‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 153 sur 342 · LVI. — Les croisés se joignent devant Bé-^iers · texte numérisé non relu

LVI. — Les croisés se joignent devant Bé-^iers

Les croisés'^, après s'être reposés quelque temps à Montpellier, se mirent en marche sous la conduite de l'abbé de Cîteaux. Le légat Milon demeura encore quelque temps dans cette ville d'où il se rendit en Provence pour y continuer les affaires de la légation. L'armée s'étant avancée vers les frontières du diocèse de Béziers, son approche jeta une si grande terreur dans tous les environs que les seigneurs du pays, ou abandonnèrent leurs châteaux pour prendre la fuite ou se vinrent soumettre. Le château de Servian, situé à

■ Acta apud Innocent. III Epist. t. 2, p. 369. ' Innocent. III 1. i5, Epist, 212. [Potthast,

° Tome VIII, ce. 14, i5. — Le récit de l'entrevue n. 4655.]

de Montpellier entre le vicomte de Béziers & le ■* Pierre de Vaux-Cerilay, c. i5 & suiv. — In-

légat manque aujourd'hui dansGiiillem deTiidélej nocent. III 1. \i, Epist. 108. — Guillelmus de Po-

nul doute d'ailleurs que le poëme n'ait contenu le dio Laurentii, c. i3 & seq. — Praeélara Francorum

passage que l'Anonyme abrège ici. Cette entrevue facinora, p. 112. — Matthieu Paris, an I2|3. .—

dut avoir lieu vers le 10 juillet 1209. [A. M.] Voyez tpme VIII, ce. lâ, 16.

deux lieues de Béziers, vers le levant, fut une des premières conquêtes des croisés qui le trouvèrent vide Se qui s'en saisirent la veille de la Madeleine, 21 de juillet. Le lendemain ils campèrent devant Béziers dans la résolution d'en faire le siège.

Deux autres corps les joignirent' alors. Le premier venoit du côté d'Agen & étoit commandé par l'archevêque de Bordeaux, les évêques de Limoges, de Bazas, de Cahors 8c d'Agen, par Gui, comte d'Auvergne, le vicomte de Turenne, Bertrand de Cardaillac, le seigneur de Castelnau de Montratier qui conduisoit ceux du Querci, &ic. Guillaume, archevêque de Bourges*, qui avoit pris la croix avec une partie de ses diocésains, se seroit sans doute joint à ce corps d'armée si la mort, qui l'enleva au commencement de l'année, n'eût mis obstacle à ses desseins. Nous avons deux actes de Gui, comte d'Auvergne : il déclare dans l'un, qui est daté de Mercœur, le^ 26 d'avril de l'an i^og, qu'étant résolu de marcher contre les hérétiques dans les pays d'Albigeois, il assigne le douaire de Pétronille de Chambon, sa femme; l'autre'^ est son testament qu'il fit au château d'Hermenc, le 26 de mai suivant, étant sur le point de partir contre les hérétiques. Ces croisés^ se saisirent en passant du château de Puy-la-Roque, en Querci, où ils ne trouvèrent personne pour le défendre & le détruisirent. Ils attaquèrent ensuite le château de Cassanhol ou Chasseneuil, sur les frontières de l'Agenois, où il y avoit une nombreuse garnison de Gascons. Ils y donnèrent l'assaut dans l'espérance de l'emporter d'emblée; mais ils furent repoussés avec tant de vigueur qu'ils furent obligés d'en faire le siège dans les formes. Seguin de Boulogne, qui commandoit dans la pdacc, voyant qu'il n'étoit pas en état de résister, demanda enfin à capituler. On lui permit de sortir vie 8<. bagues sauves Se de se retirer où bon lui sembleroit. Les croisés entrèrent ensuite dans la place 8c y firent brûler vifs plusieurs hérétiques, tant hommes que femmes, qui s'y trouvèrent Se qui refusèrent de se convertir.

L'autre corps, qui joignit la grande armée des croisés devant Béziers, venoit du côté du Vêlai St étoit commandé par l'évêque du Puy ; il avoit pris sa route par le Rouergue & avoit passé à Caussade, dans le Querci, Si à Saint- Antonin, sur les frontières de l'Albigeois; ces deux villes, que les croisés auroient pu prendre, se rachetèrent par une grosse contribution, de quoi ils furent fort blâmés. Ils entrèrent ensuite dans le Toulousain 8t brûlèrent en passant le château de Villemur sur le Tarn.

■ Voyez tome VIII, ce. i8 i 20. — DomVaissete lants eux-mêmes, qu'avait effrayés l'annonce Je

a éii ici induit en erreur par une mauvaise leçon l'approche des croisés. Cette armée ne parvint

de l'Anonyme. Les deux manuscrits de cet auteur, donc même pas jusqu'à Villemur ; elle resta sur

en effet, dans le passage analysé ici par le savant les frontières du Querci & du Rouergue. [A. M.]

bénédictin, portent ./<ga</c5 au lieu de .^^encj. Nous ' Fita S. Guillelmi, archiepiscopi Biturkensis ,

avons corrigé cette faute d'après Guillem deTudèle dans les Bollandistes, au 10 janvier,

(vers 3oo & suiv.). Le corps de troupes qui fit ces ' Martène, Veterum SS. amplissima collectio, t. 1,

courses en Querci ne vint pas rejoindre l'armée des c. 1088.

croisés sous Béziers. Il se contenta de prendre Cas- * B iluze. Histoire généalogique de la maison d'Au-

seneuil & de rançonner la Caussade & le bourg vergne, t. 2, p. 82.

Saint-Antonin. VilUmur fut brûlé par les habi- ' Voyez tome VIII, ce. 18, 19.

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