X. — Raimond VI remet diverses places sous son obéissance
Simon, averti de la retraite de ce prince, & voyant qu'il n'avoit plus besoin de troupes pour faire lever le siège de Castelnau, congédia celles qu'il avoit rassemblées, Se ne retint que les croisés arrivés de France. Il fit démanteler toutes les places des environs de Castelnau qui lui avoient manqué de fidélité, St ayant appris que le château de Coustausa, situé vers Termes, s'étoit soumis à ses ennemis, il y marcha en diligence, l'attaqua, S<. après ([uelques jours de siège, il obligea les habitans à se rendre à discrétion. Il revint enfin à Castelnaudary, où il fut informé des progrès que Raimond, comte de Toulouse, avoit faits depuis qu'il avoit levé le siège de cette place.
Raimond étant arrivé à Puylaurens, entra dans ce château malgré la résistance de la garnison; il tourna ensuite vers l'Albigeois, dont la plupart des villes se soumirent à son obéissance; entre autres Gaillac, Rabastens, La Guépie, La Garde, Puycelsi, Cahusac & Saint-Antonin. Les habitans de Montaigu dans le même pays forcèrent la garnison (jui étoit chez eux à se retirer dans le château, où ils l'assiégèrent, & elle fut obligée de se rendre avant que Simon, qui s'étoit mis en marche pour la secourir, fût arrivé; de sorte qu'il ne resta plus à ce général en Albigeois que deux petits ch.âteaux, entre ceux qu'il avoit enlevés à Raimond, lequel avoit soumis outre cela, durant le siège de Castelnaudary ou peu de temps auparavant, ceux de Puylaurens, Casser, Saint-Félix, Montferrand, Avignonet, Cuc, Saint-Michel &c Saverdun dans le Toulousain, 8< plusieurs autres jusqu'au nombre de cinquante. Les habitans du château de La Grave sur le Tarn, au diocèse d'Albi, s'étoient aussi soumis au comte Pvaimond. Le gouverneur de ce châteati pour Simon de Montfort, faisant raccommoder des tonneaux, le tonnelier qui cherchoit une occasion de le tuer, le pria de regarder si le travail alloit bien. Le gouverneur se courbe pour examiner l'ouvrage, & cet ouvrier lui porte en même temps un coup de hache 8c lui coupe la tête. Aussitôt les habitans prennent les armes St font main basse sur tous les François qui composoient la garnison. Le comte Baudouin, frère du comte de Toulouse 8t allie de Simon, informé de cette action, résolut d'en tirer vengeance. Il parut de grand matin devant La Grave, Si les habitans croyant que c'étoit le comte de Toulouse lui-même qui venoit k leur secours, parce que Baudouin portait les mêmes arm-es que son jrere, ils lui ouvrirent leurs portes ; ce prince ne fut pas plutôt entré, qu'il les fit tous passer au fil de l'épée '.
' Voyez dans Giiillem de Tudéle [vers izS" à II dit que les lijibitnnts de La Grave tuèrent leur 2j|i|) le rétit du poeie «si plus circonstancié. bailli, Pons de Beaiimont, à Inistigation des ha-
Kd.orioin. ( t. Ill.p. UM.