‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 182 sur 342 · tome VIII, c. 8:). fort. Pierre de Vaux-Ccrnay dit seulement qu'elle · texte numérisé non relu

tome VIII, c. 8:). fort. Pierre de Vaux-Ccrnay dit seulement qu'elle

'Pierre de Vaux-Cernay, c. C>j. — Marca, ayail avec elle ptiiicos pauperes €• pcrrgrlnos. [\. M.] Hiitoirc {ie Béarn, 1. 6, ch. 16, n. 2. ' Pierre de Vaux-Cernay, c. 63. — Voyez

' Le chroniqueur Pierre de Vaux-Cernay ac- tome VIIT, ce. S^> & suiv.

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l'assiégea aussitôt avec le secours de Baudouin, frère du comte de Toulouse, qui le joignit à la tête de quinze mille hommes'. Les habitans se voyant menacés d'un siège, avoient appelé à leur secours un corps de routiers & plusieurs bourgeois de Toulouse qui, au mépris de l'interdit que les légats avoient jeté sur la ville à cause qu'elle étoit attachée au parti du comte de 'ia,''p'"33o. Toulouse, firent sonner tous les jours les cloches de l'abbaye : ayant été ensuite investis, ils se seroient soumis volontiers à Simon; mais la garnison les en empêcha. Se ils furent obligés de se défendre malgré eux. Simon avant que de faire dresser ses machines, dont il donna la direction à Gui, évêque de Carcassonne, & à Guillaume, archidiacre de Paris, tenta l'assaut; mais il fut repoussé avec perte & obligé de se retirer. Il eut alors recours à ses machines dont il ne fit pas un long usage, car les assiégés y mirent le feu dans une sortie, Se poussèrent les croisés avec beaucoup de vigueur jusqu'à ce que Simon étant survenu, il les obligea enfin à rentrer dans la place, après avoir eu un cheval tué sous lui, reçu une blessure au pied & avoir failli d'être pris. Dans cette action plusieurs croisés demeurèrent sur la place, 8c les assiégés firent prisonnier un neveu de l'archevêque de Reims, qui étoit venu au siège avec son oncle : ils lui coupèrent la tête & la jetèrent avec le tronc par dessus les murailles.

Peu de temps après, Réginakl, évêque de Toul 8c non de Tulle, comme quelques-uns^ Pont avancé, vint à Cahors à la tête d'un nouveau corps de croisés, dans le dessein d'aller joindre Simon. Le comte de Foix, qui étoit à Montauban, informé de sa marche, se mit en campagne, l'attaqua 8< l'obligea de se réfugier dans un château du voisinage. Montfort détacha aussitôt le comte Baudouin qui l'amena en toute sûreté. Il redoubla alors ses efforts, 8c ayant fait élever une grande machine appelée Cat, il la couvrit de peaux de bœufs toutes fraîches^ 5c la fit approcher de l'avant- fossé, qui étoit large, profond 8c plein d'eau. Les assiégés opposèrent à cette machine un pierrier pour la démonter, 8c ils vinrent à bout d'y mettre le feu dans une sortie; mais les croisés ayant trouvé moyen de l'éteindre, ils donnèrent l'assaut le lendemain aux ouvrages extérieurs, tandis que l'archevêque de Reims, les évêques de Carcassonne, de Toul 8c d'Albi, l'abbé de Moissac avec une partie de ses religieux, &c le reste du clergé de l'armée chantoient dans le camp des hymnes 8c des cantiques, nu-pieds Se revêtus d'aubes, pour implorer le secours du ciel. Leurs prières furent efficaces : les assiégés abandonnèrent enfin ces ouvrages après avoir disputé longtemps le terrain, 8c se retirèrent derrière les murailles de la place.

Cependant ceux de Castelsarrasin envoyèrent des députés au camp pour se soumettre. Se Simon détacha vers le même temps Gui son frère, le comte Baudouin 8c quelques autres chevaliers, pour s'assurer de Verdun sur la

' La mention de la présence de Baudouin ne se ' Langlois, Histoire Jes Aliigeois, 1. 5, p. zjl.

trouve que dans la chronique en prose, qui aura fait quelqu'une de ces fautes auxquelles elle nous a habitués. [A, M.]

Garonne, qui se rendit volontairement avec toutes les places des environs; en sorte qu'il ne resta plus dans le pays, au comte de Toulouse, que la ville de Montauban. Les bourgeois de Moissac, informés de cette soumission, & vo)ant d'ailleurs que les machines des croisés avoient tait des brèches considérables à leurs murs, firent négocier secrètement leur paix & otfrirent de se rendre, pourvu qu'on leur accordât la vie & les bagues sauves. Simon refusa d'accepter leurs oftVes, à moins qu'ils ne lui livrassent les routiers 8< le reste de la garnison, & qu'ils ne lui fissent serment de ne plus porter les armes à l'avenir contre les chrétiens. Les habitans de Moissac ayant consenti à ces articles, ils ouvrirent leurs portes aux croisés le lendemain 8 de septembre &, s'étant joints à eux, ils firent main basse sur la garnison composée de trois cens hommes. Ils rachetèrent ensuite le pillage de leurs maisons pour la somme de cent marcs d'or qu'ils donnèrent à Simon, lequel prit possession de la ville & la remit à ra]}bé '. Il se réserva seulement le domaine qui appartenoit de droit au comte de Toulouse sur le château 8<. se l'appropria. Il fit six jours* après un traité avec Raimond, abbé de Moissac, suivant lequel ils réglèrent les droits qui leur appartenoient sur la ville de ce nom 8< sur ses dépendances : ces droits étoient échus à Simon, est-il dit dans la charte, parce que Dieu les avait ôtés au comte de Toulouse pour ses péchés £• pour les maux infinis qu'il avait causés à l'Eglise i^ à la Jbi catholique. L'acte fut passé dans le chapitre de l'abbaye de Moissac le 14 de septembre de l'an 1212, en présence de Gui, évêque de Carcassonne, 8c de Guillaume, archidiacre de Paris, vice-légats dans le pays, des évêques d'Agen Si d'Albi, de l'abbé de Clairac, 8tc. Philippe, roi de France régnant, &< Guillaume, évêque de Cahors, gouvernant la province. L'abbé de Moissac ne fut guère plus content de Simon de Montfort qu'il l'avoit été de Raimond, comte de Toulouse : peu de temps après la prise de cette ville par le premier, il députa'' un de ses religieux en Cour pour implorer la protection du roi, auquel il exposa, comme au défenseur de son monastère, les maux qu'il

' Le récit clvi siège de Moissac est assez développé par moitié; au-dessus les deux tiers en r.ppar-

darts GuiUem deXuJéle (vers 2472-2614). Le poète tiennent au comte, le reste à l'abbé. — Les fiefs

mentionne quelques circonstances de plus que d'encours, confisqués, appartiennent au seigneur

Pierre de Vaux-Ccrnay, & notamment une escar- dont ils étaient tenus. — Exemption de justice

mouche entre le comte Baudouin & la garnison de séculière pour l'abbé, les moines, leurs bailes 8c

Montauban qui avait attaqué une troupe de pèle- les gens de leur famille. — Chaque année, la

rins. En outre, il assure que la reddition de Mois- comte lève à Moissac une quête de cinq cents sous

sac fut amenée par la chute d'une partie des murs de Cahorsj si une autre quête a lieu, elle ('cit

de la ville. [A. M.] être consentie par l'abbé, qui en a le tiers. — le

' Reg'ntrum curiae Franc'iae. — On peut voir comte de Montfort réserve ensuite se» droits d'al bé-

i'acte en question, tome VllI, ce. 621 à 62J. Cet chevalier sur plusieurs villages des alentours. —

acte est le renouvellement, au profit de Simon de En outre, on impose à tous les habitants de Mcis-

Montfort, des accords précédemment passés avec sac ne faisant pas partie de la famille de l'abbaye

le comte Raimond VI. En voici les principales & habitant les villages de l'abbé- chevalier, vn

clauses : Le château de Durand Mercier, situé droit du septième de leur revenu, droit dont l'iibbé

dans la ville, est inféodé à Montfort, sous la a le quart. [A. M.]

redevance annuelle d'une obole d'or. — Les droits ^ Voyez tome VIII, Chartes, n, CVII, ce. 635

de justice au-dessous de sept sous sont partagés 81 636.

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Kd. orif;iii.

t. lu, p. 2JI.

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avoit eus à souffrir, soit de la part des comtes de Toulouse, soit de la part des croisés '.

XXVIII. — Simon yàit présent au pape de mille marcs d'argent.

Le pape Innocent III envoya* vers le même temps, dans le pays, un nommé Pierre-Marc, originaire de Nimes, sous-diacre de l'Eglise romaine & correcteur des lettres apostoliques, pour lever le cens qui y avoit été établi en iaveur de l'Église romaine & pour d'autres affaires. Il pria Simon de Montfort de le pourvoir de la charge de son chancelier'', & le recommanda aussi à l'archevêque^ de Narbonne Se à l'évêque d'Uzès, légats du Saint-Siège, & à tous les prélats des églises censuelles de l'Eglise romaine dans les provinces de Narbonne, Arles, Aix & Embrun Si dans les diocèses d'Albi, Rodez, Cahors & Agen. Le pape ordonna^ à Simon, par une autre lettre, de faire remettre à ce nonce les mille marcs d'argent du poids de Troyes, dont ce général avoit résolu de lui faire présent. Eniin il manda à l'évêque de Maguelonne^ de traiter avec le même envoyé touchant l'offre qu'il faisoit de donner cincf cens marcs d'argent une fois payés, & vingt marcs de rente annuelle à l'Église romaine pour la ferme du comte de MelgueiF.

' Dans cette lettre, l'abbé de Moissnc se plaint .■i\i roi des usurpations des comtes de Toulouse, usurpations assez anciennes, puisque les abbéschevaliers dont il parle existaient dès le onzième siècle. Il expose ensuite qu'avant l'arrivée des croisés, il se préparait à se rendre à la Cour avec ses privilèges, sans doute pour obtenir de Philippe la confirmation de ces derniers; arrêté par Raimond VI, qui lui a enlevé ses actes & ses b;igages, il a dû reiriettre son voyage. Sont alors venus les croisés, qui ont pillé le monastère & l'ont réduit à une telle misère que l'abbé ne peut se mettre en route. Il termine en priant le roi de confirmer les anciens privilèges de l'abbaye & de contribuer ainsi à sa restauration. [A. M.]

'Innocent. III 1. 1."), EpUt. 167. — [Potthnst, n. 4:')89.] — Pierre de Vaux-Cernay, c. 70.

' Cette recommandation du pape paraît avoir eu peu de succès auprès de Simon de Monifort, car peu après celui-ci prit pour chancelier un personnage alors inconnu, maître Clarin, qui devint plus tard, après le triomphe de la croisade & la mort de Gui de Vaux-Cernay, évèque de Carcassonnej il paraît dès mai 1114 (tome VIII, c. 652) & signe des actes, en qualité de chancelier, dos novembre suivant {ihid. c. 6ô8). [A. M.]

■* Innocent. III I. ,1 j, Epist. 168 8c scq. [Potthast, n. 4090.]

■Innocent. III 1. lô, Epht, 171 & seq. [Potthast, n. 4^183. J

^ [Potthast, n. 4.Î94. ]

' Ce Pierre Marc fut chargé de toute une mission financière dans le Languedoc, & Innocent III donna plusieurs bulles à cet effet. Il dut recevoir les cens dus à l'Eglise romaine dans les provinces de Narbonne, Arles, Aix & Embrun, & dans les diocèses d'Albi, Rodez, Cahors & Agen (Potthast, n. 4591-4.592). Les sommes touchées par Pierre- Marc furent livrées par lui aux templiers de Saint-Gilles & d'Arles, qui, en échange, donnèrent des lettres de change sur frère Aimard, trésorier du Temple à Paris {ihi(f. n"' 4.'Ï93, 4.^96). L'argent offert au Souverain-Pontife par Simon de Montfort, fut payé par ces deux marchands, Hélie & Raimond de Cahors, que nous avons déjn vu plus haut acheter le butin de Lavaur & qui paraissent avoir été les banquiers de la croisade (Potthast, n"» 4'i9.t, 4596). Par une autre bulle du Il octobre 1212, Innocent III manda encore à Arnaud, archevêque de Narbonne, de remettre à Pierre Marc toutes les pièces relatives au cens imposé sur ses domaines par Simon de Montfort en faveur de l'Église romaine (n. 4606). Enfin ce même Pierre Marc fut chargé de recevoir le serment de fidélité des seigneurs de Lescure [iiiJ. n. 4622, 8c Compayré, Etudes hiitoriijuci sur lAlhigçois, p. 295J. [A. M.]

XXIX. — Simon porte la guerre dans le pays de Foïx. — Il soumet Muret 6* une partie du comté de Comminges.

Montfoi't voulant pourvoir à la défense des châteaux qui s'étoient soumis aux environs de Moissac', donna entre autres le gouvernement de Castelsarrasin à Verles d'Encontre, celui de Montaut^ au comte Baudouin, & celui de Verdun sur la Garonne à Pierre de Saissi. Il décampa ensuite Se se rendit à Montauban dans le dessein d'en faire le siège; mais, ayant su que Raimond, comte de Toulouse, en avoit renforcé la garnison de cent chevaliers, sous les ordres de Roger-Bernard, fils du comte de Foix, il abandonna cette entreprise pour aller ^ dans le pays de Foix arrêter les progrès des comtes de Toulouse, de Foix Si de Comminges, qui, favorisés par les peuples, avoient remis sous leur obéissance la plupart des places que les croisés avoient conquises, après avoir fait passer les garnisons par le hl de l'épée. Les comtes de Toulouse 8t de Foix, qui s'étoient postés à Saverdun, d'oîi ils ne cessoient de harceler la garnison de Ramiers, ne furent pas plutôt avertis de sa marche, qu'ils se retirèrent avec précipitation au château de Foix.

Simon, à son arrivée dans le pays, détacha Enguerrand de Fîoves pour aller à Carcassonne au-devant d'un nouveau corps de croisés allemands qui y étoit arrivé, avec ordre de le lui amener à Pamiers. Enguerrand à son retour soumit Saverdun sans coup férir. Simon, après la jonction de ces troupes, laisse à Pamiers le gros de l'armée & s'avance avec le reste jusqu'à Foix, qu'il étoit résolu d'assiéger; mais considérant la force de la place & sa nombreuse garnison, il change de dessein, rejoint l'armée à Auterive, dont les habitans avoient pris la fuite, & s'en empare. 11 passe de là à Muret, château situé sur la gauche de la Garonne au-dessus de Toulouse. A ses approches, les habitans mettent le feu au pont de bois qui étoit sur le fleuve Se prennent la fuite. Simon, suivi de plusieurs autres, le passe à la nage, donne ses ordres pour éteindre le feu Si, ayant rétabli le pont, il y fait défiler ses troupes S< se rend maître de Muret. Les évêc[ues de ConseransS<. de Comminges qui lui avoient conseillé cette expéditioji, le joignent en cet endroit, & marchent avec lui vers Saint-Gaudens, dans le Comminges, qui se rend volontairement. Simon reçut alors les soumissions de la noblesse du pays qui vint à l'envi lui rendre hommage. Il alla ensuite'* ravager une partie des domaines de Pvoger de

' Voyez tome VIII, c. 8<5. — [Giullsm de Tu- dit seulement le poëte, fut .Tbandonnée à la requête

déle, vers 2610-2610.] des chanoines de Pamiers, que pressaient fort les

* C'est Montech (Tarn-8t-G,ironne), arrondisse- partisans du comte de Foix, surtout les routiers

ment de Castclsarrazin, & non Montant, comme qui tenaient garnison à Saverdun. [A. M.] le dit le chroniqueur en prose. Voyez tome VIII, ' En retournant vers Foix, du côté des monta-

c. 89. [A. M.] g''^ss (^penctrans montana apud Fuxum^ dit Pierre

'Pierre de Vaux-Cemay, c. 63. — Voyez de Vaux-Cernny), c'est-à-dire vers le Daumnzanès

tome VIII, c. 89. [GuiUem de Tudèle, vers iCzx* & peut-être vers les frontières d'Espagne. Sur tou-

2627.] — 11 y a ici une lacune dans le pociiie tes ces expéditions qui eurent lieu en octobre,

(siège de Montauban), lacune que la rédactjon en novembre 1 2 1 2 (cf. GuiUem de Tudèle, vers 2O28-

prose ne permet pas de combler. Cette entreprise, 265i). [A. M.J

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~77nT7~ ^94 HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XXlî.

Commii>ges, neveu du comte de Foîx, S< rejoignit enfin l'évêque de Carcassonne qu'il avoit laissé à Muret, &à qui il avoit confié le soin de fortifier cette place. 11 étendit de là ses courses jusqu'aux portes de Toulouse, 8c fit le dégât dans tous les environs, tandis que la garnison de Verdun, le comte Baudouin & Gui de Montfort ravageoient de leur côté une autre partie du Toulousain.

XXX. — Le comte de Toulouse implore la protection du roi d'Jragon, qui envoie des ambassadeurs à Rome pour se plaindre de la conduite de Simon.

Le comte Ralmond voyant qu'on le dépouilloit ainsi peu à peu de tous ses Etats, & qu'il ne lui restoit plus de place considérable que Toulouse Se Montauban, alla en Aragon implorer le secours du roi Pierre, qui lui promit t.'^ui,''p'.°":V toute sa protection, prit hautement sa défense 8<. celle de son fils, Se envoya une ambassade solennelle à Rome pour adoucir l'esprit du pape que les légats avoient extrêmement aigri contre ce prince.

XXXI. — Prétentions de Pierre-Bermond de Sauve sur la succession du comte

de Toulouse, son beau-père,

Pierre Bermond, seigneur de Sauve, informé de cette ambassade 8c craignant que le pape ne se déclarât, à la sollicitation du roi d'Aragon, pour le jeune Raimond qu'on ne pouvoit équitablement envelopper dans la disgrâce du comte de Toulouse son père, tenta de se faire adjuger la succession de ce prince. Il prétendoit qu'elle lui étoit dévolue, sur le fondement que sa femme étoit le seul enfant légitime du comte de Toulouse, à cause que le jeune Raimond étoit né d'une femme qu'il avôit épousée du vivant de la première. Il envoya une personne de confiance à Rome pour soutenir ses intérêts, 6c écrivit, la veille de Saint-Thomas, la lettre suivante au pape', dans laquelle il se qualifie son chevalier. « Moi 8c mes ancêtres étant spécialement vassaux de « l'Église romaine, de laquelle nous tenons une partie de nos domaines, sous « un certain cens, 8c lui ayant été obéissans &c dévoués, je ne doute nulle- « ment que Votre Sainteté ne me conserve tous mes droits. J'ai épousé une « fille du comte de Toulouse, laquelle est le seul enfant légitime qu'il a ; « ainsi les domaines de ce prince m'appartiennent à plus juste titre qu'à tout « autre. Je prie donc Votre Sainteté de ne pas instituer héritier Raimond, '^ fils du comte de Toulouse, supposé qu'il vous en prie ou quelque autre « pour lui, 8c de ne pas le regarder comme légitime, parce qu'il ne l'est pas, « étant né d'une femme qui étoit parente du comte son père au troisième « degré, 8c que ce comte a épousée durant la vie de la mère de mon épouse, te sa terame légitime. Si le jeune comte de Toulouse étoit institué héritier,

' Innorent. III 1. i5, p. iii.

« non-seulement notre droit seroit anéanti, mais tous les soins que les croisés « se sont donnés pour rétablir la foi dans la province de Narbonne, devien- « droient inutiles. » Pierre-Bermond marque à la fin qu'il se soumettra à ' tout ce que le pape jugera à propos d'ordonner, Si qu'il est prêt d'obéir à ses ordres, & pour gagner sa bienveillance, il a grand soin de lui dire qu'il a toujours aimé 8i honoré Simon de Montfort, avec lequel il étoit déjà lié d'amitié avant son arrivée dans le pays. Nous ignorons la réponse du papej mais il est certain qu'il n'eut aucun égard à la demande du seigneur de Sauve, & que malgré ses représentations, le jeune Raimond tut toujours tenu pour légitime.

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