‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 132 sur 342 · VI · texte numérisé non relu

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quelciues jours après, des lettres de sauvegarde en faveur de l'abbave de Candeil. Etant à Castelsarrasin sur la Garonne, au mois de novembre suivant il ' rit expédier de semblables lettres pour ses chers £■ fidèles, les bourgeois & autres habitans de la ville de Cahors.

LXXIX. — Alort du comte Pierre de Lara, vicomte de Narbonne. — Aymeri 111, son fils aîné &■ son successeur, fait hommage de sa vicomte au comte de Toulouse.

t/iii "p."!"?. Raimond VI fit un voyage, au commencement de l'année suivante, dans le

diocèse de Narbonne, pour y laire reconnoître sa suzeraineté, de laquelle

An 1204 Fimengarde, vicomtesse de cette ville, Aymeri Si le comte Pierre de Lara, neveux St successeurs de cette vicomtesse, s'étoient soustraits pour se soumettre à celle des comtes de Barcelone 8<. rois d'Aragon. Pierre de Lara-', après avoir iait démission, en 1194, de la vicomte de Narbonne en faveur d'Aymeri III, son fils aîné, & s'être retiré à la cour de Castille, où il occupoit les premières dignités du royaume, mourut^, le 10 de juin de l'an 1202, & fut inhumé dans le monastère de Horta, de l'ordre de Cîteaux, fondé par les seigneurs de sa maison. Outre Aymeri, son aîné, à qui il avoit donné la vicomte de Narbonne, il laissa de l'infante Sancie de Navarre, sa première femme, plusieurs fils qui firent diverses branches en Espagne; entre autres P».oderic ou Rodrigues, en faveur duquel il disposa du château de Montpezat, dans la vicomte de Narbonne, qu'il s'étoit réservé en donnant cette vicomte à •Aymeri. Il épousa en secondes noces Marguerite dont on ne connoît pas la maison. On lui attribue la construction d'une tour pour servir de phare aux vaisseaux qui sont en mer 6c qu'on appelle encore la tour du comte Pierre. Elle est située au bord de la mer à une lieue & demie de Narbonne, auprès d'une église champêtre nommée Saint-Pierre de la Mer.

11 ne paroît pas qu'Aymeri III, fils 8c successeur du comte Pierre de Lara dans la vicomte de Narbonne, se soit soumis, du vivant de son père, à la suzeraineté des" comtes de Toulouse, qui, en qualité de ducs & de comtes particuliers de cette ville, avoient droit d'y dominer; on voit au contraire que ce vicomte déclara qu'il exercerait le gouvernement 6- la domination sur tout le pays de Narbonne dans un acte'* par lequel il dota, le 18 de février de l'an 1202 (i2o3), pour l'âme du feu comte Pierre, son père, l'ermitage de Saint-Victor, dans le diocèse de Narbonne, que frère Pierre de Lercio venoit de fonder sous l'autorité du pape Innocent III. Aymeri se soumit cependant enfin au comte de Toulouse, qui se rendit à Capestang, dans le diocèse de Narbonne, au mois de mars de l'an 1204, pour recevoir son hommage. 11 est marqué dans l'acte que ce vicomte, « ayant pris conseil de l'archevêque, des

' Archives de l'hôtel de ville de Cnhors. ' Voyez tome VII, Note VI, n. vi, pp. 17, 18,

' Salazar y Castro, Historici gcncalogica de la casa ^ Voyez tome VIII, Chartes, n. LXXVII, te. 487

lie Lara, t. 1 , 1. 2 & 1. 3. — Catel, Mémoires Je à 489,

l'hiito'ne du Languedoc, p. oçj.

An 1204

« chevaliers, des prud'liommes & des citoyens de Narbonne, il prêta serment « de fidélité au comte Raimond pour tout ce qu'il avoit à Narbonne Se dans <i la vicomte de cette ville, excepté pour ce qu'il tenoit de l'archevêque, qui <i avoit la supériorité sur la moitié de la même ville, Se de son église. « Avmeri reconnut en même temps tenir en fief du même comte de Toulouse, les terres de Saint-Gervais, de Nairan, Sec, que son père avoit données en engagement au père de ce prince. Bérenger, archevêque de Narbonne, le maître des templiers de Provence 8t plusieurs autres personnes de considération furent présentes à cet hommage'. Aymeri vécut depuis en bonne intelligence avec le comte Raimond. 11 reçut, à la fin de la même année, l'hommage de Dalmace de Creissel pour le château de Fenouillet, Se donna, au^ mois de juillet de l'an 1:08, à Rodrigues, son frère, 8c aux fils de ce dernier, le château de Lac, dans le diocèse de Narbonne.

I/XXX. — Le roi d'Aragon engage les vicomtes de Millau 0 de Gévaudan au comte de Toulouse. — Troubles dans ce dernier pays, — Evêques de Mende,

Nous ne voyons pas que Pierre, roi d'Aragon, ait formé le moindre obstacle à l'hommage que le vicomte de Narbonne rendit au comte de Toulouse pour sa vicomte, quelque intérêt qu'il eût à le contredire, à cause que les prédécesseurs de ce vicomte avoient reconnu les siens pour leurs suzerains. Aussi paroît-il que le roi 8( le comte furent toujours très-unis. Se que, loin d'avojr ensemble quelque sujet de dispute, ils s'aidèrent mutuellement dans toutes leurs affaires 8c se donnèrent réciproquement des marques d'une étroite amitié. Ils eurent-^ à Millau, en Rouergue, au mois d'avril de l'an 1204, une entrevue à laquelle Alfonse II, comte de Provence, frère du roi, se trouva. Se ils passèrent alors un accord, suivant lequel le roi d'Aragon engagea au comte Raimond la ville de Millau, les châteaux de Chirac, Grèzes, Marvéjols, Sec, c'est-à-dire les domaines des anciennes vicomtes de Gévaudan 8c de Millau, désignées dans l'acte sous le nom de comté de Millau {/ de Gévaudan^, pour cent cinquante mille sols melgoriens, faisant trois mille marcs d'argent. Le roi d'Aragon garantit cet engagement contre Sanche, son oncle paternel, en cas que ce prince vînt à le disputer ou à en ('"i'îi"'",'"'"; ôter quelque chose, 8c donna pour caution le comte de Provence, son frère, qui promit par serment d'observer fidèlement les conditions du traité.

L'un des motifs qui déterminèrent Pierre à faire cet engagement fut les^ diftérends qu'il avoit avec Guillaume de Peyre, évêque de Mende, qui, après avoir chassé son baile du Gévaudan, assiégea Se prit sur lui la ville de Mar-

■ Voyez cet acte publié d'nprèî l'original (J. 314, 'Voyez tome VIII, Chartes, n. LXXX, ce. 5i8

n. lo) dans Teulet, Layettes du Trésor .les chartes^ à 522. t. i,p. 248. ■• Voyez tome IV, Note XXVI, n. xvi & suiv.

' Catel , Mémoires île l'histoire Au Languedoc, pp. iSy, 1 38. p. ■>'/>■ '' Archives de l'évéché de Mende.

An

véjols. Or il étoit moins à portée de faire valoir son autorité clans le pays que le comte de Toulouse qui prit aussitôt possession de tous les domaines qui venoient de lui être engagés. Guillaume de Peyre avoit succédé', en 1187, dans 1 evêché de Mende, à Aldebert de Tournel, Se il le posséda jusqu'en 1 223. 11 eut plusieurs démêlés avec les habitans de cette ville qui le chassèrent, 8t il n'y rentra qu'après avoir fait, en 1194, un accord avec eux, par lequel il s'obligea à abolir les mauvaises coutumes qu'il avoit établies.

Mais la principale raison qui porta Pierre, roi d'Aragon, à engager les vicomtes de Millau &. de Gévaudan au comte de Toulouse fut pour se mettre en état de fournir à la dépense de son mariage avec Marie de Montpellier & d'un voyage qu'il avoit projeté de faire à Pvome.

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