‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 163 sur 342 · LXXXII. — Les Toulousains sont absous de l'excommunication · texte numérisé non relu

LXXXII. — Les Toulousains sont absous de l'excommunication

Quant aux députés de la ville de Toulouse, nous apprenons le succès de leur voyage par une autre lettre ■* que le pape adressa, le 19 de janvier, à Arnaud, abbé de Cîteaux, légat du Saint-Siège, 6< à maître Thédise, chanoine de Gênes. 11 leur ordonne de se transférer incessamment dans cette ville, à cause du péril qu'il y avoit de la laisser plus longtemps dans l'in-

' Innocent. III 1. 12, Epist. 170 & suit.; lyS ' Innocent. III 1. lî, Epist. 172. [Pottli.ist,

& si:iv. — [Potthast, n'" 3901 , 3902, 3903 ; lettres n. 3890, lettre du 28 jnnvier 1 2 ro.

dii 2 février 1210.] ■* Voyez tome VIII, Ch.'irtes, n. CV, ce. 6^,

'[Voyez Potthast, n"" 39:9-3910; lettres du 6i5. /( rivrisr 12 c^.)

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terdit, tandis qu'elle étoit prête à donner satisfaction, Si après avoir reçu les cautions nécessaires d'absoudre les habitans & de lever l'interdit. Arnaud, abbé de Cîteaux, ayant reçu cet ordre, voulut procéder seul à son exécution, sans l'assistance de son collègue; cela choqua les Toulousains qui le tenoient pour suspect & le regardoient comme leur principale partie, & les engagea à renouveler leur appel. Ces peuples y renoncèrent quelque temps après, toutefois, à la prière de cet abbé, de Foulques, leur évêque, de l'évêque d'Uzès Si de quelques autres personnes de considération, ils consentirent qu'il procédât seul, avec offre de lui payer la somme de mille livres toulousaines pour le soutien de la foi. Arnaud accepta volontiers cette offre 8c déclara publiquement qu'il reconnoissoit les habitans de Toulouse pour vrais catholiques. L'évêque d'Uzès, son assesseur Si son conseiller, leur donna ensuite la bénédiction solennelle, en sa présence Se celle de Foulques, évêque de Toulouse, avec promesse de la part de l'abbé de rétablir dans leur réputation ceux qu'on avoit accusés faussement d'hérésie. Mais comme on ne lui paya d'abord que la moitié de la somme, à cause des difficultés qui survinrent entre les habitans pour la répartition, il excommunia aussitôt les consuls, sans leur reprocher d'autre crime, & jeta de nouveau l'interdit sur une ville qui lui étoit obéissante. Les Toulousains, surpris de ce procédé, prirent pendant quelque temps leur mal en patience; mais, de crainte de passer pour rebelles à l'Eglise, ils firent bientôt après vin nouveau serment, à la demande des légats du pape Se de leur évêque, par lequel ils promirent de leur obéir, 8c au pape, sur toutes les choses qui concernoient l'Eglise; se réservant néanmoins, du consentement de ces prélats, la fidélité qu'ils avoient promise à leur comte 8c ce qui regardoit le domaine de ce prince. Ils remirent en même temps entre les mains de leur évêque, 8^ à sa demande, un certain nombre des plus qualifiés d'entre eux en otage. Ce prélat les envoya à Pamiers pour y demeurer au pouvoir de Simon de Montfort, maître de cette ville. Se ils y séjournèrent depuis la mi-carême jusqu'au 9 d'août que ce seigneur les relâcha, à condition de se représenter quand ils en seroient requis; les Toulousains furent ensuite réputés pour catholiques, 8c on leva l'excommunication qu'on avoit lancée contre quelques-uns d'entre eux.

LXXXin. — Le comte de Toulouse va à la cour de l'empereur 6* à celle

du roi de France,

Raimond, après avoir terminé' les affaires qui l'avoient amené à Rome,

se rendit à la cour de l'empereur Othon pour implorer le secours de ce

prince contre les vexations de Simon de Montfort. Il alla ensuite trouver le

roi Philippe-Auguste pour tâcher de se concilier sa bienveillance; mais on

, 'j^,- "''«i" , assure que le roi le reçut très-froidement. On ajoute que Montfort, ayant

' Pierre de Vaiix-Cernay, c 34. — Guillem lors du second voynge de Raimond VI, vers icoi.

de Tiidèle dit la même chose de l'.iccueil du roi, |A. M . |

An

appris le vo\age de ce comte en France, ordonna à tous les vassaux qu'il avoit dans le pays de lui faire toute sorte d'accueil, parce qu'ils n'étoient pas encore ennemis déclarés'.

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