C- i"(. prouve par ses imprécations contre ceux qui le
' Innocent. III 1. i5, Epist. 212. — [Potthast, répandaient. Sans nous prononcer, nous ferons
n. 4655. J remarquer que la version méridionale a pour elle
' Voyez tome Vni, ce. 37, 38. [Guillem de Tu- le témoignage d'Innocent III lui-même, qui dit
dèle, vers 917 — suiv.] textuellement dans la lettre plus haut citée, que
"■ La mort du jeune vicomte de Béziers donna, Raimond-Roger fut m'ncrahilitcr interfcctus; il
en effet, naissance à deux versions fort différentes. semble difficile de récuser un pareil témoignage. Suivant les catholiques & les écrivains du Nord [A. M.]
An 1209 "
heureux d'avoir eu des tuteurs & des conseillers qui, durant sa minorité, n'arrêtèrent pas leurs progrès dans les pays soumis à son autorité. Il laissa d'Agnès de Montpellier, sa femme, qui lui survécut, un fils unique, nommé Pvaimond-Trencavel, qui étoit encore, pour ainsi dire, au berceau : il n'étoit né, en effet, qu'en 1207 '5 il l'avoit confié à la garde du comte de Foix, son proche parent, qui prit soin de son éducation.
LXXVI. — Le comte de Foix donne son fils en otage à Simon de Montfort. Le roi d'Aragon refuse de recevoir son hommage pour Carcassonne.
Simon de Montfort se rendit* peu de temps après à Limoux, pour s'y faire reconnoître seigneur du pays. En chemin faisant, il prit quelques châteaux & fit pendre ceux qui y étoient en garnison. A son retour il assiégea Preixan, dans le diocèse de Carcassonne. Le comte de Foix le vint trouver au siège de ce château qui lui appartenoit & dont il lui fit ouvrir les portes. Il se soumit en même temps à ses ordres & à ceux du légat, & leur donna en otage le plus jeune de ses fils, nommé Aymeri, jusqu'à ce qu'il se fût pleinement justifié de l'accusation d'hérésie qu'on formoit contre lui.
Simon pressoit depuis longtemps Pierre, roi d'Aragon, de vouloir recevoir son hommage pour la vicomte de Carcassonne, à cause de la suzeraineté que ce prince prétendoit sur le pays : Pierre s'excusa d'abord de l'admettre à cet hommage} mais, lassé de ses sollicitations, il lui donna rendez-vous à Narbonne; ils se joignirent dans cette ville 8c allèrent à Montpellier, où ils demeurèrent pendant quinze jours. Durant ce temps le roi d'Aragon amusa Simon, & refusa enfin absolument de recevoir son hommage sous divers prétextes. Il envoya cependant secrètement à tous les nobles des vicomtes de Béziers St de Carcassonne pour les engager à ne pas le reconnoître pour leur seigneur & à secouer le joug de sa domination, avec promesse de les soutenir & de marcher incessamment à leur secours.
LXXVII. — Simon s'accorde avec Agnès de Montpellier, veuve du vicomte
Raimond-Roger.
Nous apprenons l'époque de ce voyage d'un^ accord que Simon de Montfort fit à Montpellier, le 20 de novembre de l'an 1209, avec Agnès de Montpellier, veuve du vicomte Raimond-Roger, à laquelle il s'engagea de payer tous les ans trois mille sols melgoriens pour son douaire, qui étoit assigné sur les châteaux de Pézénas & de Torves. Il s'obligea de plus de lui rembourser en différens payemens les vingt-cinq mille sols melgoriens de sa dot, à raison d'un marc d'argent pour cinquante sols, & donna pour ses cautions
' Voyez tome V, Chroniques, c. 34. ^ Voyez tome VIII, Chartes, n, XCIV, ce. D79 à
' Pierre de Vaux-Cernay, c. 25 & siiir. — 582. Tome vm, c. Sp. — [Guillem de Tudèle, vers 932-939.]
HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XXI. 3i5 ^„ ,^^^
Ayraeri, vicomte de Narbonne, Gui (de Lévis), maréchal, Pierre de Richebourg, 8c Simon Se Robert de Passy, chevaliers françois. Agnès, moyennant ces sommes, renonça en faveur de Simon à tous les droits qu'elle avoit tant sur ces deux châteaux que sur tous les domaines du feu vicomte, son mari. L'acte fut passé dans la maison des templiers de Montpellier, en présence de Raimond, évêque d'Agde, oncle d'Agnès, Si de divers seigneurs.