. io3 "

' An 1201

il paroît' par une donation qu'ils iîrent alors au prieuré de Montesargues, de

l'ordre de Grandmont, situé auprès de R.ocheFort, dans la partie du diocèse

d'Avignon qui est en deçà du Rhône. Raimond se rendit à Narbonne quelque

temps après, 8< il y iit une donation^, vers la fin du carême, de la justice

haute if basse du lieu des Catalans, en faveur de l'abbaye de Moissac. Il se

brouilla vers le même temps avec le comte de Foix & Raimond-Roger,

vicomte de Béziers & de Carcassonne.

Ce dernier, qui étoit parvenu à l'âge de majorité depuis le printemps de l'an 1199, donna, au^ mois d'août de cette année, « du conseil Si de la « volonté de dame Adélaïde, sa mère, de ses viguiers de Béziers 8<. de Carcas- « sonne, Si des autres grands de sa cour (6* aliorum procerum meorum), à « Etienne de Servian, lé Pui ou la Garde de Vébrun. » Il est marqué dans l'acte que ce vicomte 5c Guillaume, évêque de Béziers, le confirmèrent avec leur sceau. Ce prélat "* étoit auparavant abbé de Saint-Aphrodise de Béziers £<. avoit alors succédé dans l'évêché de cette ville à Gautrid de Marseille, mort au mois de mai précédent.

Raimond-Roger ayant perdu quelque temps après Adélaïde de Toulouse, sa mère, s'unit ' au mois de mars de l'an 1201 avec Raimond-Roger, comte de Foix, son cousin, qui le prit sous sa protection & lui promit, par serment, de l'aider contre le comte de Toulouse, Se contre tous les autres. Le vicomte fit un pareil serment au comte de Foix, qu'il appela à sa succession, supposé qu'il vînt à décéder sans enfans, S<. lui donna pour garants du traité Guillaume Pétri, évêque d'Albi, Boson, abbé d'Alet, Se trente-trois de ses principaux vassaux. Le comte de Foix donna de son côté pour ses cautions huit seigneurs, parmi lesquels étoit Roger de Comminges. Nous ignorons le motif qui engagea le vicomte de Béziers Se le comte de Foix à se liguer contre le comte de Toulouse. Un diUérend qu'eurent vers le même temps les deux comtes au sujet du château de Saverdun, donna peut-être occasion à cette ligue.

LXV. — Différend des comtes de Toulouse (S- de Foix au sujet du château

de Saverdun,

Nous savons, en effet, que le comte de Foix refusa de rendre au comte de Toulouse, pour ce château, l'hommage que ses prédécesseurs avoient rendu à ceux de ce prince. Le comte de Toulouse, sur ce refus, reçut'', au mois de juillet de l'an 1201, pour le même château, l'hommage d'Arnaud de Vil-

" Voyez tome VIII, Chartes, n. LXXII, c. 460. ' Voyez tome VIII, Chartes, n. LXXIII, ce. 473

* Gaîlta Chriit'iana t nov. éd. t. i , Inszrum , p. 4 I . à 475.

' Voyez toine VIH, Chartes, n. LXXI, ce. 4J3, " Trésor des chartes; Toulouse, sac 5, n. 2.

454. — [Doin Vaissete se trompe sur ce nom de — Aiij. J. 309, orig. scellé. Teulet, Layettes, t. 1,

lieu; c'est .lujourd'hui Valros Hérault), canton p. 22J. Le comte de Toulouse, par cet acte, s'en-

de Servian. gageait à ne jamais rendre au comte de Foix le

^ GdUia Christiaiin, nov. éd. t. 2, p. 418 & seq. domaine direct du thâte.iu de Saverdun. [A. M.]

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