‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 155 sur 342 · les croisés · texte numérisé non relu

les croisés

Bérenger, archevêque', & Aimeri, vicomte de Narbonne, suivi des députés des nobles & des bourgeois de cette ville, arrivèrent vers le même temps au camp; ils avoient eu la précaution, avant l'arrivée de l'armée, de dresser des statuts très-sévères contre les hérétiques pour ne pas se rendre suspects & pour éloigner du diocèse les armes des croisés 5 ils avoient ordonné que si quelqu'un de la cité ou du bourg de Narbonne se trouvoit convaincu de t.m,°p!^i7o. l'hérésie des vaudois ou de toute autre; d'avoir disputé contre la foi catholique ou recelé quelque hérétique ou vaudois, & enfin d'avoir eu commerce avec eux, il seroit livré à la justice pour être puni, Si que tous ceux qui rencontreroient quelque hérétique, le remettroient entre les mains de la justice, avec permission de le dépouiller de tout ce qu'il porteroit sur lui. De plus, ils avoient défendu, sous peine d'excommunication Si de punition corporelle, à tout avocat, médecin, notaire, artisan, Sic, de donner aucun aide ou conseil; aux hérétiques Si à leurs fauteurs, de travailler pour eux, 61 à toute sorte de personnes de les loger, sous peine d'excommunication. Si enfin d'avoir aucun commerce avec ceux qui, venant du pays des hérétiques, n'apportoient pas avec eux des lettres de catholicité de leurs évêques.

L'archevêque, le vicomte, l'abbé de Saint-Paul 81 les principaux de Narbonne rirent serment entre les mains du légat 81 des chefs de l'armée : 1° De garder la foi à tous les croisés; de leur fournir tous les secours 81 les vivres dont ils auroient besoin; de protéger tous ceux qui iroient au camp ou qui en reviendroient. Si de se comporter envers les croisés en bons catholiques 81 en bons frères. 2° De payer à l'armée quatre deniers pour livre de tous leurs biens meubles ou immeubles, excepté de leurs montures, habits, livres 81 ustensiles de maison. 3° De livrer à l'armée tous les hérétiques avec leurs effets 81 les biens que ceux qui n'étoient pas du pays leur avoient mis en dépôt. 4° De représenter au duc de Bourgogne Si au comte de Nevers ceux qui étoient suspects d'hérésie, afin qu'ils en disposassent suivant les ordres de l'Eglise, par le conseil des archevêques 8t évêques qui étoient dans le cainp. 5° De leur remettre les biens des juifs de Béziers, à condition que ces deux princes se chargeroient de la défense de la ville de Narbonne. 6° L'archevêque 81 le vicomte leur promirent de plus de leur livrer les forteresses qu'ils avoient dans la ville, dans le diocèse 81 dans la vicomte de Narbonne. 7° Les habitans de cette ville s'engagèrent de s'en rapporter à ce duc 81 à ce comte pour la punition de ceux qui enfreindroient ces articles. 8° Enfin le duc Si le comte, de l'avis 81 du consentement des barons de l'armée, promi-

du pays & d'affaiblir la résistance des places for- qu'au mois de septembre suivant (vers 481 à 489).

tes en montrant quel sort ils réservaient à leurs [A, M.]

' défenseurs; c'est à cette terreur qu'il attribue la ' Catel, Mémoires de l'histoire du Languedoc,

prise de Montréal & de Fanjaux, qui n'eut lieu pp. 597 & suiv.; pp. 791 & suiv.

' An I 209

rent par serment à leur tour, tant en leur nom qu'en celui de tous les croisés qui étoient alors dans le camp ou qui y viendroient dans la suite, à l'archevêque, au vicomte, à l'abbé de Saint-Paul, aux bourgeois 8c aux nobles de la cité 8t du bourg de Narbonne, de les garder fidèlement avec tous leurs biens, 81 dfe leur rendre, à leur retour en France, les forteresses qu'ils dévoient leur livrer. Ce traité est daté du mois de juillet de l'an 1209. On prétend' que l'armée des croisés, après s'être emparée de Béziers, s'étoit alors rendue devant Narbonne & que cette soumission les empêcha de rien entreprendre contre cette ville. Mais cela n'est appuyé sur aucun monument : il est certain d'ailleurs que les croisés marchèrent vers Carcassonne immédiatement' après là prise de Béziers.

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